Un timide soleil printanier fait scintiller la carrosserie des automobiles qui jouent au chat et à la souris avec d’agaçants cyclistes. En ce début d’après-midi, Parisiens, banlieusards, touristes venus de la province ou de l’étranger se croisent sans se mélanger dans ce flot qui enfle et désenfle au gré des rythmes de la consommation et du est-ce que je peux me le permettre ?
Jessica et Virginie s’y croisent. Qu’est-ce qui peut rapprocher deux inconnues dans les tourmentes et tourments de l’époque ? Pas féministes pour un sou, deux femmes qui n’apprécient pas qu’on les cuisine à la mode psychologique, les traumas et tout ce fatras. Des femmes normales ? Jessica qui consomme les hommes comme des mouchoirs en papier ? Virginie qui ne sort jamais de chez elle ? Oui, tout à fait normales.
Ce livre est noté par
les voyages forment la jeunesse, dit-on!
@Chris Martelli
Bonjour. Je n'écris que depuis cinq ans. Avec l'idée: prendre le lecteur par la main, le guider, prendre garde à de ne pas le perdre, etc. Dernièrement, j'ai lu "Guerre & Guerre" de László Krasznahorkai, une grande claque. Que j'avais déjà reçue il y a très longtemps avec "Nedjma" de Kateb Yacine. Evidemment, dans les propos qui suivent, je n'oserais me comparer à ces géants. Ce qui m'intéresse, c'est le risque qu'ils prennent. De quel droit ont-ils choisi d'imposer telle structure nébuleuse, tel rythme à contre-pied ou effréné, tel apparent désordre au lecteur? De lui exiger de s'atteler à une lecture de prime abord ardue? Ne serait-ce pas une forme d'élitisme et finalement de mépris? Puis, un jour, au détour du quotidien, la simplicité s'invite: le libre-arbitre, l'auteur écrit ce qu'il veut et le lecteur lit ce qu'il veut. Si l'auteur veut s'amuser à prendre des risques, à passer un pari avec le lecteur sans l'avoir prévenu, pourquoi pas? Cette idée prétend grandir le lecteur; elle ne le méprise pas, bien au contraire.
Je ne sais pas si j'y suis parvenu. J'apprends en route. J'ai beaucoup apprécié votre commentaire dans sa clairvoyance et sa finesse à propos de cette ligne continue en pointillés qu'est la vie. Oui, l'invitation, qui effectivement exige un effort supplémentaire, n'est pas à l'obligation mais à une complicité où les personnages s'autonomisent, l'auteur s'éclipse et le lecteur s'ébroue - au final - en toute liberté. Je dis ça... En tout cas, je vous remercie car, malgré la sécheresse de votre note (mais qu'importe les notes!), vous me rassurez: ça peut marcher!