Interview
Le 01 aoû 2017

Nicolas Faroux : Directeur général de Chapitre.com explique les ponts entre auto-édition et édition

Nicolas Faroux aborde un sujet délicat pour un éditeur (et pour un libraire) : l'auto-édition. Un sujet pourtant bien apprivoisé par Chapitre.com car le groupe est en passe d'en faire l'un de ses moteurs. Quand l'auto-édition se fait édition, les plateformes comme monBestSeller y jouent un rôle central. "Le baiser de Pandore" de Patrick Ferrer est l'un de ses paris de la rentrée.
Incartade(s) : sortir des sentiers battusIncartade(s) : sortir des sentiers battus
Question: 

Le site internet Chapitre.com n’est plus exclusivement l’une des plus grandes e-librairies de France, elle est aussi une plate-forme d’autoédition et un éditeur via la marque Incartade(s) Edition. Une intégration des métiers ?

Réponse: 

Historiquement e-librairie depuis 20 ans, Chapitre.com a fait un premier pas dans le monde de la publication en créant une plateforme d’autoédition sous la marque "Je publie mon livre" Ce service aux auteurs, lancé il y a 5 ans, a permis de nous rendre compte du vivier de jeunes talents que l’autoédition pouvait receler. Afin de valoriser les textes les plus prometteurs, nous avons pris la décision de créer une maison d’édition, deux ans plus tard.

Question: 

Incartade(s) est-elle une maison d’édition supplémentaire ou s’assigne-t-elle des objectifs particuliers ?

Réponse: 

Comme son nom l’indique, nous souhaitons sortir des sentiers battus avec une ligne éditoriale basée sur les premiers romans, tous genres confondus, afin de faire découvrir au grand public des pépites cachées. Le manuscrit "Le Baiser de Pandore", refusé en l’état par de nombreux éditeurs car étant jugé trop « long », est un pari qui semble porter ses fruits.

Question: 

Le recrutement de « bons » auteurs est évidemment la mission centrale d’un éditeur. Internet et les nouveaux outils participent à cette démarche. En quoi renouvellent-ils l’intérêt de la recherche de nouveaux auteurs ?

Réponse: 

Grâce aux plateformes d’autoédition ou de mise à disposition de textes ou d’extraits de textes sur Internet, il est aujourd’hui plus facile de dénicher des talents ; l’éditeur se doit aujourd’hui d’être plus proactif et toujours à l’affût. L’autoédition devient un moyen pour les auteurs de se faire découvrir et de faire parfois leurs preuves auprès du public avant d’être édités ; c’est le cas de Patrick Ferrer qui avait déjà vendu 9 000 ebooks du Baiser de Pandore sur Kindle avant que nous nous rencontrions.

Question: 

monBestSeller a-t-il une particularité dans cette nouvelle manière de vivre l’édition ?

Réponse: 

La création de partenariats avec une plateforme communautaire comme monBestSeller est un vrai plus dans le recherche de nouveaux auteurs. Nous avons découvert, l’éditrice Marine Collet et moi-même, Patrick Ferrer grâce à notre partenariat avec mBS, lors de la soirée de remise des prix du « Prix Concours monBestSeller » où j’étais membre du jury.

Question: 

Vous avez choisi l’auteur Patrick Ferrer pour son livre "Le baiser de Pandore". Pourquoi cet auteur ? Pourquoi ce titre ? Un mot sur son livre ?

Réponse: 

La démarche de Patrick était similaire à la nôtre, nous avions ensemble envie de liberté dans notre approche du livre. Commercialiser un roman de 560 pages à 19 € pour un auteur jamais publié ne nous a pas fait peur. Si on évoque un peu le contenu de ce livre, c’est un polar original et assez sombre. Le personnage principal a la capacité surnaturelle de pouvoir échanger avec les morts ; l’auteur vous plonge dans un univers et une atmosphère qui finit par vous coller véritablement à la peau. Un vrai coup de cœur de l’éditrice d’Incartade(s), Marine Collet, qui a tout enclenché.

Question: 

Pensez-vous que les nouveaux modes de recrutement d’auteurs peuvent avoir une influence réelle sur la nature des écrits proposés par le marché de l’édition ?

Réponse: 

C’est incontestable. On peut aujourd’hui, avec toutes les plateformes de lecture, les livres autoédités, etc. découvrir des manuscrits qui sortent vraiment de l’ordinaire et voir instantanément la réaction du public. Cela change la donne pour les éditeurs, en offrant un champ de vision beaucoup plus large sur la création littéraire.

Question: 

Le livre de Patrick Ferrer a été lancé le 12 juillet 2017. Un bon démarrage ? Quelques signes avant-coureurs ?

Réponse: 

Ce titre connait un bon démarrage avec un premier tirage à 1000 exemplaires, presque écoulés deux semaines après la parution. Le retirage est déjà planifié. L’accueil du public est également, comme escompté, très favorable, sans compter plusieurs avis enthousiastes de blogueurs. 

Question: 

Votre mot personnel

Réponse: 

Merci à monBestSeller d’avoir facilité cette belle rencontre ! Et à bientôt pour d’autres mises en relation, et d’autres coups de cœur.

Bonjour et merci pour cet échange intéressant :-)

Publié le 14 Août 2017

Bonjour Monsieur Nicolas Faroux, veuillez excuser ma naïveté, mon manque total de sens des affaires, et de connaissance dans votre spécificité professionelle. Candide donc, je vous pose la question avec franchise. En somme, les éditeurs attendraient que l'écrivant essuie les plâtres sur les sites tant décriés par eux (amazon par ex. qui fait tant de mal aux petits commerces et pme dit-on). Puis, s'ils en repèrent un qui a l'air d'aguicher les lecteurs ils le mettent dans leur panier? Aucun risque donc. Dommage si c'est ainsi. Mais je pense que c'est ainsi. Bien votre Cha

Publié le 14 Août 2017

Ces dérapages contrôlés sont intéressants; ils témoignent du renouvellement permanent des sources de la littérature. Et si l'édition commence à pêcher dans l'auto-édition, on peut aussi penser que l'auto-édition repêchera des livres édités mal lancés ou oubliés...pour les remettre en avant...

Publié le 04 Août 2017

J'ose un premier commentaire ;), en espérant que ce ne sera pas le seul : Merci pour cette tribune, Nicolas, et pour cette pratique de l'incartade qui vous a mené jusqu'à notre communauté d'auteurs. Réduire la fracture entre éditeurs et auto-édités est une sacrée gageure que vous relevez avec brio. Pas facile, j'imagine, d'opérer un choix à la fois porteur et complice. Celui de Patrick, une des plus belles plumes de cette plateforme, fut passionnel tout en restant objectif et judicieux. Bravo et bonne continuation, en dehors des sentiers battus bien sûr ;). Michèle

Publié le 03 Août 2017