Il y a des livres que l’on referme avec le sentiment d’avoir compris. Et puis il y a les autres.
Ceux qui continuent à travailler en nous, auxquels on pense sans avoir la certitude d’en avoir maitrisé parfaitement le sens. Ce sont des livres à débats.
C’est peut-être là que commence un bon livre : lorsqu’une œuvre cesse de nous donner des réponses et commence à nous poser des questions.
>> Une grande oeuvre ne se laisse pas épuiser
Mais les œuvres les plus fortes résistent souvent à cette approche simple.
Madame Bovary est-elle une victime de son époque ou l’artisane de son propre malheur ?
Meursault, dans L’Étranger, est-il indifférent, lucide, monstrueux — ou simplement étranger aux conventions qui l’entourent ?
Don Quichotte est-il fou parce qu’il confond le réel et ses rêves, ou profondément sage parce qu’il refuse un monde dépourvu d’idéal ?
La littérature ne tranche pas. Et c’est probablement pour cela que nous continuons à lire ces textes.
Une œuvre ambigüe, elle, reste ouverte.
>> Le lecteur devient alors co-auteur
L’une des puissances les plus singulières de la littérature est qu’un livre n’existe jamais complètement sans son lecteur.
Chaque lecteur apporte son histoire, son expérience. Quand nous reprenons un livre quelques années après une première lecture, nous ne ne lisons d’ailleurs jamais exactement deux fois le même livre.
Le texte n’a pas changé, notre perception oui.
Lorsqu’un auteur laisse suffisamment d’espace à son lecteur, celui-ci ne reçoit plus simplement une histoire : il y entre. Et c’est toute la différence
Les œuvres qui nous accompagnent longtemps possèdent souvent quelque chose de plus difficile à définir, une zone d’ombre, Quelque chose que l’auteur n’a pas entièrement résolu à notre place.
C’est alors que la dernière page ne constitue parfois plus véritablement la fin du livre.
Il faut parfois laisser une porte entrouverte.
» Les erreurs historiques dans les films ou dans les livres sont-elles graves ?