Auteur
Le 23 fév 2016

"Trop, c’est trop ch... de faire la promo de son livre !"

En voilà un tuto, qu’il est perso… Sandra Ganneval connaît les outils d’autopromotion des livres autoédités, connaît les règles élémentaires et universelles pour mettre en avant ses romans. Mais cela ne doit pas devenir pour autant un enfer. Il faut en prendre et en laisser. Être auteur, ce n'est pas nécessairement être promoteur. Et comme le dit si bien l’une de nos auteurs, écrire est déjà un luxe à part entière.
Ecrire son livre, promouvoir son livre, vendre son livre, et quoi encore ?Ecrire son livre, promouvoir son livre, vendre son livre, et quoi encore ?

− Eh ! Toi 
− Qui, ça ? Moi ?
− Oui, toi, l’auteur autoédité ! Ah, non, pardon, il paraît que ce n’est pas joli ni suffisamment près de la vérité, ce terme, il faut t’appeler auteur indépendant, ça, ça a de la gueule, ça, ça en jette ! Hein ?
− Bon, l’aigrie, qu’est-ce que tu me veux ? J’ai un nouveau bouquin à écrire, moi, et pas de temps à perdre ! 
− Ah, parce que Madame a décidé d’en écrire un nouveau !
− Tout à fait !
− Et la promo, tu t’y mets quand, sérieusement, à la promo ?
− …
− Je vois !

Être auteur sans lecteur, une vocation ?

Non, mais de quoi je me mêle ! On peut être auteur, adorer avoir des lecteurs et détester faire de la promo. D’ailleurs, je crois bien que c’est une maladie assez répandue chez les auteurs, cette détestation de la promotion. Je les imagine, en majorité, comme moi, plutôt introvertis.
Alors, ça y est ? Votre bébé de papier est né ? Il est là, plein de vie, frétillant, débordant d’entrain, prêt à partager ses émotions avec des milliers de lecteurs enthousiastes ? Oui, mais, voilà, le hic, c’est que ça fait plus d’un mois qu’il est sur une ou plusieurs plateformes et le miracle de la naissance n’est pas suivi du miracle de la gloire tant attendue. Il faut vous rendre à l’évidence : les ventes ne décollent pas !

Mais, au fait, côté promo, vous avez fait quoi ?

« Heu… » Oui, je sais, il est bien rare qu’aujourd’hui on réponde par un « heu » à cette question. En 2016, l’auteur indépendant qui ne sait pas comment s’auto promouvoir ne sait pas utiliser son moteur de recherche ! Car, il existe sur le net une foultitude d’excellentes sources d’informations gratuites à ce sujet dont, en vrac : les tutoriaux de J.P. Touzeau sur Youtube, le blog de MIA, les articles de Jacques Vandroux, les podcasts de Cyril Godefroy dans lesquels il interviewe de nombreux auteurs indépendants qui sont loin d’être avares de partage d’expériences, le blog de Chris Simon ; de plus, les articles consacrés aux indépendants qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu et qui expliquent comment ils ont procédé foisonnent sur la toile et vous trouverez, bien sûr, des articles inspirants sur l'autoédition sur monbestseller.com.

Il existe également de nombreux livres consacrés au sujet étant donné que l’autoédition est un peu comme la ruée vers l’or, ceux qui font le plus fortune dans l’affaire sont ceux qui vendent les pioches et les pelles. Bon, ok, c’est très beau tout ça mais, si on passe en revue ces conseils fort judicieux, on s’aperçoit que l’on va être tenté d’en appliquer certains et que d’autres, en fonction de notre personnalité, de nos capacités, ne nous parleront pas ou nous paraîtront soit au-dessus de nos forces, soit carrément rédhibitoires. Bon, ne vous endormez pas, je vais vous parler de ma vie d’indépendante (c’est vrai que ça sonne bien, quand même : qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Ben, j’suis indé, quoi !) J’ai commencé à autoéditer mes livres de fiction en 2011.

