Mathilde

87 pages de Jacques Collin
Mathilde Jacques Collin
Synopsis

Après 3 années de mutisme complet, les premières paroles qui sortent de la bouche d'Antoine, jeune garçon de 14 ans, sont : "je veux voir un avocat". Gérard, son oncle alcoolique et sa femme, la grosse Jacqueline, en restent bouche bée.
Il y a encore peu, Jacqueline se moquait devant tout le monde d'Antoine en brandissant les draps de son lit, maculés, et criant de façon haineuse :"Le petit monstre se branle !".
Bien des décennies plus tard, Antoine raconte son histoire à un écrivain, espérant de lui qu'il en fasse un roman. Mais la chose essentielle de son récit est ailleurs. Elle se nomme Mathilde. Elle était la précédente femme de son oncle Gérard et l'a, une nuit, initié à l'amour…

533 lectures depuis la publication le 10 Juin 2019

Les statistiques du livre

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Ce livre est noté par

13 commentaires , 5 notes Ajouter un commentaire
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@Sandrine C
Bonjour et merci, Sandrine, d’avoir lu et commenté Mathilde.
Au premier chapitre de cette histoire, Antoine a renoncé à partir à la recherche de Mathilde. La peur de ne pas retrouver « SA » Mathilde, celle qu’il a aimée. Il a passé toute sa vie à courir après elle à travers d’autres femmes, ce qui a abouti à quatre divorces. À la fin du livre, il s’est délesté de son histoire auprès de cet écrivain qui pourrait être moi ou un autre.
Donc, la fin est effectivement ouverte… deux chemins s’offrent à lui : renoncer définitivement à Mathilde et rencontrer une autre femme dans laquelle il ne recherchera pas Mathilde ou bien partir à sa reconquête, ce qu'il semble privilégier. Mais là, on ne sait rien de ses attentes à elle, de sa vie durant ces années, du souvenir qu'elle garde de cette époque. C’est une fin, effectivement, que la lectrice que vous êtes est amenée à imaginer.
JC

Publié le 16 Juillet 2019
5
Ah j’ai aimé votre Mathilde et cette narration inattendue et si prenante en même temps. Je lis les commentaires de Catarina Viti et essaye de comprendre son analyse très pointue. Ce qui me questionne je crois, c’est cette sensation d’inachevé, vous nous laissez sur notre faim avec cette queue de poisson à la fin, comme si tout d’un coup il fallait accélérer la chute après nous avoir fait si longtemps languir. C’est à la fois frustrant et bien joué, ça laisse une trace, on ne résiste pas à imaginer 1 ou 2 scénarios. Bravo et merci de ce partage.
Publié le 16 Juillet 2019

@Catarina Viti
Ne vous inquiétez pas Catarina, je n'ai pas cru que vous m'aviez "abandonné" et je suis heureux que "Mathilde" vous trotte encore dans la tête. J'ai reçu l'exemplaire de Duras que j'avais commandé, mais Il se trouve que ce mois de juillet j'ai un travail prenant à terminer et donc je m'en réserve la lecture pour le mois d'août. Ainsi je pourrai partir à la quête des fameux indices.
JC

Publié le 12 Juillet 2019

Bonjour Jacques, je n'ai pas abandonné la quête... et je ne vous oublie pas. Ni vous ni votre si belle nouvelle qui m'inspire toujours un voyage au long cours à travers mots et phrases. A bientôt.

Publié le 12 Juillet 2019

Bonjour @Pascal.S
Je suis heureux de vous compter parmi mes lecteurs, mais également satisfait que vous ayez compris la charge émotionnelle que j'ai tenté d'y mettre tout en relatant une histoire simple, celle de l'initiation amoureuse d'un adolescent, à travers un parcours de vie chaotique.

Publié le 07 Juillet 2019
4
En lisant votre roman, j’ai pensé aux citations suivantes : « Il n’y a pas de hasards, il n’y a que des rendez-vous » de Paul Eluard ou le proverbe suivant « nous ne faisons pas de nouvelles rencontres par accident, elles sont destinées à croiser notre chemin pour une raison ». Votre livre a une grande force émotionnelle, il véhicule des émotions et des sentiments humains puissants, c’est pour cela que je l’ai aimé.
Publié le 07 Juillet 2019

@Catarina Viti
Je vais m'empresser de lire Duras et tenter d'y trouver les indices.
JC

Publié le 27 Juin 2019

Jacques,
J'ai l'impression que peu à peu nous nous comprenons (un peu mieux). Je vais oser une métaphore oiseuse : J'aurais entendu parler de l'Île au Trésor (pas grand chose, juste quelques indices), je vous imaginerais capable de la trouver car vous avez le bateau, les instruments et la connaissance de la mer.
Peut-être trouverai-je d'autres indices pour enrichir cette carte en relisant "Moderato Cantabile".
Histoire à suivre.

