Séries
Le 22 juin 2016

TANAGA d'Alice Quinn - La Saison 2 de la web série démarre !

TANAGA, la web série littéraire d'héroïc fantasy d'Alice Quinn continue ! Après la Saison 1 "Les Écorcheurs", démarrage de la Saison 2 : "Torfed". Premier épisode en ligne : RÉVÉRENCE. À suivre et à lire en ligne gratuitement tous les mercredis et samedis sur monBestSeller.com. Et pour les retardataires, retrouvez la compil de la Saison 1 en cliquant sur le lien en bas de la page.
Tanaga. Série héroïc fantasy d'Alice Quinn à lire gratuitement et en exclusivité sur monBestSeller.comTanaga. Série héroïc fantasy d'Alice Quinn à lire gratuitement et en exclusivité sur monBestSeller.com

Saison 2 - Torfed

« Tant que je suis sur terre, je veux être rassasié
De tout ce qui ravit le cœur d'un être humain. »

Christopher Marlowe
Faust

Extrait de la fin du dernier chapitre de la Saison 1

L'état de délabrement de cette vieille bibliothèque faisait peine à voir et même si Théo n'avait pas eu un intérêt direct à venir fouiner par ici, elle aurait ressenti le besoin, l'envie de s'occuper de ces vieux livres abandonnés.
Quelques objets d'une époque plus contemporaine, comme des tables ou des étagères en formica, côtoyaient des volumes anciens en lambeaux ou moisis, des échelles branlantes rongées par les termites.
De hautes fenêtres voilées de toiles d'araignées laissaient pénétrer des faisceaux de lumière obstinés, éblouissants, qui soulignaient la beauté, la majesté, l'atmosphère sacrée du lieu que le temps avait figés en plusieurs tableaux nostalgiques.
Il fallait absolument qu'elle parvienne à se faire nommer responsable du nettoyage de cet endroit.
Elle demanda une entrevue avec le directeur, qu'elle obtint, à son grand étonnement, sur l'heure.
En se dirigeant vers le bureau directorial, dans le long couloir sombre qui y menait, elle perçut en elle le même frisson annonciateur de l'arrivée d'un Écorcheur dans le Jeu. Cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas ressenti ce phénomène.

