Actualité
Le 05 juin 2015

Bernard Pivot : Clin d’œil à l’autoédition de la Tour Montparnasse.

Nous étions hier soir dans la plus haute librairie parisienne du moment, au 56e étage de la Tour Montparnasse. C’est là que se tient pendant deux jours encore le salon « Paris se livre ». L’occasion de découvrir des livres sur Paris, des auteurs, et en prime, de rencontrer Bernard Pivot avec lequel nous avons parlé auto édition bien sûr.
Bernard Pivot et l'auto-édition.Auto-édités sus à la Tour Montparnasse !

La manifestation  "Paris se livre" est un évènement

Comme son nom l’indique, le salon « Paris se livre » offre un focus sur le Paris qui inspire les écrivains et l’édition. On y découvre une sélection de livres -romans, beaux livres, guides, livres jeunesse- sur la capitale et on y rencontre des auteurs qui en parlent avec amour et curiosité. Entre deux poses photos avec ses nombreux fans, nous avons tendu notre micro au parrain de l’édition 2013.

Une interview singulière avec Bernard Pivot

- Bernard Pivot, que pensez-vous de l’autoédition ?
"Cela peut être une bonne solution pour tous les auteurs dont les manuscrits ont été refusés par les éditeurs. L’autoédition peut absorber ces manuscrits orphelins."
- Pensez-vous que ce soit une menace pour l’édition traditionnelle ?
"Vous pensez vraiment qu’un auteur à qui Gallimard offre de publier son texte va lui dire non ?" Non, bien sûr.
- Et le livre numérique ?
"Je n’irai pas lire un livre sur écran, je préfère le papier. Peut-être que si j’avais 40 ans de moins, ce serait différent…"
-Et le fait qu’un éditeur ne filtre jamais le contenu ?
"Oui, ce serait quand même un frein pour moi."

Les autoédités trouvent leurs armes seuls

Face à l'adversité et l'incompréhension, de grands auteurs ont souvent pris leur destin en main.  Et ce, à toutes les époques, et pour tout genre de littérature par une volonté furieuse de se faire lire en publiant eux-mêmes leurs écrits, et d'imposer leur littérature. Des écrivains importants ont été ainsi révélés et publiés ensuite par les grands éditeurs traditionnels.

Bernard Pivot ne lira donc pas votre livre sur monBestSeller ni d’ailleurs sur Internet. Il est vrai aussi, qu'il n’aurait jamais découvert en tant qu’éditeur ou critique les inconnus suivants, tous auto édités !
Arthur Rimbaud, William Blake, Ken Blanchard, Robert Bly, Lord Byron, Willa Cather, Pat Conroy, Ernest Hemingway, Stephen Crane, Marcel Proust, Edward Estlin Cummings, Paul Verlaine, W.E.B. DuBois, Alexandre Dumas, Henry David Thoreau, T.S. Eliot, Mark Twain Lawrence Ferlinghetti, Zane Grey, Thomas Hardy, E. Lynn Harris, Benjamin Franklin, Nathaniel Hawthorne, Robinson Jeffers, Spencer Johnson, Stephen King, Louis L'Amour, D.H. Lawrence, Rod McKuen, Marlo Morgan, John Muir, Anais Nin, Thomas Paine, Tom Peters, Edgar Allen Poe, Alexander Pope, Beatrix Potter, Rudyard Kipling, Ezra Pound, Margaret Atwood, Irma Rombauer, Carl Sandburg, Robert Service, George Bernard Shaw, Percy Bysshe Shelley, Upton Sinclair, Gertrude Stein, William Strunk, Alfred Lord Tennyson, Leon Tolstoï, Walt Whitman, Virginia Woolf.

Dommage. Heureusement que ces auteurs ont su prendre leur sort en main. Mais que cela n’empêche pas les Parisiens d’entre vous de prendre l’ascenseur jusqu’en haut de la tour Montparnasse !

Clémence Roux-Deluze et Christophe Lucius.

"Paris se livre" : vendredi 5 juin de 11 h à 21 h, samedi 6 juin de 11 h à 19 h.
Entrée libre. Accès par la rue de l’arrivée.

