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Le 11 jui 2017

Peut on quantifier la valeur de l’écriture ?

Ivan Zimmerman se prête à un exercice périlleux qui appelle les mathématiques pour évaluer l’écriture. Un peu de concentration vous est demandée pour intégrer ses principes de base et la logique de la mesure. Une fois intégrés, c’est un jeu qui vous offre un prisme nouveau pour juger de l’écriture. D’accord ou pas. A débattre. Mais il faut suivre d’abord
Ecrire : y-a-t'il une formule pour plaire ?Ecrire : y-a-t'il une formule pour plaire ?

La valeur absolue existe-elle en écriture ? méthodologie et postulats

Si j’écris par exemple : |x| = { x si x>=0 }= {-x si x<=0}
Beaucoup vont me demander ce que charabia mathématique vient faire ici. C’est tout simple cela s’applique à la valeur absolue. Pour aller au plus vite : la valeur absolue d’un nombre entier est égal à ce même nombre positif ou négatif (sans tenir compte de son signe).
Il ne faut pas considérer le 0 comme une note nulle mais comme une moyenne. Rien à voir avec les notations des carnets scolaires. En math, il y a la notion de l’infini en négatif ou en positif, le zéro est au milieu.
Tout le monde suit, même les cancres en math ?

Mon interrogation est donc de savoir si cette valeur absolue est applicable à l’écriture.

(Je ne parlerai pas de « littérature » qui à mon sens est un mot presque grossier tant il dénonce la prétention de ceux se considérant au même niveau que Villon, Hugo, Balzac, Apollinaire et consorts. Désolé !)
Donc essayons :
Remplaçons | x | (valeur absolue de x) par | Ecriture | (valeur absolu de Ecriture) cela donne :
|Ecriture|  =  {Ecriture si Ecriture >=0} =  { -Ecriture si Ecriture <=0 }

Je traduis : Valeur absolue de Ecriture égal à Ecriture si Ecriture est égale ou supérieure au niveau moyen, et  qui est égal à Ecriture si Ecriture est égale ou inférieur au niveau moyen.
Dans les deux cas on retrouve le signe égal(=) donc jusque là il y a une certaine cohérence, mais il y a une nette opposition entre le signe inférieur à (<) et supérieur à (>) et là on peut se dire qu’il y a une incohérence
Je ne suis pas certain de cette incohérence. Là, je m’explique :

Que faire pour que mes écrits plaisent à tout le monde ?

Sans doute vous êtes vous posés la question. Que faire pour que mes écrits plaisent à tout le monde ? Là, ce serait donc Ecriture >=0.
Ecrire en bon français est forcément essentiel et me paraît déjà amener un bon point équivalent à une moyenne donc Ecriture = 0.
Certes, mais cela ne suffit pas au bonheur de tous ; en effet, comme on peut le lire à travers les textes mis à disposition sur mBS, le lecteur demande de l’émotion, un trouble dont il a souvent besoin en fonction de sa personnalité, une envie de se faire peur ou celle de rêver, un désir d’érotisme, une initiation à la poésie, à l’amour et pourquoi pas une propension à la révolte. Mais le nerf de la guerre n’est-il pas qu’il y ait au demeurant une base solide et donc une histoire à raconter ?
Dans ce cas, pour ces lecteurs là, Ecriture > 0, sauf s’il trouve l’histoire quelconque ou que l’émotion recherchée est mal retranscrite et nous arrivons à Ecriture <=0.

Personnellement, je cherche toujours un livre qui raconte, me fait rêver, me permet de me substituer à un personnage qui ne me ressemble pas. Il me faut une histoire qui ait un relent de réalité et d’aventure. Sans doute parce que j’ai besoin de cela. Est-ce un regret sur le déroulement d’une vie jugée trop monotone ? Sans doute. Une sorte d’ersatz qui répond à un besoin d’évasion dans un monde inconnu, de m’envoler vers des événements que je n’aurais jamais imaginés.

Y a t'-il une clé qui fasse qu'un livre puisse (en moyenne) plaire à tout le monde ?

Pour d’autres ce sera peut-être tout le contraire et une simple poésie sans profondeur ou un roman psychologique sans aboutissement correspondra à leur besoin intime.
La clé est donc de trouver ce besoin  intime (personnel, propre à chacun), mais pour le trouver, il faut pour cela qu’il existe un sens commun, une recette suprême, une valeur absolue.

