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Le 19 mar 2014

Le Salon du livre de Paris est il un Salon de la politique ? Littérature et idéologie.

Il n’y a qu’un pas entre l’écrivain, l’essayiste et le journaliste et qu’une enjambée entre l’artiste pur et le romancier engagé. Le scandale de l’Argentine au Salon du livre en témoigne. On n’y coupe pas. L’art et la littérature sont souvent au centre des débats idéologiques. Quand il y a des élus, il y a des parias. Encore faut il savoir reconnaître les gentils des méchants ?
Au salon du Livre, les romans sont toujours politiques et  idéologiques Au salon du Livre, les romans sont toujours politiques et idéologiques

"Tout ce que je peux vous dire en ce moment, c’est que je ne participerai pas au Salon du Livre", a déclaré Mircea Cartarescu (auteur de « l’aile tatouée » chez Denoël) à la veille du salon du Livre 2013, il a tenu parole. Considéré comme arbitrairement promu par l’ancienne majorité de Basescu, le président de la République (sans majorité).

La nouvelle direction de l'Institut culturel roumain a  mis en cause certains intellectuels accusés d'être favorables au président roumain. Vexés, ils refusent d’y participer. L’encadrement politique de la culture a souvent été omniprésente dans les démocraties incertaines ou dans les Pays au passé dictatorial.

 

2008 : Israël invitée d’honneur à Paris, le Salon soulève la rébellion d’associations et de pays arabes, qui refusent de participer. Critiquer le choix d’écarter certains auteurs est une chose, assimiler la littérature d’un pays avec la politique de ses dirigeants en est une autre. A vous de juger !

Liban, Egypte, Maroc, Tunisie, Algérie, Arabie saoudite, Iran, Yémen ont donc pointé absents, isolant ainsi leur propre culture, leurs écrivains et la possibilité de faire essaimer des idées. L’histoire semble donner tort, à beaucoup d’entre eux. Beaucoup de boycotteurs ont été boycottés.

Pourtant, à y regarder de plus près, seuls des écrivains israéliens de langue hébraïque étaient invités à Paris. Il faut balayer devant sa porte. La communauté des auteurs israéliens est  diverse, la plupart d’entre eux sont pacifistes. Assimiler la littérature d'un pays à la politique de son gouvernement est un non-sens. Si le Salon du livre ne peut être un lieu politique, il peut devenir un lieu de controverses­ constructives.

 

2014, belote et rebelote pour l'Argentine, les sélectionnés l’ont été visiblement selon des considérations politiques. L’ingérence du gouvernement de Cristina Kirchner dans l ‘événement semble probante. Les alliés de la présidente sont surreprésentés. « Le seuil » s’insurge contre l’absence de ses deux auteurs phares argentins : Rodrigo Fresan jugé auteur majeur et Pola Olaixarac, figure de la jeunesse littéraire argentine.  «Supposer l'absence de raisons politiques derrière la composition d'une délégation culturelle d’Argentine, c’est tout simplement naïf» déclare t’elle..

Seulement le CNL (Centre national du Livre) est co-responsable de cette sélection  sur des critères objectifs  de parité des sexes, de genres littéraires, d’actualité, et d’appartenance au patrimoine culturel français (traductions). Bertrand Morisset, Commissaire Général du Salon du Livre s’en exaspère. Peut être devrait il s’en expliquer.

Etre banni par son pays du Salon  du Livre de Paris deviendrait une marque distinctive pour l’élite littéraire étrangère. Auteurs ! Cachez ce carton que je ne saurais voir, être sur la liste des non invités est un privilège. So chic…

Quand les textes sont percutants les interdire, les pénaliser est leur donne plus de poids. Souvent les martyrs passent à la postérité.
Publié le 21 Mars 2014
Un peu etrange de mettre la photo du "Capital" de Marx sur cet article, non? Ou bien je n'ai pas saisi le rapport. Ah, pardon. J'avais lu trop rapidement le paragraphe sur la roumanie et les dictatures passees :-)
Publié le 20 Mars 2014