Interview
Le 31 mar 2016

Rencontre avec Olivier Bourdeaut. Premier roman, premier best-seller !

Interview Olivier Bourdeaut « En attendant Bojangles » « En attendant Bojangles » d'Olivier Bourdeaut collectionne les Prix et les lecteurs

Un premier roman magnifique « En attendant Bojangles » aux éditions Finitude, qui fait l’unanimité de la critique. Des prix qui tombent : Grand Prix RTL-Lire, Prix roman France Télévisions, Prix Roman des étudiants France Culture-Télérama. Des lecteurs au rendez-vous au Salon du livre de Paris. Et un auteur de 35 ans qui garde la tête froide. Nous avons rencontré Olivier Bourdeaut à Livre Paris.

Question: 

C’est audacieux aujourd’hui d’écrire un roman plein de fantaisie et si poétique. Pourquoi avez-vous choisi cet univers ?

Réponse: 

En fait, je n’ai pas choisi cet univers. Je voulais écrire un livre fantasque, poétique, j’avais l’état d’esprit du roman en tête mais il s’est écrit au fil des jours. À 27 ans, j’avais terminé un premier roman cynique, violent, sombre, de 500 pages. Pour mon deuxième essai, j’avais décidé de faire l’inverse, lumineux et plus court. Je traversais une période plutôt morose et je me suis dit qu’un tel livre me ferait du bien. Et si je pouvais aussi apporter deux heures de luminosité à d’autres, c’était une bonne chose !

Question: 

Qu’aviez-vous fait de ce premier roman ?

Réponse: 

J’avais envoyé mon manuscrit à tous les grands éditeurs parisiens. Il a été refusé partout. Mais j’ai reçu des réponses encourageantes me disant que l’écriture était intéressante. C’était une expérience.

Question: 

Comment s’est déroulée l’écriture de « En attendant Bojangles » ?

Réponse: 

Je suis parti deux mois en Espagne pour écrire ce livre. Je voulais changer de cadre, de rythme de vie. J’étais loin de m’imaginer que j’allais le terminer voire même le commencer ! Je me levais tous les matins à 5 h 30 et j’écrivais jusqu’à 9 h 30, puis je reprenais jusqu’à 11 h. Après j’étais lessivé, je faisais une sieste et je retravaillais mon texte. Le soir, je prévoyais ce que j’allais écrire le lendemain, je trouvais une amorce pour poursuivre le texte. Cela me donnait de l’élan dans l’écriture et m’a aidé à avancer. Je n’ai jamais été confronté à la page blanche. Mais j’ai eu parfois des moments d’accablement…

Question: 

D’où est venue cette histoire ?

Réponse: 

L’histoire s’est construite au fur et à mesure. Le roman n’était pas prémédité. Au départ, il y a cet enfant qui décrit l’appartement dans lequel il vit, avec ce sol en damier. Il se demande comment ses parents l’ont obtenu. Je voulais un élément farfelu alors j’ai pensé à un délit d’initiés. M’est venu ensuite le personnage du sénateur que j’ai trouvé sympathique et que j’ai gardé. Pour le personnage de la mère, je ne voulais pas qu’elle promène un chien comme tout le monde, alors j’ai décidé qu’elle aurait un oiseau en laisse… Et ainsi de suite. J’ai enfilé les perles de la fantaisie… J’avais peur ensuite de lasser le lecteur avec la vision un peu naïve d’un enfant alors j’ai introduit les carnets du père où l’écriture est différente.

Question: 

Justement, parlons de votre écriture. Elle est très musicale, toute en sonorités et en rimes parfois.

Réponse: 

Pour les carnets du père, l’écriture est plus élaborée. Je voulais qu’il y ait des rimes dans les phrases. Au début, je me suis forcé à trouver les mots. Au bout de trois ou quatre jours, les rimes sont venues automatiquement. J’ai même dû en enlever ensuite. Il y en avait trop !

Question: 

Comment avez-vous contacté les éditeurs ?

Réponse: 

J’ai contacté moins d’éditeurs que la première fois, seulement 5 ou 6. J’avais peur de leur refus. Les éditions Finitude ont été les premières à répondre, quatre jours après mon envoi. J’ai peu réécrit le texte.

Question: 

L’accueil de la presse a été unanime…

Réponse: 

Les libraires ont lu le livre en premier et l’ont très bien accueilli. On a senti avec mon éditrice que le livre fonctionnait. J’ai aussi été très gâté par la presse. Les droits ont été achetés à l’étranger.

Question: 

Comment vivez-vous cette aventure ?

Réponse: 

Je la vis très bien. Je reçois des témoignages très touchants. Le conseil qu’on me donne est d’en profiter ce qui n’est pas évident. Ce sera mieux dans six mois quand je pourrai prendre un peu de recul.

Question: 

Avez-vous commencé le prochain livre ?

Réponse: 

J’avais déjà écrit les deux tiers de mon nouveau livre avant que « En attendant Bojangles » ne soit publié. Ce qui me permet de ne pas avoir trop la pression pour l’écriture. Il sera très différent du premier. Je sais que je vais décevoir. Il y a eu une telle unanimité sur celui-là…

Propos recueillis par Clémence Roux de Luze

Je rêve d'être comme lui

Publié le 03 Avril 2016

Un succès amplement mérité ! Enfin quelque chose d'original... j'en ai parlé sur mon blog après lecture :
http://www.charlottedegaravan.com/2016/02/en-attendant-bojangles.html

Publié le 03 Avril 2016

@lamish a raison, il y a vraiment une ressemblance fort plaisante avec Kevin Costner !
Belle interview, en tout cas, avec un auteur sympathique et agréablement "nature", que je me suis derechef sentie obligée de découvrir... Ce que les prix n'ont pas fait, MBS y est parvenu ! ;-) Et c'est heureux, car en me penchant enfin sur ce roman, j'ai découvert qu'il s'agit d'un univers comme je les aime. Un moment de lecture magique en perspective !

Publié le 02 Avril 2016

Nous avons notre Kevin Costner français et, en plus, il est écrivain ! je plaisante... Beaucoup de simplicité, de recul et de sincérité dans votre propos. C'est agréable et rassurant. Je souhaite beucoup de succès à ce coup de coeur éditorial qui semble sortir du lot, sous réserve de lecture... Il était temps ! Lamish.

Publié le 31 Mars 2016