Baudelaire nous invite à des voyages où la beauté se heurte à la vérité, la mélancolie à l’horreur. Barbara Cartland donne de l’engouement à beaucoup avec ses romans à l’eau de rose. Stephen King offre la chair de poule dans des fictions à la limite du réel qu’il a le secret de lier avec l’impossible. Bernard-Henry Levy plait pour sa philosophie politique. Guillaume Musso propose peut-être des fictions romantico-policières de hall de gare mais il est plébiscité.
Ces exemples couvrent une palette infinie et le mélange des genres peut choquer, mais je l’ai fait à dessein. Peut-on aimer ces cinq là en même temps ? Pourquoi pas. Ceci prouverait bien que la valeur absolue n’existe pas.

Peut-on lier tous les genres pour plaire ? La réponse est Ecriture < 0.
Alors où se trouve la recette ?
Bien qu’on entende souvent dire qu’il faut une dose de romantisme, de sexe, de suspense et quelques envolées pour obtenir Ecriture >0.

Pas de formule magique pour evaluer l’écriture, une formule mathématique peut-être …

Il n’y a pas de formule magique. Un auteur peut écrire comme un cochon, toute proportion gardée, (vous avez lu Michel Houellebecq ?) mais révéler une histoire intéressante, un autre peut avoir une plume magnifique et nous emmerder. Chacun sa sensibilité, chacun son public.

Sur un même texte on retrouvera inéluctablement les résultats suivant :
Pour les satisfaits et les moyennement satisfaits Ecriture >=0.
Pour les moyennement insatisfaits et les totalement insatisfaits  Ecriture <=0.
On retrouve bien ce corollaire :
|Ecriture|  =  {Ecriture si Ecriture >=0}  =  { -Ecriture si Ecriture <=0 }
La démonstration est faite, la valeur absolue existe également en écriture, mais seulement mathématiquement parlant, bien sûr.

La vérité n’est pas toujours celle que l’on pense disait Socrate.
Et il avait raison. J’espère que cela vous a amusé, mais vous l’aurez deviné, en vérité, la valeur absolue en écriture n’existe pas quelque soit la méthode utilisée. L’important est de tenter, le mieux possible, de peaufiner nos textes sans trahir notre personnalité et notre style, se faire plaisir et faire partager ce plaisir. Aux lecteurs de nous en dire plus sur nous même.

Ivan Zimmermann

25 CommentairesAjouter un commentaire

Désolé à tous d'être en retard .
@Charlotte De Garavan, je suis complètement d'accord, mais vous aviez deviné que c'était une forme de gag avec un pied de nez à cette société qui mesure tout. Ne nous a-t-on pas dit récemment que les robots pourront écrire à notre place ? Quelle horreur ! Tous formatés, chouette j'ai plus de cerveau !
Facétieux ? @bernadetteL vous avez tout compris c'est à la limite du bouffonesque, c'était le but recherché, merci.
@Claude CARRON, mais bien sûr qu'il faut se laisser aller, exploiter notre imaginaire et faire fi des courants et de la mode. ce qui compte c'est vous, votre ressenti et la façon dont vous l'étalerez (non c'est pas beau ) la façon qui permettra à votre plume de nous faire rêver, peur ou pleurer. C'est la seule chose qui compte.
Merci à tous,
je vous embrasse,
Ivan

Publié le 24 Juillet 2017

@ Zimmerman : Belle démonstration, en effet, cher Zimmerman. Mais tout est-il mesurable et quantifiable ? Ou, au contraire, ne doit-il pas résider une part de mystère dans chacun des écrits, voir d’ambiguïté par les temps réducteurs de liberté que nous vivons ?
L'écriture, ne pourrait-elle pas, au contraire, servir à s'évader des conventions et des "logiques" se voulant orientées vers un pragmatisme bien utile à endormir les esprits?

En tout cas je m'y emploi et m'y trouve en fort bonne compagnie... Et si nous nous chargions de romancer cette "pragmatique" activité que constitue cette fameuse science des mathématiques (qui m'a tant fait souffrir dans ma jeunesse) pour amender ce savoir de "matheux" et de parvenir plutôt à une sorte d'osmose des savoirs, en fusionnant ces deux disciplines?