Chapitre 1

Révérence

Désagréablement surprise par cette mauvaise intuition, elle se raidit, surveillant du coin de l'œil les alentours, s'apprêtant à combattre. Mais rien ne se produisit.
Une secrétaire la fit attendre dans un petit réduit juste devant la porte imposante du bureau.
Au bout d'un moment, lassée de rester assise sans rien faire, elle se leva pour s'approcher de la petite fenêtre au-dessus du meuble de rangement qui occupait une partie de l'espace confiné de cette salle d'attente. Elle s'aperçut que de cette petite ouverture, elle avait une échappée sur le jardin et le bois avoisinant, qu'on ne pouvait voir de nulle part ailleurs.
À la lisière du bocage, des ruines - ou étaient-ce des pierres tombales ? - à moitié recouvertes de ronces attirèrent irrésistiblement son regard. Elles jouxtaient un étang presque à sec, encombré de déchets et de mousse verdâtre. Le volet à moitié cassé, avec des lattes manquantes, lui claqua au visage, la faisant sursauter et dégringoler. Elle se releva vite pour s'asseoir, immobile, sur la chaise du coin.
Elle avait décidé de descendre pour rechercher comment atteindre cette parcelle de la propriété et se promener parmi les ruines, lorsque la porte s'ouvrit. Szaray la fit entrer d'un signe de tête, la toisant de toute sa hauteur.
– Tu as voulu me voir ?
Bizarrement, le directeur parlait un français parfait, sans aucun accent, ce qui la surprit car elle s'était bêtement imaginé qu'il était anglais.
Comme s'il lisait dans ses pensées, il lui expliqua :
– Je suis bien anglais, mais j'ai passé mon enfance en France et ceci explique cela. Tu as demandé à me voir. Tu as une bonne raison, j'imagine ?
– Heu. Oui... Je crois...
– Eh bien ?
– Voilà. C'est pour la bibliothèque. Heu... Elle est très belle.
– Tu as remarqué ? Et alors ?
– Heu... C'est dommage que les livres s'abîment comme ça. Il faudrait tout arranger. Vérifier l'état des ouvrages. Les épousseter, mettre de côté ceux qui nécessitent des réparations.
– Je t'arrête tout de suite. Nous n'avons pas les moyens des réparations. Mais les rangements ne posent pas de problème. Tu accepterais d'organiser le travail si je te donne une équipe ?
Théo n'en aurait pas rêvé autant. Elle hocha la tête avec bonheur. Le directeur éclata de rire.
– Mais tu rêves tout éveillée, ma parole. Tiens, tu m'as amusé. Je te confie cette tâche. Mais toute seule, bien sûr. À toi de trier là-dedans, de ranger, d'organiser, de nettoyer... Tu t'en sens capable ?
– Je ne sais pas, mais je peux essayer. Le directeur semblait se prendre au jeu.
– Tu me donnes une idée. On pourrait obtenir une subvention afin d'initier un atelier de reliure pour les activités où on travaillerait à réparer les livres qui en ont besoin ?
Théo ne savait pas quoi répondre à ce débordement enthousiaste.
– Alors, qu'en penses-tu ? insistait le directeur.
– Heu...
– Très bonne idée. Écoute, comme je n'ai pas le temps de m'occuper du projet, c'est toi qui le prendras en charge. Tu pourrais le faire le soir et le dimanche.
– Faire quoi ?
– Monter un dossier à envoyer pour la demande de bourse pour cette activité. Tout cela sera très enrichissant pour toi.
– Mais je... n'ai jamais fait de... Je ne sais pas faire de...
– Très bien. Je suis content de t'avoir rencontrée. Tu as champ libre à la bibliothèque. Voilà un mot qui te permettra de couper court aux autres activités. Bien entendu, je veux des résultats. Disons... trois jours pour voir comment tu te débrouilles ? Ça te va ?
Il griffonna un gri-gri sur sa carte de visite qu'il donna à Théo en la congédiant d'un geste hautain. Théo n'avait pas croisé son regard une seule fois.
Elle ressortit de son entrevue tout excitée, mais avec un vague sentiment de s'être fait mener en bateau sans bien comprendre où ni comment.
Elle se précipita dans la bibliothèque où elle commença par s'asseoir dans un vieux Chesterfield fatigué afin de réfléchir à l'organisation en vue du grand nettoyage.
Il lui faudrait à la fois veiller à ce que le travail avance, pour donner le change et consulter les ouvrages qui l'intéresseraient, sur ses thèmes de travail.
Quoi qu'il en soit, elle avait réussi, le premier pas était fait, à croire qu'une entité bienveillante supervisait son destin pour lui permettre d'avancer dans ses recherches.
Qui aurait pu croire que cet endroit recelait une aussi riche bibliothèque ? Et qu'elle pourrait ainsi procéder à des recherches que jamais elle n'aurait pu mener à bien au CDI du lycée ou dans sa bibliothèque de quartier, qui ne possédaient essentiellement que des livres contemporains ?
Théo mit rapidement en place une méthode de rangement et de recherches.
Elle avait centralisé les tables de travail pour n'en faire qu'une seule, immense. Elle ordonna les fauteuils, canapés et sièges tout autour, dégageant ainsi les fichiers auparavant coincés derrière la porte.
Elle entassa sur la table les livres tombés ou abîmés et entreprit de vérifier le classement alphabétique des autres.
Dès qu'un livre lui semblait intéressant pour ses recherches personnelles, elle le rangeait avec ceux qui étaient à réparer, sur la grande table, se réservant pour plus tard le loisir de venir y jeter un coup d'œil.
Elle pourrait ainsi effectuer toutes les recherches dont elle aurait besoin tout en feignant d'examiner les ouvrages pour les réparer.
Elle établit une liste de ses besoins : colle, papier et autres, qu'elle fit transmettre à l'administration le jour même.
