lucie pergola
Présentation

Je suis née dans les livres, parce que ma maman était professeur de lettres et mon papa, libraire. Avec cette hérédité, il était presque inévitable que je devienne une lectrice compulsive...

lucie pergola a noté ces livres

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@Boris Phillips Connaissez-vous l'anecdote ? Véridique en tout point. Relevée dans "Le Petit Versaillais", la feuille de chou locale de la cité connue pour son château et pour avoir abrité le fossoyeur de la Commune, l’impitoyable (d'aucuns disent l'infâme) M. Thiers. Cette anecdote, c'est celle-ci : le 16 décembre 2013, le jour même où vous déposiez votre galerie de portraits sur mBS, la brigade de gendarmerie de Versailles fut alertée qu'une profanation de sépultures s'était déroulée dans le cimetière de la ville. Arrivés sur les lieux, les pandores constatèrent en effet qu'une tombe, mais une seule, avait été vandalisée, celle où reposait depuis presque quatre siècles Jean de la Bruyère, l'auteur fameux des "Caractères". Qui donc, et poussé par quel extravagant motif, avait bien pu se convaincre de s'en prendre ainsi à la dernière demeure d'un auteur du XVIIème siècle ? Étrange affaire, en vérité, et d'autant plus déconcertante que les premières constatations montrèrent que si la tombe avait bien été la cible d'un vandale, celui-ci semblait s'être attaqué à elle depuis l'intérieur !!! Confronté à cette rocambolesque énigme, et la gendarmerie n'y comprenant goutte, on fit appel à des experts, lesquels étudièrent cet incompréhensible phénomène et ne tardèrent pas à rendre leurs conclusions, des conclusions époustouflantes, sidérantes, ébouriffantes et, osons le mot, épastrouillantes : le 16 décembre 2013, jour de la publication de votre texte, Jean de La Bruyère s'était retourné dans sa tombe. Il y a de drôles de coïncidences, tout de même.
Publié le 22 Mars 2019
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@Mélanie Talcott C'est magnifoque ! Et formidouble ! Et gravement tirlipoté ! Car votre livre est pour moi une véritable cure de jouvence qui me ramène incidemment à ma tartifiole jeunesse, plus précisément à mon héroïque, quoique batifolante, année de terminale, où, primesautière écervelée, juchée sur des guibolles interminables qui me faisaient à la ressemblance de la cigogne assyrienne, j'enlisais ma trépidante puérilité, mon étourdie immaturité, dans les cartilagineuses aridités des explorations philosophiques. "Jusqu'où peut-on aimer ?" En voilà une interrogation qu'elle est bonne et qui ressemble à s'y méprendre aux sujets de dissertation qu'on offrait alors à notre inculture spéculative et néanmoins gymnique, quoique outrageusement sexuée. "Jusqu'où peut-on aimer ?" demandez-vous par votre titre, lequel nous prévient ainsi d'emblée que ça ne va pas rigoler, qu'on ne va pas avoir affaire ici à l'une de ces charmantes billevesées qui, accumulant joyeusement fautes d'orthographe et entorses à la grammaire, fleurissent sur ce site comme la macreuse latifoliée au revers des fossés, mais plutôt à un solide plaidoyer pour l'allocentrisme, ses joies et ses peines, ses tours et ses détours – et sur la meilleure façon de s'en servir. "Jusqu'où peut-on aimer ?" : je dois vous avouer qu'avant de vous lire, la question, je ne me l'étais jamais posée, qu'il ne m'était seulement jamais passé par la tête l'idée de me la poser, plus intéressée que j'étais alors par celle de savoir quelle tenue adopter pour chasser le grand mâle (ou la frétillante femelle) lors du prochain afterwork. J'ai l'air de plaisanter, mais je ne plaisante pas. Ou à peine. Disons que je me force à une certaine frivolité pour tenter de survivre à l'impavide gravité de votre ouvrage, lequel brasse une plantureuse sagesse ontologique telle qu'on la trouve sous emballage plastique dans tous les Monoprix normalement achalandés, le tout écrit dans une prose d'un sérieux imperturbable, dont la légèreté rappelle le vol des grands cétacés, ponctuée de dialogues improbables, bavards, diantrement signifiants et, disons le mot, bourratifs. Car votre livre, c'est du lourd, il n'y a pas à tergiverser. À tel point, d'ailleurs, que, passé le premier moment de stupeur, au bord de l'asphyxie, voire de l'apoplexie, on se demande si l'on sortira vivant de sa lecture et si, vivant, on n'en gardera pas quelques vilaines séquelles jusqu'à la fin de ses jours. Non, non, ne prenez pas en mal les quelques réflexions que je vous livre, car c'est très certainement moi qui suis