"Ce n'est pas vraiment que le chemin est dur, mais que dur est le chemin."

Publié le 20 Juillet 2017

Je souscris peu à ce type d'approche, je trouve en tout cas l'exercice facétieux et méritoire.

Publié le 18 Juillet 2017

Ca me fait penser au test qui refléterait l'intelligence... comme si on pouvait évaluer l'intelligence (globale) d'une personne par une formule (ou un test)... Alors, le bon roman... qui plus est sous-entendu le roman qui plairait à tout le monde... Le roman qui plait à tout le monde serait le 'bon roman' ? Généralement c'est plutôt le contraire. Le roman qui plait à tout le monde c'est comme la fille qui plait à tout le monde : c'est pour ceux qui n'ont pas d'imagination ! La recette du roman qui plait c'est ce qui pullule en ce moment : le roman 'feel good', autrement dit le roman qui vous veut du bien. Tu parles ! S'il suffisait d'un roman pour aller bien, ça se saurait... tous les psys seraient au chômage. Le roman qui plait à tout le monde aujourd'hui c'est celui préfabriqué, celui qui va plaire à une majorité de lecteurs enfin surtout de lectrices. Un roman est vendu à 500 000 exemplaire ? Qu'à cela ne tienne, les maisons d'édition vont tenter de répéter la formule magique... jusqu'à aller à imiter la couverture... parce que bien sûr la couverture c'est déjà la moitié du travail. Quant à l'auteur qui écrit le livre qui se vend, il en est réduit à ré-écrire toujours le même livre. Parce que si ça marche, pourquoi changer la formule ? On est effectivement dans le calcul...

Publié le 16 Juillet 2017

@PhilippeMangion
Oui mais non. ( c'est chiant mais ça aussi c'est mathématique )
D'après la formule de la valeur absolue (si on en tient compte) il y a aussi un signe =, un signe < et un signe >. Donc chacun ressent si c'est moyen, nul ou bon. Ce n'est pas si simple, mais nous sommes toujours sur un corolaire qu'il m'amuse - uniquement - de traiter. Mais vous êtes sur la voie.
Merci Philippe, connaissant votre imagination je suis sûr que ça va vous donner une idée de roman.
Amitiés,
Ivan

Publié le 12 Juillet 2017

Si la valeur absolue (mathématique) définit ce qui marche en littérature (pardon, en écriture..), on peut en conclure que deux sortes de bouquins sortent gagnants : les meilleurs et les plus nuls.
... Ce qui, finalement, rejoint une approche bien plus empirique :)

Publié le 12 Juillet 2017

@Ratiba Nasri 4
Merci d'avoir apprécié. Je voulais détendre l'atmosphère un peu lourde depuis quelques temps. Et puis vous l'avez dit, ne pas TROP se prendre au sérieux et aimer écrire même si nous ne sommes pas parfaits.
Amitiés,
Ivan

Publié le 12 Juillet 2017

@Ivan Zimmermann,
20/20 Ivan pour votre tribune remarquable et originale. Parler de l'écriture en passant par les maths, c'est très ingénieux. Fallait y penser. En tous cas, j'ai passé un excellent moment de lecture. Bravo ! 20/20 également pour tous les commentaires qui sont très pertinents et qui démontre que les auteurs sur MBS ne se prennent pas trop au sérieux. C'est l'essence même de la vie, de mon point de vue. Chaque lecteur a sa propre sensibilité ; il aimera un livre et pas un autre. Les auteurs écrivent avec leur coeur (et aussi leurs tripes mdr), ils donnent le meilleur d'eux-même, en espèrant séduire les lecteurs. Mais c'est une question de feeling et de goût... L'important, c'est de prendre plaisir à écrire et d'être fier de soi et si en plus on a de bons retours alors le contrat est rempli. Bonne journée à tous et à bientôt sur nos pages :)

Publié le 12 Juillet 2017

@Maryse Wolfang
CQFD
La combinaison parfaite d'une démonstration aboutie.
Merci
Ivan

