ENTRE NOS MURS

375 pages de Didier Leuenberger
ENTRE NOS MURS Didier Leuenberger
Synopsis

Sans m’en rendre compte, j’étais devenu et avais toujours été le gardien de maman et le plus adulte de la famille. Et en parfaite logique, l’amour déversé par cette mère aux abois ne faisait que renforcer ce sentiment de culpabilité. Sans m’en rendre compte, j’avais été l’instrument de l’une des machinations les plus redoutables qu’aucun être mieux qu’une mère ne sait employer. Emmitouflée derrière de nobles sentiments et cet amour inconditionnel qu’on croit pur et démuni de toute intention, cette mécanique réglée comme une horloge rendra une copie parfaite au grand damne de notre salut si nous ne démasquons pas à temps — que ce soit consciemment ou inconsciemment — cette manipulation d’aucun nom.

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Les statistiques du livre

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  4.8 / 5 Notation
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11 commentaires , 5 notes Ajouter un commentaire
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©FANNY DUMOND
Bonjour Fanny, un grand Merci pour ce dernier commentaire qui n'en est pas moins important. Comme vous avez raison d'avoir pris telle décision pour votre salut. Et au diable ceux et celles qui ne comprendraient pas. On ne leur demande pas de comprendre, juste de ne pas juger, ce qui est malheureusement souvent le cas lors de telles situations.
Pour ce qui est de se tâter sur le fait de publier ou non de tels souvenirs, et bien je pense que ceux et celles qui le font sincèrement vont hésiter en effet en premier lieu, parce qu’ils auront été tellement embourbé dans un environnement hautement inflammable qu'ils ne le réaliseront que lorsqu'ils en seront sorti, pour ceux qui peuvent. Lorsqu'on est dans de telles situations, c'est si prenant, si intense et si malsain que le temps semble avancer différemment et nous tenir la tête sous l'eau sans qu'on ne semble vraiment en souffrir ou du moins, sans réaliser la teneur d'une telle violence. Tout simplement parce qu'on est en plein dedans et qu'on a connu que cela. Ça en devient presque notre "normalité" et Dieu sait que je n'aime pas ce mot, mais c'est incroyable de constater comme l'humain et un enfant en l’occurrence ici, n'a pas le choix d'adopter autre chose que ce qu'on lui donne à voir et à vivre. Cela démontre quelle force et détermination il faut pour sortir d'un tel bourbier mais que ce n'est pas impossible.Comme votre impression d'être dans une secte me parle. Je me souviens que dès que j'ai quitté la maison (très très jeune) et que je rentrais pour aller voir ma mère, je ressentais une étrange boule à l'estomac plus le train me rapprochait de cet antre que furent mes murs. C'est comme si j'entrais dans une bulle, notre bulle, et que rien ni personne ne pouvait détruire. Comme si une fois à l’intérieur, les codes propres des dysfonctionnements d'une telle famille se mettaient en place sans que je ne puisse rien y faire. C'était très angoissant, et 3 jours avant que je ne rentre chez eux, je devenais très agressif et m'énervais pour un rien, juste parce que je sentais tout proche, l'arrivée de ces démons que j'arrivais à éloigner dans ma nouvelle vie de jeune homme. C'était d'autant plus contrastant. Il me fallut des années pour me défaire de cette angoisse et mille destinations lointaines comme une ressource et une réserve d'air au cas ou je manquerais d'air.
Merci pour vos encouragements et votre bienveillance. Avec ma très sincère amitié. Didier

Publié le 09 Octobre 2018

©csonney
Un grand Merci à vous pour cette réaction et ce commentaire. Effectivement et sans doute est-ce en cela qu'est avant tout l'existence d'un tel livre, la violence conjugale reste un sujet bien trop tabou et protégé par une société semblant presque être complice par moment. Oui je suis ressorti grandit et plus fort après avoir digéré ces moments pour le moins perturbants, mais je le dois aussi et surtout à l'écriture et cet imaginaire qui n'a jamais cessé de m'accompagner jusqu'à aujourd'hui et je l'espère à jamais. Encore Merci. Didier

Publié le 09 Octobre 2018

©Domi65
Merci beaucoup pour cette réaction à chaud pour ce texte. Votre commentaire me va droit au cœur et est très juste et très fin. Vous analysez parfaitement cette folie et les dégâts que cela peut engendrer, mais aussi et surtout, car la vie est trop belle pour l'abîmer plus que certains nous l'ont montré, la force avec laquelle même un enfant peut se construire un univers salvateur en s'inventant des mondes tellement plus agréables à vivre que son quotidien. Oui, l'humain est complexe, et c'est sans doute cette expérience qui me permet aujourd'hui d'être psychologue et d'avoir un sens aiguisé de l’observation des gens. Savoir tirer parti d'une situation désespérée pour en faire une force fut sans doute la plus grande leçon de vie que je n'aie jamais eue. Vous faites également bien de préciser femmes et/ou hommes. J'ai moi-même accompagné un collègue de travail aux urgences après s'être fait tabasser par sa femme et sa belle-mère avec qui il vivait pour protéger ses enfants. Comme quoi ce n'est pas toujours une question de force (muscles) mais bien de pouvoir. Effectivement, c'est rageant de constater des victimes incapables de se sortir de ce maelstrom dans lequel elles sont plongées d'autant plus si elles nous sont très proches. Notre impuissance à de quoi nous faire taper notre tête contre les murs et accepter cela est en soit une étape fort douloureuse nous emplissant de colère. Très grand merci à vous pour votre commentaire et vos impressions qui ne manqueront pas d'encourager d'autres personnes à réagir. Bien à vous. Didier