Publié le 27 Juin 2019

@Catarina Viti
Vous ne m'importunez pas, soyez-en assurée. Simplement, comme j'ai la comprenette difficilette, comme on disait dans mon enfance, il me faudra encore du temps avant d'assimiler ce concept d'écriture au bord du précipice, de saut dans le vide ou d'abîmes*. Je connais le principe de lâcher les chevaux, est-ce la même chose? À vrai dire, dans Mathilde, je n'ai pas retenu mon attelage, mais peut-être est-ce encore trop sage, trop académique si je reprends l'exemple de Fragonard par rapport à Dali. Il vous en faut plus ! Ce sera pour le prochain roman, je l'espère.
JC
*Je rajoute ceci après réflexion : j'aimerai savoir de manière "pratique" comment cela s'articule… un exemple concret, si vous préférez. Je suis preneur de conseils, n'en doutez pas une seconde.

Publié le 26 Juin 2019

Ne salissez surtout pas votre texte ! Yiiiiha ! Et loin de moi l'idée de vous entraîner à copier qui que ce soit ! Non seulement ce serait ridicule, mais en plus vous n'en avez pas besoin. Je vais tenter de m'exprimer plus clairement. Pour commencer, je n'ai jamais évoqué le fond de votre histoire (que j'apprécie vivement). Et d'ailleurs, je n'ai pas attaqué la forme non plus. En fait, je me suis simplement posé une question : que se passerait-il si vous conduisiez votre écriture au bord du précipice ? Volontairement et non accidentellement, comme cela m'arrive souvent. Voyez-vous ? Une collision entre les mots. Pas un genre, non, non, plutôt la recherche d'une musique étonnante, inattendue. Peut-être en créant des personnages porteurs de cette atypicité (j'invente) dans leur dialogue ou dans leur monologues intérieurs.
Mais ce n'est de ma part qu'un joyeux délire. Je ne voudrais pas vous importuner avec cette affaire. Je me disais seulement : si j'avais un Stradivarius et que je sache parfaitement en jouer : que ferais-je ? Si j'étais capable de dessiner merveilleusement, irai-je du côté de Fragonard ou de Dali ?Je cherche cette sensation à travers la lecture. Je l'ai sentie chez Beckett ou Woolf ou Joyce -malgré la barrière de la langue-, chez Duras (bien que je ne parvienne pas à aimer sa musique).
Bref. Cela. Mais n'y pensez plus. Parfois je sonne creux de la carafe. J'ai aimé votre texte et c'est tout.

Publié le 26 Juin 2019

Bonjour @Catarina Viti
Votre commentaire, évidemment, me questionne. Je tourne et retourne dans tous les sens vos propos pour savoir où et comment je pourrais bien déraper ou dérailler un peu dans l’écriture de ce texte… ou d’un autre. D’un point de vue strict de la narration, je dois dire que j’ai élagué au maximum l’histoire afin d’éviter toutes les digressions qui me pendent au nez à chaque coin de rue. D’où, à l’arrivée, un récit court, qui tient par sa colonne vertébrale. J’entends par là que je n’ai voulu raconter rien d’autre que l’initiation à l’amour d’un jeune garçon par une femme qui a le double de son âge et les illusions que cela déclenche chez ce garçon. L’histoire pourrait, d’ailleurs, commencer par l’instant de cette initiation et repartir aussitôt dans un flash-back. Peu importe, ce serait le même livre. Alors quoi ? Le style qui, à force de travail, deviendrait trop « parfait »… non n’exagérons pas… trop travaillé ? Que faut-il ? Introduire l’impureté (le grain de sable) dans l’huître qui produit sa perle comme autodéfense ? Que faire ? Dans ce récit qui est une sorte de confession d’un homme à un autre homme, devant un verre de whisky, le ton — je l’ai voulu ainsi — est parfois emporté et même exalté, je l’espère, mais reste aussi feutré… à cause, justement de cette « confession ».
Comme je suis un très grand inculte en matière de jazz, je suis allé écouter Thelonius Monk et de-ci de-là j’entends des petites notes qui me paraissent « fausses » (ou bien il tape sur la touche d'à côté?) comme lorsque j’entends les Rolling Stones sur scène dans les années 60 et que, parfois, j’ai l’impression que leurs guitares n’étaient pas accordées. D’ailleurs, je crois que c’était le cas ! Dans ces sons qui peuvent faire mal aux oreilles, il y a le jeu de scène et l’énergie qui rattrapent tout. C’est cette différence fondamentale entre Beatles et Stones : les uns étaient de grands musiciens de studio, les autres des hommes de scène.
Bon, si j’arrête là mes parallèles dans lesquels vous m’avez emporté, je crois commencer à comprendre ce que vous voulez dire. Enfin ! j’en perçois un petit morceau ! Aujourd’hui, certains appellent cela « salir » un peu un texte… Je ne sais si c’est exactement votre pensée. Mais là, j’aurais l’impression de « copier » le style de quelqu’un d’autre.
Merci, en tout cas, de vous être arrêtée sur « Mathilde » et, finalement, ce que j’en comprends et en retiens, c'est que cela vous a plu.
Cordialement
JC
À cette heure, je me mords les doigts : alors que nous courrons tous après cette phrase qui débute nos textes — la fameuse phrase —, pas une seconde il ne m'est venu, hélas, l'idée de commencer par "l’instant où l’on écrit c’est toujours trop tard pour soi". Comme quoi, le regard des lectrices (il semblerait que le lectorat soit féminin !?) est essentiel. Merci.