Publié le 12 Juillet 2017

Un mauvais roman est une combinaison entropique de facteurs dont le résultat ne dit rien, ne défend rien, n’apprend rien à personne, n’apporte aucun point de vue neuf sur la vie, ni ne génère la moindre sensation…
Un bon roman n’est souvent qu’une combinaison maîtrisée de ces mêmes facteurs, mais dont l’effet induit est de créer une émotion chez celui ou celle qui le lit.
Seule l’émotion - de délicieuse à très dérangeante, peu importe, dans l'émotion tout est bon - peut établir une connivence entre auteur et lecteurs…
Et un EXCELLENT roman?... C’est la même chose, mais parfaitement écrite…
Ensuite, lui faire rencontrer son lectorat ?... Affaire de marketing sensuel, avant toute chose.
Les éditeurs anglo-saxons appellent ça le ROE, (Return On Emotion)… Encore une affaire de matheux !

Publié le 12 Juillet 2017

@Elen Brig Koridwen heureux que ma folle démonstration vous ait interpellée. J'aime beaucoup la vôtre également. Effectivement, il y a à notre époque une différence entre l'art d'écrire et l'art de créer un best-seller. C'est d'ailleurs pour cela, et vous me pardonnerez, que je ne parle jamais de littérature qui à mon sens est morte, n'en voyant plus que très, très peu à l'horizon. Je fais d'ailleurs partie des coupables.
@Michel CANAL, toi, tu n'en rates pas une, Céline m'avait averti. "quelle que soit la méthode...", Bon Dieu, mais c'est bien sûr ! Quel abruti je fais ! Merci en tout cas d'avoir apprécié ma démarche qui se plie plus à la dérision et à l'humour qu'à la véritable recherche de la "Valeur Absolue". Je me doutais bien que parler de math,ici, allait faire bondir, mais je m'en serais voulu que tu attrapes une crise d'urticaire, me voilà rassuré sur ta santé.
@VAY Céline, ouais, en voilà une qui connait l'algorithmie (ou ...mique au choix) et je ne sais pas pourquoi mais je ne suis pas étonné. "Si moi pisser alors moi exister sinon moi pas en bonne santé [fin de si]" en est une forme aussi. Mais tu sais, comme je l'ai écrit plus bas, je suis capable, si, si, d'aller plus loin avec le binaire, juste pour rire, mais j'ai un peu peur de lasser à force.
Je vous embrasse tous.
Amitiés,
Ivan

Publié le 12 Juillet 2017

@Ivan Zimmermann.
Oh pinaise Ivan, pour comprendre il a fallu que j'augmente ma vitesse de connexion synaptique. Euh, je me trompe ou tu as écrit sous forme d'algorithme de programmation? Si E a tel critère alors réponse du lecteur= contentement, déception. L (réponse du lecteur) perdant son caractère de variable pour devenir un élément parfaitement identifiable. Je ne comprenais pas pourquoi tu n'avais pas écrit sous forme d'équation à inconnue. Sauf hypothèse d'un algorithme sans élément subjectif où tout n'est que mise en condition. Techniques d'écriture (suspens, émotion, érotisme, qualités rédactionnelles...), réflexe conditionné par la technique employée. Réflexe de Pavlov. J'aime beaucoup ta démonstration Ivan : l'écriture n'est pas une dilettante mais une technique. L'alchimie lecteur- auteur n'est pas une notion abstraite mais scientifique. Nous ne sommes que dans du langage binaire. Si l'hypothèse émise pour la programmation est vérifiée alors "1". Si l'hypothèse n'est pas vérifiée alors"0". Normal, l'être humain n'est qu'une histoire de connexion se faisant ou ne se faisant pas.Ne reste qu'un seul mystère : @Michel Canal, Michel jamais je n'aurais pensé que tu n'étais pas matheux! Je vous embrasse.

