Actualité
Le 07 avr 2015

Lire des livres : une thérapie

Vous prendrez deux romans une fois par mois après les repas. Si les symptômes persistent une bio (de préférence historique). Dés les premiers signes de rétablissement, vous pouvez lire de la Science fiction et des nouvelles pour vous endormir. Et revenez à la bibliothèque en cas de crise…

La biblio-thérapie est en marche.

 Une pharmacopée qui prendra peut être du temps à décoller, quand on sait officiellement qu’en 2014, la moitié de la population américaine n’a pas ouvert un livre de l’année. L’acte de lecture est un acte dans lequel on se livre tout entier. Il est, le temps de sa lecture, une préoccupation mentale qui vous habite, un compagnon qui guide nos états d’âme, une vie parallèle qui permet d’échapper à la nôtre. Lire pour se comprendre et comprendre, découvrir ce que nous savons déjà, mais que nous avons enfoui. Lire pour faire de nous un actant.
La lecture est une forme d’exercice mental qui nous dresse à la vie sociale.  Elle apaise les passions collectives, car elle est purement individuelle. Les livres donnent accès à l’autre, et nous ouvre un champ d’expérience. Pourquoi est ce une thérapie ?. Parce que  "On lit par protestation contre la vie" » comme le précise Charles Dantzig. Pour y échapper, bien sûr.

La lecture comme antidépresseur

« Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé » disait Montesquieu .
Le roman est il un antidépresseur ? C’était le bandeau publicitaire d'un des romans de guy « Carlier », célèbre chroniqueur. Sans aller jusque la, de nombreuses initiatives sont prises pour valoriser le rôle positif des livres dans l’imaginaire de chacun. Les Maisons d’édition s’en mêlent même, et "Actes Sud" propose « Pour une bibliothérapie créative » : une recommandation de livres pour se soigner. Car lire permet de restaurer un espace pour soi, précise l’éditeur. Cela favorise l’autonomisation de l’individu.

C’est plus le fait de lire qui importe que le contenu des livres.

Marc Alain Ouaknin, philosophe et écrivain se fait le défenseur d’une théorie particulière. Pour lui c’est le « fait de lire » qui compte et non la nature des livres. Ainsi les aventures romanesques, ou la qualité d’écriture importe moins que l’acte de lire. L’appréhension et la compréhension d’un texte joueraient ce rôle curatif, en stimulant l’esprit, en le forçant à compléter les pleins et les déliés elliptiques des suggestions de la littérature.
Car toute lecture est ambiguë, de Prévert à Molière, de Verlaine à Kafka. La multiplicité de sens, la multiplicité des interprétations agissent comme une thérapie… Inventer, reconstruire donc vivre et renaitre

Le livre témoignage : roman ou essai ; une thérapie de choc.

Pour celui qui l’écrit, mais aussi pour celui qui le lit, l’histoire d’une vie avec ses déchirures, ses joies, ses épreuves sont une manière de comprendre la souffrance. Les épreuves sont souvent partagées, mais les sentiments qu’elles font naitre sont variés. Et la lecture, par l’intimité d’une confrontation solitaire auteur-lecteur est une manière de donner à ce dernier la possibilité de positiver sa propre vie. Le livre est thérapeutique, car il est aussi un facteur d’ouverture, en agrandissant notre champ de conscience. Il établit un lien avec notre inconscient, pour nouspermettre de nous retrouver ou nous découvrir, mieux nous comprendre, mieux nous connaître et ce, particulièrement dans les épreuves : deuil, stress, rupture, maladie...
La littérature donnerait ainsi toute sa signification cathartique, c’est à dire la purgation des émotions et des sentiments : le stress, la vengeance, l’amour, la passion, la haine. Et si 73 % des médecins s’accordent à dire que la lecture est un outil de soin, on prend peu de risque de dire avec Pennac qu’ « Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même »

Christophe Lucius

Même si j'adhère à la pensée de fond de cet article, la lecture demeurant l'un des lieux les plus formidables de notre maturation, il me semble que le terme "thérapie" devient une sorte de mode, la société l'applique à tout ce qui "fait du bien"... Est une thérapie ce qui est validé et prescrit par la médecine ! Dans certaines circonstances, l'art, dont l'écriture et la lecture, peut l'être, dans le cadre de groupes thérapeutiques avec médiation spécialisée.

Publié le 29 Août 2016
Je suis un peu perplexe quant à ce pouvoir thérapeutique que l'on prête aux livres ! Non seulement, il est fonction du contenant mais aussi du contenu du livre. J'entends par contenant le style et la forme, et par contenu le fond et il y a de nombreux bouquins qui sont de véritables cauchemars pour le lecteur tant à les lire, ils nous "volent" du temps, peut-être parce que je m'attache - par principe - de lire tous ceux qui me tombent sous les yeux de la première à la dernière page. Certes, ce qui définit un bon livre est propre à l'univers intime de chacun. Et rares, mais il y en a, ceux qui sont au cœur et à l'esprit, ce que possèdent certains lieux ou musiques sacrées, à savoir une universalité. On y grandit sans bouger de sa chaise ! D'autre part, si depuis que l'écriture existe, l'écrit avait le pouvoir de transformer la nature humaine, il y a - du moins c'est mon avis - longtemps que cela se saurait !
Publié le 20 Avril 2015
Le lecteur est à la même enseigne que l'auteur par l'absorption du médicament "thérapie" grâce a l'acte d'écrire ou celui de lire. Guérir les maux de l'âme est une quête commune...
Publié le 07 Avril 2015
Et sortir du désespoir en donnant un sens à sa vie: http://www.monbestseller.com/manuscrit/le-sens-dune-presence-essai#.VSQDL_msV8E
Publié le 07 Avril 2015