fautive. Que voulez-vous, en littérature, comme dans bien d'autres domaines, notamment celui de la confection des confitures, je n'aime bien que la fantaisie. Ce pourquoi j'admire tant les livres de M. Letiers (plus connu des services de police sous l'alias de Zubert le Lettré), car c'est dans iceux qu'on trouve des bols qui distillent des embruns de caféine, ce qui est une image digne de figurer dans une anthologie de l'extravagance métaphorique et rappelle les meilleurs passages de l'Almanach Vermot. Mais je ne suis pas là pour clabauder sur M. Letiers (le malheureux fait ce qu'il peut et il le fait plutôt bien quand il oublie que le style n'est jamais qu'une sale manie), je suis ici pour vous offrir les cinq étoiles que tout auteur espère récolter sur ce site – et ce, pour une raison bien précise, c'est-à-dire pour récompenser comme il convient un livre dont je suis persuadée qu'il se révélera utile quand le moment viendra (et il vient toujours) de le glisser sous un des pieds de l'armoire normande qui gîte périlleusement sur bâbord. Amicalement.
Publié le 21 Mars 2019
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@secicrexe Il va de soi qu'il n'est pas sans importance de sommer le panda d'articuler. Avec bienveillance, mais autorité. Surtout si l'on est orthophoniste. Ou professeur de diction. Disons, si l'on est un professeur de diction conscient de la grandeur de sa mission et de ses responsabilités. Car il est bien connu que le panda mange ses mots autant qu'il broute le bambou – preuve manifeste d'une désinvolture coupable envers ses interlocuteurs et, partant, d'un manque spirulent de savoir-vivre qui ferait hennir d'exaspération Joséphine Jument, l'auteure justement fameuse du "Guide des bonnes manières à l'usage des pingouins et autres mammifères utiles" (Éditions du Manneken-Pis, Bruxelles, 1947) encore lu aujourd'hui. Pour ma part, je ne connais pas personnellement le panda, je n'ai jamais fréquenté cet oiseau-là, mais un mien cousin confirme, qui a beaucoup pérégriné dans l'empire du Milieu, que l'animal ne prend jamais la peine de s'exprimer d'une manière tant soit peu intelligible et que, en conséquence, s'il n'était pas une espèce en voie de disparition, son cas relèverait congrûment du coup de pied dans le derrière ou du coup de boule dans les gencives. "Car il y a des limites, ajoute-t-il, à ce qu'un homme, même des mieux disposé, est déterminé à endurer, surtout de la part d'un gros ballot que son pelage noir et blanc différencie à peine de la pie et du zèbre, du yin et du yang, et qui n'a en somme pour lui que de posséder un pouce opposable, ce qui le distingue nettement du lombric mais ne l'excuse en aucune manière de bredouiller comme une calebasse empotée, à l'instar de l'idiot du village." C'est exact, ça ne l'excuse pas. Et peut-être d'autant moins qu'il est loin d'être un sot sans lettres ni culture, puisqu'il a beaucoup fréquenté la philosophie chinoise (en particulier chez Confucius, lequel l'a invité dans nombre de ses aphorismes [citons par exemple "La lune et le panda boivent l'eau dans la même mare", "L’œuf du panda et l’œuf de la couturière ne se dégustent pas avec les mêmes baguettes", ou encore "Sur la Voie de la Sagesse, le panda ne tombe pas de vélo"]) et qu'il a frayé avec les belles-lettres dans le "Dit du panda manchot qui prenait sa belle-mère pour un vase Ming", ce sommet de la littérature sino-psychanalytique de l'époque Tsingtao, dont Freud lui-même écrivait, admiratif, dans une lettre à son proctologue : "On se demande vraiment où ces Chinetoques vont chercher tout ça !" On se rend donc bien compte que ce n'est que mauvaise volonté de sa part si cette odieuse bestiole fait tout ce qui est en son pouvoir pour se rendre inintelligible. Bref, j'approuve totalement votre rappel du panda à l'articulation et aux convenances, mais était-il bien nécessaire de le réitérer une bonne soixantaine de fois en l'espace de seulement sept pages ? J'imagine assez volontiers que cela représente une sorte d'exploit que le Guinness World Records se fera une joie d'accueillir, mais n'avez-vous pas attigé ? Emporté, je suppose, par l'urgence de l'affaire et par votre sens aigu du devoir ? Quoi qu'il en soit, cette admonestation répétée étant la seule chose à peu près compréhensible de votre texte (par ailleurs obscur, abscons et abstrus quelque peu), je vous colloque diligemment cinq étoiles, en espérant que, la prochaine fois, elles vous aideront à éclairer aimablement votre prose. Amicalement.