Publié le 09 Octobre 2018
5
On ne sort pas indemne d'une telle lecture....c'est bouleversant. On a beau savoir que ce genre de chose existe réellement dans certaines familles, savoir que ça vous est réellement arrivé, que ce fut votre enfance, votre adolescence...c'est tellement triste. Mais quelle force l'enfant que vous étiez a pu avoir pour se préserver de la folie qui aurait pu vous dévorer à vivre tant d'horreurs. Heureusement que vous avez pu développer ce monde imaginaire qui vous a permis de vous évader loin de cette folie destructrice. L'humain est vraiment trop complexe...comment une mère peut-elle accepter ce sort de victime, et risquer ainsi sa vie mais surtout celle de son enfant qui ne peut qu'en ressortir meurtri peut-être pour le reste de sa vie. Et dire qu'à notre époque il existe encore des femmes(ou des hommes) qui acceptent ce sort de victime subissant des violences physiques et verbales aussi atroces. Merci pour ce témoignage tellement sincère et certainement salvateur pour vous.
Publié le 09 Octobre 2018
5
Un témoignage poignant et bouleversant pour un sujet encore bien trop souvent tabou ... et malgré toute cette violence, l'on ressent que vous avez à ressortir grandi et fort de ce qui aurait pu être un traumatisme à vie ! Très belle écriture. Merci de ce partage.
Publié le 07 Octobre 2018

@Didier Leuenberger Bonsoir Didier. Je vous remercie infiniment d’avoir lu et commenté mon témoignage. Vous savez, je me suis longuement tâtée à vous en faire part tout comme le proposer à la lecture. Mais comme vous, je pense que c’est de notre devoir de témoigner, de secouer pour faire évoluer les mentalités toujours bien ancrées dans le déni des évidences. Oui, j’avais tellement enfoui cette monstruosité que j’y pensais rarement car certaines lectures m’ont fait prendre conscience que ce que j’avais vécu était de la « gnognote » comparé à la souffrance endurée par tant et tant de nos frères humains (notamment concernant l’holocauste). Elle est remontée à la surface le soir où le déclic s’est produit grâce à une seule phrase de ma génitrice dite en hurlant, comme d’habitude : « tu dois me soutenir ». Ces deux seuls verbes furent le déclencheur de ma prise de conscience que je ne lui devais absolument rien, encore moins la soutenir et que depuis tout ce temps j’étais sous un joug mental sectaire inacceptable. Depuis, je comprends absolument les personnes prisonnières d’une secte et qui ne s’en rendent pas compte. Cela aussi est inconcevable pour la majorité d’entre nous, mais la manipulation mentale n’a aucune limite comme vous le soulignez si bien dans votre roman « L’affaire Rosenbaum » et, finalement, dans bon nombre de vos ouvrages que j’ai lus, jusqu’à présent ;-) Sans aucun état d’âme je lui ai raccroché au nez et je n’ai jamais si bien dormi ! Elle et ma fratrie pensaient que ce n’était qu’un caprice et sont toujours interrogatifs sur ma décision ferme et définitive. Effectivement, nous déroutons bien des individus et surtout de nous en être sortis de cette façon grâce à une très grande force de caractère, sans passer par la case psy, nous nous sommes reconstruits tout seuls, comme des grands ! Un témoignage tel que le vôtre ne peut et ne doit pas tomber dans la mièvrerie et la pitié. Vous avez su relater ni plus ni moins les faits sans vous apitoyer sur votre sort, c’est ce qui fait sa force et c’est au lecteur de comprendre votre souffrance et votre libération au contact de la nature et des belles âmes qui vous ont prouvé que le bien existe. Oui, cher Didier je dévore la vie toujours dans la bonne humeur et je profite ô combien de chaque seconde du reste de ma vie car j’ai acquis cette faculté de rebondir et de relativiser très vite les petits désagréments de la vie. Ce qui me met du baume au cœur, c’est de voir que votre livre est ouvert car le synopsis interpelle. J’aimerais beaucoup que vous ayez davantage de commentaires pour élargir le débat sur ce sujet qui fait craqueler les croyances certes, mais qui devrait susciter des réactions des adultes que nous sommes. Bien évidemment, je vous encourage de toutes mes forces à poursuivre l’écriture entamée de la suite qui vous/me tient tant à cœur. Témoigner, interpeller toujours, sans relâche sur différents sujets tabous (mais tellement réels) est votre combat acharné et louable. Aussi, je vous dis à bientôt de vous lire. J’ai beaucoup de retard ;-))) mais j’ai de quoi satisfaire ma boulimie de lecture durant mes longues soirées d’hiver. Avec ma très sincère amitié. Fanny

