Classiques et Moi
Le 28 fév 2017

Maupassant et moi

Je l’ai rencontré. C’était au fond d’un couloir, au premier étage de l’hôtel. Là, sur une petite table basse, des vieux bouquins abandonnés par des clients disparus. Parmi ce tas, c’est lui que j’ai choisi. Seulement lui.
Maupassant : une vie... et une grande oeuvreMaupassant : une vie... et une grande oeuvre

Ses yeux, sa bouche épaisse, sa moustache sensuelle, son cou solide, sa peau qui paraissait si douce. Je me suis laissée faire. Et il m’a parlé, toute la nuit, toute ma vie,  Guy de Maupassant. J’étais encore une enfant.

Guy de Maupassant : une rencontre qui s'est muée en passion...

Il y a quelques années, j’ai eu le désir d’écrire sur lui. Un projet très précis, inédit, que je n’ai jamais encore dévoilé. Il dort, tant bien que mal, au fond de mon cœur, et de mon ordinateur. Durant deux ans j’ai lu tout ce que l’on peut lire sur cet écrivain. J’ai réuni toutes les notes possibles et inimaginables concernant sa vie, son œuvre, sa maladie, pour construire mon projet. Mais aussi tant de choses concernant la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. Et j’ai relu encore et encore ses nouvelles, ses romans, ses écrits épistolaires.

Il n’y avait plus que lui. Deux ans, c’est long. Mais je n’en avais jamais assez. Je me suis mise à l’aimer, passionnément. Rentrer au plus tôt à la maison pour le retrouver. Ou ne plus sortir pour rester là, avec lui. Si par hasard je le rencontrais sur une étagère, dans une bibliothèque, une librairie, chez un ami, je ressentais comme un sentiment de jalousie, parce que… il était à moi, il n’était que pour moi. C’était un sentiment étrange, très destructeur.

... pour devenir une obsession

Puis peu à peu, la nuit, il est venu me hanter. Il s’opposait à moi. Il n’était pas content que je vienne fouiner dans sa vie privée. Que j’écrive de lui. Que j’invente sur lui. Même de griffonner son portrait sur mes cartons à dessin le rendait furieux. Et il y mettait  tellement d’énergie que j’en restais sidérée. Parfois, j’allais le visiter au cimetière du Montparnasse. J’en revenais déconcertée et triste car je ne l’y trouvais point.

Mon ami m’emmenât à Etretat, à Cannes, à Antibes. Souvent nous avons longé la Seine à Poissy, à Saint germain en Laye, à Chatou. Je suis même entrée dans ce qui fut la clinique du docteur Blanche où il finit ses jours. Tous ces lieux où je pouvais tendre la main pour toucher sa trace. Le chéri espérait tant de ces excursions cathartiques ! Inquiet,  il l’était. Deux ans, c’est long. Une telle obsession pour un écrivain mort depuis plus d’un siècle le dépassait. J’étais envoutée, il disait. Je ne lisais, je  ne parlais, je n’écrivais que de Guy de Maupassant, sur Guy de Maupassant, pour Guy de Maupassant. Las de devoir escalader les épais dossiers pour pouvoir atteindre mon lit, de trébucher sur les piles de livres jonchant le parquet, de tomber sans cesse  nez à nez sur ses portraits griffonnés ou peints,  le précieux chéri m’a laissé  seule. Avec l’autre.

M'éloigner de l'écrivain pour mieux le retrouver.

Je devais absolument commencer à écrire. J’ai commencé, et recommencé. J’ai chuté et me suis relevée. Rechutant maintes et maintes fois. De quelque façon que j’abordais mon récit, Guy se manifestait avec de plus en plus de force. Dur, intransigeant, parfois même il m’humiliait. J’ai alors tenté d’écrire dans les cafés, les  bibliothèques, bref en dehors de chez nous…heu… je veux dire, chez moi. Pour lui échapper.  Je devenais démente. Mes jours étaient tristes et sombres. Mes nuits hantées par cette folle présence, j’avais peur. C’était lui l’écrivain, pas moi. Il me prenait de plus en plus mon existence et je me perdais. Je n’étais pas capable d’écrire.