Publié le 12 Juillet 2017

Mon cher @Ivan Zimmermann, je suis sur le "cul" ! Non pas tant à cause (ou grâce à) de ta brillante explication de matheux qui a failli provoquer une crise d'urticaire vu que je suis allergique aux maths depuis que j'ai été loupé pour l'algèbre au secondaire, mais en raison des non moins brillantes interventions de @lamish, @Élizabeth M.AÎNÉ-DUROC, @chathymi, @FANNY DUMOND, @Robert Dorazi et bien entendu @Elen Brig Koridwen.
Plus prosaïquement, vu que je suis plus à l'aise pour l'écriture, je retiendrai surtout dans ton article : "Que faire pour que mes écrits plaisent... ? Ecrire en bon français est forcément essentiel... mais cela ne suffit pas au bonheur de tous... le lecteur demande de l’émotion, un trouble dont il a souvent besoin en fonction de sa personnalité, une envie de se faire peur ou celle de rêver, un désir d’érotisme, une initiation à la poésie, à l’amour et pourquoi pas une propension à la révolte. Mais le nerf de la guerre n’est-il pas qu’il y ait au demeurant une base solide et donc une histoire à raconter ?... vous l’aurez deviné, en vérité, la valeur absolue en écriture n’existe pas quelque soit (faute de matheux > quelle que soit) la méthode utilisée. L’important est de tenter, le mieux possible, de peaufiner nos textes sans trahir notre personnalité et notre style, se faire plaisir et faire partager ce plaisir. Aux lecteurs de nous en dire plus sur nous même."
La conclusion nous est donnée par @Elen Brig Koridwen, prenant en compte les points de vue du lecteur et de l'éditeur : " il n'y pas de valeur absolue en écriture, ni en littérature... chaque lecteur a ses goûts, et que ce qui plaît à l'un ne plaira pas à l'autre, ne serait-ce qu'à cause de (grâce à ?) la diversité des genres. Le point de vue de l'éditeur (je le partage car il est logique), c'est que si n'importe quel livre peut trouver son public, un bon livre est celui qui plaira à un maximum de lecteurs. C'est un point de vue commercial, peut-être, mais raisonnable... De mon humble point de vue, un très bon livre allie a minima une bonne histoire bien racontée avec des personnages vivants et émouvants, une rédaction irréprochable ou presque, et une dimension esthétique."
Mon cher Ivan, tu peux te réjouir du succès de ton article. D'une part parce que finalement je n'ai pas eu ma poussée d'urticaire, d'autre part pour l'écho qu'il a trouvé auprès des commentateurs habituels dont j'apprécie la pertinence. Amitiés à toutes et à tous, mes ami(e)s de mBS. Michel

Publié le 12 Juillet 2017

Voilà qui nous fait passer un excellent moment, merci @Ivan Zimmermann !
Non, il n'y pas de valeur absolue en écriture, ni en littérature – et j'emploie volontairement le mot "littérature", irremplaçable puisqu'il est plus global et inclut une dimension esthétique.
Comme @lamish, j'ai été enthousiasmée par certains ouvrages originaux et bien sentis quoique bourrés de fautes (même si je pense qu'ils gagneraient à en être débarrassés, ce que j'ai fait bénévolement chaque fois que je l'ai pu).
Par ailleurs, il est vrai que chaque lecteur a ses goûts, et que ce qui plaît à l'un ne plaira pas à l'autre, ne serait-ce qu'à cause de (grâce à ?) la diversité des genres.
Le point de vue de l'éditeur (je le partage car il est logique), c'est que si n'importe quel livre peut trouver son public, un bon livre est celui qui plaira à un maximum de lecteurs. C'est un point de vue commercial, peut-être, mais raisonnable – même si l'autoédition est en train de changer la donne, en permettant à toute personne de publier pour une poignée de lecteurs (et là, on en revient à mon dada : la nécessité d'un moteur de recherche performant pour que ces lecteurs trouvent facilement ce qui leur convient).
Bref, il n'y pas de recette toute faite, mais il y a des méthodes pour produire un "bon" livre. L'édition les connaît très bien, même si ces méthodes, visant un résultat statistique, ont pour but de produire une valeur moyenne plutôt qu'une valeur absolue.
De mon humble point de vue, un très bon livre allie a minima une bonne histoire bien racontée avec des personnages vivants et émouvants, une rédaction irréprochable ou presque, et une dimension esthétique. De nos jours, cette dernière tend à passer à l'arrière-plan. C'est bien dommage. Il n'empêche que la dimension esthétique reste ce qui différencie l'art d'écrire de l'industrie du best-seller.
Amitiés,
Elen

Publié le 11 Juillet 2017

@Ivan Zimmermann... Non, franchement, ... ou alors, au hasard : "zéro + zéro = la tête à toto ?" mais peu importe, car j'ai bien ri ! Je découvre, par la même occasion, que tu préfères le chanvre, et tu as bien raison. Son contact ne souffre aucune comparaison avec celui du polypropylène :) ! Bisous.