11 CommentairesAjouter un commentaire
Juste un petit mot, a propos du fait qu'un auteur auto-edite ne serait pas un veritable auteur parce qu'il ne passe pas par les maisons d'editions traditionnelles et donc son livre ne beneficie pas d'une correction professionnelle (dixit dont Caron dans ONPC). Dans la meme emission, je viens de lire que L. Salome a pointe du doigt que dans le bouquin de l'animatrice de M6, Mme Cordula, un meme paragraphe avait ete ecrit deux fois.... Pourtant, ce livre est edite par une maison traditionnelle. C'est donc de la vraie litterature, et Cordula est donc une veritable auteure... Ah, ca fait du bien de rigoler de temps en temps! :)
Publié le 14 Juin 2015
@martine Rombeau. Vous êtes la plus raisonnable me semble t'il. Il faut rester serein et trouver des plaisirs simples de lecture et d'écriture. Ce qui est vraiment nouveau avec l'auto-edition, c'est l'exposition, l'exhibition possible de tous les écrits. Gage de qualité ? Bien sûr que non, mais pas gage de "non qualité" non plus. Cet accès soudain à de nombreux écrits, personne ne peut lutter contre : ni les maisons d'édition institutionnelles ni les journalistes référents. Alors bien évidemment une partie du contrôle leur échappe. Et ça agace. Rappelons nous de Caron à l'émission '"on n'est pas couché" sur Martin Lugand : "ce livre n'a pas été édité parce qu'il est mauvais !!!" Peut être mais le problème c'est qu'il plait ! Et les bons éditeurs, l'expérience le prouve, sont prêts à éditer de mauvais livres s'ils se vendent !!! Donc l'édition traditionnelle n'a pas fait son boulot. Et Caron l'''a t'il vraiment lu ce bouquin ?.. loin d'être si mauvais... (mais cela devient personnel). Ce sont les préjugés sur l'auto-édition qui sont la source de tous les maux et qui, au lieu de marier harmonieusement l'édition traditionnelle et les nouveaux modes d'édition, les dressent l'une contre l'autre en castes intolérantes. Quoiqu'il en soit les 200 000 exemplaires de Martin Lugand et sa traduction dans 6 langues et son adaptation cinématographique vs la vente de "No steak" (Caron) sont une victoire qui ne nécessite aucun commentaire. Notre idée dans cet article très léger n'était pas de faire tirer des salves sur Pivot qui a de grands mérites, mais plutôt d'alerter sur le clivage d'un secteur d'activité qui est entrain de se redéployer, et cela qu'on le veuille ou non, qu'on l'appelle ou pas... La foi et l'énergie, des auteurs qui s'auto-éditent doivent être plus fortes que les idées toutes faîtes, et surtout plus fortes qu' une f'orme de journalisme qui ne correspond plus à l'évolution de la très grande majorité de la Société.
Publié le 10 Juin 2015
Bernard Pivot a dépassé le cap des 80 balais...il est donc ce que les nouvelles générations nomment avec dédain un "has been". Il n'est pas encore atteint de la maladie d'Alzheimer, mais j'ai peur qu'elle ne le guette. D'après ce que j'ai pu retenir de son interview- Bernard Pivot considère l'autoédition comme une poubelle dans laquelle seraient jetés pêle mêle tous les manuscrits "orphelins"... orphelins d'un père qui serait l'éditeur, je suppose...bravo Bernard ...belle mentalité ! Les "grands" éditeurs de notre époque ne sont que des mécanismes rouillés et usés qui n'oseraient pas publier l'ouvrage d'un jeune auteur dont la sueur piquante et acide risquerait de bloquer irrémédiablement les rouages. Non ! ils préfèrent de loin publier les ouvrages d'auteurs célèbres et connus présentés par un aréopage bien gras pour huiler les mécanismes rouillés leur évitant ainsi de grincer. Quant à leurs sacro saints comités de lecture, je crois bien que dans leur ensemble, ils sont virtuels! Mon pauvre Bernard, si tu as dépassé les 80 balais moi je vais sur mes 86, je suis ton aîné et donc tu me dois le respect.... mais permets moi de m'étonner que tu sois, malgré ton âge avancé, contraint de répondre à des interviews....aurais-tu besoin de sous ???
Publié le 09 Juin 2015
