Blues 1

116 pages de Catarina Viti
Blues 1 Catarina Viti
Synopsis

Quand on a vingt ans et une douloureuse cicatrice au cœur, on commet parfois des actes regrettables. Surtout si l'on rencontre un garçon comme Kane qui trouve toujours la faille pour immiscer le doute.
Que dire encore si la fatalité s'en mêle ? Celle d'être née dans le populo, chez les pauvres, dans un bled paumé où le Blues bat à plein régime, entre Marseille et Toulon.

Amis lecteurs, j'aimerais savoir ce que vous pensez de cette histoire, des personnages, de ce style de narration. Avez-vous éprouvé du plaisir à cette lecture ou d'autres sentiments.
N'hésitez pas à laisser vos impressions, je les accueillerai toutes.
Je vous remercie d'avoir pris le temps de lire ce texte.
Merci à tous les lecteurs.

1484 lectures depuis la publication le 05 Décembre 2018

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10 commentaires , 7 notes Ajouter un commentaire
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5
@Catarina Viti Figurez-vous qu'il m'est arrivé une aventure pas banale. Trompée par le titre de votre roman (il faut vous dire que je ne lis jamais les synopsis, pas plus que les quatrièmes de couverture, car je me suis aperçu, depuis que je suis en âge de lire, c'est-à-dire depuis toute petite parce que ma maman, professeur de français, exigeait de moi que je fisse des prouesses en lecture dès ma première année de maternelle, qu'ils et elles avaient plutôt tendance à m'ôter le goût d'ouvrir les livres) ; égarée, donc, par le titre de votre roman, je croyais, l'entamant, que je m'apprêtais à lire une histoire du blues, occasion pour moi mirifique parce que c'est une musique que je ne connais que par ouï-dire (de par ma nature et mon éducation je suis plutôt "musette") et que je voyais là une excellente occasion de m'instruire (c'est pécher contre la dignité humaine que de repousser les opportunités d'apprendre quand elles se présentent ; je tiens cela de mon confesseur, l'excellent abbé Lanterne, le seul ecclésiastique libre-penseur que je connaisse, par ailleurs aumônier du Père Lachaise, là où résident en leur dernière demeure tant d'écrivains, de poètes, de savants et de penseurs). Qu'est-ce que je disais ? Ah oui, je fus donc surprise de ne pas trouver dans votre livre ce que je pensais en toute bonne fois y découvrir ; je continuai néanmoins ma lecture, comme hypnotisée par votre prose puissante, et je me vois dans l'obligation de vous dire que je fus ébranlée jusqu'aux moelles par l'imparable autorité de votre écriture et, si vous me permettez, par sa marmoréenne cruauté. A cela, je trouve deux explications. La première est que je suis plutôt, d'ordinaire, amatrice des romances comme il en pullule à foison sur ce site - vous savez, ces histoires parfaitement idiotes (mais j'adore ça, c'est mon péché mignon) où deux personnages, généralement de sexe opposé, portant obligatoirement des prénoms exotiques, le plus souvent d'origine états-unienne, s’entre-déchirent sur deux cents pages avant la réconciliation finale dans un coucher de soleil en technicolor, alors que les alizés caressent voluptueusement les frondaisons des cocotiers, sur fond d'océan d'un bleu à vous faire regretter d'être frappé de daltonisme au stade terminal. La seconde, c'est que je n'ai pas l'habitude (non pas par choix mais, disons, par fatalité sociale) de fréquenter le milieu défavorisé que vous décrivez avec tant de force et de pittoresque, et que, par conséquent, je ne savais rien, avant que de vous lire, de ses moeurs de sauvages et de son idiosyncrasie proprement barbare. Il en est résulté pour moi l'équivalent psychique d'un séisme de force 9 sur l'échelle de Richter, et j'ai connu les mêmes sensations tectoniques que la fois où j'ai perdu mon pucelage entre les bras d'un livreur levantin (il s'appelait Erkhan) venu apporter une commande urgente à la pharmacie de mon papa. Ce que je veux dire, c'est que, grâce à vous, passant de la musique à l'ethnographie, j'ai vécu une expérience tout à fait exaltante, une expérience dont je demeure encore, à l'heure où je vous écris, toute tire-bouchonnée. Et je vous remercie du fond du cœur de m'avoir offert cette rencontre, certes momentanée mais il ne faut rien exagérer, avec ce bas peuple si décrié par ceux qui l'accusent de sentir des pieds. Amicalement. PS : Je ne sais pas encore si je lirai votre "Blues 2". J'adore obéir aux préceptes de l'abbé Lanterne, mais j'ai les nerfs fragiles et je ne voudrais quand même pas finir en maison de repos, voire en sanatorium, pour cause de lecture trop épicée.
Publié le 20 Février 2019