Attention ! Voici mes chiffres de ventes et d’emprunts globaux depuis cette date jusqu’à fin 2015 (Amazon et lulu.com sont mes seuls points de ventes) : 841 ventes et 101 emprunts À cette date, les extraits que j’ai postés sur monbestseller.com avaient été lus (ou aperçus) 2708 fois. Chiffres ridicules pour certains, honorables pour d’autres. Un exploit pour moi qui suis, malgré quelques périodes fastes, allergique à la promotion, d’où le titre de cet article, au fait. J’aimerais vous parler de ce je fais et de ce que je ne fais pas pour promouvoir mes livres.

Ce que je ne fais pas :

1. En parler à mes proches

La première chose qui fait vendre un livre, ne nous leurrons pas, c’est de dire à ses proches que l’on a écrit un livre et de les inciter à l’acheter tous en même temps pour le faire grimper dans un top 100, puis guetter, fiévreusement, le fameux effet boule de neige. Or, c’est un choix, très peu de mes proches savent que j’écris. L’écriture est ma bulle, mon jardin secret, mon espace de liberté totale. Je ne me vois pas inciter mes proches à aller sur Amazon ou ailleurs et à sortir leur carte bleue pour acheter l’un de mes livres même à un prix minime. Je ne dis pas que je ne le ferai jamais, mais pour l’instant une gigantesque barrière psychologique me l’interdit.

2. Distribuer des flyers dans la rue

Je suis incapable de me poster à la sortie du métro armée d’une liasse de flyers pour faire la promo de mes livres. Rien que d’y penser, j’en suis malade mais j’admire ceux qui ont le culot de le faire.

3. Proposer mes livres à des libraires

Pour moi, ce n’est pas intéressant de voir mon livre noyé dans la masse des autres livres et puis, l’idée de devoir réclamer mon dû et récupérer mes invendus me hérisse le poil. De plus, lorsqu’il m’arrive d’entrer dans une librairie où un auteur est installé à une table pour une séance de dédicace et que la foule ne se presse vraiment mais vraiment pas autour de lui, cela me file sérieusement le bourdon et je n’ai aucune envie d’être à sa place.

4. Participer à des salons littéraires

Les avis sont partagés quant à l’intérêt d’une telle démarche. J’essaierai sans doute un jour, par curiosité.

5. Mettre mes livres sur plusieurs plateformes de vente

Je ne l’ai pas fait par manque de temps, par manque de patience aussi, car ce n’est pas toujours simple, cela demande aussi certaines compétences également, quand il faut télécharger un certain type de fichier et un format particulier de couverture… J’ai tout de même essayé KOBO et comparé à Amazon, j’ai trouvé que c’était plus laborieux et que les modifications prenaient un temps fou à être enregistrées.

Ce que j’ai déjà fait :

1. Contacter des bloggeurs

Après avoir terminé la rédaction de mon premier roman, « SOS Flemmards », j’ai éprouvé le besoin d’avoir des avis de personnes ne me connaissant pas et se sentant, par conséquent, libres de me donner un avis sincère sur ma prose, à la Jean-Pierre Coffe, même, s’ils le souhaitaient : « Mais, c’est de la m…., cette histoire ! ». A l’époque, les bloggeurs étaient certainement beaucoup moins sollicités qu’aujourd’hui et n’étaient pas trop dérangés de l’être, à condition, bien sûr, que l’on y mette les formes. Mais, qui aime qu’on l’approche avec la subtilité d’une mante religieuse en chaleur ?
En tout cas, un article polémique sur la relation houleuse entre bloggeurs littéraires et autoédités tel que celui récemment écrit par Alain Spade n’avait pas lieu d’être en 2011. J’ai eu des accueils plutôt curieux et sympathiques et des retours de lectures très positifs qui m’ont rassurée, permis d’effectuer des améliorations de ma version papier et, globalement, aidé à me faire davantage confiance.

D’après mon expérience, avoir des chroniques n’est pas vendeur. Ça fait plaisir : Ah, quelqu’un que je ne connais pas a pris le temps de lire mon livre et, en plus, d’en dire quelque chose de positif qui restera sur la toile, dans le meilleur des cas, pour une durée indéterminée ! Chouette ! Mais, je n’ai pas vendu de livres grâce à ces chroniques. Disons, que, cela m’a, peut-être, permis d’asseoir une relative crédibilité, et encore ! Je n’ai pas entretenu ces relations amorcées. Il aurait fallu pour cela que j’aille régulièrement sur ces blogs, que j’en commente les articles, que je souhaite un joyeux Noël et une bonne année, régulièrement. Les bloggeurs littéraires sont, en général, des boulimiques de lecture, et je trouve difficile de les suivre et puis, que commenter quand on n’a pas lu le livre chroniqué ?

