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Le 24 aoû 2015

Secrets d’auteurs gagnants des concours de nouvelles 3/4

Mai 2015, le pitch du concours commençait par « Ce n’est pas du tout ce que vous croyez ». Et les nouvelles devaient démarrer ou se terminer par cette formule reine des quiproquos et situations rocambolesques. Les auteurs ont entraîné les lecteurs là où ils ne croyaient jamais aller… Et les lauréats se sont illustrés par un art de la chute magnifiquement maîtrisé ! Ils racontent comment.
Concours de nouvelles avec publication d'un recueil de toutes les nouvelles reçuesEst-ce bien ce que vous croyiez ?

1er Prix : Jean-Marc Bassetti pour Col et manches

« L'écriture d'une nouvelle tient pour moi de l'alchimie.

Le point de départ peut être un sujet imposé, comme c’était le cas pour monBestSeller, une information entendue, un événement vécu, une phrase lue, une date. À chaque fois, j’essaie de poser le début et de dérouler les phrases une à une. Il m’est également arrivé d’écrire une première phrase, sans savoir du tout ce que j’allais écrire ensuite. Parfois je sais plus ou moins comment va se terminer mon histoire, parfois je ne sais pas du tout et la fin se dessine au fur et à mesure que j’écris. Il arrive également qu’une fin s’impose à moi en cours d’écriture et que je doive changer tout mon déroulé pour retomber sur mes pieds.
Pour le concours de monBestSeller, il était évident qu’il fallait surprendre le lecteur, le guider par les mots justes là où je voulais l’emmener, lui faire prendre un chemin tout tracé pour que la chute soit d’autant plus surprenante. J’utilise souvent cette façon d’écrire. Là, je savais exactement ce que j’allais écrire, où j’allais arriver. Dès le début. Il a fallu ensuite faire croire. Donner des détails, mais pas trop, utiliser des phrases à double sens, des mots peu précis pour que le lecteur confonde, se trompe. Et que la fin surprenne.
Le principe de la nouvelle est qu’elle doit être courte, avec peu de personnages et aller à l’essentiel. La chute doit être inattendue et souvent percutante. C’est peut-être ce qui a plu dans Cols et manches ».

Jean-Marc Bassetti est aussi l'auteur du roman Allers Retours dont vous pouvez lire gratuitement la première partie sur ce site. Il est en pleine écriture de la suite promise avant fin 2015 sur monBestSeller !

2ème Prix : Azel Bury pour La Ruelle

« Je n'ai fait aucun plan. Je suis partie sur une phrase, et j'ai laissé filé mon imagination.

C'est donc un petit texte écrit en trente minutes environ, sans correction, ni réécriture, j'ai simplement arrêté quand je suis arrivée à 6 000 signes. Ce qui est drôle, c'est que je pensais être complètement hors sujet après avoir relu le thème, mais je me suis dit "tant pis c'est pour le fun ! L'essentiel est de participer ! ". Pour dire que je ne m'attendais pas du tout à être sur le podium. C'est le premier concours de nouvelles auquel je participe, c'est donc très encourageant pour moi. Je crois que j'apprécie d'écrire en format court. Pas forcément plus facile, il parait, mais ça me convient bien.
Merci et rendez-vous au prochain concours ! »

3ème Prix : Florentine Hennon pour Portrait d’une femme heureuse

« Dès que j’ai lu la phrase, j’ai su que le plus difficile ne serait pas de trouver une idée...

mais d’en sélectionner deux ou trois parmi les quinze qui envahissaient ma tête. Ce thème était tellement inspirant ! La vie telle que nous la regardons, n’est jamais « ce que l’on croit ». On se fait des idées sur les gens qui nous entourent, on fait des suppositions, on réagit selon nos propres filtres et on se plante bien souvent.
« Portrait d’une femme heureuse », c’est un peu le condensé de ce que représente Facebook pour moi : le jeu de celui qui a la plus belle vie, la plus belle personnalité, la plus belle VITRINE. A lire les pages des uns et des autres, on a l’impression d’être plus nul, moins heureux, moins bien loti, moins intelligent, moins sage, moins original. En exagérant le positif, on donne envie, puis on pousse insidieusement le lecteur à nous jalouser, on l’irrite par trop de bonheur et on finit par l’énerver.
J’ai cherché à exprimer cela en montant en crescendo l’apparente vie parfaite de mon héroïne pour la faire retomber brusquement comme un soufflet. Volontairement, je ne lui ai donné pas donné ni nom, ni description. Je voulais qu’elle reste « universelle » afin que chacun puisse se l’approprier et se laisser prendre au jeu.
J’ai écrit la nouvelle d’un seul trait. Je l’ai mise de côté quelques jours, puis je l’ai relue et modifiée légèrement.
Je l’ai soumise à ma garde rapprochée : mari, maman, fille et amies pour les corrections et tester l’effet escompté. Enfin, je l’ai vite envoyée à monBestSeller pour ne pas être tentée de la retoucher… »

Tenté de participer au concours de l'été 2015 ? Votre première phrase sera "Longtemps, je me suis couché de bonne heure". Après cet incipit, à vous d'écrire la suite. Découvrez ici le pitch du concours de nouvelles monBestSeller de l'été, les jurés et les Prix à gagner. Bonne inspiration !

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