Publié le 11 Juillet 2017

@Robert Dorazi
Cela fait du bien que le sourire, la dérision et l'humour soient de mise dans cet article.
En fait Robert, il faut que je vous reprenne car la division du carré du poids du livre par le nombre de signes de mes livres amène E²=MC² dont le résultat me concernant est de 0. Cette division par zéro qui devrait être impossible correspond pourtant au carré de la division de mes ventes par la racine cubique de l'ensemble des lectures et me donne toujours le même résultat = null.
Je suis d'ailleurs en train de tresser une corde de chanvre pour me pendre à l'aube.
Michèle (@lamish) tu as tout compris là, j'espère !
Bises
Ivan

Publié le 11 Juillet 2017

@Robert Dorazi, première intervention masculine assortie d'un excellent raisonnement auquel j'ai pu accéder, malgré mes lacunes ;) ! J'aurais dû vous avoir, vous et Ivan, comme prof de math :) !... Avec @BOSSY comme prof de philo, je me serais épargné bien des déboires ! Merci à vous tous pour votre humour (Putain ! - oui, je sais, faut pas le dire - ça fait du bien !) et bonne fin de journée.

Publié le 11 Juillet 2017

La bonne littérature étant, comme chacun sait, plus légère que la mauvaise, il est dès lors simple de déterminer la valeur d'une oeuvre en divisant le carré du poid du livre par le nombre de signes. On obtient ainsi un Indice de Valeur Littéraire ou IVL. On peut alors ranger les romans selon leur IVL, ceux ayant un IVL supérieur à 32 entrant dans la catégorie des livre à obésité littéraire morbide... :)

Publié le 11 Juillet 2017

@chathymi votre choix serait donc |E| ={-E si E<=0}. car vous aimez même les écrits qui ne raconte rien.
@FANNY DUMOND vous c'est l'inverse, ce serait |E|={E si E>=0} car vous mettez au rencart un écrit qui ne vous intéresse pas a priori.
Donc, tout a une logique mais elle n'existe qu'en chacun de nous.
C'est ce que j'ai essayé de démontrer et vous en apportez la preuve.
Chacun son truc et c'est tout ce qui compte.
Dans un prochain article je vous proposerai la logique binaire, vous allez adorer !
Non, je plaisante, quoique...
Bisous à vous deux
Ivan

Publié le 11 Juillet 2017

Waouh ! Les rouages de mon cerveau se sont fait la malle cet après-midi. Après avoir tenté de lire une des dernières nouveautés, ne voilà-t- il pas que je tombe sur une formule mathématique ! Je suis plus que cancre en maths et ce n'est pas à mon âge avancé que je vais faire un effort pour comprendre votre leçon qui doit être passionnante, je n'en doute pas un seul instant ;-))Très éclectique dans mes lectures, si un bouquin ne me plaît pas au bout de quelques pages, je le mets au rebut sans autre forme de procès. Fort heureusement, on ne peut pas plaire à tous les lecteurs dans ce monde où l'uniformisation est devenue monnaie courante. Amitiés de l'Auvergnate. Fanny

Publié le 11 Juillet 2017

L'amour est déraisonable. Ne se raisonne pas.
Comme face à Gorgonne, nous sommes éblouis, quoi qu'il en retourne, y compris les emmerdements. Il en va ainsi de l'art( je parle de mon amour pour certains auteurs comme Stendal, Yourcenar, Baudelaire que vous citiez. Certains peintres comme Klee, Picasso. Certains chanteurs, comme la Calas...).
C'est drôle, pour moi, que vous raisonniez ce quelque chose qui ne se saisi pas.
Contrairement à vous, je ne cherche que rarement un livre avec une histoire. Ce qui m'importe c'est comment c'est écrit. C'est la raison pour laquelle je fond face à la litterature japonnaise où ....il ne se passe rien( bon nombre du milieu 20ième siècle). C'est très très fort. Ou bien Michon, qui passe sont temps à "dégraisser". J'aime votre démarche car j'aime les démonstrations un peu "tirés par les cheveux", qui montre une curiosité joyeuse. Une bonne santé!

