Actualité
Le 20 mar 2015

Salon du Livre. Meilleur ou pire souvenir des auteurs ? 3/3

Souvenirs de dédicaces au Salon du Livre, dernier épisode. Dur de lutter face aux people ! Mais c'était avant que Pauline Dreyfus ait gagné sa place dans le carré final du Goncourt 2014... Elle ne renouvellera pas l'expérience cette année puisque son éditeur, Grasset, boycotte. Ian Manook y sera, lui, avec son héros Yeruldelgger, multi primé par les lecteurs, et toujours aussi étonné de son succès.
Pauline Dreyfus, confidences de dédicace au Salon du Livre de ParisPauline Dreyfus, auteur de "Ce sont de choses qui arrivent" (Grasset), Prix Mémoire Albert Cohen 2015.

Pauline Dreyfus. Etre ou ne pas être un people. Ou les souvenirs amusés d’un auteur inconnu au Salon du Livre

C’était en mars 2013. J’étais l’auteur d’un livre –Immortel, enfin-, certes bourré de défauts, à commencer par celui d’être paru douze mois auparavant, autant dire à l’époque de la grotte de Lascaux, et aussi celui d’être un récit d’histoire littéraire très « happy few », que voulez-vous la dernière campagne académique de Paul Morand passionne moins les foules que les péripéties de la carrière de Nabila, mais enfin, ce livre avait reçu un excellent accueil critique et même deux prix littéraires. Mon éditeur avait insisté pour que je vienne signer au Salon du Livre. Bref, me voilà retenue pendant une heure sur le stand de Grasset un dimanche de printemps.

Il y a si peu de monde autour de moi que j’ai largement le temps d’observer la foule (ça tombe bien, observer est l’occupation préférée des romanciers). Des enfants piaillent en cherchant le stand où signe le créateur de Titeuf (bon courage, les loulous, quand vous l’aurez trouvé : une heure de queue au bas mot), des adolescentes gloussent en demandant à quelle heure signe Guillaume Musso et se remaquillent dans l’attente du grand moment.
Trois lecteurs, que je chérirai jusqu’à la fin de mes jours, ont néanmoins eu la bonté de dépenser 18 euros et de me demander un autographe. Je me suis sentie un peu moins seule. Ils ont eu droit à de longues dédicaces.
Dix minutes avant la fin de l’heure, cependant, il se passe quelque chose d’étrange.

Un attroupement se forme devant ma table. La foule enfle, dégaine des téléphones portables, prépare de futurs selfies, piaffe, se marche sur les pieds. Qu’est-ce qui leur prend ? Ont-ils été touchés par on ne sait quelle grâce, sont-ils devenus par miracle sensibles à la magie des mots ? Vont-ils se ruer vers ma couverture jaune poussin ?
L’illusion délicieuse ne dure pas longtemps. Sur un panneau du stand figurent les noms des auteurs invités à dédicacer leurs œuvres. Et à qui devrai-je céder ma place dans quelques minutes ? Aux frères Bogdanov ! C’est eux qu’attend cette foule hystérique. Les téléphones sont fin prêts pour photographier leurs mentons et leurs fronts proéminents, leur physique de bêtes de foire. On se croirait revenu au temps des femmes à barbe dans les cirques ambulants.
Leur arrivée a provoqué une quasi émeute. Personne ne s’est aperçu que je m’étais éclipsée. Il me manquait simplement une combinaison de cosmonaute.
> L'actu littéraire de Pauline Dreyfus : "Ce sont de choses qui arrivent" (Grasset). Prix Mémoire Albert Cohen 2015 après avoir été dans le carré final du Prix Goncourt 2014. Et aussi : "Immortel, enfin" (Grasset). Prix des Deux Magots 2013.

Ian Manook. Toujours étonné d’être invité à dédicacer ses livres…

J’ai participé à mon premier Salon du Livre l’année dernière. Malgré mon âge, j’étais un « jeune » auteur. Mon livre était sorti depuis 4 mois. J’ai participé à des débats, j’ai répondu à des interviews et je revenais vite à mon stand ensuite pour dédicacer. Je regardais les auteurs autour de moi.
Certains avaient déjà une dizaine de livres derrière eux et passaient beaucoup de temps à boire des cafés en négligeant un peu la file d’attente devant leurs livres. Je n’ai pas oublié cette image et j’y pense à chaque dédicace. Je garde un respect absolu des gens qui se déplacent pour venir me voir. Je suis encore étonné qu’on m’invite pour dédicacer des livres que j’ai écrits.
> L’actu littéraire de Ian Manook : "Les Temps Sauvages", 2ème opus du polar mongol Yeruldelgger (Albin Michel). Le premier tome a reçu 11 prix des lecteurs dont Le prix Quais du polar/20 minutes et celui des lectrices de ELLE. Dédicace, dimanche 22 mars de 15h à 16h30. 

Propos recueillis par toute l'équipe de monBestSeller.com

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tes bon livre j ai déjà commencer à lire.
Publié le 22 Mars 2015
L'avantage pour le lecteur qui s’intéresse à un auteur inconnu au salon du livre, c'est qu'il n'a pas à faire la queue ! Il peut déjà commencer à lire. Bien fait pour Marc Lévy.
Publié le 21 Mars 2015