Publié le 26 Juin 2019
5
5 étoiles… « Et en notant vache !» (pour parodier Robert Dalban). J’ai éprouvé un très grand plaisir à lire votre texte à l’écriture tellement sûre, tellement épurée, tellement juste. Peut-être même trop tellement. Si bien que je me suis mise à rêver de ce que donnerait votre splendide écriture si vous sortiez de votre zone de confort. Oh, je sais. Zone de confort est un cliché, en sortir, une nouvelle toquade, et ce commentaire n’engage que celle qui le rédige (et, surtout, qu’elle aille se faire voir). Soit. Je préfère quand même vous livrer le fond de ma pensée. La voici, la voilà : une écriture aussi maîtrisée que la vôtre devrait flirter avec les abîmes, aller aux extrêmes, prendre des risques, sauter dans le vide au lieu de cheminer dans la campagne « anglaise ». Quand on maîtrise comme vous l’usage de la langue on peut aller aux limites, faire croire à son lecteur que le château de cartes est sur le point de s’écrouler, que la phrase va dérailler, mais se reprendre juste à temps. Thélonius Monk, ça vous parle ? Toujours à la limite de la fausse note. J’aimerais entendre votre texte à partir d’une de vos phrases, telle : « L’instant où l’on écrit est toujours trop tard » qui résume à elle-seule mon sinistre charabia. Merci d’avoir partagé votre texte sur ce site.
Publié le 26 Juin 2019

Bonsoir@Jacques Collin
Je vous en prie, ce fut un réel plaisir pour moi. Dès que je sais qu'une œuvre va me plaire, dès les premières lignes, j'ai cette petite manie d'attraper un bloc et un stylo pour prendre des notes afin d'en faire la synthèse. En l'occurrence, j'ai le privilège de pouvoir communiquer avec l'écrivain (ce n'est, hélas, pas toujours le cas avec ceux qui nous ont précédés) et j'en suis ravie. J'espère vous lire à l'avenir et vous souhaite une belle continuation. Cordialement. Trisha

Publié le 20 Juin 2019

@Trisha E.
Bonjour et merci Trisha E. Vous avez su disséquer mon roman de manière remarquable. La lecture attentive que vous en avez fait met en perspective les différents points sur lesquels j'ai voulu attirer l'attention de mes lecteurs potentiels. C'est une étude au microscope que vous avez fait là !!!! De quoi me donner le courage de continuer l'écriture de fictions qui, comme toutes bonnes fictions puisent leur inspiration dans la vraie vie.
Avec mes remerciements sincères.
Jacques

Publié le 20 Juin 2019
5
@Jacques Collin Et maintenant les étoiles plus que bien méritées.
Publié le 19 Juin 2019