Publié le 02 Octobre 2018

©FANNY DUMOND
Quel témoignage poignant vous me livrez là. C'est très émouvant de vous lire, et j'ose à peine imaginer dans quels états vous avez due être bien des fois. C'est incroyable cette situation, même si cela ne me choque pas, vous pouvez vous en douter, car lorsqu'on a eu affaire à ce genre de personne, on sait de quoi elles sont capables.Si vous en parlez aussi bien, c'est avant tout je pense, parce que vous avez pas coucher sur le papier avec des mots bien à vous, ce que vous avez endurer. Et tant mieux. On sent dans vos propos, le soulagement de l'écriture, et comme cela eut être salvateur en effet. Dommage que les gens ne s'en rendent pas compte, car il y aurait moins besoin d'aller consulter, même si pour certaines situations ou certaines personnes, cela reste un moyen d'aller mieux et de régler les angoisses dont peuvent découler ce genre de traumatisme. Mais comme vous l'écrivez si bien, on peut enfouir une monstruosité en nous des années durant, penser l'avoir rendue plus supportable au final, alors que c'est une entaille qui sera toujours présente en nous. C'est aussi ce qui nous construit malheureusement serais-je tenté de dire ici. Cela ne m'étonne pas que vous ayez eu si peu de réaction, dans le domaine de la confidence sur l'horreur qu'on peut infliger aux membres d'une famille, il y a ce curieux pacte ou contrat de la meute qui fait garder le silence à la plupart des gens. Des gens comme vous et moi déroutons bien des individus. Et pour mon livre, certains me reprocheraient presque de ne pas tomber dans la mièvrerie ou la pitié car il n'y a pas deux poids deux mesures dans lorsqu'on touche à des sujets aussi sensibles que ceux-là. Qu'il s'agisse d'une mère monstrueuse ou d'un père terrifiant. On a cette espèce d'image surannée et douceâtre d'une harmonie familiale le plus souvent rêvée. Un cliché à n'égratigner sous aucun prétexte et gare à ceux qui s'y attaquent. Non seulement il faut du souffle et peut-être du courage (je ne sais vraiment comment appeler cela) pour affronter ses démons, mais après, si l'on décide d'en parler il faut affronter la communauté qui ne semble pas vraiment encline à céder à la véracité de faits que l'on ne peut réfuter, mais que l'on préfère taire ou ignorer. Effectivement vous lisez entre mes lignes, et je suis certain que ce que je suis en train de vous écrire vous parle au plus près de votre sensibilité.
Bien sûr que les gens savent lire, même si comme vous, je m'en pose des fois la question, mais il savent surtout triller ce qui les arrange et éviter tout ce qui pourrait ébouriffer leurs préceptes. Ce genre d'écrit, et même sous forme de roman comme ici, ou le vôtre, dépassent les codes et doivent paraître même pour certains indécent, mais au-delà des mots qu'ils pourraient y décrypter et du sens qu'ils tendent à épouser, c'est en premier lieu je pense ce malaise que génère une telle gêne par rapport au sujet qui pose problème. Découvrir un texte qui fait craqueler leur croyance, car s'en est une comme une autre est dérangeant et je le comprends. La ou j'ai un peu plus de peine et on peut le découvrir dans mon livre, c'est avec ceux qui se voilent la face jusqu'à se mentir à eux-même et emporter dans leur mensonge, tous les membres de leur famille. Ça peut aller très loin. Votre réaction de couper les ponts est salutaire et sans doute la meilleure réponse que vous ayez pu avoir dans votre situation. Mais bien sûr, c'est dur de se retrouver seul et incompris voire méprisé par l'ensemble du reste de la famille, même des gens qui ne savent absolument pas ce qui se passait dans les chaumières. Il faut de la force et de la détermination, mais quel sentiment de liberté lorsqu'on y ait arrivé. Et je suis certain au vu de votre témoignage, que ce fut le cas pour vous.
Je suis certain que votre témoignage saura amener d'autres éclaircissements sur le sujet et pourront être bénéfiques pour quelques uns. Je vous en remercie d'ailleurs du fond du cœur. En vous souhaitant de continuer à dévorer la vie. Très sincère amitié. Didier