Publié le 11 Juillet 2017

@Élizabeth M.AÎNÉ-DUROC
Vous savez ce n'est qu'un début, mais on peut aller plus loin, très loin ; de moins l'infini à plus l'infini. L'écriture est un tout sans limite. Le sujet est sans fin et c'est là l'intérêt ; ne jamais atteindre ses limites.
Merci ma petite Bruna (tant pis, c'est fait )
Bises,
Ivan

Publié le 11 Juillet 2017

Alors là, mon cher Ivan, chapeau bas ! Quelle idée originale ! Et quel superbe "viatique" de transmission de pensée que cette démonstration mathématique ! Je me suis régalée à lire votre démonstration et à voir vibrer, entre crochets, les véritables sens que vous voulez donner et ouvrir à notre compréhension. Ce sont des maths chantants, des maths profonds, de ceux que les vrais "matheux" lisent de la sorte, de ceux que les vrais "littéraires" rencontrent dans la construction sublime et/ou obscure de leur(s) composition(s). Dans toutes ces questions relatives reste, de mon point de vue, une constante : le "cœur qu'on y met". À mon sens, Écriture > (toujours) 0 si l'auteur partage son cœur. Bien entendu, ici résumée, la question se répand à nouveau en véritable éventail ! Y mettre son cœur, c'est quoi ? C'est quand, c'est qui ? Et s'il y a différentes phases ? Et si l'on en est là ou là ? Et si chacun ne l'entend pas pareil ?! En bref, nous donnons notre maximum, et ça, déjà... (Ça me rappelle un certain sujet que nous avons traité ensemble...).
En tous les cas mon cher Ivan, je vous renouvelle mes mille "Bravo" (licence française) pour ce développé original et intéressant que j'aurais bien voulu se voir poursuivre sur des pages et des pages, rien que pour mieux sentir encore où vous voulez nous mener.
Avec, vous le savez, toute mon amitié.
Bruna. (Flûte : Élizabeth ! Que dis-je !).

Publié le 11 Juillet 2017

Salut ma Michèle @lamish,
Toujours aussi adorable avec moi.Faut se méfier, ma médiocre leçon de math risque de faire faux bond. Heureux que tu ais compris l'essence de cette foutue démonstration. Mais je n'ai pas trouvé mieux pour interpeller et tenter de faire comprendre qu'il n'y avait pas de méthode pour plaire, le "feeling" ne s'explique pas sauf, peut-être, de manière mathématique. Mais quand on sait que les maths ont été construites sur des bases fausses, ceci peut expliquer cela.
Bises,
Ivan

Publié le 11 Juillet 2017

@Ivan Zimmermann. Tribune qui tombe à point nommé pour rappeler que, si l'alchimie doit avoir lieu entre auteur et lecteur, chacun doit assumer ses ressentis. Je déplore que, souci économique empirique oblige, beaucoup de textes racolent de nos jours, s'uniformisent pour appâter une majorité de lecteurs. Pas plus tard qu'hier soir, j'ai fait une chasse aux coquilles sur un écrit atypique, défiant beaucoup de lois grammaticales, faisant un monumental pied de nez à la ponctuation... Mais quelle force dans ce texte ! Le faire "rentrer dans le moule" le viderait de son essence, sans aucun doute. Je suis loin d'être la meilleure en matière de correction, mais rien ne me hérisse plus le poil que de voir de beaux écrits se faire massacrer pour une simple considération orthographique. Je serai beaucoup moins conciliante sur le fond. Ici, par affinités, j'ai abordé des romans de tous types, que je n'aurais probablement pas achetés en librairie. Cela été le cas avec toi, Hubert, Patrick et d'autres pour ce qui est des thrillers, le cas avec Pascal ou Yannick, que je suis en train de lire, pour ce qui est de la SF... Finalement, cela s'avère une méthode valable pour juger de la "valeur relative" car, si l'on accroche avec un genre qui n'est pas notre genre de prédilection, c'est plutôt bon signe pour la plume et la personnalité de son auteur, non ? Pour terminer sur une note amusante : Rien que de voir ta formule, là-haut, je me sens mal. Le passage aux math modernes a donné le coup d'envoi à mon désintéressement des études. De la meilleure, je suis passée à la plus nulle... blocage complet... mon ego a essuyé son premier échec, ne l'a pas supporté... une vraie catastrophe ;) ! Belle journée à toi, mon ami, et merci ! Bisous. Michèle

Publié le 11 Juillet 2017