2. Contacter des sites littéraires

Deux sites m’ont particulièrement marquée : Le premier : « Les agents littéraires mobilisés au service des livres peu médiatisés». Une excellente idée. Le principe était simple : on envoyait son ouvrage en deux ou trois exemplaires papier ; en fonction du genre, il était soumis par l’équipe à un bloggeur et l’on obtenait un avis, une chronique, en général plutôt pointue. J’ai également fait lire mon texte sur le site « WBE », disparu depuis. Un comité de lecture composé de trois bénévoles a décortiqué mon livre tant sur le fond que sur la forme et m’en a proposé un compte rendu hyper détaillé. Super expérience en ce qui me concerne. En retour, j’ai également participé au comité de lecture.

3. « Donner son livre pour mieux le vendre »

À vue de nez, cela semble étrange mais ce n’est pas si absurde que cela en a l’air. Je relis fréquemment un article extrait de l’ouvrage « Real success whitout a real job » de l’auteur canadien, Ernie Zelinski. Autoédité à ses débuts, il est passé maître dans l’art de trouver des astuces promotionnelles pour vendre ses bouquins consacrés au développement personnel. Il défend l’idée que pour vendre son livre, il faut commencer par le donner à des personnes influentes. Evidemment, a priori, on penserait aux bloggeurs et aux critiques littéraires mais, les bloggeurs sont sur sollicités, pas forcément intéressés par les livres autoédités et, les critiques littéraires, n’en parlons même pas.

Alors, aujourd’hui, finalement, n’est-il pas plus indiqué d’offrir des extraits de ses livres, voire même le livre entier en promotion gratuite, sur les plateformes de vente, de les offrir à des lecteurs qui sont susceptibles de les commenter et de faire marcher le bouche à oreille ? J’ai donné une trentaine de livres papier de mon premier roman (je l’ai même proposé sur un site de dons, me faisant toper par l’administrateur qui considéra que donner son livre en échange d’un commentaire était le comble du mercantilisme). Avec le recul, je me dis que cela fait bien peu. Les grandes maisons d’édition distribuent des milliers d’exemplaires aux personnes influentes. Elles en ont les moyens, me direz-vous.

Mais à l’heure d’Internet et du livre numérique, un indépendant peut également se permettre de donner son livre numérique en masse. Cela ne lui coûte rien. Au début,réfractaire (j’aime à penser que toute peine mérite salaire même minimum), j’en suis venue, cette année, à tenter le gratuit sur Amazon pour constater qu’effectivement, j’obtenais des téléchargements de mes livres (au final, 256 en 5 jours de promotion). J’ignore encore si cela aura un impact sur mes ventes.

4. La main au portefeuille

J’investis financièrement dans mes livres, oui, je parle bien d’investissement. J’ai la fatuité, peut-être, de croire en mes bébés de papier et de me dire que l’avenir me donnera raison. Dès le départ, j’ai payé un correcteur professionnel. Denis Hugot traque mes coquilles et m’aide à écrire dans un français à peu près correct. Bon, j’ai eu un commentaire sur Amazon dans lequel un lecteur de « À l’eau de rose et de vaisselle » se demandait si le livre était mal écrit ou mal traduit mais qu’importe. Je sais que j’ai fait, dans la mesure de mes moyens, mon possible pour respecter mes lecteurs.