@Catarina Viti
Je ne peux qu'établir le dialogue chère Catarina Viti, car votre message est une ouverture. "Miroir, joli miroir...". Métissée d'Italie et d'Espagne, je suis ravie que vous puissiez vous "laisser aller au lyrisme", il est malicieusement dans nos gènes. Vous notez "la mémoire des collines blanches écrasées de soleil" et vous me touchez au plus sensible, là où bat ma passion pour Laurent Gaudé, Roméo Castellucci (et... Camus !), sans concession. Je vais m'empresser de me plonger dans les mythes selon Pavese. Vous me donnez encore faim. Merci.

Publié le 15 Février 2019

Merci @Nadine LAMAISON. C'est exactement le propos des Blues : chercher le dragon qui dévore, arracher son masque à Anankê, ne serait-ce qu'un fugitif instant. J'ai lu dans ma jeunesse le livre de Casare Pavese "Dialogue avec Leuco" qui a laissé en moi une trace indélébile et une croyance qui ne m'a pas quittée depuis : la mythologie est un des seuls codes qui puisse nous permettre de voir à travers la trame de nos vies. Mes racines étant méditerranéennes, c'est vers la mythologie grecque et latine que je me suis tournée, vers cette mémoire de la mer, cette voix antique qu'on entend parfaitement en prêtant l'oreille. Et vers la mémoire des collines blanches écrasées de soleil. Au moment où je cherchais la musique qui allait porter mes paroles, le Blues est venu, s'est imposé. Une musique profonde, vieille comme l'humanité et qui raconte les blessures de notre âme humaine exilée. Bon, je viens de faire dans le lyrisme ah!ah!ah! J'en avais besoin, sans doute, et votre commentaire m'y a invité. Je vous remercie infiniment pour l'énergie que vous m'avez transmise.

Publié le 15 Février 2019
5
@Catarina Viti J'ai commencé logiquement par le Blues 1 et, débarquant dans votre fresque, je me félicite de mon clic. Votre choix de parler des "gens de peu" attire de prime abord, puis, à l'accroche des premières lignes ce sont les fouilles qui m'ont séduite. Celles qui vont chercher "le dragon" qui dévore et finit par "bouffer", "les démons" qui chatouillent et l'humiliation acide, le dénigrement de soi, la lucidité douloureuse, mordante et salvatrice. J'ai aimé l'ancrage de ces combats dans la couleur des territoires et votre construction qui est celle du récit mais aussi celle de Jeannie et de la plupart de nos mémoires : "le collage approximatif de scènes hétéroclites agglutinées autour de moments décisifs". Cette "mouscaille" est-elle l'apanage de la fatalité ? Vous nous posez cette question. A nous d'y répondre, qui sait, en lisant les autres Blues. Ce que je vais m'empresser de faire. Merci pour votre propos et votre écriture vive.
Publié le 12 Février 2019

@cox sandra. Mais pourquoi ne vois-je qu'aujourd'hui votre généreux commentaire ? Je sais : mes textes étaient semés au hasard sur le site. Mais à présent que je me suis correctement installée, ce genre de grossièreté ne se reproduira plus. Promis juré. En plus, vous étiez toute émue. J'espère que vous êtes depuis longtemps remise de tant d'émotion. Comptez bien sur moi pour revenir bientôt secouer votre gentil cocotier. Merci de votre passage Sandra.