Il me fallut renoncer à mon projet. Mes dossiers furent fermés, rangés. Méticuleusement. Puis j’ai tenté d’oublier. Bientôt, tout s’apaisât. Je retrouvais peu à peu ma vie, mes amis, mes rires, mes habitudes. Six mois plus tard, je me remis enfin à lire. Des écrivains inconnus de moi. Principalement des femmes, américaines. Une façon de m’éloigner de lui. De le laisser dormir. Guy.

Maupassant, il est passé comme un météore disait-il. Mais il est resté.

La littérature est une diablerie. Un monde vivant où le temps n’a pas prise. Les écrivains se tiennent tapis derrière chaque page. Ils les habitent et nous réclament parfois cette nécessaire fragilité pour les rejoindre dans leur solitude. Guy de Maupassant est vivant dans ma sensibilité. Il me touche d’un émoi frémissant. Son écriture, ses mots, vibrent en moi comme un diapason contre un verre de cristal. Prêt à jouir, prêt à se briser aussi.

En ce sens, il fait partie de ces écrivains qui comptent pour moi, car il se révèle en moi. Fait que j’existe par lui. Comme une véritable histoire d’amour.

...Ce soir, à vous dire tout, je suis soudain pleine d’espoir. Avec moins de passion, me laisserait-il faire enfin ?

J’aime lire Guy de Maupassant en Pléiades. J’y vais çà et là, au hasard, parfois pour y chercher quelque chose de plus précis. J’aime aussi à dessiner ses histoires. Crayonner le profil d’un personnage. Son œuvre s’y prête si bien. Miss Harriet.  La petite Roque. La petite Constance de La Maison Tellier. Maitre Hauchecorne de La ficelle. Ses mots m’amènent des images incroyablement précises. Ses personnages me sont devenus si familiers que je pourrai les reconnaître dans la rue. Et je les reconnais souvent, ces gens-là ! Cet écrivain a réussi à donner à ma vie intérieure quelque chose d’extrêmement net. Dire, sans l’écrire, la vérité intime de ses personnages. Donner à voir la cruauté et le tragique de toutes vies sans avoir l’air d’y toucher.

Je reste attachée à ses textes courts, ceux qui nous restent sur l’estomac, comme un coup de poing soudain. C’est bref, c’est efficace. Le roman auquel je suis le plus attaché est Pierre et Jean. Les nouvelles La petite Roque et Miss Harriet ont ma préférence.

Dix ans d’écriture. Seulement. Dans la douleur et le désespoir. Les femmes, le sexe, les bordels, la mer, le Bel ami. Sa force vive l’a maintenu. Il fallait. Il fallait écrire. Il fallait que sa mère en fut satisfaite. Il est passé comme un météore disait-il. Mais il est resté. Lu dans le monde entier. Mon chéri.

Chathymi

 

 

Pour en savoir plus sur Guy de Maupassant (1850 - 1893)

grâce à la collaboration d'Élizabeth M.AÎNÉ-DUROC

Difficile de ne pas avoir de remord de conscience, après ces mots si passionnés ! Pénible d'aligner en toute quiétude les éléments biographiques de la vie de Guy de Maupassant. J'espère que Guy autant que Chathymi me pardonneront cette intrusion car, Chathymi l'a bien dit, -portée par son expérience si personnelle-, ce monstre sacré de la littérature française n'est pas heureux que l'on dissèque en fragments les idées qu'il nous reste de son existence, qui a passé comme un souffle, hantée de tourbillons contraires. Et cela, peut-être parce que dès son enfance bercée par les élans fougueux de la mer, Guy de Maupassant s'érigea contre les conformismes. J'avancerai donc aussi respectueusement que possible, et je passerai vite.