Au bout de quatre ans d’autoédition et de création par moi-même de couvertures de survie, j’ai décidé d’avoir recours aux services d’un graphiste et j’ai choisi de faire confiance à David Forrest −qui est aussi, il faut quand même que je le signale au passage, auteur indépendant à succès et, qui, de ce fait, dispose de quelques cordes pleines de bonnes vibrations à son arc numérique −. Il a donné ce que je pense pouvoir appeler une charte graphique à l’emballage de trois de mes romans. Et effectivement, ils semblent attirer davantage le chaland ainsi vêtus.
En toute sincérité, je dois dire que travailler avec un graphiste m’a paru très compliqué. J’ai fini par m’habituer à tout faire moi-même, à ce côté « do it yourself » à la sauce Ikéa. Quoique consciente de la médiocrité de mes couvertures, j’avoue avoir développé une relation affective avec elles et déléguer, si cela a été « facile » intellectuellement, ne l’a pas été sur le plan émotionnel. Heureusement, David est quelqu’un de très pédagogue, qui sait dégager du temps pour rédiger un mail d’explication même si j’ai senti parfois une petit pointe d’agacement face à mes réticences devant ce qui lui paraît évident du fait de son expérience.
La conclusion que je tire de cette expérience est que graphiste, c’est un métier et que lorsque l’on s’autoédite, travailler avec un graphiste qui connaît de près l’autoédition est une excellente chose. Je recommande vivement l’expertise de David Forrest. Il saura préserver votre ego tout en vous mettant face à la dure réalité d’un marché qui se professionnalise vitesse grand V. Cette délicatesse n’est pas donnée à tout le monde.

Depuis que j’ai mis mes écrits sur monbestseller.com, j’ai décidé de réserver quelques deniers pour donner à mes livres une certaine visibilité sur ce site. Cela ne booste pas mes ventes mais être présente sur cette plateforme avec ce petit plus permet d’être lu, but premier d’un aspirant écrivain, d’avoir des retours, des avis sur ses textes, des réflexions. Cela reste une expérience importante, capitale. A quoi bon écrire si l’on n’est pas lu ? La vocation du site est aussi de nous inciter à découvrir les autres auteurs, par ricochet et j’ai fait quelques belles rencontres qui se sont poursuivies sur Facebook.

5. Facebook, moi et mon livre

Je fais de la pub, de temps en temps, de plus en plus rarement sur les groupes Facebook. Rarement car, je ne suis pas persuadée que cela serve à grand-chose étant donné que les personnes présentes sur ces groupes font également de la publicité pour leur livre et que j’ai eu rapidement l’impression de tourner en rond. Je crois qu’être sur Facebook permet surtout de se faire des contacts et de faire partie de la communauté des indépendants, communauté qui grandit de jour en jour et pour laquelle le mot solidarité n’est pas un vain mot. Je remercie encore tous ces amis virtuels avec lesquels, faute de temps, je ne communique pas suffisamment mais qui ont acheté mes livres, les ont commentés, m’ont aidée dans le choix de mes nouvelles couvertures.
Être présent intelligemment sur Facebook peut permettre, si l’on sait s’y prendre, de lancer son livre. Les premiers acheteurs et commentateurs seront souvent ceux qui font partie de notre communauté car avant d’aimer écrire, on aime lire. On peut solliciter ses amis Facebook mais il faut savoir le faire avec subtilité, c’est tout un art, compliqué, parfois difficile. Je ne me prends plus la tête, si j’ai réussi à éveiller la curiosité, tant mieux, sinon, tant pis.
Le risque, c’est la redondance, tourner en rond, faire de la pub qui sera toujours vue par les mêmes personnes et les lassera. En réalité, il faudrait prendre le temps de découvrir chacun, c’est souvent la relation établie qui fait que l’on a envie de lire l’autre, de chroniquer son livre, de le commenter, de le noter, de le recommander. Mais, il ne faut pas que cela devienne une contrainte. Si l’on attend toujours quelque chose en retour, on risque d’être déçu.

6. Le petit oiseau : Twitter

Je tweete comme un pied. Ce n’est clairement pas mon truc de m’exprimer en 140 caractères. J’ai trente abonnés, j’en connais quelques-uns mais pour rendre ma présence sur Twitter fructueuse, il faudrait que je prenne le temps d’aller fureter sur leur blog, de lire leur prose, de m’intéresser à ce qu’ils font pour espérer les voir s’intéresser à ce que je fais.

7. Il y a des genres littéraires qui se vendent et d’autres qu’il faut vendre

Certains genres sont plus vendeurs que d’autres. Mon roman à l’eau de rose trouble est devenu mon best-seller sans que j’en fasse la moindre publicité. Les ventes ont décollé seules lorsque je l’ai mis à un prix mini. Il est plus facile de vendre un roman d’amour ou érotique qu’un recueil de poésie, parce qu’il y a plus de demandes.

