Le pari est ambitieux : écrire une uchronie où le Reich l'emporte, et suivre sur près de dix ans les hommes du pouvoir nazi, les vaincus, les figures de l'autre bord — jusqu'à Mao, Hirohito ou le Ku Klux Klan. Le travail de documentation impressionne : noms, matériels, jargon allemand, chronologie retravaillée pièce à pièce. On sent une passion réelle pour la période et un vrai plaisir à faire tenir ensemble tous ces fils.
Certaines scènes m'ont marquée : Mengele sur son quai d'Auschwitz sifflant du Wagner, l'anniversaire d'Edda Göring où chaque dignitaire tente de surpasser l'autre en cadeau, l'exécution publique de Béria par Mao, l'irruption de Zemliatchka dans la neige sibérienne. Ce sont les moments où le roman respire, où l'ironie noire et le grotesque affleurent, où le récit s'incarne.
Ma seule réserve tient à cette tension entre chronique et roman : le récit prend souvent le pas sur la scène, et l'on aimerait parfois qu'un fil personnel, une voix récurrente, nous tienne par la main dans ce chaos.
J'écris moi-même. Mon roman, Les gants blancs, est en ligne ici et votre regard m'intéresserait si l'envie vous en dit. Bon courage pour la suite.
Publié le 15 Juillet 2026