Maupassant : un garçonnet beau comme un ange

Une de ces charmantes photographies anciennes qui déclinent, des plus pâles aux plus sombres, tous les tons du gris, nous montre un adorable garçonnet, la chevelure évidemment réfractaire au domptage, le regard profond et insaisissable, la tenue qui apprend la droiture. Il y a quelque chose de trouble et de poignant dans cette enfance pleine de promesses. Guy de Maupassant a sept ans. Nous sommes en 1857. Le garçon vit alors non loin du Havre, et sa famille, comme bien d'autres, connaît déjà des revers. On ne nous dit pas si le père, Gustave de Maupassant -qui avait acquis par décision de tribunal le droit à la particule- fut un homme présent, mais on sait qu'il fut volage. D'un autre côté, née Laure Le Poittevin, la mère du jeune Guy est une de ces personnes que l'on n'oublie pas aisément. Intelligente et cultivée, issue d'une certaine bourgeoisie, liée par amitié à Gustave Flaubert, elle est une femme éprise de littérature, que Guy aime de tout son cœur, et dont il est particulièrement proche. C'est elle qui, en 1860, rompt avec son mari infidèle et emmène ses deux fils (Guy et Hervé, né en 1856), vivre à Étretat.

Guy a dix ans, c'est un enfant de fougue et de passion qui découvre avec bonheur la vie campagnarde. Il aime la mer et la nature, se lie d'amitié avec les pêcheurs, bat la campagne. Mais ce n'est pas au bord des vagues écumeuses ou sur les branches d'un arbre tranquille que le garçon voit naître, sous sa plume, ses premiers vers, c'est au pensionnat. Un pensionnat ecclésiastique duquel, pourtant brillant et doué, il finira par se faire renvoyer. Et dès lors il y a comme un schéma qui se répète : c'est au creuset du paradoxe, au cœur des antagonismes que Guy produira ses œuvres, belles, géniales, et si mélancoliques, que d'aucuns qualifient sans peur de pessimistes, tant le regard de l'auteur porté sur la nature humaine se révélera acéré.

L'homme de plusieurs vies : Maupassant d'abord

Il y eut donc l'écrivain connu. L'auteur à succès. Devenu proche de Gustave Flaubert, qu'il considère comme un maître, Guy de Maupassant va faire ses premiers pas dans une écriture destinée à l'édition. Il publie d'abord sous pseudonyme. Au mois de février 1875, il a vingt-quatre ans, et il fait paraître La Main écorchée, un conte, sous le nom de Joseph Prunier. La vie serait belle s'il n'y avait eu la guerre qui, déjà, laisse ses souvenirs de chocs et de sang dans la mémoire du jeune homme. Parti pour Paris en 1869 dans l'intention d'y étudier le droit, il s'est enrôlé comme volontaire dans un corps d'armée en 1870, et a fini artilleur dans le conflit franco-prussien. Il avait à peine vingt ans. Les biographies courtes ne nous disent pas quelle influence cette expérience du combat exerça sur les sentiments de Guy de Maupassant, influence si possible à deviner, mais dès lors il devint, plus que jamais, l'homme de plusieurs vies. Attaché au ministère de la marine puis au ministère de l'Instruction Publique une fois la guerre achevée, il passe ses journées à travailler comme commis. Le soir venu commence pour lui un autre jour, car il se penche des heures durant sur ses écrits. Il met, dit-on, de l'acharnement dans son travail. Flaubert le guide dans cette course à la littérature, lui donne des conseils, use de son influence pour le mettre en lumière.