8. Tenir un blog sur mes livres.

J’ai créé un blog qui sert de vitrines à mes livres mais je n’irai pas jusqu’à dire que je tiens un blog. Ce serait prétentieux. Je ne raconte pas au jour le jour comment avance l’écriture de mon nouvel ouvrage. Je ne sais pas faire. Ce n’est pas mon truc. Donc, lorsque l’on me parle de liste d’abonnés, je me marre, car, je sais que pour moi, cela a peu de chance de se concrétiser un jour. Je n’écris des articles que lorsque j’en ai envie et je ne m’impose pas non plus d’écrire des chroniques. Tout cela pour vous dire que si vous détestez faire de la promo, vous n’êtes pas tout seul mais que vous pouvez quand même bouger un doigt ou deux pour faire connaître vos bouquins, conquérir quelques lecteurs enthousiastes qui vous offriront des commentaires qui vous donneront envie de vous accrocher, il faut aussi les croiser, vos doigts, croire à votre chance et surtout continuer à écrire.

Sandra Ganneval

(Je dédie cet article à Cetro)

16 CommentairesAjouter un commentaire

Article intéressant en effet comme en témoignent les nombreux commentaires. Je suis plutôt introvertie et je déteste les démarches commerciales qui consistent à aller vendre son produit. J'ai connu cela à la fois en tant que psychologue ne sachant (toujours) pas se vendre et en tant qu'auteur indépendant. J'ai fait un blog qui est plus un blog littéraire où je parle des livres qui me touchent plutôt qu'un lieu où je mettrais en avant mes livres et puis si je ne parlais que de mes livres je n'aurais pas de choses à publier régulièrement or j'aime animer mon blog pour le plaisir de parler des objets littéraires qui me plaisent. Quant à la pub, j'en fais ici sur MB ou sur Facebook, notamment à travers ma page fan, mais là encore très ponctuellement car je trouve ça envahissant et je préfère utiliser ma page fan pour évoquer les actualités littéraires en général. Quand on réalise le nombre d'auteurs en herbe qui sévissent on finit par se dire que quoiqu'on fasse ça risque d'être dur. Il y a des personnes qui réussiront à émerger sans trop d'efforts, pour des tas de raisons (que je préfère ne pas évoquer) et d'autres qui n'y parviendront jamais (peut-être tout simplement parce que ce n'est pas inscrit dans leur destin). Il faut tenter mais je ne suis pas sûre qu'il faille trop insister... ce qui compte, avant tout, c'est de se faire plaisir en faisant ce que l'on aime du mieux possible. Si ce que vous faites finit par arriver quelque part alors tant mieux, sinon c'est que c'est comme ça...

Publié le 05 Mars 2016

J'ai passé ma vie à gérer l'entreprise de mon conjoint puis celles des autres. Maintenant, à l'heure de la retraite, j'écris uniquement pour mon plaisir, justement pour me vider la tête des comptes, de la recherche de chalands, des nuits blanches à cogiter... Alors la promo, très peu pour moi. Je préfère garder mon temps pour ma passion. Lorsque l'un de mes "bébés" est terminé, je le fais imprimer. Je suis fière d'aligner mes livres dans les rayonnages de ma bibliothèque. Je pense qu'il faut rester lucide. Comme le dit BOSSY seulement une dizaine d'auteurs vivent de leur plume. J'ai lu un ou deux témoignages de personnes qui se sont lourdement endettées chez certains éditeurs peu scrupuleux. Étonnamment, ce sujet ne fait jamais l'objet d'articles ou de tribunes. Qui oserait témoigner de sa naïveté ? A mon avis, ce serait instructif de lire les témoignages de ces personne qui en ont fait l'amer expérience. Merci Sandra pour votre tribune. Et je reprendrais la phrase d'un auteur que vous citez : "pour moi écrire est déjà un luxe à part entière".

