Chronique
Le 28 juin 2017

POUR NE PAS SE TROMPER 3 : -é ou -er ?

Bon, on pourrait penser qu'Elen Brig Koridwen considère notre cas comme assez grave, voire désespéré. Distinguer le participe passé de l'infinitif a souvent été l'une des priorités du primaire de toute une génération. Mais ne prenons pas pour acquis ce qui ne l'est pas. Et très souvent, trop, nos yeux sont écorchés par cette faute fatale qui fait perdre la face à nombre d'auteurs qui chutent au champ de la syntaxe et de l'orthographe...
infinitif et participe passé, L'ENORME piègeinfinitif et participe passé, L'ENORME piège

Comme je sens que c'est une urgence, nous poursuivons la série sur les fautes les plus courantes avec cet autre dilemme : -é et -er ?

C'est une faute que l'on rencontre sans cesse sur facebook, et j'avoue que ça pique les yeux. On la rencontre aussi, hélas, dans beaucoup de livres auto-édités.
J'en profite pour donner en passant un petit conseil aux auteurs débutants : profitez des avantages du numérique ; ne vous précipitez pas pour publier des livres brochés.
Je publie mes écrits sur Amazon depuis 2015, et si je m'abstiens encore de sauter le pas vers le format imprimé, c'est parce que je ne voudrais pas figer sur le papier, sinon couler dans le marbre ^^, les coquilles qui peuvent y subsister malgré mes relectures.
J'ai pourtant un œil exercé, penserez-vous... Eh bien, ce n'est pas suffisant quand, comme moi, on se relit seul et publie toujours dans l'urgence (j'ai mes raisons, liées à mon état de santé, mais c'est un exemple à ne pas suivre).
L'œil élude certaines coquilles – pas toujours les mêmes, d'ailleurs : d'où l'obligation de se relire à plusieurs reprises si l'on veut se donner toutes les chances de bien nettoyer son texte.
L'exercice devra être effectué plusieurs fois à tête reposée, à intervalles assez grands pour avoir toujours un regard neuf ; et cela n'exonère pas de la mesure de prudence qui consiste à se faire si possible relire aussi par plusieurs tiers, expérimentés si ce n'est professionnels.

Pour en revenir au -é ou -er, il s'agit de choisir entre le participe passé et l'infinitif d'un verbe du premier groupe :

« Je suis arrivé », ou « je suis arriver » ?
Tout le monde n'a pas le bon réflexe. (Je rappelle qu'en matière d'orthographe, les bons réflexes ne sont pas innés ! À moins que l'on n'applique avec constance les leçons apprises à l'école – trop souvent oubliées, avouons-le –, ils deviennent acquis à force de lectures de qualité. Votre premier outil, auteurs débutants, c'est la lecture...)
La solution ? Très simple. Encore une fois, on va remplacer le verbe du premier groupe par un verbe d'un autre groupe :
« Je suis perdu » ou « Je suis perdre » ?
La réponse saute aux yeux.
La bonne orthographe dans l'exemple fourni n'est donc pas un infinitif (-er), mais un participe passé : -é. CQFD.

Comme la vie est bien faite ^^, ça marche aussi dans l'autre sens : « Je vais dîner » ou « Je vais dîné » ?
Hop ! On tire de notre manche un verbe d'un autre groupe : « Je vais venir » ou « Je vais venu » ?
Et voilà, vous savez que cette fois il faut utiliser l'infinitif (-er).

Voilà, j'ai presque l'impression de vous avoir fait perdre votre temps avec une démonstration aussi courte. Mais elle n'est évidente que pour ceux qui n'ont jamais à se poser cette question du « -é ou -er », ou qui connaissent déjà l'astuce. Quant aux autres, j'espère que ce petit rappel les tirera d'embarras.

P.S. : On m'avise après coup que la notion même d'infinitif tend à se perdre dans les limbes. Snif.
Bon, si vous ne vous souvenez plus de ce qu'est un infinitif, casez un verbe qui ne finit pas par le son « é » dans cette phrase:
Il est temps de... (venir, rire, prendre, cuire, vendre, etc).
La forme que prendra votre verbe, c'est l'infinitif. 
Vous pouvez maintenant l'utiliser pour remplacer un verbe du premier groupe, comme vu plus haut. 

Quant à l'infinitif des verbes du premier groupe (manger, râler, brûler, dicter, espérer, etc), c'est précisément celui qui vous pose des problèmes parce si vous ne le distinguez pas à l'oreille du participe passé.
Comment ? C'est quoi, un participe passé ? Misère !
Eh bien, c'est la forme que prend un verbe dans la phrase : Il a... (pris, cuit, vendu, mangé, brûlé, etc), ou dans la phrase : Il est... (venu, sorti, arrivé, etc).

À présent, pardonnez-moi, j'ai un peu la migraine. Je vais me coucher avec mes chats et une poche de glace sur la tête... :-)

Bon travail à toutes et à tous !