Je crois que l'auto edition peut parfois representer l'equivalent des "agents litteraires" anglo-saxons. C'est a dire un filtre possible entre les maisons d'edition qui ne veulent pas prendre de risques, et les auteurs qui, lorsqu'ils parviennent soudainement a ecrire un "best-seller" peuvent alors etre contactes directement par un maison d'edition (on a donc quelques exemples recents). Mais encore une fois, a partir de ce moment, c'est l'auteur qui est en position de force, et donc a lui ou a elle, d'en profiter :)
Publié le 05 Juin 2015
Je crois que le problème vient du fait que le terme "auto-édité" reste encore beaucoup trop proche de "auto-proclamé". Bernard Pivot ne fait pas partie de la génération internet. Dans son système de croyances à lui, un véritable auteur est forcément tôt ou tard sélectionné par un éditeur. Et quelque part, il n'a pas forcément tort… Mais c'est clair que l'autoédition reste un tremplin, et à une époque où les éditeurs prennent de moins en moins de risques à lancer de nouveaux auteurs, je dirais même qu'elle risque de s'imposer rapidement comme l'école de la vie des (petits ou grands) auteurs de demain ;-)
Publié le 05 Juin 2015
On ne lui retire rien, et surtout pas le talent d'avoir fait vibrer les librairies pendant 20 ans . Et d'ailleurs son opinion est respectable et défendable. Beaucoup pensent la même chose.
Publié le 05 Juin 2015
Il fallait quand meme un minimum de courage pour inviter Marc Edouard nabe vers 1985, quand il a sorti son premier roman. Assez curieusement d'ailleurs, a l'epoque, un ecrivain pareil pouvait donc etre invite sur des plateaux de tv sans que cela ne dechaine des oukazes ou des insultes. Bukowski etait pas mal non plus. Je crois vraiment que de tres nombreux ecrivains tres interessants sont venus a Apostrophe ou bouillon de culture. On ne peut pas lui enlever ca.
Publié le 05 Juin 2015
Il faut tout d'abord écrire pour son propre plaisir et si, quelques lecteurs aiment ce que nous écrivons, c'est déjà énorme ! Ecrire sans prétention, avoir sa propre personnalité et s'y tenir. Tant pis pour ceux qui n'aiment pas, on ne peut pas plaire à tout le monde. J'ai, comme tout le monde, mes auteurs préférés, et si je n'aime pas un livre que je suis en train de lire, cela ne veux pas dire pour autant qu'il est mauvais, c'est qu'il ne correspond pas à mes préférences en lecture, tout simplement. Mais je ne laisse pas de commentaire dans ce cas. Maintenant, l'autoédition me convient très bien et je suis heureuse comme ça ! Il y a longtemps que j'ai compris que les "gros éditeurs" ne sont pas intéressés par les nouveaux auteurs, sauf peut-être s'ils sont parrainés par une célébrité. Sinon, ils préfèrent garder leurs auteurs déjà connus, tout est une histoire de rentabilité.
Publié le 05 Juin 2015
Je te rejoins tout à fait Patrick.CC
Publié le 05 Juin 2015
Cela dit Pivot a fait beaucoup pour rendre les livres plus accessibles grace a ses emissions. Comme il le dit, s'il avait 40 ans de moins il se laisserait peut-etre tente par l'auto-edition. En ce qui concerne la liste des auteurs auto-edites, il me semble qu'il serait plus juste de dire qu'ils/elles ont publie a compte d'auteur. C'est a dire qu'ils ont paye pour leurs livres. Et je crois que leurs livres ont beneficier des memes services que les autres auteurs publies a compte d'editeur cette fois, beneficiaient. C'est une difference qui vaut d'etre signalee parce que l'edition a compte d'auteur etait bien plus professionnelle et correcte qu'elle ne l'est aujourd'hui. En ce qui concerne le fait de dire "non" a Gallimard, il a raison. Aucun auteur auto-edite ne dirait "non" a Gallimard SAUF si cet(te) auteur(e) a deja vendu 100000 exemplaires de son roman (papier ou ebook). Auquel cas il/elle serait alors bien stupide de donner 50% de ses benefices futurs a une maison d'edition traditionnelle. Donc oui, je signerais immediatement avec Gallimard si Gallimard acceptait mon manuscrit mais seulement si ca me beneficie avant tout!
Publié le 05 Juin 2015
Merci Patrick pour l'adresse. Quand à la tour d’ivoire de Montparnasse, nous la prendrons d'extérieur et par la face nord... Au fait : c'est à quel "auteur" ? CC
Publié le 05 Juin 2015