Maupassant : le Bel-Ami incarné

Cependant ces deux faces d'une même vie ne suffisent pas à Guy de Maupassant. De notoriété publique le jeune homme est un séducteur aguerri, et c'est également un noceur. Entouré d'une bande d'amis il passe ses heures de loisirs en galante compagnie. Véritable luron, il ne voit rien qui l'arrête dans tous ces excès évidents auxquels il se livre sans retenue, tant et si bien que ses amis -ses véritables amis- en viennent à s'inquiéter pour sa santé comme pour son avenir. C'est que déjà le jeune homme est malade. On lui a diagnostiqué la syphilis en 1877 et c'est en plaisantin qu'il a pris la nouvelle. Maupassant se repaît de vers et de textes, de chasse et de canotage, d'exercices et de rendez-vous galants, avec toute la démesure de son caractère volcanique.

Il écrit malgré tout, et son horizon littéraire s'ouvre au fil de ses rencontres : il côtoie Tourgueniev, se lie d'amitié avec Émile Zola, versifie beaucoup et peu à peu, sous la férule de Flaubert, devient un journaliste assez excellent pour être en mesure de collaborer avec les plus grands.

Son premier livre, Histoire du vieux temps, publié en 1879 sous son vrai nom, est accueilli avec enthousiasme par le public ; un beau succès littéraire, une belle promesse. Et c'est alors que Maupassant, écrivain, ouvre ses ailes en littérature, qu'il subit un choc dont il ne guérira jamais. Flaubert décède au début de l'année 1880, laissant son disciple totalement désemparé.

Au fond de Maupassant : le véritable Guy

C'est une nouvelle vie qui commence pour l'écrivain. Il y a eu Maupassant, le libertin, le fêtard, le brillant séducteur trempé de génie, l'écrivain prometteur qui côtoie les plus grands, celui qui dit bien haut ce que les autres pensent bien bas, le rebelle qui ne se démontait jamais.

Mais il y a Guy. Celui que le jeune homme rencontre au miroir de sa conscience, une fois Flaubert disparu. Guy, c'est celui qui écrit, prolixe autant que prolifique. Ses œuvres publiées défraient la chronique et le succès vient au rendez-vous, on va jusqu'à comparer le charisme de ses textes à celui qui caractérise les écrits du grand Victor Hugo. La maison Tellier (1881), Une vie (1883-ouvrage tout d'abord censuré), Bel-ami (1884), autant de grands titres qui conquièrent le public de l'époque. Les éditions se suivent, les stocks fondent à toute allure et les rééditions s'enfilent. Mais Guy s'éloigne. Sans conteste excellent homme d'affaires, il gère ses biens avec assez d'intelligence pour se mettre à l'abri du besoin. Si Maupassant est l'homme de compagnie, celui qui entretient des relations sulfureuses, celui qui devient père de trois enfants qu'il ne reconnaîtra pas, celui qui rédige des articles journalistiques toujours plus polémiques (publiés sous un pseudonyme), Guy est celui qui se détache de la société, qui en vient à haïr la compagnie et les rapports sociaux, celui qui aspire au silence, à la méditation comme à la tranquillité, celui que les affres de sa maladie plongent dans des angoisses sans nom. De cette cassure, de ce paradoxe naît peut-être le goût de l'auteur pour l'évasion. On le voit devenir pèlerin de la solitude. Il part en Auvergne, s'éprend de la Corse, séjourne en Italie, en Angleterre, en Algérie, en Sicile. Ce sont ces découvertes, ces inconnus, ces mouvements, qui inspirent et renouvellent ses œuvres aussi bien que ses contributions journalistiques. S'il fait de belles rencontres, comme celle d'Alexandre Dumas fils, il aspire à l'isolement et, assoiffé d'espace, tend à rompre avec ses anciennes amitiés, bien qu'il reste indéfectiblement fidèle à Zola comme à Tourgueniev.

Maupassant : le météore de la littérature française

Cependant l'avenir s'assombrit. Handicapé par sa maladie, Guy voit se rétrécir ses horizons. Après la mort de son frère Hervé -devenu 'fou', dira-t-on- sa  mère bien-aimée entre en dépression et lui-même en vient à douter de ses propres forces. Il tâche autant que possible de se rassembler, de se concentrer sur l'écriture à laquelle il s'adonne, lui abandonnant en vérité ses dernières énergies. Une décennie vient de passer depuis la mort de Flaubert ; une décennie pendant laquelle le nom de Maupassant sera passé de l'ombre à la lumière et cependant, l'écrivain n'y trouve pas de joie. Il accumule les cures thermales et les périodes de soin, mais son état mental et son état physique se dégradent, heurtés par l'angoisse qui le ronge.