Publié le 01 Octobre 2018

Je reviens vers vous @Didier Leuenberger suite à vos commentaires. Ce que je trouve stupéfiant c’est votre façon de restituer avec vos tripes, avec votre âme votre calvaire. Je n’étais plus une lectrice, mais je me suis littéralement retrouvée dans le corps de Simon/Didier. Je me permets d’ajouter mon témoignage qui rejoint sous certains aspects le vôtre et qui apportera peut-être de l’eau à votre moulin lors de vos réunions sur ces sujets hautement tabous. J’ai été « élevée » par une mère-toxique, gourou familial, comédienne, affabulatrice, maltraitante physiquement et psychiquement, pire qu’Harpagon de Molière, monstrueuse à mon égard. Elle a refusé d’appeler un médecin alors que je la suppliais de le faire, me tordant de douleur, me tenant le ventre à deux mains parce que… cela coûtait trop cher ! Sa phrase me hantera toute ma vie : « Ça se voit qu’ils ont du fric pour appeler un médecin ». Secourue in-extrémis par mon mari, j’ai atterrit à l’hôpital avec 3 litres de sang dans le ventre et à 10 minutes près il était trop tard. Elle a frôlé la prison pour non-assistance à personne en danger repérée par le médecin plus qu’outré qui m’a dirigée vers l’hôpital. J’ai enfoui cette monstruosité au plus profond de moi, mais lorsqu’elle ressurgissait, elle me démolissait. A cette époque en 1986, je n’ai pas coupé les ponts avec elle au nom, je crois, du sacro-saint respect que nous devons à nous parents et, surtout, parce que j’avais toujours la frousse de ma génitrice. Comme vous, j’ai eu besoin de dire, de témoigner, de sortir ce poison qui me minait de l’intérieur en rédigeant mon témoignage non pas pour faire pleurer dans les chaumières, mais uniquement pour dénoncer, pour dire la réalité. Après avoir mis le mot fin, je me suis trouvée libre de ma vie et de mes actes. C’est très difficile à rédiger aussi je loue votre courage car il en faut pour revivre pas à pas votre martyr bien que vous ayez pris beaucoup de recul. Je me mettais dans une bulle comme sous hypnose et je revivais tous les dialogues, tous les moments pénibles de mon enfance. J’ai laissé ce témoignage dérangeant en lecture durant plusieurs mois et je pense qu’il n’a jamais été lu jusqu’à l’épilogue. J’attendais des réactions, peut-être des réponses à mes questionnements. J’ai eu 4/5 commentaires sur certaines anecdotes dont un qui le trouvait humoristique ce qui m’a énormément déroutée. Certes, j’ai traité la première partie plus ou moins de cette façon dans les conclusions (il vaut mieux en rire qu’en pleurer), mais c’est décourageant de constater que mon mal-être n’a pas été perçu. C’est peut-être pourquoi je vous dis toujours que je lis entre vos lignes. Une question que je me pose de plus en plus souvent et qui va m’attirer les foudres de certains : les lecteurs savent-ils lire ? En résumé, il est important de dire que les mères n’ont pas toutes l’instinct maternel, l’instinct de protection et surtout pas l’instinct d’amour. Nous en avons malheureusement les preuves en lisant les faits divers. Ensuite, on s’étonne que les services sociaux soient passés à côté de ces ignominies. Eux aussi se voilent souvent la face et c’est terrible pour les enfants qui ne trouvent aucun soutien de l’extérieur et qui, pour certains, finissent par se demander s’ils ne méritent pas les sévices physiques et moraux qu’ils endurent. A l’inverse de vous, je me demande pourquoi mon petit papa n’a jamais, au grand jamais mis le holà à la prise de pouvoir quasi sectaire que cette femme exerçait sur lui.Quel pouvoir maléfique détient-elle ? J'ai toujours connu mon père effacé et bon qu’à ramener sa paye. Il n’a jamais soupçonné ce que ma fratrie et moi subissions car en bonne comédienne, elle savait donner le change de la maman parfaite, douce, attentionnée quand il était présent. C’était déstabilisant au possible de la voir passer ainsi du bien au mal en une fraction de seconde avec pour moi cette crainte que le ciel me tombe sur la tête et cette frousse de toujours mal faire. Et aux yeux du quartier nous passions pour une famille nageant dans le plus parfait bonheur. Ce qui se passe entre nos murs est insoupçonnable, même de mon père finalement. La question que l’on peut légitimement se poser est de savoir de quelle maladie psychiatrique non détectée ces femmes souffrent-elles ? Pourquoi s'en prenait-elle ainsi à nous ? Certainement que nous étions venus empoisonner sa vie (je vous ai tous eus à reculons) et mis fin à ses prétentions de s'élever dans la vie. J’ai, enfin, osé couper les ponts avec elle en 2012, mais comme vous avec votre mère, je la suis de très, très loin, je ne suis pas une sauvage et je demande quelquefois de ses nouvelles à ma fratrie qui, elle, n’a pas encore compris ma décision bien qu’elle sache le pourquoi du comment. On en revient toujours au sacro-saint respect que nous devons à nos parents, à la maman sacrée à ne pas écorner et au déni de ceux qui n’ont pas su se reconstruire et restent avec leurs nombreux maux. J’ai compris, que j’avais « bousillé notre si chère famille qui depuis part en décrépitude ». J’ai tellement pris de recul que leurs allégations me passent à des années lumières au-dessus de la tête et je suis la seule à être sortie indemne de cette vaste entreprise de démolition. Et comme vous le dites si bien : « Pourquoi se flanquer des gens toxiques alors qu'un vivier d'êtres merveilleux et à même de nous apporter ce dont nous avons besoin existent quelque part ». Je vous remercie de votre attention, cher Didier. Vous savez que je n’aime pas parler de moi, mais si mon témoignage pouvait avoir un écho quelque part je serais heureuse d’avoir contribué à votre inlassable combat pour tous les enfants du monde qui vous remercient à travers moi. Avec ma très sincère amitié. Fanny