Publié le 20 Mars 2019
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@Thalia Remmil Surtout, surtout n'allez pas prendre pas en mauvaise part ce que je m'apprête à vous dire, mais il est des choses qu'il serait criminel de taire, en particulier entre gens biens élevés et guidés uniquement par leur bonne foi et leur meilleure volonté. Ce que je m'apprête donc à vous dire et que, d'ailleurs, je vous dis sans plus bigorner ni tortiller du gonfalon, c'est que vous nous avez écrit là, Madame, d'une plume alerte et galvanisée, comme trempée dans l'ambroisie dont devait se régaler votre homonyme mythologique, muse grecque de la poésie, un roman éblouissant, tout à fait concertant et d'une sensibilité "hors d'âge" dont on devine qu'elle a mûri, comme certains des meilleurs whiskies, dans les anciens tonneaux de xérès de votre esprit liquoreux, spiritueux et apéritif. Au reste, mon admirance éperdue, quoique légèrement convexe, est telle que je m'étonne gravement que votre opus ne figure pas en tête du palmarès, en lieu et place de l'improbable coquecigrue de Mme Sentenac, intitulée "La Nuit sur les toits", comme si cela pouvait intéresser qui que ce soit de savoir ce qu'il se passe sur les toits une fois que les poules sont couchées. (Remarquez, je ne l'ai pas lue, mais j'imagine suffisamment, sur la seule foi de son titre, que nous avons affaire là au récit des tribulations d'un ramoneur nyctalope – et qu'on ne compte pas sur moi pour applaudir ces catastrophicantes sottises qui font honte à la littérature dans ce qu'elle a de plus laminé.) Bref, j'ai pour votre œuvre sublunaire, bien que délicieusement galbée, la gourmandise que mes trois saint-bernard montrent pour le carré d'agneau de pré salé aux amanites phalloïdes, une recette que je leur en sers une fois tous les quatre ans pour célébrer comme il convient les années bissextiles. Et puisque je vous parle de mes chiens (longtemps, à cause d'une lecture trop rapide de leur mode d'emploi, je les ai pris pour des caniches nains – je suis fautive, certes, mais je dois dire à ma décharge qu'il m'arrivait quand même de m'étonner parfois de leur taille inusitée chez les bonzaïs et lilliputiens), je dois à la vérité de vous dire que tous les trois ne partagent pas nécessairement mon extase de lectrice anaérobique et qu'ils jappent de concert pour dénoncer une caverneuse et ventripotente impuissance créatrice dans l'emploi que vous faites de concepts à qui vous imposez une tonitruante majuscule – "Comme si cela suffisait, ajoute Réglisse, l'aîné des trois (un fort en gueule), à en faire des personnages romanesques à part entière !" – mais rassurez-vous, je le fais taire d'un coup d'enclume sur la tête – il ferait beau voir que je ne reste pas maîtresse chez moi). Bien évidemment je m'insurge contre pareille dépréciation scélérate de votre art cacologique, encore que je trouve tout de même globuleux qu'un auteur de votre pointure se permette ce genre de sorte d'espèce d'entourloupe propre à crétiniser les masses laborieuses et sine qua non. Dois-je vous rapporter ici ce que jappe Manitou, le cadet de la meute, approuvé bruyamment par Eisenhower, le benjamin, à savoir que tous les auteurs ne sont rien que des traîne-savates, des va-de-la-gueule, des je-m'en-foutistes et des bons à rien ? Non, je ne le pense pas. À la place, je préfère vous colloquer cinq étoiles, pour preuve unanime de ma déférence étroitement circonscrite. Amicalement.