Et c'est ainsi qu'il nous quitte, le 6 Juillet 1893, à l'aube de son quarante-troisième anniversaire, laissant derrière lui un public en peine et des amis convaincus de son génie, abandonnant au moins deux œuvres inachevées, L'âme étrangère et L'Angélus. C'est Émile Zola qui parle pour lui lors de son enterrement, et alors que ce grand ami l'appelle à la fois 'l'homme le plus heureux et le plus malheureux qui fut sur terre', nous laisserons, ainsi que Chathymi nous le suggère au cours de son article passionné, la parole à Guy de Maupassant, pour achever ce qui, pour nous, est une biographie, tandis que ce fut sa vie :

                     « Je suis entré dans la littérature comme un météore,
                              j'en sortirai comme un coup de foudre »

                                (Confidence de Guy de Maupassant à José Maria de Heredia en 1891)

Le saviez-vous ?

> En 1868 (il a dix-huit ans ou presque), comme le savent tous ses 'fans', Guy de Maupassant sauve courageusement un homme de la noyade, sur les plages d'Étretat : le poète anglais Charles Algernon Swinburne.
> En 1881, c'est sans avoir le temps d'avertir aucun de ses proches que Guy de Maupassant, envoyé spécial pour le journal 'Le Gaulois', part brusquement... pour le Sahara !
> La Tour Eiffel n'a pas toujours joui de la notoriété ni du succès dont elle bénéficie actuellement. La preuve en est, en 1887, de nombreux artistes se réunissent autour d'une pétition publiée dans un journal. Les signataires s'indignent contre la construction de 'l'inutile et monstrueuse' Tour Eiffel, et Guy de Maupassant en est.

À lire absolument (si ce n'est déjà fait) !
> Boule de Suif est une nouvelle de Maupassant, la première à avoir rencontré un succès fulgurant, au départ extraite d'un recueil collectif des écrivains naturalistes dirigés par Émile Zola.
> Pierre et Jean, roman rédigé en 1887-1888, passe pour être le plus abouti des romans produits par l'auteur.
> Le Horla bien sûr, recueil de nouvelles connu s'il en est, publié initialement en 1887.

Élizabeth M. AÎNÉ-DUROC.

14 CommentairesAjouter un commentaire

@balva archange. Oui, très. Merci de m'avoir lu.

Publié le 05 Mars 2017

c'est coul !!.

Publié le 04 Mars 2017

@Michel Canal. Oui, on peut dire qu'il m'a "toqué" le Guy. Enfin, de cette façon là. Parce que j'en ai beaucoup d'autres hein! faut pas croire, et même des femmes....le doux dans ces passions littéraires c'est qu'il n'y a pas l'aveuglement comme dans l'amour( tout court....). Il est lui, là, tout nu, et se livre à nous comme jamais. Et on le boit parfois d'un trait. D'abord. Quand on y revient c'est qu'on est accro, qu'on a des soucis de dépendance que sais-je...mais il est si doux de s'enivrer de mots qui vous parlent, qui vous révèlent à vous même. La littérature n'a rien à voir avec la séduction. C'est tellement plus inouïe que ça. Quand j'ouvre ce site et que je vois GdeM (guide/aime)là, en photo, lui qui détestait qu'on le prenne en photo, se voir en photo, cela me fait bizarre. Mais je ris. parce que, depuis le temps(bien 55 ans d'amour) nous nous sommes apaisés....pour travailler la page!Merci de m'avoir lu et accepté.

