HUMOUR NOIR ET AMORAL
Comment décrire un homme dont l’épouse, parce qu’elle porte le nom de Joséphine, se prend pour une impératrice ? Un pauvre type !
Mais, lorsque la Joséphine fait de la tragédie et se croit une descendante de Sarah Bernard, le pauvre type devient une serpillière.
Horace Kilfit, docile époux d’une Joséphine et père d’une Angélique, rassemble les attributs d’un pauvre type et d’une serpillière.
Lorsque les choses allèrent trop loin, même pour une serpillière, Horace Kilfit comprit que le seul moyen pour recouvrer sa tranquillité consiste à assassiner sa fille puis son épouse. Dans cet ordre, ou dans un autre.
Comme le dit une héroïne de ce récit, « Je déclare, solennellement, que l’insubordination des serpillières a débuté. »
Humour noir, absence totale de moralité
Ce livre est noté par
@Julien Marsan
Je vous remercie pour votre commentaire qui me touche profondément. À titre d’information, le nom du héros, Horace Kilfit, est tiré de la tragédie de Corneille, Horace. Horace doit faire face aux trois frères Curiace. Il renonce à les affronter, il s’enfuit. Le dialogue suivant :
« JULIE.
Que vouliez-vous qu’il fît contre trois ?
Le vieil HORACE.
Qu’il mourût. »
Ainsi, « qu’il fît » a donné Horace « Kilfit ».
Votre remarque est absolument justifiée. En relisant mon texte pour le corriger, je me suis rendu compte de quelques longueurs, spécialement concernant le père Connolly. Il était important de le montrer en tant que jardinier bienveillant, délicat, craignant la vue du sang pour souligner le contraste que l’on découvre. Probablement, devrais-je fusionner deux chapitres concernant ce prêtre pour les abréger ? Quitte à ce que le récit soit plus court. Ce n’est que lorsque Horace Kilfit pénètre dans la droguerie que le récit prend de la vitesse. Peut-être est-ce un peu tardif dans la narration ?
Je réfléchirai en fonction de votre remarque ainsi que de mon impression propre.
C’est une sorte de pamphlet, très amusant. Je l’imagine bien en film, avec une voix off, aussi puissante que celle de Sacha Guitry, qui donne du sérieux à la finesse. Mais, comme ce n’est pas un film, et que lire un pamphlet est un art difficile, l’équilibre est ténu. A mon avis, au-delà de l’esprit, de la culture, il manque peut-être un petit "je vais vous donner une bonne raison d’aller jusqu’à la fin, car il y a une progression dans l’horreur que je m’apprête à conter". Bravo néanmoins pour ce brillant exercice.