Publié le 19 Mars 2019
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@Le Pouliquen Véronique J'ai déjà dit ailleurs, dans deux ou trois des commentaires que je dépose aux pieds des auteurs sidérés par tant de prodigalité et, disons le mot, de munificence, tout le bien que je pense des romances congruentes, bien que légèrement ébouriffées, qui travaillent à nous démontrer, contre toute évidence statistique et psychologique, autant dire statistico-psychologique, que dans la vie, la vôtre, la mienne, la nôtre, au bout du bout du bout du bout, après maintes et maintes contrariétés du genre à vous siphonner les sphincters et à vous rucher le bourdon dans l'azimut, l'Amour (celui avec un grand A) finit toujours par triompher, contre vents et marées, tribulations et adversités, choucroutes molles et purées de pois cassés. Non, non, n'allez pas croire que je suis habitée de la cave au grenier d'un cynisme graniteux. Ce serait une erreur qui laisserait à penser que vous n'entravez que dalle, comme dit mon petit frère Samuel (dans la famille, on l'appelle le Naufrageur, rapport aux fortunes de mer qu'il fait subir à la langue), à ce que j'essaie de vous élucider. Mais peut-être faut-il vous dire, afin d'éclairer mon propos et par la même occasion votre lanterne, que, pour mon humble part et sans présumer des prochains résultats du tiercé, je nourris envers l'amour (laissons tomber, voulez-vous, la majuscule contraceptive) une certaine prévention, pour ne pas dire une prévention certaine. Peut-être parce que j'ai perdu trop tôt mon pucelage sous les assauts d'un maréchal-ferrant qui était censé ne s'occuper que du referrage de mes espadrilles mais qui poussa la conscience professionnelle jusqu'à me maréchaliser la virginité (dans mon souvenir il était monté comme un cheval – ce qui semblerait assez logique eu égard à son métier). Bon, la chose ne figurait pas dans le devis, mais, étant accomplie à l'insu de mon plein gré, elle me laissa avec l'impression durable que l'amour est un sentiment trop frivole pour être pris au sérieux plus de trois minutes d'affilée. Ceci expliquant cela, vous comprendrez aisément que j'aille, dépitée, chercher dans les romances une consolation qui n'existe plus pour moi dans cette vallée de désillusions et de contrariétés. Voir enfin l'amour l'emporter in extremis dans la dernière ligne droite, ça vaut tous les sinapismes à la moutarde ou une cure à Contrexéville, et c'est pour cette raison que je vous félicite de nous avoir torché avec tant de farouches bulbosités une bluette aussi hallucinogène qu'antitussive – même si je vous soupçonne un peu d'avoir plagié "Les Escargot de la dernière chance" (vous savez naturellement que les escargots sont à la romance ce que les filles de Ieroushalaîm sont au Cantique des Cantiques), ce roman gastéropodiquement vertigineux d'Aline Spirochète, qui reçut en son temps le Pétoncle d'Or à la Grande Foire aux Bigorneaux de Saint-Guénolé. En effet, je me demande jusqu'à quel point vous ne lui avez pas volé l'idée d'employer la conjonction de coordination "et", ainsi que plusieurs pronoms personnels (je pense en particulier à "il" et "elle"). Bizarrement, on retrouve chez vous ceux-ci qui figurent déjà chez elle, et à maintes reprises. Mais j'aime mieux croire à une coïncidence folichonne plutôt qu'à une forfaiture froidement exécutée, ce pourquoi je vous colloque les cinq étoiles de la littérature compensée. Amicalement.
Publié le 18 Mars 2019

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