Thérapie du silence

131 pages de Serge Tabard
Thérapie du silence Serge Tabard
Synopsis

Le divertissement que vous allez lire fait se croiser trois histoires : celle d’un écrivain, Michel Guzain, qui prend conscience que ses romans sont mauvais et se demande ce qu’est un bon roman et s’il est capable d’en écrire un ; celle d’un psychanalyste ; enfin celle d’un groupe de trois amis, Claude, Jorge et Steeven, qui rencontrent une femme, Karen, avec laquelle ils vivent une sorte d'histoire d’amour. On peut supposer que cette dernière histoire est racontée par Michel Guzain dans l’un de ses romans, mais comment en être sûr ?
Le récit est apparemment introspectif, mais le burlesque, la parodie et l’ironie ne sont jamais loin. Il pose la question suivante, à laquelle il prétend répondre de façon performative : qu’est-ce que le contraire d’un récit de Michel Guzain ?

Publié le 17 Mars 2021

Les statistiques du livre

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10 commentaires , 6 notes
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@Saint-Bleyras
Merci encore, cher Georges, moi aussi j'aime cette Valérie, ébauche d'une intrigue amoureuse mêlée à d'autres ébauches : débauche d'ébauches qui procède d'abord d'une horreur de l'intrigue conventionnelle, plaquée là parce qu'il en faudrait une. Je me suis identifié à Michel Guzain : il cherche sans trouver mais ne fait pas semblant d'avoir trouvé.
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Je vous admire d'avoir lu jusqu'au bout, effectivement vous m'avez vaincu car je n'aurais jamais eu le courage de me lire, si, pendant une période d'amnésie, on m'avait dit : que penses-tu de ce livre ? J'ai seulement eu le courage d'écrire mais, ça, vu que ça ne me demande aucun effort (je ne conçois pas, pour le moment, d'enfanter dans la douleur), c'était plutôt de la paresse que du courage.
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Et Gloria ? Quand est-ce que vous le remettez en ligne ? J'ai pensé que vous pourriez lire (si ce n'est pas déjà fait) Dans la colonie pénitenciaire et autres nouvelles, de Kafka.
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Profondeur et superficialité : Kundera, qui connaît bien M.N., a écrit L'insoutenable légèreté de l'être, un roman qui m'a tellement marqué qu'il est impossible que je n'y ai pas pensé un peu, en me lançant dans cette deuxième tentative romanesque, flâneuse et avortée. Le conseil est intéressant, même si vous ne le donnez pas (jolie prétérition) : le pastiche pourrait devenir un masque assumé posé sur le drame. Affaire à suivre, cher critique dominical. Amitiés. Bruno / Serge / Rachid

Publié le 18 Avril 2021

@Serge Tabard
=
1. Il y a une (crypto) intrigue : l'auteur puis le lecteur va-t-il aller jusqu'au bout de l'écriture d'une part, de la lecture de l'autre ? Le lecteur va-t-il aller au-delà de la page dix ? (c'est "L'intrigue Gallimard", comme l'on dit). La page dix d'un divertissement sans intrigue, mais peut-être pas sans roi (?).
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La réponse est performative pour nous deux : vous avez rédigé le texte, je l'ai lu. Jusqu'au bout. Vous semblez toutefois suggérer que vous l'avez peut-être pas écrit jusqu'au bout. Je sors donc peut-être seul vainqueur. Mais vous gardez le trophée.
=
2. J'ai retenu le passage avec Valérie et Jorge. Ce passage a trouvé une clef pour s'inscrire dans mon souvenir. C'est peut-être parce que j'ai l'impression d'avoir connu cette Valérie. Elle me touche.
Retenu également la "mise en bouillie" du visage de Dan, rue de Rennes, dans le contexte de sa relation avec Karen.
Retenu aussi le witz sur Bourre-la-Reine.
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3. La sortie de la FNAC de la rue de Rennes, "dans une joyeuse bousculade". Il me semblait avoir moi-même employé cette tournure dans une rédaction de CM1. En même temps, le contraste avec la mise en bouillie n'en est que plus fort.
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4. Je n'ai aucune qualité pour vous donner des conseils, c'est pourquoi je ne vous en donnerai pas.
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Vous voyez combien peu j'accrois votre dette en ce début de dimanche après-midi !
Vous écrivez "il y a une vraie laideur dans l'absence de profondeur." Il me revient la pensée de Friedrich N. qui parle du "superficiel né de la profondeur" : c'est peut-être votre voie...
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A la revoyure, je vais à mon propre chantier !
Georges / Saint-Bleyras