Publié le 25 Janvier 2019
5
@Catarina Viti Je viens de terminer votre premier blues, et si j'en sors sans contusions, je ne le dois qu'à votre écriture sans défauts. Parce que, autrement, il faut avoir l'âme bien chevillée au corps pour ne pas s'effondrer sous le coup des fortes émotions que votre texte inflige à ses lecteurs. Ce n'est pas du "gentil coquelicot, mesdames, gentil coquelicot, messieurs". Mais bon, j'aime ça, moi, qu'un écrivain me secoue le cocotier, toutefois j'attendrai un peu avant de me plonger dans votre deuxième blues : deux coup sur coup dans la même journée, et on se retrouve dans les cordes ! Merci beaucoup, Catarina, pour votre magnifique nouvelle.
Publié le 06 Janvier 2019

Merci @suzann pour vos encouragements. "Quelqu'un de son sang", le premier Blues de la série est une histoire d'amour. Rien que d'amour. Donc, oui, rude et beau mais... rude, résolument.

Publié le 05 Janvier 2019
5
@Catarina Viti C'est le coeur serré qu'on arrive au bout de votre nouvelle, avec la conviction qu'on vient de lire une chose rude et belle, belle parce que rude, mais écrite avec un talent fou et une commisération certaine. Bref, un texte que je ne suis pas prête d'oublier.
Publié le 02 Janvier 2019
1
nul
Publié le 27 Décembre 2018

Merci @Kroussar d’avoir lu "Blues 1 Quelqu’un de son sang" et d’avoir laissé un commentaire. Je suis ravie que vous ayez trouvé cette lecture agréable. Et j’apprécie vos remarques. Je vois que vous avez bien perçu les personnages, un peu cassés, déchirés, mais avec un cœur "gros comme ça", pour reprendre une expression du Sud-Est.
Eh oui, les personnages des Blues ne sont pas que des héros d’une mythologie décalée, ils sont également porteurs d’une langue. Ce qui explique les petites phrases bizarres que vous avez relevées. Elles sont typiques du parler du Sud-Est. Vous voyez à quel point on ne connait du français que sa part "correcte" ! "Femme au bord du Monde" mis à part (je pense que ce texte restera une exception dans ma production), les nouvelles et romans que j’écris sont ancrés dans une région aussi bien du point de vue géographique, culturel que linguistique. C’est dans les dialogues que je cherche à mettre en valeur cette langue qui est un mélange de français, de provençal, de latin, d’italien. Une façon de parler, de raisonner, de regarder le monde qui intéresse guère de nos jours alors qu'elle grouille de vie, d’images et possède une musicalité unique. C’est la langue des "petits", des "insignifiants" (sauf lorsque des Guédiguian se mêlent de les faire grandir), des gens si loin des canons de la société et pourtant prisonniers d’elle.
Pour répondre à votre remarque sur "l’empathie des riches", je dois vous informer que dans le milieu des Blues elle serait plutôt vécue comme une injure supplémentaire. Aux riches, les yachts. Aux pauvres la mer... méditerranée. Ceci étant, j’ai assez vécu pour savoir qu’il existe des nantis sympathiques et parfois même généreux, mais ils n’ont aucune place dans cet univers. Disons que c’est un point de vue, celui de Jeannie, une fille qui ne croit plus au père Noël et qui ne souhaite pas s’écorcher davantage aux autres.
Pour ce qui est des œufs couvés... qui peut dire qu’un jour nous ne cuisinerons pas ensemble !? Merci encore mille fois, Kroussar.

Publié le 21 Décembre 2018

Merci @Kroussar d'avoir lu et commenté "Blues 1 Quelqu'un de son sang". Je vous répondrai vendredi matin. Cordialement. Catarina

Publié le 19 Décembre 2018
5
Les étoiles bien à part, pour mieux les distinguer. Cordialement
Publié le 19 Décembre 2018

@Catarina Viti J'ai aimé votre plume, votre romance, son ton léger et alerte, aux touches sensibles et subtiles. Ce fut un bon moment de lecture.
/n
Les principaux personnages sont attachants par tant de contradictions, tans de différences, tant de désespérance...Mais au cœurs sensibles.
/n
Mais détrompez-vous sur un point. Lorsque vous affirmez que les riches ne s'intéressent qu'aux personnes qui les valorisent, ce n'est pas une généralité. Heureusement ! Et ils ont également leurs malheurs liés à la fatalité...
/n
Et puis, nous aussi nous mangeons les œufs couvés, au Cambodge tout le monde en raffole, comme partout en Asie, d'ailleurs.
/n
Il s'avère que je lis également votre second roman, "une femme au bord du monde" tout à fait passionnant et surprenant. J'ai beaucoup de choses à vous dire sur le sujet que vous abordez, alors je prends le temps de décortiquer, d’analyser, et reviendrai vers vous rapidement. Cordialement, Kroussar.
/n
PS: deux phrases peuvent surprendre, mais je vous laisse juge : que le repas aille pas être froid... On doit le manger qu'il est encore tiède...