Publié le 26 Février 2016

Encore un article très instructif.
Merci.
Je ne Suis pas adepte du blog, trop chronophage, je passe assez de temps devant l'écran.
Je n'avais pas pensé à la distribution de flyer, trop agressif il est vrai comme promotion.
Taper à la porte des médias, se faire entendre, auto éditeur en France, le verrouillage protocolaire est sacré pour l'inconnu aux quelques lignes.
En revanche, j'aime aller à la rencontre de proches, de relations ou d'amis que je découvre et qui me découvre sous un autre jour. ( je suis plombier, pisciniste dans l'esprit des gens que je croise. :-) )
Ce sont toujours de belles rencontres.
Je m'essaie aussi aux librairies locales,plutôt facile sous mes tropiques de faire le tour des 3 ou 4 points de vente, le dépôt vente réglé à 60 jours est rarement refusé.
La visibilité reste sur Tahiti est une belle vitrine à l'internationale.
Une chose est sûre, l'écriture est une belle aventure à tous les niveaux.
Le plus bel enrichissement, dans l'aboutissement d'un projet de roman, cela reste très personnel, c'est celui de s'être donné les moyens de réaliser un rêve d'enfant.
Le vendre à quelques exemplaires, être lu, conforte, à continuer la plupart des auteurs qui sommeillent en chacun de nous..

Publié le 26 Février 2016

Tout un sujet ! Merci pour cet article franc, transparent et direct ! :-)
Intéressant de voir tout ce qu'on peut faire, et cette idée qu'on ne peut pas TOUT faire (faute de temps et si l'on tient compte de qui on est et de ce en quoi on croit...). Pas toujours facile de "doser", non plus, ses efforts et ses sollicitations. Bravo Sandra pour ce déjà joli parcours (quand même !).

Publié le 24 Février 2016

@Azel Bury, tiens, au passage, je vous invite à aller sur le site d'Azel si vous êtes en quête d'énergie positive et de motivation : http://www.azelbury.org/#nouvelles, oui c'est vrai les nouvelles, ça peut être une bonne idée, surtout que l'occasion se présente régulièrement sur monbestseller.com, il y aussi ce site qui informe des différents concours : http://www.bonnesnouvelles.net/lesconcoursdenouvellesbn.htm

@Cgodefroy, j'espère lire ton article bientôt, effectivement, rien qu'en étant un peu curieux du vécu des autres indés, on se rend bien compte de la diversité des parcours, des attentes, des envies, de la motivation et du culot.

Contente que cet article vous parle, en tout cas.

Publié le 24 Février 2016

Super article, non exhaustif mais très instructif, la promotion d'un livre n'est pas une chose évidente mais apparemment nécessaire, il ne faut pas brûler les étapes et s'attendre à quelques déceptions. La passion nous pousse parfois plus loin que le raisonnable, quitte à s'en mordre les doigts mais ne rien regretter.

Publié le 24 Février 2016

@Mel Pilguric. Je me suis mal exprimé,Mel. " cruelle déception " ne concernait que ton amour-propre légitime. Je voulais souligner que même un livre remarquable et remarqué, bénéficiant d'une promotion (gratuite) par 3000 lecteurs, le comité de lecture de monbestseller et deux représentants de Maisons d'Editions différentes, n'était pas assuré ( apparemment , mais attendons encore ) de parvenir à l'édition initialement promise. Alors, pour se lancer dans l'auto promotion coûteuse, il faut avoir le coeur et l'illusion bien accrochés ! Loin de moi l'idée que tu aies pu penser aux bénéfices et surtout abandonner l'Enseignement qui est, précisément, ta vie. Ton état d'âme courant étant une trop grande modestie.Mille excuses pour ce malentendu.

Publié le 24 Février 2016

@Sandra : Merci pour cet article qui déclenche de nombreux commentaires, c'est signe qu'il est bon... Franchement, l'autopromotion, je trouve ça très bien et si je n'en fais pas, c'est juste parce que c'est un art que je ne maîtrise pas et qui empièterait sur un temps que je ne possède pas... @Bossy : enfin Gérard, tu me connais suffisamment j'espère pour savoir que je n'ai jamais imaginé l'écriture comme un moyen de gagner de l'argent et d'abandonner l'enseignement ! N'oublie pas qu'il y a cinq mois encore, personne n'avait lu un seul mot de mon livre ! J'ai envoyé "Double voie" à mBS sur un coup de tête...que je ne regrette absolument pas et qui n'a pas entraîné d'augmentation de son volume puisque je comprends aisément que les éditeurs n'attendent pas mon livre pour assurer leur chiffre d'affaire. En quelques mois sur mBS, j'approche des 3000 lectures et je t'avoue que je n'en reviens toujours pas, alors je prends ce prix comme un cadeau (magnifique et inattendu) et je serai ravie lorsque le livre sortira, quelle qu'en soit la date. De toute façon, l'écriture doit rester pour moi une récréation...tu es bien placé pour savoir qu'en la considérant comme telle, le plaisir est toujours intact.

