Valérie Lafougère

Biographie

Valérie Lafougère, ancienne DRH, signe son premier roman. Elle y décrit de l’intérieur le milieu du rétablissement qu’elle connaît intimement.

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Valérie Lafougère a noté ces livres

3
Le pari est ambitieux : écrire une uchronie où le Reich l'emporte, et suivre sur près de dix ans les hommes du pouvoir nazi, les vaincus, les figures de l'autre bord — jusqu'à Mao, Hirohito ou le Ku Klux Klan. Le travail de documentation impressionne : noms, matériels, jargon allemand, chronologie retravaillée pièce à pièce. On sent une passion réelle pour la période et un vrai plaisir à faire tenir ensemble tous ces fils. Certaines scènes m'ont marquée : Mengele sur son quai d'Auschwitz sifflant du Wagner, l'anniversaire d'Edda Göring où chaque dignitaire tente de surpasser l'autre en cadeau, l'exécution publique de Béria par Mao, l'irruption de Zemliatchka dans la neige sibérienne. Ce sont les moments où le roman respire, où l'ironie noire et le grotesque affleurent, où le récit s'incarne. Ma seule réserve tient à cette tension entre chronique et roman : le récit prend souvent le pas sur la scène, et l'on aimerait parfois qu'un fil personnel, une voix récurrente, nous tienne par la main dans ce chaos. J'écris moi-même. Mon roman, Les gants blancs, est en ligne ici et votre regard m'intéresserait si l'envie vous en dit. Bon courage pour la suite.
Publié le 15 Juillet 2026
3
Bonjour Nathalie, Je voulais vous laisser un mot après avoir refermé votre extrait. Ce qui me reste, c'est la scène du bistrot. Deux frères, un verre de vin, une vie qui bascule en quelques phrases. Vous ne dramatisez pas, et c'est ça qui touche. La proposition de Justin passe presque comme une chose banale, entre les salutations d'hommes du village. C'est ce ton ordinaire qui la rend insupportable. Le silence de Marie m'a beaucoup touchée aussi. Vous ne le remplissez pas d'analyses, vous le laissez faire son travail. Sa colère qui tremble quand Arlette parle de la petite sœur à venir, son "il ne faut pas" répété quand elle décide de ne pas s'attacher, tout cela dit ce qu'il faut sans avoir besoin d'être nommé. Le moment où la petite l'appelle "Madame" à son retour tient debout tout seul. J'ai aimé aussi cette lucidité de la narratrice adulte qui reconnaît fabuler les scènes qu'elle n'a pas vécues. Ça donne du poids au reste. Il y a une question que votre texte vient remuer chez moi et qui rejoint ce que j'essaie de creuser dans mon propre roman, Les gants blancs (une femme d'une cinquantaine d'années, coach, qui vit dans la peur d'être mise à l'écart d'une histoire qu'elle croyait tenir) : comment aimer quand aimer c'est risquer d'être effacé une fois de plus. Vos personnages en portent une version, les miens une autre. Si le cœur vous en dit un jour, je serais heureuse d'avoir votre regard dessus. Bonne route avec Une promesse.
Publié le 07 Juillet 2026
3
Je pose ce mot avant d'avoir fini. Je suis à la page 200 sur 570, mais je voulais partager mon premier ressentit. Les premières pages m'ont happée. On sent un auteur qui pense devant nous, qui doute, qui reprend une hypothèse et la retourne. J'ai lu ces chapitres-là lentement, en revenant sur des phrases. Puis le livre change de peau. Il devient un recueil de fiches, très ordonné, très patient. Chaque parole de Jésus reçoit son commentaire : d'où elle vient, ce qu'elle dit, comment on peut la comprendre, ce qu'il faut savoir de sa fragilité. Le travail est méticuleux. Mais quelque chose s'est distancié.Je préfère les moments où l'auteur redevient conteur. Il raconte les hommes qui ont trouvé ces textes et ceux qui sont morts pour eux. Là, on ne lit plus une notice, on marche à côté de quelqu'un qui se souvient. Un petit doute aussi sur le destinataire. Le livre est dédié à un fils adolescent et promet un langage simple. En pratique, l'auteur suppose une familiarité avec un vocabulaire qui n'est pas donné à tout le monde. J'ai souvent eu à m'arrêter pour comprendre. Je ne suis pas sûre qu'un adolescent aurait fait le même effort. Je vais continuer. Le respect porté aux sources se sent à chaque page, et j'ai envie d'aller au bout pour voir où tout cela mène.
Publié le 04 Juillet 2026
3
La révélation de l'interrogatoire à la fin change tout ce qu'on vient de lire. On comprend qu'on lisait une déposition, et le titre qui revient dans la dernière réplique boucle bien. Les détails concrets portent : le café renversé, l'assiette entre les mains, le gâteau posé au moment des coups. En revanche le milieu m'a un peu perdue – « tout s'est emballé », « j'étais à bout » – j'aurai voulais vivre ces mois avec elle ;). Antoine reste une silhouette, du coup on ne tremble pas vraiment pour lui à la fin. L'écriture est très fluide bravo. Je publie aussi sur le site, les gants Bancs, votre avis m'intéresserait.
Publié le 04 Juillet 2026
3
Le passage sur le bureau de Noa m'a arrêtée. Ces cartons portant son nom, ouverts au retour, cette odeur qui n'est plus la même - j'ai reconnu là quelque chose que j'avais vu sans savoir le nommer. C'est sans doute la force de ces chroniques : donner des mots à des mécanismes qu'on subit ou qu'on produit à son insu. Dégenrer les prénoms fait plus qu'un effet de manche. Quand on tombe sur Léonce, Sydney, Cyriel ou Malou, on ne sait plus à qui attribuer d'avance les rôles, et on se retrouve à regarder les dynamiques plutôt que les personnes. Le refrain - « Les survivants ne font pas de bruit » - revient comme une basse continue et finit par tenir tout l'ensemble. La répétition assumée demande de la patience : mêmes ouvertures, tempo voisin d'une chronique à l'autre. C'est cohérent avec le propos, rendre sensible ce que l'usure fait durer. Certains passages, autour de Calixte et de Cyriel notamment, atteignent une justesse qui m'a fait poser le texte pour respirer. Si la question des places qu'on prend, qu'on laisse ou qu'on perd vous intéresse, je la travaille aussi dans mon roman Les gants blancs, sur un mode plus intime - une femme qui, dans un lien amoureux, se demande comment aimer quand aimer signifie risquer d'être effacée une fois de plus. Deux lectures voisines par certaines interrogations, très différentes par la forme.
Publié le 04 Juillet 2026

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