Actualité
Le 03 jui 2013

Voyage en Amazonie: La littérature passera-t-elle par les géants ?

Amazon, si vous êtes habitant de la Terre, ce nom devrait vous interpeller. Membre du Big Four d'Internet, les fameux OTT (over The Top), installée en France depuis l'an 2000, la firme de Seattle est devenue un incontournable de la distribution littéraire. «Work hard, Have fun, Make history», la devise d'Amazon semble un rayon de soleil dans un monde de Bisounours.
monBestSeller : Amazon et la diversité littérairemonBestSeller : Amazon et la diversité littéraire

La firme, en démêlé avec plusieurs États européens au sujet d'évasion fiscale,  montre à travers l'enquête de Jean-Baptiste Malet «En Amazonie, infiltré dans le meilleur des mondes » un univers plus sombre encore, accentué par le cynisme radical de la direction. La fin des aides publiques, l'amélioration des conditions de travail et le paiement de leurs impôts semblent une mise au diapason nécessaire.

La distribution des livres était hier encore répartie entre de grandes enseignes incontournables comme la Fnac et Virgin, et des libraires, commerçants de proximité dont la force supposée était de créer une « vraie » relation.

Ces qualités, Amazon n'en aura jamais besoin. En laissant le commerce du net (pas très équitable) se faire, en puisant dans la force des réseaux sociaux qui font et défont les réputations des auteurs, Il acquiert naturellement le poste de relais des envies et désirs de la majorité.

L’époque (presque) révolue ou les libraires avaient lu les livres qu’ils nous conseillaient, ou les vendeurs de la FNAC savaient de quoi ils parlaient, ou les journalistes littéraires fixaient le baromètre des ventes est définitivement close. Maintenant ce qui importe ce sont les services comme le frais de livraison pour nous faciliter la vie, la vitesse d’acheminement des bouquins, les quelques centimes de discount supplémentaires qui vont nous faire préférer la multinationale…

Amazon façonne le marché de l’écrit, il redessine la cartographie de l’espace traditionnel  du « marché » de l’écriture, profondément.

Mais attention, au delà de la distribution, il considère aussi le marché d’une façon nouvelle  en profitant de l’émergence de sites, partenaires privilégiés, qui participent à la démocratisation de l'autoédition par le numérique. Amazon facilite ainsi l'autopromotion et la diffusion de ces nouveaux auteurs en ouvrant ses espaces privilégiés de vente.

Et c’est là toute l’ambiguïté du système. Il permet ainsi indirectement de contourner voire même de détourner le monopole des éditeurs sur l'offre littéraire...

La boucle est bouclée : Amazon obtient le monopole de la distribution d’un côté par une qualité de services et une organisation commerciale « exemplaire », et porte un regard précis sur les initiatives de nouveaux écrivains « espoirs de demain » avec la formidable opportunité d’être au premier rang pour les éditer. Sans prendre aucun risque.

Des distributeurs comme Amazon, et ce se sera vrai pour Google, Orange et quelques autres seront bientôt devenus si puissants qu’ils pourront se substituer à l’ensemble de la distribution traditionnelle du livre. Il sera temps alors de s’intéresser au métier d’éditeur. Et de devenir maitre des contenus, concentrant  ainsi entre leurs mains la chaine entière de l’écrit. La concentration des pouvoirs est chose commune. Mais est ce plus grave encore en matière de littérature ?

Jason B.

on va juste se trouver mêler dans une masse supplémentaire et rentrer dans une standardisation uniforme qui ne correspondrait pas forcément à certaines attentes, vu pour être lu ; ou lu pour mieux être vu , bonne question
Publié le 03 Juillet 2013