Actualité
Le 02 Jan 2013

Cartel contre conglomérat

Le groupe allemand Bertelsmann et le groupe britannique Pearson en créant une "joint venture" deviennent le plus gros éditeur du monde anglo-saxon, donc du monde. Ils vont fusionner leurs branches éditoriales respectives : Random House et Penguin.
Le plus gros éditeur du monde - monBestSeller.comLe plus gros éditeur du monde - monBestSeller.com

Ce nouveau groupe pèsera environ 25% du marché global. L’entité sera deux fois plus grosse qu' Hachette, sept fois plus que le tout nouveau groupe Gallimard-Flammarion, qui semble du coup un poids plume.

La stratégie, c’est le regroupement pour survivre au numérique dont la part de marché dans l’édition aux Etats-Unis est passée de 6,3% en 2010 à 14,8% en 2011.  Avec deux avantages décisifs du numérique sur le livre papier : le coût de fabrication, mais aussi la fin du problème insoluble des retours d’invendus qui s'élèvent à 40% en moyenne (et qui nécessitent des espaces infinis de stockages).

Un des gros pôles d’investissement sera la création d’un outil de «social media» pour permettre l’émergence de nouveaux auteurs : on prend donc les mêmes armes que les ennemis pour lutter contre eux . Pour le meme resultat ?

Quelle est la place faite au lecteur aujourd’hui et demain dans cet espace ? Lui donne t’on le choix ? En devançant ses désirs en « produisant » ce qu’il est le plus à même d’acheter, lui donne t’on le gout de l’effort, de la quête, et de la découverte ? En un mot, lui donne t'on accés à la diversité culturelle ?

Amazon par qui tout est arrivé est d’abord un distributeur mais par la « cartellisation » de ses activités devient un éditeur de contenu et guide ses clients vers ses propres best-sellers. Tout comme Apple et Google. Le vrai role d'un éditeur est il seulement de répondre à la demande ou de la créer ? C'est un peu comme si notre libraire selectionnait et éditait ce que nous devrions lire. (Et encore, nos libraires sont nés dans l’écrit et l’on peut espérer que ce sont des sélecteurs de choix.)

Dans un monde de géant, il y a souvent des espaces pour les petits et pour les trublions.

Le salut viendra des petits ! Parions que les éditeurs moyens et indépendants, avec des auteurs et des lecteurs fidèles, des selections exigentes resteront libres et garants de bonnes lignes éditoriales et d'accidents géniaux, et que des initiatives comme la notre sauront faire gronder la révolte. Sus aux géants !

Stéphanie V.

Si David a vaincu Goliath, les petits ont moins de pouvoir financier et par conséquent, ont moins de moyens d'exister. Gallimard-Flammarion peuvent s'offrir une pub télé sur la une. C'est leur force. Monbestseller a le mérite de la gratuité et de l'originalité. Avec le temps, je suis certain qu'il deviendra un acteur important dans le monde du livre numérique. Et si c'était pour 2013 ?
Publié le 03 Janvier 2013