Bonsoir@Jacques Collin

Mathilde est un roman sur l’enfance/l’adolescence qui m’a remuée dans son ensemble et plus particulièrement lors de certains passages. Je me suis reconnue dans certaines pages.
Je ne reviens pas sur le prologue qui m’a beaucoup plu tant sur le fond que sur la forme très poétique.
Le fond évoque le passé qui hante Antoine en recherche incessante de tendresse qu’il trouvera dans les bras d’une femme mûre, douce et belle. Il connaît avec elle les émois de sa première expérience sexuelle. À l’adolescence les sentiments sont toujours exacerbés. J’ai retenu qu’il reste scotché à ses 13 ans, ce qui l’empêche d’avancer dans la vie et qu’il a mis bien du temps à s’en apercevoir. Il comprend qu’il refuse le bonheur présent en espérant le retour du bonheur passé et que la rédaction de ses souvenirs est peut-être un moyen de s’en défaire, que c’est un passage obligé avant d’entamer une nouvelle vie. Ce qu’il retient en conclusion c’est qu’il n’y a pas pire que ceux qui font naître des espoirs et les oublient aussitôt.
Ce qui m’a particulièrement impressionnée dans le sens où j’adhère à vos réflexions :
- on se pose parfois la question : si ce jour-là on était partis avant ou après, si on avait suivi telle voie plutôt qu’une autre… quelle serait ma vie ?
- les phrases qui tuent plus sûrement que des coups physiques qui, eux, guérissent (bien que l’on s’en souvienne !).
- les bien-pensants qui jugent à la vitesse de l’éclair. Et toutes les sournoiseries et autres turpitudes de certaines personnes de notre sang, pourtant !
- la haine qu’il a envers elles. Quand certains de leurs défauts ou manies sont observés avec acuité et lui font détester davantage ces personnages vils. Un enfant est capable de juger dès son plus jeune âge. Il capte tout et emmagasine tout. C’est tellement vrai !
- des questions sur Dieu. Entre autres, pourquoi m’a-t-il mis dans les mains de cet oncle alcoolique ? Et sur la confession des péchés qui laissent Antoine plus que perplexe sur cette pratique.
- le temps qui passe et ne pas se reconnaître devant le miroir. C’est si vrai !
- les rêves qui sont les instants privilégiés de la vie. (Très belle réflexion à approfondir).
- l’ignoble famille qui n’a pas gagné au loto, mais qui tels des vautours spolie sans vergogne cet adolescent qui finit par demander un avocat pour se défendre des turpitudes qu’il constate et qui lui font horreur.
- et là où j’ai été chavirée c’est : pourquoi moi ? La culpabilité d’être toujours en vie. Passage très difficile à lire, pour une raison personnelle.
Un grand merci à vous, Jacques de cette belle lecture qui reste dans mon Top !!!!
Patricia-Trisha

Publié le 19 Juin 2019

Bonjour @FANNY DUMOND
Depuis peu sur ce site, je vois le nombre de lectures augmenter mais je désespérais d'avoir un lecteur ou une lectrice qui me donne son avis sur mon texte. Voici donc, c'est fait. J'espère que d'autres dépasseront le prologue et se lanceront dans la lecture de l'adolescence d'Antoine, sa découverte de la vie, des âmes humaines, de l'amour et du chagrin d'amour.
Cordialement
Jacques Collin

Publié le 15 Juin 2019
5
Bonjour@Jacques Collin Le prologue de votre roman a retenu mon attention et m’a incitée à connaître l’écrivain. « Ecrire, c’est s’écorcher devant les autres, c’est de l’indécence, de l’exhibitionnisme, c’est s’exposer jusqu’à ses os –autorisez donc l’écrivain à rendre ses souffrances plus supportables - l’instant où l’on écrit c’est toujours trop tard pour soi, mais on écrit pour les autres». Poursuivant ma lecture, j’ai découvert un écrivain sensible, sobre, posé, caustique sur la famille et la nature humaine, philosophe… écrivant sans faire dans le pathos pour dire les blessures de l’adolescence et les ravages que peuvent faire certains comportements de bien-pensants qui jugent à la vitesse de l’éclair. Plusieurs phrases sorties de la bouche d’adultes telle : tu n’es qu’un enfant, m’ont ramenée à mon vécu. Oui, les rêves sont les instants privilégiés de la vie. Je retiens le fond de votre roman : il n’y a pas pire que les personnes qui font naître des espoirs et les éteignent aussitôt. Je le recommande à toutes celles et ceux qui, comme moi, sont en quête de lectures qui vont droit au but, droit au cœur. Merci beaucoup Jacques de cette belle découverte. Bien cordialement. Fanny
Publié le 15 Juin 2019