Actualité
Le 30 aoû 2017

Les bibliothèques de demain

Quel est le futur d'une bibliothèque à l'heure ou le support papier ne règne plus en maitre absolu ? Ou plutôt quel sera leur rôle et leur forme avec une connectivité accrue ? Alors que le livre en tant qu'objet régresse imperceptiblement, que l’on peut déjà imaginer des médiathèques sans livre, que signifie de proposer des livres à la consultation ?
Lire, se documenter, enseigner, débattre, animerLire, se documenter, enseigner, débattre, animer

Bibliothèque : de nouvelles missions ?

La mission d’une bibliothèque c'est de donner l'envie et les moyens d'apprendre et de connaitre, par la lecture et les ouvrages de référence. Internet, est une arme complémentaire, un moyen d'apprendre, certes, parfois ludique. il y a donc sa place. Mais sa forme ouvre des horizons infinis. On parle de nouveaux supports, nouvelles technologies, d’ubiquité. 

Nouvelles bibliothèques, nouveaux concepts

« Le service plus que la collection », « la médiation plus que l’acquisition », « la relation plus que l’indexation » sont les expressions utilisées par le directeur adjoint de la médiathèque de Colmar, Xavier Galaud. La bibliothèque deviendrait un grand media, après internet bien sûr mais avec un travail de sélection qualitatif, une finesse documentaire et de recherche, un ciblage, et une certitude des sources qui la rend supérieure.

La vocation des nouvelles bibliothèques et leurs formes ?

L’utilité publique reste essentielle en France. Comment les financer, comment les agrandir, comment les équiper ?. L’argent public se raréfie. Et le savoir doit il s’acheter au Pays de Charlemagne et de Jules Ferry ? ou se partager ?

Chacun doit trouver sa place, son espace dans les nouvelles bibliothèques

Avec ses nouvelles fonctions l’organisation d’une bibliothèque changera.
Guylaine Beaudry, directrice administrative de la bibliothèque Webster de l’université Concordia, pionnière et pilote dans leur domaine aux USA, considère que chaque étudiant doit trouver dans la bibliothèque Web de demain un espace propre. Elle en énumère 4.
 - Les espaces de silence : lecture sans utilisation de l’ordinateur.
 - Les espaces collaboratifs, fermés ou ouverts.
 - Les espaces d’enseignement 
-  et, finalement, ceux qui concernent le « programme technologique ».
On comprend alors que les bibliothèques ont un avenir. Et que leur rôle social et culturel sera modulé, réorienté, décuplé.

Bibliothèque connectée et Tiers-monde.

La dématérialisation des supports va jouer un rôle clé dans les pays du tiers monde : participer à l’amélioration des conditions de recherche et d’enseignement; donneer accés au savoir, rattraper les standards internationaux. La nouvelle Bibliothèque portera la connaissance par vidéo-transmission, de manière interactive .
Voilà un enjeu de taille ou clairement la diffusion de la culture participera à de nouvelles formes d'équité.

 

 

@Lisa DJ
Merci, Lisa. Ça fait un peu peur, mais c'est presque crédible, ce futur du livre papier et des bibliothèques !

Publié le 01 Septembre 2017

@Elen Brig Koridwen
Excellent ! Dans les deux cas, on s'y croirait .

Publié le 01 Septembre 2017

Bonsoir mes ami(e)s ! Merci, mBS, @Michel CANAL, @lamish, pour tous ces propos aussi sérieux qu'intéressants sur un sujet d'importance.
Pour une fois, plutôt qu'un grain de sel, j'ai envie d'apporter un grain de folie avec 2 extraits de ma saga qui présentent une vision futuriste/satirique – et pour nous autres, amoureux des livres, apocalyptique – de l'avenir des bibliothèques.
" — Un livre ? fit-elle, incrédule.
Hormis dans les musées, les Réserves à accès contrôlé des médiathèques d’État ou chez de grands collectionneurs comme les trois Sages, on n’en trouvait plus nulle part. L’influent parti Virtualiste et la filière de l’ebook s’étaient ligués pour militer contre eux, les accusant d’être lourds, fragiles, technologiquement dépassés, écologiquement incorrects, bref de constituer une « aberration économique ». En 2020, ce féroce lobbying avait porté ses fruits : un jeune archisénateur en vogue s’était avisé de pointer l’inflammabilité des livres imprimés. Dénonçant théâtralement un danger accru d’incendies dans les foyers bibliophiles et les quartiers affligés d’une librairie traditionnelle, sa proposition de loi prônait que dans l’intérêt public, ce patrimoine à haut risque fût encoffré dans des sites adaptés. Malgré une vague de protestations, le Principe de Précaution avait frappé une fois de plus : la loi avait été votée. Où diable Élie pourrait-elle bien trouver un malheureux bouquin ?"
Que cela ne vous coupe pas l'appétit : le second extrait est tout de même plus réconfortant. ;-)
"Elle n’avait jamais vu tant de livres à la fois. À la médiathèque du 18e arrondissement, le robot bibliothécaire ne proposait que des e-books dont l’encre électronique s’effaçait au bout d’un mois ; il fallait alors ramener sa liseuse pour y faire télécharger un autre livre (…). Les originaux étaient préservés de la pollution dans un consultarium à atmosphère contrôlée, où n’accédaient que les connaisseurs prêts à acquitter un droit astronomique pour les feuilleter sur place. Des exemplaires papier ! Jusqu’à ce matin-là, Élie n’avait eu que dédain pour une technique aussi dépassée. Mais les ouvrages de la bibliothèque des Transes, avec leurs somptueuses jaquettes en cuir de toutes les couleurs, leurs inscriptions dorées au fer et leurs longs signets de soie qui traînaient comme la queue d’un oiseau de paradis, étaient beaucoup plus que des livres : presque des individus. La petite fille avait envie de prier chacun d’eux de lui raconter son histoire… Elle huma avec griserie leur parfum de papier, de cuir et d’encre d’imprimerie."
Bonne soirée, bonnes lectures et bonne écriture à toutes et à tous !

