Nuits Blanches et Matins Blêmes

97 pages
Extrait
de Marie Paule
Nuits Blanches et Matins Blêmes Marie Paule
Synopsis

Nuits blanches, en référence aux horaires nocturnes imposés par nécessité de service ou choisis et matins blêmes parce qu'ils furent nombreux à me mener, pas très bien réveillée, à l'hôpital.

A l’issue de bien des rencontres sur une minute, une heure ou sur des mois, j'ai mis fin un jour à ma carrière.

Mais pendant les dernières années, j'ai eu le sentiment de m'éloigner de mon métier, essentiellement en raison des valeurs à laisser, jour après jour, au bord de mon chemin.

Bloquée entre les injonctions inadaptées de ma hiérarchie et la réalité des nécessités de terrain, je voyais mon rôle de soignante m'échapper au profit d'un autre, celui de gestionnaire comptable et sous tutelle de surcroît !

C'est donc sur un autre univers, me devenant étranger, que j'ai tourné la page.

750 lectures depuis la publication le 22 Septembre 2018

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8 commentaires , 6 notes Ajouter un commentaire
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@Avadone, Les conditions de travail des soignants se sont beaucoup dégradées à partir du moment où les gestionnaires ont pris une place prépondérante dans les établissements de soins... On sait bien que toute tâche liée à l'être humain, ne peut être mesurée avec la grande précision qui peut exister dans d'autres domaines. Et pourtant ce sont de savants calculs qui sont derrière des décisions touchant au travail du personnel soignant, avec forcément des répercussions sur les patients. Mais, d'un seul point de vue financier, bien qu'ayant aucune compétence dans le domaine de la gestion, je ne suis pas convaincue que la recherche d'économie sur le court terme, telle qu'elle est pratiquée, soit toujours bénéfique ! Les conséquences de soins bâclés par manque de personnel peuvent coûter cher ultérieurement en infections, erreurs, oublis, etc... Et la tentative de suicide de quelqu'un qui n'a pas été écouté est plus onéreuse en soins que le temps d'écoute infirmier qui aurait pu l'éviter. Cela dit, j'ai essayé dans mes choix de textes, d'extraire davantage de séquences sympathiques que de problèmes liés aux pressions existantes dans le milieu hospitalier, la richesse des contacts humains qu'offre le métier me semblant prioritaire.Merci en tous cas pour votre lecture et votre gentil commentaire.

Publié le 27 Octobre 2018
5
Incontestable témoignage. Très éclairant, sur « le servage » imposé aux aides-soignantes et aux infirmières dans nos hôpitaux dont on coupe encore et encore les moyens de nous soigner. On touche du doigt les supplices de leurs conditions inhumaines de travail desquelles se libérer leur coûte trop cher. Je recommande cette lecture qui nous aide à comprendre un univers de souffrances et nous incite à réagir.
Publié le 26 Octobre 2018

@Nadav Nous avons tous à apprendre les uns des autres et, dans ce monde qui va si vite, nous l'oublions trop souvent. Quand on est en contact direct, dans différentes situations, avec toutes sortes de personnes c'est un constat qui s'impose forcément. Merci en tous cas pour votre très gentil commentaire car «écrivain» est sans doute un costume d'une taille un peu ample pour moi. Je vous remercie également pour m'avoir rafraîchi la mémoire au sujet de Sartre : c'est une «piqûre de rappel» bien utile pour moi. Bonne journée à vous.

Publié le 17 Octobre 2018
5
@Marie Paule J’aime votre ouvrage, car il apporte littérairement une connaissance aux lecteurs de l’existence de quelque chose qu’ils ignorent, de les surprendre avec une information nouvelle sur l’esclavage des aides-soignantes d’un centre hospitalier, il les fait toucher du doigt en deçà de leur champ de vision pour que cela change. C'est, selon Sartre, un acte essentiel de l’écrivain que de « nommer ce qui n’a pas encore été nommé ou qui n’ose dire son nom… La fonction de l’écrivain est de faire en sorte que nul ne puisse ignorer le monde et que nul ne s’en puisse dire innocent » (Jean Paul Sartre, Qu’est-ce que la littérature ? p. 29-30)
Publié le 16 Octobre 2018

@lamish Je vous remercie d'avoir pris le temps de lire toutes ces petites histoires liées à des situations proches, entre autres, de celles que vous avez connues dans votre expérience professionnelle. Même lointaines, on garde de ces périodes, des souvenirs marquants surtout il s'agit du monde de la psychiatrie, riche en évènements souvent douloureux mais parfois gais et heureusement. Cet univers fait partie, comme la gériatrie d'ailleurs, des parents pauvres du monde des soins. Cela n'est pas étonnant au vu de la façon comptable dont la souffrance doit être traitée à présent, celle psychique échappant à toute donnée quantifiable de façon précise. Bon week-end à vous.