Publié le 29 Septembre 2018

©federer36
Bonjour à vous federer36 et merci pour cette réaction émouvante et bien pensée. Un livre, c'est aussi un voyage autant pour l'auteur que pour le lecteur. Quelquefois déroutant, des fois gênant voire dérangeant, mais les livres ne sont-ils pas créés aussi pour cela. Ouvrir le dialogue et je dis bien le dialogue, ainsi que le débat sur des sujets aussi sensibles que celui-ci. Croyez-moi, depuis, j'ai fais mes expériences, tenté d'aller chercher plus loin des réponses, en étant invité ici et là pour des échanges sur le sujet, mais comme c'est difficile de percer cette protection de la sacro-sainte famille, même avec du détachement et un peu d'humour, cela a toutes les peines du monde à passer, parce que justement, nous touchons à une sphère indispensable et la seule que nous ayons finalement pour beaucoup. Certains s'en contentent tandis que d'autres décident, à grands coups d'efforts et de voyages en tous genres, de réagir et de bousculer les codes sociétaux qu'on nous impose des notre plus jeune âge. Si les scènes sont violentes, et croyez bien que j'en ai amenuisé quelques unes pour préserver les sensibilités, et je vous remercie d'avoir tenté cette lecture jusqu'à vos limites avec une réaction à chaud relatant votre ressenti. Je ne demande pas aux gens de comprendre, car je sais qu'ils comprennent. L'accepter, accepter qu'entre tous ces murs il y a des destins bien plus tragiques voire des drames qui se jouent tous les jours, c'est autre chose. Regardez comme le problème est effleuré par nos politiciens car entrer dans cette sphère privée est une violation que d'aucuns n'accepteront jamais. Quitte à continuer à souffrir en silence, pourvu que les apparences soient sauves. Quitte à permettre la violence et continuer à faire vivre l'enfer à ses enfants, on ne sait vraiment pourquoi. Je vous remercie pour vos remarques pertinentes sur la victimisation. J'y reviendrai encore et encore, car comme vous l'avez très bien compris en lisant mon livre, mais vous auriez encore mieux compris le mécanisme si vous étiez allé jusqu'au bout, que c'est loin d'être simple. C'est si complexe en vérité, qu'il y a de quoi rendre chèvre la personne la plus sensée ou la plus solide. La manipulation faite dans l'amour et ce qui semble être de la bienveillance est invisible à bien des égards, on ne la voie pas, ni pour les gens la subissant, ni pour ceux en étant témoins malgré eux. Mais je pense que c'est aussi un mécanisme de défense pour ne pas devenir fou ou folle. C'est une équation qu'on veut encore moins accepter dans nos chairs, car des images et symboles se bousculent dans nos têtes d'enfants sans qu'on ne puisse s'en défaire et regarder le plus objectivement la situation. Il faut du temps pour cela, du recul et toute l'expérience de la vie pour y parvenir. Rencontrer des gens nous apportant des réponses, des petits bouts de nous que l'on ignorait et qui font plaisir à voir lorsqu'on les distingue. Je ne dis pas dans mon propos que la mère est pire que le père dans cette situation précise, mais que dans sa détresse profonde et ses aspirations (fantasmées) pour la plupart ou rêvées, on peut faire plus de mal qu'autre chose. Et ce que j'aimerais qui ressorte de ce livre, c'est avant tout la résilience qu'on peut épouser pour rebondir ça de mieux dans la vie. Utiliser les aspérités de la vie et les marques qu'elle nous aura fait, pour grandir ou plutôt, évoluer. Je pense qu'on a tous ce potentiel en nous, mais que je l'ai écris si souvent, qu'est-ce qui fait de nous des centaures ou des moutons ? Pourquoi certains se rebellent-ils et affrontent leur démons tandis que d'autres se voient prisonniers de ces derniers, impuissants et quelque part, complices de leur règne malgré toute l'horreur que cela peut impliquer. Alors oui, certaines scènes sont d'une violence inouïe, et c'est en les lisant ou en parlant de ce sujet qu'on en réalise toute la mesure. Lorsque je discute avec certaines personnes de ce que j'ai pu vivre avec une certaine désinvolture, cela surprend toujours et force le respect, mais lorsque j'en parle et la même chose pour avoir écrit ce livre, ce n'est pas pour cela que je l'ai fait, mais pour donner de la force à des gens qui pourraient être dans une telle situation et leur démontrer que rien n'est jamais perdu, que la vie vaut la peine d'être vécue et que de nombreuses personnes merveilleuses nous attendent. Pourquoi se flanquer de gens toxiques alors qu'un vivier d'êtres merveilleux et à même de nous apporter ce dont nous avons besoin existent quelque part. On va des fois les chercher loin, comme je l'ai fait à mes vingt ans, mais toutes les réponses et le réceptacle à donner envie de nous côtoyer sont en nous, à mon humble avis. En vous remerciant pour votre commentaire et vos mots. Bien à vous. Didier

Publié le 29 Septembre 2018
5
La scène 1 est d’une violence insoutenable, et les scènes qui s’ensuivent le sont également. J’ai ressenti un sentiment de colère et d’incompréhension envers le père mais aussi envers la mère. Comment celle-ci ne s’est pas davantage rebellée en demandant de l’aide extérieure pour protéger son fils et sa propre personne. Pourquoi vouloir sauver les apparences extérieures quand on vit l’horreur ?Il est sans doute toujours facile de juger quand on ne vit pas la situation et je ne cherche pas à accabler votre maman qui a vécu une situation épouvantable. (Pour être honnête, je me suis arrêté à la page 100 mais compte bien aller au bout). Après en lisant vos commentaires, sur la page de votre livre, Didier Leuenberger, vous semblez dire que votre maman s’est enfermée dans le rôle de victime et que finalement même si elle a été maltraitée par son mari, elle a réussi à trouver son compte dans cette relation de couple malsaine. Il est vrai qu’en lisant les 100 premières pages, on trouve plusieurs passages où vous décrivez non sans une certaine subtilité et finesse psychologique, l’état intérieur de votre maman qui parvient malgré tout à se montrer heureuse lorsqu’elle partage certains moments privilégiés avec son fils. Alors en tant que lecteur, on se demande comment peut-t-on arriver à avoir des moments heureux lorsqu’on vit avec un monstre ?Comme l’humain peut être paradoxal, complexe, il y avait peut-être une part de victimisation chez votre mère mais aussi une autre part où celle-ci subissait vraiment le comportement de son mari? Après c’est vous qui avait vécu ces événements traumatisants en tant qu'enfant donc vous êtes forcément le mieux placé pour en parler et le dire. Dans votre synopsis, vous parlez même de machination et évoquez la manipulation de votre maman à votre endroit. Manipulation que je n'ai pas forcément ressentie dans les 100 premières pages de votre bouquin. J’ai eu l’impression d’avoir à faire à une maman aimante avec son enfant mais dépassée par les événements et perdue face à un mari impitoyable, lâche et haineux. Mais il est vrai aussi que parfois des personnes cachent bien leur jeu et sont d’excellents manipulateurs à qui l'on donnerait facilement le bon dieu sans confession. Votre père apparaît comme un être haineux, égoïste, soucieux de la santé de sa femme que lorsqu’il réalise que celle-ci peut mourir et ne pourra donc plus être potentiellement une boniche pour lui. Les scènes à la ferme, dans la nature sont magnifiques et constituent un échappatoire pour vous, enfant qui vivait l’enfer. Ce témoignage est saisissant, prenant, captivant, en tant que lecteur, on peut difficilement en sortir indemne. Bravo pour votre gros travail sans doute éprouvant pour vous mais aussi passionnant.
Publié le 28 Septembre 2018