Grâce à cette méthode, elle parvint à isoler deux ou trois livres dont les sujets traitaient, l'un, d'un royaume qu'on nommait le royaume du Zéphyr, l'autre, de mondes parallèles et le troisième, nettement plus ancien, de la légende arthurienne.
Comme il lui restait du temps avant la sonnerie du repas du soir, elle s'installa confortablement pour les feuilleter.
Celui sur les mondes parallèles, un peu trop scientifique à son goût, l'ennuya franchement. Ce qu'elle y découvrit ne l'éclaira en rien sur sa propre aventure.
Elle tentait de retenir quelques bribes d'explications qui lui semblaient importantes, comme : « ... Le physicien soviétique Sakharov émit en 67 l'hypothèse de l'existence d'un monde parallèle, où, de manière symétrique, l'antimatière prédominerait sur la matière... Cet univers jumeau serait CPT (que diable voulait bien dire ce CPT ?), symétrique par rapport au nôtre. Cette hypothèse séduisante ne doit cependant pas être prise pour argent comptant, parce que même si cette hypothèse était vraie, nous n'aurions probablement aucun moyen de la prouver, puisque, si de tels univers jumeaux existent, nous ne pourrions jamais les détecter, sauf si quelque interférence existait. (Eh bien oui, justement, il en existait, Théo en avait eu la preuve.) D'après David Deutsch, si nous arrivions à construire des calculateurs quantiques (mais de quoi parlent-ils ?) de plus de 300 qubits, la preuve matérielle de ces univers serait établie... » etc.
Ce livre s'éternisait sur ce ton durant presque quatre cents pages et Théo n'était pas satisfaite du style. Tout lui semblait trop rationnel, trop laborieux. Comme si des enfants avaient tenté désespérément d'expliquer des choses auxquelles ils ne comprenaient rien, comment fonctionnaient les fusées par exemple.
L'expérience qu'elle avait acquise dans sa propre chair des univers parallèles ne ressemblait en rien à ce qu'elle venait de lire.
Par contre, elle se plongea avec bonheur dans celui qui évoquait les légendes arthuriennes et elle s'était perdue dans les brumes d'Avallon avec la grande prêtresse Morgane lorsque le son de la cloche la rappela à la réalité.
Elle songea que si elle n'avait pas eu d'ordinateur à la maison, elle aurait sûrement, à la mort de sa mère, cherché refuge dans ce genre d'histoires et de légendes.
Épuisée, elle gagna le réfectoire, aspirant plus que jamais à une bonne douche, espérant que la plomberie serait réparée ce soir.
Tandis qu'elle avalait l'habituel potage aigre d'un geste lent, elle vit Nalyd s'approcher de sa table, d'un pas nonchalant. Toutes les filles le suivaient du regard et elle se sentit rougir quand il lui adressa la parole, en anglais bien sûr.
Elle mit un moment à comprendre ce qu'il essayait de lui dire : qu'après le repas, elle devrait le suivre dans la salle informatique afin de pouvoir procéder à la constitution du dossier de demande de bourse pour la bibliothèque et que lui, Nalyd, comme il était responsable de l'informatique, avait été chargé de l'assister et de lui prêter son concours.
Tout cela fut dit avec son sempiternel sourire charmeur, dans un mélange d'anglais et de mauvais français, sous le regard plein de convoitise des autres filles.
Théo piqua du nez dans son assiette en marmonnant qu'elle avait compris et une fois son repas terminé, elle le suivit jusqu'à la salle d'informatique, qu'elle n'avait pas encore repérée jusque-là.
Immédiatement, elle tenta de se brancher sur le Web, sans succès.
Nalyd lui expliqua en riant qu'il n'y avait pas de connexion, inutile d'essayer. Ces ordinateurs servaient à exécuter du travail de bureautique, à proposer des cours d'anglais sur logiciel, ou à permettre des formations de traitement de texte ou de comptabilité.
Et ils se mirent au travail.
Ce fut Nalyd qui eut l'idée d'adjoindre à son dossier des photos de la bibliothèque et de quelques ouvrages.
– Génial, dit Théo ? Allons-y tout de suite.
– No. We need more light. Sun light is better. Tomorrow, articula lentement Nalyd pour qu'elle comprenne. Non. Il nous faut plus de lumière. Au soleil, c'est mieux. Demain.
Pour cette première soirée de travail, il ne fit que lui montrer des exemples d'autres dossiers qui avaient été montés pour des ateliers de macramé ou de poterie et ils créèrent un fichier tout neuf avec une belle page de titre : « Réhabilitation de la bibliothèque de Brighstone Manor ».
Nalyd accompagna Théo jusqu'à sa porte et là, il eut un geste étrange. Il ne lui fit pas de bise, comme aurait fait un Français, ni de salut ordinaire. Il joignit les deux mains contre son front et il se pencha en avant dans une sorte de petite révérence. Comme une sorte de bouddhiste saluant un moine.
Embarrassée, Théo ne sut comment répondre à son signe et elle esquissa un sourire idiot, avant de vite entrer dans sa chambre.
Elle réfléchissait à son comportement en se préparant à dormir, essayant de faire le lien entre le Nalyd insouciant, souriant, plein de charme, que toutes les filles du centre draguaient de façon éhontée, gloussant sur son passage, rivalisant de prouesses pour attirer son attention et celui qui venait de se révéler à elle, trop sérieux, un rien mystique, aux agissements si surprenants qu'ils en devenaient gênants.
Ce ne fut qu'une fois au fond de son lit qu'elle réalisa que durant le court instant qu'avait duré la petite cérémonie que lui avait infligée Nalyd, il n'avait cessé de fixer, comme hypnotisé, l'épée d'or et de pierreries qu'elle portait autour du cou.