Publié le 24 Février 2016

«financer mon loisir préféré»… Je suis justement en train d'écrire un article sur les objectifs, la définition du succès et la question de la gratuité et du loisir. Pas facile à écrire comme article, car les profils des autrices et des auteurs sont différents, et évoluent, forcément. Les commentaires sur ton article le prouvent, non ?

Juste concernant le "blog" : c'est à la fois le centre d'échange personnel avec tes lecteurs, qu'ils viennent de MBS, d'Amazon, d'ailleurs, et un outil pour tester d'autres formats, écrire plus facilement et régulièrement. Un espace d'entraînement, de perfectionnement, de jeu…

Continue à y prendre plaisir, à faire ce qui t'amuse et t'enrichit. Définit ce que tu veux faire, et surtout ce que tu ne veux pas faire. Bravo.

Publié le 24 Février 2016

@myriam ORAZZO. Oh,j'adore ! pipi,caca,popo,cucul ! Si on s'y met à trois avec@lamish je vous garantis qu'on passe chez Gallimard en avant-première.Mais voyons: Travaux pratiques: Nous avons eu un bon Prix Concours 2015 @Mel Pilguric.Après son premier contact en décembre, et envoi de quelques corrections demandées à La Martinière, elle a reçu, depuis " motus et bouche cousue ". Cruelle déception,elle est repartie vaillante enseigner aux enfants qu'il ne faut pas mentir. Si on faisait un Manifeste ? Pour expliquer aux prétendants que notre matière grise n'est pas nourriture de cochons pour amateurs de nuances de Grey. Un bon scandale littéraire qui intéresserait la Grande Librairie ! Avanti !

Publié le 24 Février 2016

Oui, Lamish, je me retrouve dans votre petite histoire. Mon compagnon me parle de retour sur investissement, carrément, lol ! Merci pour vos encouragements.

Publié le 24 Février 2016

Bonsoir Sandra et merci de nous faire partager votre expérience. Pour vous faire sourire, je vais vous narrer une petite histoire drôle : Lorsque j'ai dit à mon mari que je vendais, via Amazon, une édition papier de mon 1er bouquin, précisant que les droits étaient de 30%, il m'a répondu "Mais si tu vends 100000 exemplaires à 4 euros, ça fait 400000 euros !". J'ai éclaté de rire et tenté de lui faire toucher du doigt quel nano écrivain j'étais (et suis toujours et très probablement pour longtemps) dans l'univers de l'écriture. S'étonnant de la raison de ma démarche, je lui ai expliqué que je l'avais fait à la demande de lecteurs qui ne lisent pas les formats numériques. Il ne faut pas rêver, si tant est que nous le fassions. Nous ne pouvons pas jouer le starlettes sur la croisette pour nous faire remarquer. Alors,à part si l'on est doté d'un "cul bordé de nouilles", relationné ou que l'on dispose de moyens financiers pour mettre en avant son livre, les probabilités de se faire repérer son nulles. Même sur MBS, sans le paiement d'un pack, il est très dur d'émerger alors que nous ne sommes que 1500 auteurs ! Je retiens de votre expérience la mise en ligne gratuite de la version numérique sur Amazon. J'ai vu que vous aviez mis d'autres romans en ligne et vais les lire. Bonne chance à vous et à tous les auteurs prêts à jouer les chevaliers à la triste figure. Avec ma complicité. Lamish.

Publié le 24 Février 2016

Merci Sandra, d'avoir pris la peine d'écrire cet excellent article. Je pense que beaucoup de nous s'y retrouvent. Il est vrai que passer davantage de temps à promouvoir notre prose, qu'à l'écrire, est affligeant.