Publié le 19 Décembre 2018

Merci, @Sandrine C. Je suis ravie que cette histoire vous ait tellement plu et que vous l'ayez si bien comprise.
Gai et triste à la fois, je crois que c'est exactement cela la nature profonde du Blues. Parfois, les gens n'en retiennent que la tristesse, mais c'est qu'ils n'ont pas vu ou pas entendu que derrière l'histoire qui commence souvent par "je me suis réveillé ce matin et dans ma tête il faisait aussi noir que la nuit", il y a une formidable, une merveilleuse envie de vivre.
Fascinant, dites-vous. J'aimerais savoir si nous sommes fascinées par la même chose : la pente fatale le long de laquelle glissent les personnages ? C'est ce que j'ai voulu traiter dans cette histoire. Et j'aimerais beaucoup avoir votre sentiment.
Pathétique. Oui, je trouve que certaines vies renferment ce pathétique absolu, et il m'a semblé que cela aussi devait être exprimé. Pour l'anecdote, l'accident du père est réel. Les choses se sont passées exactement de cette manière pour cet homme et sa famille même si, dans la réalité, ces gens étaient complètement différents des personnages du Blues. C'est un peu pour rendre hommage à la surprenante dignité de "ces gens", ces "petites gens" comme on les nomme parfois que j'ai écrit ce texte.

Un de mes lecteurs a souligné la capacité à encaisser des "gens de la France d'en bas" qui pointe à travers ces lignes. Je sais que ce genre de considération n'est pas à la mode, que ces histoires ne sont pas "bancables", mais je m'en moque infiniment. J'écris pour des gens comme vous, chère Sandrine, des gens que l'odeur du cambouis n'épouvante pas et qui peuvent survivre dans une histoire qui n'est en rien "feel-good".

A l'occasion, j'aimerais que vous me disiez comment vous avez compris la fin de cette histoire et, bien entendu, si vous vous êtes lancée dans la recette du fameux LDF.

Merci infiniment d'avoir pris le temps de laisser un commentaire.

Publié le 14 Décembre 2018
5
C’est très spécial votre roman à la première personne. A la fois très gai et très triste. Fascinant et pathétique. Je crois que je l’ai aimée dès la première ligne, Jeannie. Sa relation avec kane, avec sa mère, sa sœur, sa manière de voir les choses, d’être, de les dire, comme ça, brusquement, sans effets. C’est une sacrée anti héroïne formidable. Attachante. Qu’on n’oublie pas tout de suite je pense. Bravo pour ce personnage.
Publié le 13 Décembre 2018

@amalia rodriguez, merci d'avoir lu et commenté ce texte (et de m'avoir fait rire!)
Eh,oui! comme il est mentionné sur la notice, c'est du Blues (pas une berceuse ni une ritournelle). Le Blues du Sud-Est, du Var. Et bien des choses sont vraies dans ce morceau (même, je tiens à le préciser, si je ne les ai pas vécues moi-même).
Entre Marseille et Toulon, il n'y a pas que de l'eau bleue, des plages et des cigales. Il y a des gens avec de sacrées vies, une sacrée langue et j'aimerais les faire connaître et surtout, les faire aimer autant que je les aime.
Chère Amalia j'espère que vous lirez le prochain Blues mais je vous préviens: il est noir-noir (et pas encore sec).
Je vois que vous avez posté un texte. Je vais faire mon possible pour trouver le temps de le lire. J'aimerais avoir ce temps pour lire et pour laisser des commentaires aux auteurs mais en manque cruellement.
Encore merci.

Publié le 05 Décembre 2018

Les Blues sont une série de nouvelles longues.
Le titre de ce Blues est : Quelqu'un de son sang.
A travers les parcours assez noirs des personnages, j'entends explorer la vie des "pauvres gens du Sud-Est de la France". Les laissés pour compte de la société, héros malgré eux d'une mythologie moderne totalement ignorée.
Bonne lecture à tous (en attendant Blues 2)

Publié le 05 Décembre 2018