©FANNY DUMOND

Chère Fanny,
Tout d’abord, un grand Merci pour cette analyse minutieuse et ce commentaire complet sur ce livre. Je vais tenter d’être à la hauteur pour y répondre et je vais prendre le temps. Comme vous avez raison et l’expliquez mieux que moi, sur le pourquoi du comment des catégories de « non-lecteurs ». J’aime beaucoup le regard très juste que vous y posez. C’est il est vrai, un sujet des plus tabous, et ramenant un grand nombre de personnes à leur propre peur, leur propre vécu, et serais-je tenté de nommer aussi, de défaillance, car combien n’arrivent à faire ce qu’il faut pour se défaire d’une telle situation. Même si c’est très compréhensible, ces gens-là y verront dans ce livre un terrible miroir les renvoyant à leur vie, et toute l’horreur qu’elle accuse. Il est vrai que ceux qui ont affronté leurs démons en tentant de rester debout pourront aller jusqu’à l’épilogue de cette histoire.

Pour ce qui a été le plus pénible à lire (les propos infâmes du père) il faut bien admettre que nous avons là affaire à de la pure violence psychologique. Destructrice en puissance et sans le moindre état d’âme.
Mais le point le plus important à mon sens, et je renvoie les lecteurs au livre « PNPM, ces monstres que l’on aime malgré nous » sur ce site, c’est la passivité de cette mère qu’on peine à comprendre. Et comme vous êtes juste lorsque vous dites avoir envie de la secouer. C’est exactement ce que j’ai ressenti durant tant d’années que ça me faisait mal à la tête lorsque j’y songeais et me voyais impuissant. Pourtant, il y avait tout pour l’aider, mais jamais elle n’attrapa la perche que je lui tendis. Bien décidée à rester dans son rôle de victime. Certains ne vont pas aimer ceci, mais c’est bien de cela qu’il s’agit, et en l’occurrence dans ce cas précis, d’une victimisation tenant plus du trouble psychiatrique qu’autre chose. Il m’a fallu très longtemps pour l’accepter. Devoir tirer des constats sur des êtres qu’on aime n’est jamais aisé, mais se voiler la face, continuer à faire comme si de rien n’était n’est pas pour nous aider et en tous les cas pas pour aider ce genre de comportement. Ce rôle de victime relaté dans ce livre est extrême, mais il n’est pas traité entièrement et que pour une période déterminée. Il faut savoir que ça continue et que c’est au fil des ans que cela devient le plus pénible, car la victimisation peut prendre des formes diverses et nous faire vivre des situations que bien peu de gens peuvent soupçonner. Cela pourrait être un autre roman et bien plus long celui-là. Du reste j’y travaille. Bien sûr, on aime pas toucher à ce statut de peur d’encore plus blesser, mais lorsqu’on vit et subit les retombées de ce genre de comportements, je peux vous assurer qu’à certains moments, on aurait plus envie de tout lâcher qu’autre chose, tant c’est cornélien et sans fin. Difficile de trouver un équilibre, mais pas impossible, pour qui sait transformer une expérience douloureuse en expérience constructive. Bien sûr, il faut du temps pour cela et des fois toute une vie ne suffit pas. Je pense, mais ceci n’engage que moi, que c’est avant tout à cause de cette victimisation que le sujet est si tabou et c’est bien dommage. Car en débattre, ça signifie aller au vrai fond du problème de ce genre de relation, et ce serait si ce n’est salvateur, au moins garant de trouver des chemins apaisants. C’est ce que je tente de faire, en étant invité à des réunions de femmes par exemple pour en parler, mais souvent c’est la violence physique que l’on dissèque et le monstre que l'on pointe du doigt, en évinçant complètement la victime et ce que ses comportements peuvent engendrer. J’ai pu réaliser à quel point on ne touche pas à la sacrosainte famille, en publiant déjà en 2006 un document sur le sujet. Tout le monde semblait désemparé et emprunté pour en parler. Et la désinvolture avec laquelle j’arrivais à analyser ce genre de situation et en parler dérangea plus d’une fois. Du reste, même ici (mais il faut du temps pour lire ce livre), je pense que les commentaires auront de la peine à arriver pour toutes les raisons que je viens de mentionner.
Et pour terminer et je vais m’arrêter ici, mais il y aurait tant à dire, je salue ce qui a été pour moi le plus grand réconfort et que vous avez si bien vu. Ma communion avec la nature. Ça semblera certainement cucul la praline pour certains, mais pour moi, ce fut plus qu’un apport indispensable, mais un soutien indéfectible. Peut-être cela paraitra-t-il naïf ou d’une simplicité déconcertante pour beaucoup, mais il ne faut pas sous-estimer les effets de la nature, elle sait régénérer mieux que n’importe quel médicament nos intérieurs et même nos maux physiques. Quel dommage, qu’il y ait tant de gens qui n’arrivent à réaliser cela, je pense que le monde s’en porterait mieux. Lorsqu’on vit une situation comme celle décrite dans ce livre, il faut du lourd, pour survivre. La nature est toute désignée pour relever ce défi pour qui sait en profiter des bienfaits. Du moins, c’est ce que je réussis à faire. J’ai toujours suivi mes rêves et continue à les suivre, à avoir des projets en pagaille, c’est mon moteur et je vous remercie de me les souhaiter. Merci d’avoir choisi cette belle phrase de l’un de mes auteurs préférés (j’ai des fois l’impression que vous me connaissez si bien que c’en est déconcertant). Une magnifique journée à vous, Fanny, les meilleures choses pour la suite. Très sincère amitié. Didier