C’était Révérence, le chapitre 1 de TANAGA - Saison 2 – Torfed
© Alice Quinn - tous droits réservés – 2016 

Rendez-vous samedi pour le chapitre 2 de la Saison 2 de TANAGA !

 

J’ai voulu retrouver avec ce roman d’héroïc fantasy la joie de l’écriture de feuilletons, qui m’a toujours fascinée. J’espère que vous partagerez cette passion avec moi.
Dans un premier temps, 2 tomes seront donc ainsi déclinés chapitre par chapitre, gratuitement, en ligne, le temps qu’il faudra, à raison de 2 chapitres par semaine, les mercredis et les samedis, à 10 heures.
Si des fautes, des incohérences ou des coquilles se sont glissées à mon insu dans le texte, je vous serais reconnaissante de m’en informer.
Vous pourrez trouver la saison 1, Les écorcheurs, sur Amazon.fr le 27 juillet 2016
Pour la saison 2, Torfed, ce sera le 15 Aout 2016.
Vos remarques et retours me permettront de corriger ces détails avant la sortie.
Merci de votre aide et participation.

Si vous êtes impatients et que vous préférez lire les saisons d’un seul tenant, vous avez accès au roman en pré-commande sur Amazon.
Vous le recevrez automatiquement dès sa publication dans un format numérique.
Merci

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Illustration couverture par Alex Tuis
Graphisme couverture réalisée par Kouvertures.com

@ Colette bacro, merci de prendre le temps de me laisser votre sentiment sur le déroulement des événements... C'est très genéreux de votre part.
@Yannick A. R. FRADIN , C'est noté , je mets de côté et je vous suis reconnaissante de continuer à me faire remarquer les petits points de détail qui encombrent les phrases.
à très bientôt donc pour la suite et bonnes vacances!

Publié le 26 Juin 2016

Bonjour et merci pour ce chapitre Alice. Cette saison deux commence bien. Les personnages et les objets trouvent des liens, le suspense n'est pas écarté pour autant puisque l'on s'interroge sur toute une série d'éléments. Mes retours habituels : « Le directeur semblait se prendre au jeu. » (mal placé) / « Cette hypothèse séduisante ne doit cependant pas être prise pour argent comptant, parce que même si cette hypothèse était vraie, nous n'aurions probablement aucun moyen de la prouver, puisque, si de tels univers jumeaux existent, nous ne pourrions jamais les détecter, sauf si quelque interférence existait. » (ouch, phrase alambiquée. Parce que et puisque à la suite ; deux structures négatives identiques consécutives ; une répétition à mon sens alourdissante avec cette hypothèse ; trois adverbes dans la même phrase avec cependant probablement et jamais : autant d'éléments qui ont rendu cette phrase peu digeste pour moi) / « . (Eh bien oui, justement, il en existait, Théo en avait eu la preuve.) » (àmha, le point devrait se trouver après et non avant) / « Génial, dit Théo ? Allons-y tout de suite. » (pourquoi un ? ici ? ). A samedi pour la suite :-)

Publié le 22 Juin 2016