Marc otage ?

114 pages
Extrait
de Marc Ravivet
Marc otage ? Marc Ravivet
Synopsis

- Découvrir Casablanca en 1953, je venais de quitter Lyon. Quatre belles années passées sur ces plages le Dimanche. Admirer Marrakech l'authentique. La mer à nouveau, les cigales...Cannes ou Vallauris, au temps de Picasso, de Jean Marais. St Tropez ne peut pas être oublié, un délice...sur sa place.
- Le revers de la médaille ? Une scolarité découpée. Onze ans, mes parents me faisaient subir un onzième déménagement. Jamais le temps de me faire des amis, ou amies. Dur pour un enfant unique en plus !
Après quelques modestes études, me voila devant la forge de Papa, le tablier en cuir. Une passion deviendra un métier, l ' automobile.
Au gré des rencontres mon second tablier sera plus silencieux. Ma vie vers la pierre polie de l'immobilier.
Pour la suite, tout est écrit, enfin presque...

Publié le 03 Août 2026

Les statistiques du livre

  87 Classement
  260 Lectures 30 jours
  412 Lectures totales
  -7 Progression
  7 Téléchargement
  2 Bibliothèque
 

Ce livre est noté par

1 notes
Pour répondre à un membre, précédez d'un @ son nom d'utilisateur , et il sera prévenu de votre réponse !
3
Voilà un témoignage qui donne à entendre une voix particulière, celle d'un homme qui a traversé un monde en train de s'effacer – les tickets de rationnement, les tramways lyonnais, les porte-avions dans le port de Casablanca, les pistes de tôle ondulée du Sahara – et qui a choisi de le déposer sur la page avant qu'il ne disparaisse tout à fait. Le fil du récit tient à un jeu de mots qui n'a rien d'anecdotique : marcottage. L'enfant déplanté onze fois, planté ailleurs, encore ailleurs, finit par faire de cette instabilité sa matière. C'est là que le livre m'a le plus touchée : quand l'auteur cesse d'énumérer les adresses pour laisser monter ce qui manquait vraiment. La parole du père qui n'est jamais venue. Ce « Tu seras un homme mon fils » resté suspendu. La tendresse qui devait passer par autre chose que par les mots. Ces pages-là, celles où l'homme presque octogénaire regarde le petit garçon qu'il a été, sont les plus justes du livre. J'ai aimé aussi la manière dont vous entrez dans le Sahara. Ce désert a été un vrai maître de silence, on le sent. Le moment sur la dune, seul, à faire un tour complet sur soi-même pour contempler cet océan solide, appartient à ce que la littérature de voyage a de meilleur. Le récit est généreux, foisonnant même – on passe de Casablanca à Camerone, de Bossuet à Franklin, de la ferronnerie d'art à la voyance de Chalon-sur-Saône. Cette abondance est votre signature. Un lecteur curieux s'y retrouve, et se laisse emmener. Si le cœur vous en dit, je serais très curieuse de savoir ce que vous penseriez de mon propre roman, Les gants blancs. C'est une fiction à plusieurs voix, dans un registre assez éloigné du vôtre. Mais je crois que nos deux livres se rejoignent sur un point : cette question des non-dits, de l'affection qui ne se dit pas ou qui se donne « avec des si », et de ce qu'on met une vie à comprendre de ce qu'on n'a pas reçu. Peut-être y trouverez-vous un écho que je n'y ai pas mis moi-même.
Publié le 22 Août 2026