Publié le 24 Septembre 2018

@ Didier Leuenberger, je viens de terminer votre témoignage bouleversant qui restera gravé dans ma mémoire, cher Didier. Je l’ai lu attentivement et pris des notes sur les passages clés, les phrases choc et sur votre analyse des « Pourquoi ». Je pense que vous aurez plusieurs catégories de « non lecteurs » : ceux qui vont penser « encore un bouquin qui fait pleurer dans les chaumières », ceux qui le trouveront très dérangeant et trouveront plus confortable de se voiler la face et ceux qui, comme une amie avec qui je l’ai partagé, l’entameront et ne pourront aller au-delà du premier chapitre tant cela leur rappelle des mauvais souvenirs car ils n’ont pas su se reconstruire. A mon avis, les lecteurs qui iront jusqu’à l’épilogue seront les personnes qui comme vous et moi auront su se tenir droits lorsqu’ils reçoivent des coups, auront su prendre leur envol pour se tourner vers la lumière malgré une fissure à l’âme (qui ne se scrute pas avec des machines) et qui s’ouvre de temps en temps lorsqu’un événement nous rappelle certains faits insoutenables. Ce que j’ai eu énormément de mal à lire ce sont les propos infâmes de ce père dont vous ne pouviez pas prononcer le mot, de cette ombre, de ce mirage, de cet étranger, de celui dont votre souhait de lui vouloir la mort vous ronge encore et qui finalement le jour où il s’est trouvé à terre vous a fait prendre conscience qu’il devait endurer des souffrances pour pareillement mépriser ses proches et vous faire dire : Pauvre Michel ! Vous regrettez qu’il ne saura jamais dire pardon, mais à mon avis a-t-il seulement conscience du requin qu’il a été. Ce genre de personnes est dans le déni le plus complet, pour ma part je sais qu’elles attendent que l’enfant leur demander pardon. De quoi ? Je me le demande. Pardon d’être venus dans leur vie et de la leur avoir gâchée ? Quant à votre mère, je me suis souvent demandé au cours de ma lecture pourquoi elle endurait cette situation telle une martyre. J’avais envie de la secouer comme vous le faisiez plus souvent qu’à votre tour. Ce n’était pas votre rôle de jeune enfant intelligent, hyper-sensible qui se posait de nombreuses questions sur sa passivité. C’est durant cette période que vous avez compris les notions de bien et de mal. Une mère qui fait style que tout va bien dans son foyer pour préserver les apparences, qui s’est habituée à l’horreur et qui, telle une sainte, possède un don du pardon extraordinaire et qui, comme Pénélope attend son Ulysse, son bourreau (syndrome de Stockholm ?) et sans cesse ivre. Une maman qui semble aimer se faire dorloter par son « petit chocolat ». Une maman gravement malade douce, affectueuse pleine de bon sens, mais qui un jour pétera les plombs à son tour. Aurait-elle une double face bien cachée ? Serait-elle une comédienne ? Une maman qui donne l’image de la sacro-sainte mère à écorner sous aucun prétexte et qui vous a pris dans une machination infernale. Des parents handicapés de l’émotion dont les seuls dialogues sont dans la violence qui, pour la mère, ressemble à une attention spéciale de la part de son mari. Et comme vous le remarquez si bien, ces couples pervers-narcissiques peuvent durer dans le temps. Ils se complaisent dans leur situation et finalement refuseront de consulter, puis de se séparer. Et c’est durant cette période que vous prenez conscience que quelque chose cloche dans ce couple sadomasochiste qui vous a pris en otage. Au fil de ce récit, j’ai compris le cheminement de la guerre des couples, des violences conjugales que, heureusement, je n’ai pas connues. Vous décortiquez, en très fin psychologue, le processus qui conduit à de tels comportements que seul le genre humain peut avoir. On dit souvent "avoir un comportement bestial", mais c’est encore pire que cela. A-t-on déjà vu un animal donner des coups aussi violents en toute connaissance de causes. L’animal n’est pas doté de la parole qui peut faire des ravages irréparables et qui me ramène à votre si beau poème « Mots à maux ». Peut-être vos parents ont-ils eu une enfance compliquée quand ils se reprochent mutuellement leur famille. Peut-être, je ne sais pas, deux être paumés se sont rencontrés et n’ont pas su aller au-delà de leurs ressentiments, des traumatismes de leur enfance. Ils ont reproduit ce qu’ils ont connu et par le fait ont trahi votre confiance et abusé de votre innocence dans la plus parfaite légitimité. Et quand un enfant martyrisé de la sorte comprend tout le mécanisme de cette perversion, cela peut-être un tsunami dont certains ne se relèveront jamais. Ce qui est insoutenable à lire c’est que vous vous êtes retrouvé seul dans cet « antre-monde » d’où votre impérieux besoin de vous réfugier dans un autre monde imaginaire salvateur. Aucune âme ne peut supporter ces insupportables tourments et a besoin d’une échappatoire afin de ne pas mourir, malgré parfois votre envie fugace de passer à l’acte. J’ai beaucoup aimé « vos voyages », vos défenses avec Jean bien qu’ils vous laissaient groggy et interrogatif sur ces passages vers un « ailleurs ». Ils vous ont permis de comprendre que certains sont nés pour souffrir et d’autres pour faire souffrir et que c’était à vous de transgresser la donne, de devenir un rebelle et de savoir que le bonheur existe. Je retrouve également votre immense communion avec la nature, la faune et la flore qui vous émerveillent toujours autant et ce besoin de communiquer avec les personnes soi-disant différentes tel Marcel le plus beau cadeau de votre enfance. Vous avez tenu votre promesse d’aller au bout de vos rêves, d’être vous-même envers et contre tout comme vous l’aviez promis à lui et à l’éternité. « Les enfants commencent par aimer leurs parents, devenus grands ils les jugent, quelquefois ils leur pardonnent ». Oscar Wilde. Un grand merci à vous, Didier de nous offrir en partage votre témoignage INDISPENSABLE pour dénoncer et qui, pour ma part, m’a permis de suivre le processus psychologique de cette dégringolade dans l’innommable, dans cette guerre destructrice entre quatre murs bien à l’abri du regard des autres. Cher Didier, continuez de suivre votre chemin, de suivre vos rêves et de ne jamais cesser de créer dans la simplicité et l’humilité que je vous connais. Avec ma très sincère amitié. Fanny