Publié le 31 Août 2017

Merci pour cette tribune, MBS. Il me semble qu'un des plus indéniable d'une médiathèque réside en une classification précise et ciblée de ses oeuvres numériques. Un autre est le gain de temps, celui qui nous fait défaut pour y accéder de façon participative. Elle aura valeur de guide pour les boulémiques du net qui avalent n'importe quoi dans leur course à la performance. Je retiens les espaces dédiés à la communication qui permettront d'approfondir et d'ancrer une réflexion, chose impossible dans un blog qui n'engage en rien, suit les vagues des modes et complicités ephémères.Quant aux pays du tiers-monde, je trouverais très beau et valorisant que la culture anticipe sur leurs besoins plutôt que d'intervenir une fois le marasme installé, comme dans d'autres secteurs plus vitaux. La rage de vivre est un moteur surpuissant. Qui sait quel petit génie pourrait émerger en disposant d'outils adéquats ? Comme pour les télécommunications ou l'électricité, l'accès à la culture se fera par le biais des dernières technologies, sans passer par la case départ, et dans ce cas le papier. Pour les générations futures, nos actuelles bibliothèques seront probablement des musées. Mais elles stimuleront leur imaginaire, leur offriront encore, je l'espère, les incomparables sensations "bouquin": feuilleter au lieu de faire défiler sur un écran, respirer, caresser, lire en pleine nature, serrer un livre sur son coeur après l'avoir lu, s'imaginer en communication avec son auteur... Quelque chose de définitivement plus palpable, plus intense. Belle journée à vous tous. Michèle

Publié le 31 Août 2017

@Michel CANAL
Merci Michel pour cette fidélité de lecture et de commentaires. Et merci pour ces remarques fines. Le propos est ici plutôt de soulever les questions pour nous interroger sur "le" futur culturel, d'apporter des ébauches de réponses, mais aussi d'écouter les vôtres...

Publié le 30 Août 2017

Tout est plausible dans l'article que je trouve par ailleurs assez complet, et les questions essentielles bien posées.
— Oui, la mission d’une bibliothèque est de donner l'envie et les moyens d'apprendre et de connaître, par la lecture et les ouvrages de référence.
— Oui, Internet est un moyen complémentaire d'apprendre. Il y a donc sa place.
— Selon le directeur adjoint de la médiathèque de Colmar, Xavier Galaud, "la bibliothèque deviendrait un grand media". Elle l'est déjà dans les grandes villes (je parle en connaissance de cause pour la médiathèque principale de Montpellier qui en compte une dizaine)... " avec un travail de sélection qualitatif... un ciblage, et une certitude des sources qui la rend supérieure".
— L’utilité publique reste essentielle en France. Le financement est un choix, pas forcément un obstacle majeur.
— Oui, avec ses nouvelles fonctions l’organisation d’une bibliothèque changera. Guylaine Beaudry considère que chaque étudiant (mais on ne doit pas penser qu'il n'y a que des étudiants qui fréquentent les médiathèques) doit trouver dans la bibliothèque Web de demain (mais aussi sur place) un espace propre. Je partage son point de vue pour les 4 qu'elle énumère : les espaces de silence (lecture sans utilisation de l’ordinateur) ; les espaces collaboratifs fermés ou ouverts ; les espaces d’enseignement ; ceux qui concernent le « programme technologique ».
— Oui, les bibliothèques ont un avenir. Leur rôle social et culturel sera modulé, réorienté, décuplé.
Le changement majeur (déjà amorcé) est qu'il ne sera plus indispensable de se déplacer pour consulter les ouvrages. Cela se fait déjà pour la consultation des archives nationales, spécialisées et départementales.
— Enfin, le dernier point abordé : Bibliothèque connectée et Tiers-monde me semble intéressant mais utopique dans l'immédiat. Malheureusement les pays du tiers-monde ont d'autres problèmes plus importants à résoudre avant de penser à la culture, à la recherche et à l'enseignement par vidéo-transmission. C'est certes un enjeu de taille... mais pas pour demain !
Merci pour cet article qui ouvre l'esprit sur le devenir de ces lieux de culture, de conservation des sources de savoir — et demain d'enseignement ? — que sont les bibliothèques... depuis des millénaires ou depuis des siècles. Gardons à l'esprit la bibliothèque d'Alexandrie, la bibliothèque du Vatican, les bibliothèques nationales.

Publié le 30 Août 2017