Tribune
Le 06 Jan 2017

Ils ont 20 ans en 2017… et lisent toujours

Voilà. 2017 est arrivée. Je ne sais pas vous, mais moi cette année, c’était sans les enfants. La première fois ! Mais avec quelques livres. Ceux qu’ils m’ont offerts à Noël par exemple. Édition papier, je l’avoue parce que ça reste compliqué d’emballer et de déposer une adresse URL sous le sapin. On leur a transmis le plaisir de lire, d’écrire aussi. Et ça, c’est l’une de nos réussites.
Livre : pas d'URL au pied du sapinLivre : pas d'URL au pied du sapin

La trilogie de Vincent Delerm ; c’était un des cadeaux. Trois petits objets couleur glace à l’eau où le chanteur se révèle photographe. Nous, on adore depuis Fanny Ardant et moi. Eux, ils l’ont écouté en boucle, parce qu’on aimait. Ou subi, on ne savait pas trop. Jusqu’au jour où ce sont eux qui nous ont parlé du dernier album de Delerm qu’ils avaient acheté.  Et aimé.

Smartphone et livre papier

Ils ont 24 et 21 ans. Ils aiment Zweig, Tolstoï, Hugo ou Simone de Beauvoir. Ils lisent Byron, Maupassant mais aussi Foenkinos ou de Vigan. Regardent parfois la Grande Librairie de François Busnel. Ils achètent des livres sur Amazon ou à la Fnac et ont du mal avec la lecture écran. C’est drôle parce qu’ils ne lâchent jamais leur portable, le smartphone toujours à portée de main, mais le plaisir de la lecture passe forcément par un livre papier. Glissé au fond d’un sac, présence rassurante et tangible, le livre est là, corné à la dernière page lue ou marqué par le dernier marque page de la dernière expo.

Ils écrivent des textos mais pas que…

Ils écrivent aussi parfois. Sur des carnets raturés à la main. Un roman ou des pensées, des idées ou des sentiments. On a tendance à cantonner nos enfants à des scripteurs de textos, émaillés de LOL, d’OMG ou de TKT. Ils sont ça bien sûr, mais ce sont aussi des amoureux de la langue. Des mots qu’ils savent utiliser avec justesse pour exprimer leurs sentiments, du Seum à la colère, du kiff à l’amour, en fonction de leur interlocuteur. Je leur ai parlé de monBestSeller. Ils en aiment l’idée : le partage sans l’argent, la concurrence de la toute puissance des maisons d’édition, le foisonnement, la diversité, la iberté. Mais ils restent attachés à l’émotion que suscite en eux le papier : les pages que l’on tourne, l’odeur de l’encre, les pages que l’on a déjà lues et celles qui restent à lire…

Mais ce n’est là que mon expérience et celle de 2 jeunes adultes parmi des millions !

A tous, une année 2017 éditoriale, digitale, papier, bref, une année plurielle et belle.

Sylvie Arzellier

@Sylvie Arzellier. En 2017, oui ! Mais en 2117 ? Et cent ans, ce n'est pas beaucoup. Ça se prépare dès maintenant. Sur monbestseller de préférence...

Publié le 07 Janvier 2017