Interview
Le 30 juin 2014

Lire en ligne "Entre toutes les femmes" et rencontrer l’auteure Catherine Louis Bonnon

Sélection Nouvel Observateur - monBestSeller.comCatherine Louis Bonnon, sélection Nouvel Observateur - monBestSeller.com

Sélection Nouvel Observateur - monBestSeller.com de la quinzaine, ce roman en forme de pèlerinage intérieur suit un itinéraire infiniment poétique entre terrestre et céleste. Vous l’aimerez si vous appréciez la littérature contemplative. Son auteure, qui veut ouvrir au lecteur l’accès au sensible, nous confie un peu des sources de sa passion et comment elle trouve son rythme d’écriture…

Question: 

Cette passion des mots, elle vous a prise comment ?

Réponse: 

Ils étaient gros, lourds, bordeaux et sur la tranche, un mot en lettres d’or : « Larousse ». J’avais quatre ans. Je tournais les pages, impatiente de savoir lire. Mon père, effrayé de ma fascination, les a rendu inaccessibles. Puis, les moments de rien, ceux où l’on s’ennuie, ont rendu fertile mon imagination. Onze ans, et je commence à noircir des pages. Bien sûr, je tente un premier roman. Bien sûr, les poèmes arrivent. Je voulais jouer des mots et de leurs sons comme un Gainsbourg écrivain. L’observation de mon monde devient terreau, l’écriture, une nécessité.

Question: 

Vous dites que l’observation de votre monde devient terreau et que l’écriture est une nécessité…

Réponse: 

L’écriture d’Entre toutes les femmes a été l’incarnation d’une métamorphose.
Aujourd’hui, j’écris pour les petits miens, des histoires de tout-petits qu’ils adorent. Pour les grands miens aussi, au moment du départ : chacun attend « mon texte ». J’écris parfois pour mieux penser, j’écris pour comprendre, j’écris parfois pour ne pas crier, j’écris pour toucher. Je viens de terminer un essai. Il traite de l’amour et de sa durée, en s’inspirant de la méthode d’apprivoisement du Petit Prince par le Renard. Bientôt, je le livre au public.

Question: 

Et demain, porte une nouvelle ambition…

Réponse: 

Mon prochain ouvrage va me demander rigueur, concentration et persévérance. Peindre en mots des personnages d’une époque et d’un certain milieu social pour bâtir un roman historique qui va exiger une documentation. Un défi déjà source de vitalité. J’aimerais tellement écrire un de ces livres qui ferait dire à mes lecteurs « Je suis plus vivant, intelligent, agrandi de vous avoir lu ». Ecrire, c’est comme une sève de joie avant et pendant. L’après, j’espère, sera le bonheur du lecteur. Ecrire n’a de sens que pour être lu que l’on plaise ou déplaise. C’est pourquoi j’aime cette idée de confier un livre à la toile des lecteurs. Glane qui veut ! Comme les étoiles soufflés par Madame Larousse.

Question: 

Comment nait l’inspiration, comment vient le rythme de l’écriture ?

Réponse: 

D’un coup, ça prend. « Ça » veut s’écrire. Un stylo, à bille pas trop fine, toujours la même marque : il faut de la matière. L’encre au contact du papier donne le rythme. Ça coule, ça cherche une harmonie entre le flux des pensées et le flux du stylo. Inspir’, stylo, expir’, papier. L’écriture sur papier me permet une concentration. Ce n’est qu’après que vient le tempo sur le clavier. Alors, la pensée s’organise. Il y a un lieu et du silence. Le silence est le lieu d’où viennent les mots. Quand tout est fini, je pense alors au lecteur. Je relis plusieurs dernières fois en essayant de l’écouter pour couper des passages, changer des mots, extraire le trop,  chercher l’humilité et lui faire de la place.
Si je suis en panne, je reprends un livre, toujours le même, Le Très-Bas de Christian Bobin. En entrant dans son rythme, je retrouve le mien. Et je rêve de parvenir aussi à ouvrir l’accès au sensible, à l’intelligence, à la curiosité, à faire en sorte que le lecteur puisse se dire : «j’aurais pu écrire cela ». Ecrire et lire pour se reconnaître à la fois si identiques et différents.
 

Entre toutes les femmes. Catherine Louis Bonnon. Sur monBestSeller.com

 

 

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