Publié le 13 Octobre 2018
5
Merci pour le partage de ces bribes de la vie professionnelle d'une infirmière. Un beau métier fait d'abnégation et de force de caractère. Le ton est délicat, sensible, le spleen et la révolte contenus. De par leur justesse, certains passages en unité psychiatrique ont activé des réminiscences d'une lointaine expérience professionnelle. Vous exprimez bien ces ambiances qui font le yoyo entre rires et larmes, anecdotes et drames... Merci pour ce très joli témoignage. Amicalement. Michèle
Publié le 12 Octobre 2018

@Sarah Meyer, Vous connaissez apparemment très bien le monde hospitalier et la lecture de mes petites séquences vous ont donc rappelé ce que vous vivez, avec vos collègues, au quotidien. Celui-ci est probablement bien plus difficile que celui que j'ai quitté il y a quelques années. Je le mesure dans les informations qui me parviennent. L'intervention, puis la pression des gestionnaires s'est faite insidieusement jusqu'aux excès actuels dont les conséquences peuvent aller effectivement jusqu'à pousser, comme dans d'autres métiers, certains professionnels au suicide. Cependant, dans mes quelques «come back» vers des époques diverses de l'exercice de ma profession, si j'ai fait le choix d'évoquer ça et là en partie nos difficultés, j'ai eu aussi à cœur d'offrir en partage tout ce que les patients et mes collègues ont pu m'apporter, avec des larmes mais aussi des rires.

Publié le 11 Octobre 2018
5
@Marie Paule Marie Paule nous invite à venir deux jours, trois jours, une semaine examiner le quotidien hospitalier avec sa charge de travail, son lot de violences, d'exigence, de souffrance, de fin de vie, de soins de palliatifs … Venir à la place des infirmières, des aides-soignantes, tenter de réparer les vivants. Passer leurs journées debout à courir sans avoir le temps de manger, ni même d'uriner … Les voir croiser le regard des mourants, trouver les mots justes pour les réconforter, eux, et leur proche… Toujours plus de patients et toujours moins de temps… jusqu’au burn-out… Je pense au suicide de cette infirmière qui n’en pouvait plus… de ces « gestionnaires », de ses « comptables » qui nous tuent à petit feu. Il nous faut des livres qui nous montrent notre réalité qui en plus nous la raconte avec brillance. Mais peut-on vraiment s’en échapper sans se rebeller contre ce monde où des hommes et des femmes, voire des enfants sont vendus aux enchères ?
Publié le 10 Octobre 2018

@Alix Cordouan. Je vous remercie pour votre lecture attentive et je suis ravie que ce petit monde, dans lequel j'ai baigné un certain temps, vous ait touché. Dans chaque jour qui passe, je pense que des échanges avec autrui, aussi anodins qu'ils puissent paraître, sont pleins de richesse et cela quel que soit notre domaine d'activité. Le facteur, la boulangère ou la maîtresse d'école ont sans doute autant de choses à nous raconter. Cela dit, je rejoins votre avis sur la nécessité d'être capable de mettre entre parenthèses ce qui nous a pesé en journée, pour vivre tout court à l'extérieur avec ceux que l'on aime. C'est à mon sens une des difficultés majeures des professionnels, tous métiers confondus, en "burn out" car entre autre, ils restent accessibles, via les nouvelles technologies, pendant leur temps libre.

Publié le 10 Octobre 2018
5
@Marie Paule. Magnifique témoignage, touchant, troublant, éclairant. On touche du doigt ce mélange d'émotions fortes qui ne doivent pourtant jamais supplanter les rigueurs d'un métier qui ne tolère pas l'erreur. Et puis, il y a la difficulté de s'échapper de cet univers pour s'accorder une pause, vivre pour soi, oublier que la vie n'est pas que souffrance. Je recommande cette lecture qui nous empêche, le temps de ces quelques pages, de détourner notre regard de l'indicible et relativise nos propres problèmes.
Publié le 09 Octobre 2018

"Nuits Blanches et Matins Blêmes" est le "Livre le +" du 8 octobre. Retrouvez l’article qui vous donnera envie de le lire : https://www.monbestseller.com/actualites-litteraire-conseil/10097-marie-.... N'oubliez pas de laisser un commentaire à l'auteure, elle vous répondra.

Publié le 08 Octobre 2018

@Chris Martelli, Merci beaucoup pour votre lecture. Je suis ravie que ces petites histoires, récoltées au fil de mes passages dans différents hôpitaux et retrouvées depuis que j'ai du temps vous aient plu. C'est une sélection prise dans un gros panier rassemblant tout ce qu'une vie professionnelle, quel que soit son domaine, peut contenir. Il m'en reste d'autres à retravailler après avoir peaufiné celles qui figurent là. Au travers de la reprise de ces clichés, remontant parfois à quelques décennies, je me rends compte à quel point, d'infimes signes dessinaient déjà ce qui nous attendaient pour les années que nous vivons actuellement.

Publié le 07 Octobre 2018

... enfin... qui fait sourire, parfois.

Publié le 06 Octobre 2018
5
Vous aimez les mots, dites-vous, j’aime vos mots ! Vous savez raconter les histoires. Vous savez transformer des moments durs, glauques, en une parenthèse délicieuse à lire, qui fait sourire. Vous avez le sens de la chute. Vous écrivez des nouvelles avec une facilité à rendre jaloux. Vos patients devaient avoir de la chance si en plus vous leur racontiez des histoires !
Publié le 06 Octobre 2018