Publié le 01 Mars 2017

Merci @Chathymi de réveiller des souvenirs lointains et de nous redonner envie de revenir de manière plus approfondie sur Guy de Maupassant, dont vous êtes le meilleur relais qui soit par cette tribune.
En vous lisant, j'ai été partagé entre l'admiration pour votre passion et l'interrogation sur votre obsession. Je me suis d'abord convaincu que vous êtes peut-être "médium". Je me suis dit : s'adresse-t-il à elle depuis le "monde invisible" pour lui faire révéler sa vie, son oeuvre, ce qu'il n'a pu exprimer de son vivant, rectifier par son intermédiaire ce qui a été dit sur lui et qui ne lui conviendrait pas ? Puis plus loin, quand votre recherche obsessionnelle l'a fait vous hanter, s’opposer à vous, pas content de vous voir fouiner dans sa vie privée, d’écrire sur lui, d’inventer sur lui, il me fallait voir la situation autrement.
Il n'en demeure pas moins que ce qu'il a éveillé en vous sur lui, sur cette période, est remarquable. J'ai toujours été admiratif des personnes passionnées, sans doute parce que j'en suis incapable. Mais même sans passion, je sais apprécier les personnes qui aiment lire, écrire, jouer d'un instrument de musique, et ainsi donc, vous faites désormais partie de mon cercle d'auteurs auxquels je voue admiration et sympathie.
Merci aussi, naturellement, à Élizabeth M. AÎNÉ-DUROC qui a le don de compléter avec célérité tous les articles de cette tribune.

Publié le 01 Mars 2017

@yvan zimmermann, C'est très beau "Au soleil"! C'est précisément cette écriture sensuelle qui "me tient". Ce qui "montre" sans y toucher, je veux dire, sans l'écrire, sans le dire. Je trouve ça très sensuelle, oui. Enfant déjà je voulais écrire un livre où il n'y aurait rien, un point peut être, à la rigueur, mais c'était déjà trop. J'avais tant à dire. Quand j'ai lu Maupassant, mais surtout relu et archi relu j'ai compris que le mieux était de montrer, et de ne pas dire. Cela a été un grand soulagement pour moi et mon désir d'écrire. Oui, aujourd'hui ce serait, sans aucun doute, vous avez raison, du "politiquement incorrect". En ce qui me concerne l'écriture, la littérature, m'importe bien d'avantage que le récit. J'ai du mal avec tout ce qui est mis "sous blister" , sexe y compris. Dans ma nouvelle je n'ai pas fait bien comme il faut. Il y a des fautes, la mise en page n'est pas correct et ma foi, ma photo est à l'envers. Et c'est bien ainsi. Encore merci, Yvan.

Publié le 01 Mars 2017

Bonjour,
J'ai lu Maupassant de façon... diagonale, je l'avoue. Il faut quand même reconnaître que sa belle écriture n'est pas toujours rassurante. Je m'étais intéressé à "Au Soleil" car étant né en Algérie, je voulais connaître sa vision de ce monde à son époque. Actuellement, il serait considéré comme "politiquement incorrect" lorsque par exemple il écrivait : " je les voyais, depuis la naissance du monde, évoquées..., surgissant autour de nous dans cette nuit d'Orient les filles, les belles filles à l'âme vile qui, comme les bêtes, ignorant l'âge du mâle, furent dociles à ses désirs séniles."
Chaud lapin, le Guy !

Publié le 01 Mars 2017

@lamish. Bonne lecture de Maupassant. Lisez miss Harriet. Vous verrez. C'est un bijou.Merci pour votre intérêt.

Publié le 28 Février 2017

@bossy. Merci pour votre clin d'oeil. Et, pour le reste n'étant pas d'ici, je préfère ne pas m'en mêler :-))

Publié le 28 Février 2017

@Catarina Viti, vous n'avez donc pas reçu mes remerciements...?.! il va sans dire que j'ai la tête à l'envers(voir photo) aujourd'hui. Votre appréciation me touche. Les amours passionnés, quels qu'ils soient, laissent toujours, une fois bu l'amer, quelque chose d'étrangement fort. Quelque chose qui non seulement de n'efface plus mais fait partie et définitivement de son soi profond et sensible. Je vous l'avoue là, entre nous, volage, j'en ai plein d'autres, des amours. Littéraires.....