Publié le 18 Avril 2021

@Saint-Bleyras
Ma dette vis-à-vis de vous ne cesse de gonfler. J'espère que vous écrivez un (gros) roman, afin que je puisse, en l'épluchant comme vous le faites avec mes petits livres, me sentir moins à votre merci :-)
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Vous avez vu que Serge était un bâtard. On ne peut rien vous cacher ! Mes questions (ajoutez-les à mon ardoise, s'il vous plaît) : le manque d'intrigue vous a gêné combien sur 10 ? Quel passage avez-vous retenu ? Quels passages vous ont ennuyé ? Quel(s) conseil(s) me donneriez-vous ? (J'abuse, mais c'est vous qui avez demandé).
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A très bientôt cher Georges / Saint-Bleyras

Publié le 18 Avril 2021
5
Elles sont inséparables de vous, Serge Tabard !
Publié le 18 Avril 2021

@Serge Tabard

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Bonjour,
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J'ai lu hier après-midi votre "Thérapie du silence". C'est ma semaine Rachid Blanchet, Serge Tabard (et donc Blanchet Rachid et, rayons X, Bruno Guennec), puisque j'avais lu tout récemment "Confession de Rachid Blanchet"). Merci, d'ailleurs, de m'avoir délicatement invité à être plus attentivement poli avec vous, Blanchet. Je le méritais, même en théâtralisant, jouant, mon commentaire.
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Pour l'heure, en matière de silence j'aimerais vous donner la parole, Serge Tabard (drôle de pseudo soit dit en passant, et en anagrammant. Pourquoi cet indice ? Pour souligner l'hybridation de cet auteur pseudo ? Pour nous inviter à voir l'envers des choses, ou celui des êtres ?).
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La lecture de vos ouvrages, touffus, rhizomiques, labyrinthiques, et schizophrénicophiles, et "en même temps" [horribile dictu] riches, intelligents, artistes et sensibles, multivoques et parfois aquoibonistes ("On s'en fout !" disent d'ailleurs certains personnages) me donne donc envie de vous passer la parole.
=
Allez-y, Serge Tabard, posez-moi une, deux ou trois questions choisies pour moi, par vous à propos de "Thérapie du silence". Guidé par ce fil d'Ariane, j'y répondrai. Ce sera ma façon de commenter votre texte.
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Bon dimanche et amitiés,
Georges /Saint-Bleyras

PS : à l'ultime moment, celui d'envoyer ce commentaire, je m'aperçois qu'il n'est que 7h20 du matin. Je copie et enverrai plus tard. Je pense qu'un bip vous informe, quelle que soit l'heure, de l'arrivée d'un message (en l'occurrence de mBS, signalant l'arrivée d'un commentaire). Vous informe et vous réveille, Tabard-lit (?).

PPS (à votre service) : page 6 (qu’elles me voleNT à un autre) – 8 (bureau d’affaireS) – 10 (rien demandé, ni à naître) – 14 (lignée d’écrivainS) – 15 (m’a épouséE) – 22 (quelquE temps) – 23 (détective à la retraiTe) – 24 (très bonS copains) – 30 (qui n’a ni nom) – 31 (des petits-enfants) – 31 (la lui rendeNT plus douce) – 44 (la course à pieD) – 61 (on est était beaucoup plus libres = ?) – 86 (histoire fantasméE) – 88 (la seule fille .) – 110 (encore vivantS) – 121 (quelquE temps).

Publié le 18 Avril 2021

Cher Monsieur Ducoeur, je tente de vous répondre avec sérieux car mon amie secrète (croisée au coin du même bois où vous rencontrâtes un homme) m'a grondé d'avoir joué avec mes pseudos (et non, vous avez raison tous deux, le talent - hélas - ne se multiplie pas). Elle tient absolument à ce que mon modeste ouvrage soit distingué par ce même coeur que votre père requit pour sauver son honneur. // Je ne comprends pas "ahh fantasme quand tu nous tiens" donc je ne peux pas vous répondre, même avec la meilleure volonté du monde. // "Oui, snobs !" : bravo, vous avez l'art de la formule, j'aime ça. // "Romain et Emile étaient deux (je crois)" : non, ils étaient un (je crois) // "bancal et cousu gros point" : tout à fait, c'est le défaut majeur (qui évite de parler de tous les autres) // "ayant beaucoup écrit" : pour la fiction c'est tout récent et j'ai peu produit (mais j'écris depuis longtemps, c'est vrai, votre imagination ne vous trompe pas) // "des réflexions qu'on a envie de retenir" : si vous n'êtes pas ironique, vous m'étonnez un peu mais ma quête de reconnaissance vous remercie // idem pour votre dernière remarque (celle qui m'a fait penser que l'ensemble était teinté d'ironie, comme quoi les talents incompris sont méfiants et susceptibles) // En conclusion, dans le cas (peu probable) où vous vous seriez farci la lecture de mon ouvrage, je vous tire mon chapeau car, moi, je n'ai jamais eu le courage de me relire (mon amie secrète va me gronder car, sur la fin, j'ai craqué).

