Pignan
Présentation

Libraire
Montpellier

Pignan a noté ces livres

5
Comme @Collavra, je me demandais ce que Nadav, en reprenant le Journal de son oncle Joseph, pouvait nous dire de Polyamour. C’est vrai que c’est sous Lénine que la libération des femmes était à l’ordre du jour. C’est la première fois dans le monde qu'un ministère de la femme fut crée. D'ailleurs Lénine discutait librement de son polyamour avec sa femme Kroupskaïa et la révolutionnaire française Inès Armand qui de son côté vivait un polyamour avec son mari et Lénine. Je regrette que Nadav-Joseph n’en parle davantage, comment Varvara, Michel son mari et Joseph, dont c’était le premier amour, de ce qui les distinguait pour que cela devienne vraiment un aspect à revendiquer, en termes d’honnêteté, de sincérité, de soins et d’attachement réciproques. Tout ce qui semblait être le contraire de ce qui se fait depuis toujours : cocufier, tromper, mentir, blesser… le parfait « mentir, baiser, mourir » de Céline... Joseph nous parle d’un accord. On voudrait en savoir davantage. Il semble que c’est Varvara qui décidait, qui s’organisait et organisait cette triade auquel Joseph, fol amoureux, donna son accord par besoin de son amour. Dommage qu’il ne nous dit pas, par pudeur sans doute, ce que cela représentait pour lui, en dehors de ce besoin de l’assentiment de son père, de sa mère, de sa famille de tradition juive à l’égard de ceux qu’ils considéraient comme étant "leurs ennemis", les Ledissev, dont Varvara et son frère Stepan, ami de Joseph, étaient les descendants orthodoxes. Puis il y a cette angoisse dont il nous parle trop peu que cette relation établie à partir de la sincérité : sans tromperie, sans fausses vérités basées sur la liberté, que cette relation risque de finir d’un jour à l’autre dans cette guerre « de bruits et de fureurs » atroces. Nadav nous dit qu’il travaille toujours sur ce livre. Nous l’attendons comme il nous le demande « amicalement intransigeants » sa prochaine livrison (voir sa réponse à @lamish)
Publié le 17 Novembre 2018
5
Nadav avec « Les Rebelles du XXe siècle » m’a beaucoup appris l’histoire tourmentée par les révoltions, les guerres, les massacres et les pogroms des cinquante premières années du XXe siècle, sur la bête monstrueuse que ces rebelles se sont acharnés à abattre pour l’avenir de l’humanité. Je lui sais gré d’avoir sorti de l’oubli ces rebelles dont « l’amour de la justice et de la liberté la grande affaire de leur vie » et de notre avenir à tous. Je trouve émouvantes les retrouvailles d’un père et de son fils en 1958 après 22 ans de séparation, puis leur histoire captivante de l’espérance de l’inespéré monde meilleur d’un couple racontée par le père, Sioma, la mère Tsipora et le fils Alec où l’intime et le collectif s’y entrecroisent d’emblée : Une épopée combattante qui débute à Odessa sous la Révolution russe et se poursuit dans la Résistance aux colonialistes sanguinaires anglais à Jérusalem, dans les batailles de la Guerre d’Espagne, à Moscou et enfin à Paris contre l’occupation allemande nazie. Au cours de ces « événements » nous rencontrons des personnages étonnants : le Rabbin Ben Yakov en rébellion contre Dieu qui « permet l’anéantissement de son peuple » dans des pogroms qui ont fait plus de 200 000 morts en Ukraine. Jeanne Lev anthropologue française et journaliste de « L’Esprit Libre » qui s’élève contre les massacres des collectivités anarchistes et trotskistes ordonnées par Orlov le chef du NKVD et inspirées par Kolstov de la Pravda. Lucia Cordoba, chirurgienne espagnole fidèle à son serment d’Hippocrate qui passe outre l’interdiction de soigner les soldats blessés franquistes qu’on lui apporte. Nadjati le pédagogue Palestinien qui s’oppose au racisme anti-arabe des communistes qui tuent les arabes marocains qui désertent les franquistes pour rejoindre les républicains. Puis il y a ces vers libres de Nadav rendant hommage aux généraux soviétiques rebelles face aux staliniens, les généraux Gouriev et Kléber qui furent à leur retour à Moscou fusillés et déportés pour « haute trahison » par Staline. J’ai découvert le coup d’État en cinq actes de Lénine, inspiré par Richard III de Shakespeare. Un « système » qu’il créa et appliqua avec succès pour prendre le pouvoir en une semaine. Ce système devenu « un classique » fut utilisé par Hitler, Mussolini et par d’autres tout « démocratiquement », même par de Gaulle en 1958, l’année de leurs retrouvailles. Sioma et Alec qui travaille avec « les francs-tireurs du Louvre, Claude Gruson et Simon Nora, deux mendésistes, discutent de ce basculement de la France vers la Ve République et vers le libéralisme européen mené par l’Allemagne. Ils prédisaient déjà avec leur algorithmes un basculement inévitable de nos démocraties en vers le populisme fascisant. Nous y sommes 60 ans. Merci, Nadav pour votre livre riche d’histoires et de réflexions. Je vais voter pour vos « Rebelles » en espérant que d’autres lecteurs fassent de même. Je souhaite que vous livre sera retenu par un éditeur du jury pour que vos "Rebelles" sortent de l'oubli et incitent de nombreux lecteurs à réfléchir puis à dénoncer "le vivre ensemble" que l'on nous propose.
Publié le 13 Novembre 2018