Publié le 28 Février 2017

@Élizabeth M.AÎNÉ-DUROC
Merci pour le bel écrin donné à mon petit exposé! Pour le travail de recherche fait autour du chéri. Sa vie, son oeuvre. Je vous l'accorde, comment dire après avoir écouter la passion? mais vous êtes juste et c'est bon. Merci également pour votre accueil ici.

Publié le 28 Février 2017

@jessabel. Merci très Chère de votre intérêt pour mon Maupassant.Et mille excuses pour ce fol envoi ....je suis arrivée d'hier ici, vous comprenez...je m’emmêle un peu les pinceaux. Guy de Maupassant, je l'aime, goulument...mais ça, vous l'avez compris.

Publié le 28 Février 2017

Comme c'est joliment dit ! Dites donc, les filles, vous avez fini de vous glorifier ou de vous chamailler ?
On vous explique qu'il s'agit de Guy de Maupassant...Jezzabel ne connaît pas Catarina, tiens donc, c'est nouveau. Mais c'est mieux comme ça !

Publié le 28 Février 2017

Bien chère Chathymi, j'ai été enchantée de faire votre connaissance par le biais de ce texte si beau, tellement vrai, tellement passionné. Nous avons de la chance de recueillir ainsi vos confidences ! Je dois avouer qu'il m'a été pénible de passer après vous, surtout, eu égard à ce que vous nous confiez, pour me permettre de rédiger une biographie !... J'espère que vous n'y verrez pas d'inconvénient plus que Guy lui-même, et je vous invite à corriger tout détail que vous trouveriez incorrect ou inadapté (attendu qu'il est évident que la vraie spécialiste de Maupassant, ici, c'est vous !, et qu'à l'évidence, ma documentation est loin d'être équivalente à celle que vous aviez rassemblée). Je vous adresse toutes mes sincères félicitations, amicalement,
Élizabeth.
P.S. : j'espère vous retrouver bientôt dans la lecture de votre nouvelle...

Publié le 28 Février 2017

Bienvenue @chatymi Votre obsession pour cet auteur m'a évoqué "Ce que mes yeux ont vu", visionné hier soir, de par cette quête instinctive à laquelle on ne peut résister, quel que soit le prix à payer. Quant à parler de Maupassant et de mon avis sur son oeuvre, Zola le fait beaucoup mieux que moi : "Ah ! la clarté, quelle fontaine de grâce où je voudrais voir toutes les générations se désaltérer ! J'ai beaucoup aimé Maupassant parce qu'il était vraiment, celui-là, de notre sang latin, et qu'il appartenait à la famille des grandes honnêtetés littéraires. Certes, il ne faut point borner l'art : il faut accepter les compliqués, les raffinés et les obscurs ; mais il me semble que ceux-ci ne sont que la débauche ou, s'il on veut, que le régal d'un moment, et qu'il faut bien en revenir toujours aux simples et aux clairs, comme on revient au pain quotidien qui nourrit sans lasser jamais. La santé est là, dans ce bain de soleil, dans cette onde qui nous enveloppe de toutes parts. Peut-être la page de Maupassant que nous admirons, lui a-t-elle coûté un effort. Qu'importe, si cette fatigue n'apparaît pas, si nous sommes réconfortés par le naturel parfait, la tranquille vigueur qui en déborde ! On sort de cette page comme ragaillardi soi-même, avec l'allégresse morale et physique que donne une promenade sous la pleine lumière du jour." Merci pour cette tribune passionnelle qui me donne envie de lire votre nouvelle. A très vite sur votre page et belle journée. Michèle

Publié le 28 Février 2017