Publié le 21 Septembre 2018

©FANNY DUMOND
Bonsoir Fanny, un grand Merci pour votre réaction à chaud malgré votre lecture en cours. J'ai essayé de restituer l'intensité d'une période pour le moins turbulente. Je suis ravi que ce texte vous emporte et me réjouis de lire vos ressentis. je suis certain que le sujet vous touche et remuera nombres de questionnements et de réflexions. Vos mots me touchent beaucoup, car lorsqu'on écrit ce genre de récit, on y met bien sûr encore bien plus de nous que dans aucun autre, surtout lorsque ça touche un tel sujet. Mais les gens ne sont pas à l'aise avec ça. Ils ne savent pas trop comment en parler et s'il le faut. Un brûlot qui creuse un sillage dans l'infime de chacun et remue, quoi que l'on pense et que l'on ait vécu. Je sais qu'avec vous, nous pouvons parler de cette violence mais beaucoup de gens sont fermées à la discussion de peur peut-être, de réveiller des démons qu'ils ont mis tant d'années à endormir. Pour ma part, je les ai regardé dans les yeux et les ai affronté, raison pour laquelle, et au grand damne de certains se voyant interloqués par mon assise, je peux en parler ouvertement. Je l'ai mâché après l'avoir ravalé de longues années, mais aujourd'hui je suis apaisé et peut en discuter sans détour, ce qui en a des fois restabilisé plus d'un. J'espère que ce livre sera à la hauteur de vos espérances et qu'il saura apporter quelque chose. Sincère amitié. Didier touché.

Publié le 19 Septembre 2018
5
Bonjour @Didier Leuenberger, croyez-moi j'en ai lu des livres dans ma vie, mais le vôtre est d'une telle intensité émotionnelle et superbement écrit que je le lis petit à petit, si non modérément. Je reviendrai vers vous lorsque je l'aurai terminé pour vous donner mes ressentis qui sont nombreux. Je salue par avance votre incroyable courage d'avoir pu restituer avec tant de minutie votre parcours chaotique (le mot est faible) pour témoigner de ce qui se passe, hélas parfois, entre nos murs. Avec ma très sincère amitié, cher Didier. Fanny bouleversée.
Publié le 18 Septembre 2018

©Berthe
Merci beaucoup pour ce premier commentaire sur ce roman. S'il est vrai que le sujet est plutôt lourd et sérieux, j'espère avoir réussit à insuffler de l'espoir et quelques moments de légèreté. Raison pour laquelle j'en ai fait un roman, ce qui m'a permis de rendre un peu moins pesantes certaines scènes. Mais je vous l'accorde, la vie n'est pas toujours tendre avec nous. Ne pas perdre de vue non plus, et ce, partout dans le monde, que la violence conjugale reste l'un des sujets les plus tabous qui soit, je viens du reste d'envoyer une lettre à nos autorités semblant découvrir qu'il n'y a eut aucune amélioration depuis vingt ans sur le sujet. Mais tous, chacun d'entre-nous savons que ce fléau n'a de loin pas été traité comme il le faudrait. On créé des lois, pour pouvoir mettre des croix dans des cases et rassurer les technocrates les ayant pondues, mais dans les faits, cela reste très compliqué et bien discutable à appliquer. Un grand Merci pour votre réaction.

Publié le 10 Septembre 2018
4
c’est lourd,pesant. le "je" rajoute à ce poids,bien sûr ça fait témoignage, donc encore plus dur . votre analyse est bien vue assez imparable . on ressort groggy ..
Publié le 10 Septembre 2018