Publié le 06 Avril 2021

ahh fantasme quand tu nous tiens. Oui, snobs ! et bancal comme vous le dites et cousu gros point comme disait un homme des bois que je croisais parfois. Romain et Emile étaient deux (je crois). Seriez-vous plus encore espérant que le talent se multiplie ? Je vous imagine ayant beaucoup écrit pour vous abandonner à cette thérapie. Car on voit dans vos lignes des réflexions qu’on a envie de retenir. Notamment cette dernière phrase de votre bio. Très subtile !

Publié le 06 Avril 2021
1
Serge et Rachid, vous êtes d'incorrigibles snobs ! Que vous importe que des gens comme vous et moi prennent la plume et s'essayent à écrire ? Je trouve, au contraire de vous, que cette popularisation de l'écriture est un progrès. D'abord parce que l'écriture est une activité gratuite, non nuisible, contrairement à d''autres. Ensuite parce qu'un auteur, même maladroit, même amateur, ne peut qu'élargir, en pratiquant cette activité, le champ de sa conscience. En tout cas, ça ne le rendra pas plus bête qu'il ne l'est. Enfin, parce que cet auteur, même s'il n'invente rien, même s'il n'a ni originalité ni sensibilité particulières, peut malgré tout toucher quelques lecteurs, qui se reconnaîtront dans son texte. Alors, cessez de cracher dans la soupe, s'il vous plaît. Soyez un peu humbles et indulgents. Moi qui suis professeur de français, je trouve admirable que l'on puisse écrire et être lu sans passer par les fourches caudines de l'édition. Bien sûr, il y a souvent, à l'origine de cette démarche de mettre en ligne absolument tout ce qu'on écrit un désir de reconnaissance, voire de réparation. Certes, la littérature n'est pas censée être seulement thérapeutique. Mais elle l'est toujours un peu, je pense, même si un grand livre touche toujours à l'universel. C'est vrai aussi que les auteurs qui se produisent ici manquent souvent de discernement, en mettant en ligne (comme toi, mon cher Serge) des objets inachevés et donc illisibles. Mais, si l'on vous écoutait, il ne faudrait mettre en ligne que des chefs d'oeuvre ! On n'aurait plus rien à lire, si c'était le cas. Or ce serait bien triste, convenez-en.
Publié le 05 Avril 2021
1
Je profite de votre page, mon cher alter ego, pour m'offrir un petit billet d'humeur. Je ne veux pas être blessant, en écrivant ce qui suit sur la page de nombre de livres que je vois ici. J'aime mieux généraliser, sans citer aucun auteur (peut-être se reconnaîtront-ils ?) : je suis frappé, en lisant les récits mis en ligne sur ce site, par l'aplomb de nombre de personnes qui se croient écrivains parce qu'ils maîtrisent (dans la plupart des cas, heureusement) la langue française. Certes, il est facile d'écrire « roman » sur la première page d'un fichier word. Mais est-ce que cela suffit ? Un roman n'est-il pas plus qu'une suite de mots, même si cette suite est organisée, structurée autour de personnages ? Mais qu'est-ce qu'un personnage ? N'est-ce pas avant tout l'expression, la mise en forme d'une pensée originale, d'une sensibilité particulière ? Si un roman ne blesse pas le monde, s'il ne l'écorche pas, ou ne l'écorne pas, ou ne raye pas un minimum la carapace de vanité derrière laquelle ce monde se réfugie pour ne pas penser, pour ne pas éprouver sa condition, à quoi bon ? Tant de travail pour produire une chose qui glisse, qui surfe à la surface du discours ambiant ? Et si l'on essayait d'abord de relire nos grands auteurs ? Et si l'on avait le simple bon sens de relire (par exemple) *L'éducation sentimentale* (ou *Madame Bovary*) avant d'oser écrire « roman » sur la première page de son fichier word ? On l'écrirait peut-être encore, certes, mais en tremblant, avec la peur d'être ridicule, d'être médiocre : d'avoir produit un énième livre inutile.
Publié le 04 Avril 2021