Publié le 23 Février 2016

Bonsoir, je tiens à préciser que j'ai écrit cet article dans le but de partager mon expérience d'auteur indépendant. On entend souvent s'exprimer ceux qui sortent du lot et réussissent à percer. Je voulais témoigner de mon expérience d'auteur se situant, comme on dit, dans la longue traîne et qui vend un peu. N'y voyez aucun misérabilisme. Je suis heureuse de vivre à l'heure de numérique et de vivre à ma propre échelle l'expérience de l'auto édition. J'aime lire, j'aime écrire, ces deux activités sont primordiales dans ma vie. Et comme la plupart des auteurs, j'ai un emploi qui me permet de continuer à écrire, et financer mon loisir préféré.

Publié le 23 Février 2016

Aaahhh...

La promotion, sujet qui me paraît complexe et insaisissable. Je suis à peu près dans une situation qui devrait se résumer en : "Incapacité chronique à intégrer les mécanismes mercatiques les plus simples, réticence incompréhensible à vouloir remédier à ces déficiences". (Il est beau le diagnostic, non?)

L'avantage, quand on a fini de rêver gros sous (et même petits) ainsi que top100 Amazon - ce dernier devenant vite un but à atteindre frénétiquement chez les excités de la célébrité fugace -, donc quand on a cessé de s’intéresser aux moyens de faire sa réclame et de devenir un VRP du tonnerre, c'est qu'on en vient tout naturellement à sentir qu'on va pouvoir 1/ écrire comme on le sent sans se demander si c'est vendeur ou pas, 2/ se focaliser sur l'activité première de l'écrivain qui n'est pas de racoler sur Facebook (activité chronophage et rarement efficace). Pire, j'ajoute un 3/ on se permettra même de publier gratos sur des sites de lecture en ligne (ce qui agace presque tous les autoédités au motif que tout travail mérite salaire – lequel n'est alors entendu qu'en sommes versées sur un compte en banque – et qu’on leur vole indûment des lecteurs, pardon : clients). Sachant que le marché est déjà encombré, cette dernière solution (donner à lire avant de chercher à vendre) me satisfait d’autant mieux qu'elle fonctionne. Bien sûr, je promeus toujours un peu. Pas trop. D’accord : beaucoup trop modérément. Mais je n’ai pas que ça à faire, brasser internet pour récolter une reconnaissance éphémère. Ayant abandonné les stratégies impliquant des offensives sur terre, mer, dans les airs voire plus haut, je me concentre sur un ou deux espaces de publication (MBS, Scribay), maintiens disponible l’édition papier pour les plus enthousiastes et laisse faire le temps (qui certes, parfois semble bien long). De temps en temps, je rappelle que j’existe, au cas où. Tout de même. Surtout histoire de me rassurer.

Promouvoir c’est un métier. Pas le mien. Mon truc étant de raconter des histoires, pas de me lancer dans le chalutage, je laisse ça à d’autres. Si je cherchais à vendre, ma foi il me faudrait un spécimen de cette espèce curieuse qu’on veut ignorer par chez nous : l’agent littéraire. Il s’occuperait de la propagande, en retirerait bénéfice, je serais dégagé des corvées pénibles (et retirerais un bénéfice aussi, si le drôle savait faire son boulot). Mais, bah, ce genre de bestiau semble ne pas devoir s’implanter sur ce continent-ci (et on serine qu’il n’y survivrait pas, ce que je comprends mal). Et puis bon, hein : j’écris, j’ai des lecteurs. Quelques uns. Et ça me suffit amplement comme ça.

Publié le 23 Février 2016

En voilà, une histoire ! Mettez votre livre sur mBS. S'il est agréable à lire, vous aurez 3.000 lecteurs. Là, vous êtes contente ? Vous cherchez la notoriété ? Citez-moi deux Prix Goncourt des 50 dernières années...
Il y a 10 auteurs par an qui vivent de lleur plume. Vous ne prétendez tout de même pas en faire partie !
L'écriture, c'est votre luxe. La matière grise ne se compte pas en €, mais en clins d'oeil de connivence: si vous en recevez une douzaine, vous avez gagné votre pari. Laissez les gains aux marchands d'olives.
Et si vous avez besoin d'argent pour vivre, il y a un moyen très connu: allez travailler, comme tout le monde.

Publié le 23 Février 2016