Elen Brig Koridwen

12 CommentairesAjouter un commentaire

@Elen Brig Koridwen Oui, mais se sont quand même des compteurs d'amazon. Le site de Londres m'a répondu qu'il travaillait avec des partenaires sérieux et que c'était à eux de me payer. Je ne sais pas ce qui se passe, mais je sais que j'ai peu de chance de récupérer quoi que se soit. Mon ami avocat me le dira. J'attends les réponses d'amazon. Et curieux quand même que deux librairies françaises disparaissent de la page depuis ce matin. J'ai fait le nécessaire, j'attends. Levé à 4 h, je cours à la sieste. 15 h ici.

Publié le 04 Juillet 2017

@Letellier Patrick
Je ne sais pas ce qu'il en est dans votre cas, mais de nombreux sites qui se présentent comme des sites de mise à disposition gratuite de livres (donc de piratage) et affichent d'énormes chiffres de ventes ou de téléchargements, sont en réalité des sites conçus pour capter les informations personnelles des personnes qui s'inscrivent pour accéder à leurs prétendus services. Ces sites ne font que récolter des titres et descriptifs de livres existants (souvent très mal restranscrits), sans véritable contenu et donc, sans mise à disposition des ouvrages.
Amitiés,
Elen

Publié le 04 Juillet 2017

@Elen Brig Koridwen Bonjour, depuis que j'utilise Antidote, peu de fautes passent au travers. Des amis m'ont prévenus que j'étais piraté. Tenez vous bien à plus de 170.000 exemplaires. Je ne connais aucun de ces libraires qui me vendent sur amazon. Réclamations, avocat international hollandais, ami et voisin de ponton. Depuis mes réclamations de cette nuit deux librairies françaises se sont sauvées de cette page, 8400 et 6643 exemplaires du Ciel en enfer à 57 €. (Rennes et les livres du Château) Rien de moins. Heureux j'ai pris la précaution de copier les pages pour les transformer en pdf. Encore du boulôt qui va m'empêcher de dormir. Amicalement. Patrick.

https://www.amazon.fr/gp/offer-listing/B00JTHRNEQ/ref=dp_olp_all_mbc?ie=UTF8&condition=all

Publié le 04 Juillet 2017

@Letellier Patrick
Les fautes, cela nous arrive à tous, mon cher Patrick, et pas seulement les fautes de frappe. mBS va me faire une réputation d'intransigeance, alors que je ne suis pas infaillible, très loin de là ! :-)
Amicalement,
Elen

Publié le 04 Juillet 2017

Bonjour, il m'arrive de faire cette faute par inadvertance en tapant trop vite au clavier. Mais elle saute quand même aux yeux.

Publié le 01 Juillet 2017

@Michel CANAL
Féru d'acunpuncture, mon cher Michel ? Je m'intéresse beaucoup aux médecines ancestrales.
Amitiés,
Elen

Publié le 29 Juin 2017

@Ivan Zimmermann @ BOSSY
Vous avea raison, mes amis, il faut bien rigolet ! (varions les plaisirs, tant qu'à faire ^^)
Amitiés
Elen

Publié le 29 Juin 2017

Ah @Elen Brig Koridwen, quelle bonne idée d'évoquer cette erreur que l'on trouve hélas un peu trop souvent au fil de nos lectures et de donner des clefs pour l'éviter.
Mais encore hélas, chère amie qui vous donnez tant de mal pour aider les auteurs publiés sur mBS (et ailleurs). Ceux qui ont lu votre billet et mis un commentaire amusé sont aussi ceux qui maîtrisent l'usage de notre langue. Espérons que ceux pour qui ce billet serait utile le liront. Amitiés. Michel
PS : pour la migraine, Elen, mettez un glaçon sur la nuque (en haut de la nuque, le petit creux que l'on trouve en passant le doigt au niveau de la séparation entre le cou et la tête). Ce point s'appelle le FENG FU.

Publié le 29 Juin 2017

@Ivan Zimmermann. Ouf, un peu d'humour pour détendre l'atmosphère ! On est bien les seuls !

Publié le 28 Juin 2017

@BOSSY
Vous avez raison Gérard, impossible de passé à côté, il suffit de repéré.-:)

Publié le 28 Juin 2017

Allons,allons, quand-même ! On ne va pas se trompé sur un infinitif...

Publié le 28 Juin 2017

C'est exactement la méthode que j'utilise avec 'mettre ou battre', mais cela ne m'empêche pas de commettre l'irréparable. Lorsque je tape vite, bien ancré dans mon trip, il arrive souvent de me dire après relecture: Quel con !
Et encore quand je le vois !
Cela me rappelle cette énigme policière où un jardiner avait été accusé alors que sa patronne, au demeurant reconnue femme cultivée, aurait écrit "OMAR M'A TUER". Même si la dame mourante a pu commettre cette faute grossière, on se demande comment elle a fait pour ne pas oublier l'apostrophe à ce même moment de faiblesse. Mais c'est un autre sujet.
Amitiés,
Ivan

Publié le 28 Juin 2017