Merci @Yvan Ollive
J'ai écrit à lamish que le défaut principal de mon livre était l'absence d'intrigue, pourtant nécessaire pour entraîner le lecteur. Vous me donnez raison en écrivant : "le fait qu'il n'y ait pas d'histoire a un peu perturbé (c'est doux de votre part d'avoir usé de l'euphémisme) ma lecture" :-)
Que vous ayez décidé alors de vous faire à cette idée et d'écouter ce que les personnages avaient à dire me semble incroyablement généreux. Mais, en même temps, vu le roman que vous avez écrit, *Camouflage* (qui, à mes yeux, est le meilleur roman parmi ceux que j'ai lus sur ce site), cela ne me surprend pas outre mesure. Le côté intrusif ? Oui, c'est tout à fait vrai :-) Merci, Yvan, et encore bravo pour votre livre.

Publié le 23 Mars 2021
5
@Serge Tabard. Le fait qu'il n'y est pas réellement d'histoire a un peu perturbé ma lecture. Je l'attendais et finalement quand je me suis fait à l'idée qu'il n'y en aurait pas, j'ai commencé à écouter ce que les différents personnages avaient à dire. Et je ne regrette rien, une belle synthèse de toutes les questions que celui ou celle qui veut écrire est en droit ou même devrait se poser. Merci pour ce partage instructif et un peu intrusif. Tout de bon à vous. Cordialement.
Publié le 23 Mars 2021

@lamish
Quand je lis ton commentaire, Michèle (c'est vrai aussi pour celui d'Adrien), je me dis que tu ne parles pas du livre que j'ai écrit, mais d'un livre que j'aurais voulu ou rêvé d'écrire, sans y parvenir. Moi, je me focalise sur son défaut principal : l'absence d'intrigue, pourtant nécessaire pour entraîner le lecteur. Néanmoins, je comprends que tu ne me parles pas objectivement d'un bouquin, mais que tu témoignes avant tout de ton expérience de lectrice, de la façon dont ce bouquin t'a touchée, a résonné en toi. Et, comme je suis sûr de ta sincérité, la même qui est à l'oeuvre dans tes livres, je me laisse toucher, voire bercer, par la douceur de tes mots :-)

Publié le 23 Mars 2021
5
@Serge Tabard... J’ai beaucoup aimé cette longue nouvelle, ce roman, qui a satisfait mon « passe-temps favori » : deviner l’auteur. La sincérité rare de l’homme qui se dévoile au travers de ses personnages masculins a comblé ce besoin. Ses doutes, ses interrogations, sa volonté farouche de comprendre sans se voiler la face m’ont touchée. Son refus d’emprunter des raccourcis pavés de complaisance et de conclusions analytiques aussi. J’ai aimé le jeu de piste des romans dans le roman, que jamais il ne se termine vraiment ; les doutes de l’écrivain (que je ne développe pas, Adrien Brunel l’ayant déjà fait brillamment), du thérapeute (qui reste homme parmi les hommes), des trois amis ; leurs amours qui parfois décoiffent, disparaissent, laissent un goût d’inachevé ou d’achevé de travers ; ceux moins passionnels, pourtant appréciés, auxquels le souvenir des autres résiste… L’insatisfaction qui finit par se taire et cède la place à une sagesse lucide plutôt qu’à la résignation… Une réflexion fine et franche, portée par une belle plume sobre qui embarque dans la confidence avec une facilité si déconcertante que j’ai été Karen, allongée sur ses trois amis, abandonnée à un de ces rares moments de silence où tout est dit ; où corps et âmes s’accordent une pause, en osmose… complices. Merci pour ce partage qui mériterait une double ration d’étoiles, c'est sûr ;-). Bises et bonne journée, Michèle
Publié le 23 Mars 2021

@SimoneB
Tout à fait d'accord avec vous, Simone. Jean-Sol P.

Publié le 22 Mars 2021
5
Mérite 5 étoiles!
Publié le 22 Mars 2021

@Adrien Brunel
Un grand merci Adrien pour votre commentaire et vos conseils. J'ai remplacé Gusso par Guzain :-)
Maintenant, je vais faire la chasse aux "finalement".
Au plaisir de vous lire, sous ce pseudo ou sous un autre :-)

Publié le 21 Mars 2021
Serge Tabard
Biographie

Sous de légers voiles vert d'eau, d'un pas de somnambule une jeune fille glissera sous de hautes voûtes, où clignera seule une lampe...


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