Actualité
Le 01 sep 2014

Les ebooks seraient moins menacés de téléchargement illégal

L’étude Hadopi – Ifop publiée début août présente la consommation des biens culturels dématérialisés en France. Elle révèle que le livre numérique serait moins menacé par le téléchargement illégal que les autres biens culturels. Mais ce n'est pas si rose. Tout change quand le piratage est organisé par les bibliothèques numériques elles-mêmes !
Le piratage des ebooks peut être organisé par des sites "officiels"Si les internautes téléchargent légalement, le piratage peut être organisé par des sites "officiels"

L’étude réalisée en mai 2014 a porté sur 1511 internautes de 15 ans et plus. Ses principaux enseignements :
 
La consommation des livres numériques en nette progression. Stagnante autour des 15 % depuis 2011, elle passe d’un coup à 20 %. Elle reste néanmoins la plus faible parmi les biens culturels numériques téléchargés (musique 43 %, similaire aux 2 dernières mesures ; vidéos et films 36 %, séries TV 33 %, jeux vidéos 22 %, logiciels 20 % retrouvent leur niveau de mai 2013 après une baisse en octobre).
 
Les livres numériques seraient consommés de façon légale. Alors que de manière générale, le téléchargement légal, tous biens culturels confondus, représente 74 % des usages, contre 22 % qui mixent légal et pirate, les ebooks sont à 90 % téléchargés légalement. C’est aussi le cas des photos (83 %) et des jeux vidéos (82 %), contrairement aux films et vidéos (65 %). Les pirateurs occasionnels de ebooks seraient 12 % (mixant téléchargement légal et pirate), les exclusifs ne représentant que 5 %.
 
Motivations : le respect des créateurs en léger recul. Les internautes de la légalité ont trois raisons majeures : pour 47 % c’est la loi, pour 41 % par respect des auteurs (42 % en octobre 2013) et 35 % par crainte des virus.
 
Les consommateurs d’ebooks passent majoritairement par le gratuit. S’ils passent par des sites légaux, 24 % des répondants achètent contre 63 % qui recourent aux solutions exclusivement ou le plus souvent gratuites, qu’il s’agisse de promotion, d’ouvrages du domaine public…
 
Mais le piratage est organisé par des sites offrant des ebooks gratuits ! Ce qu’on apprend aussi, c’est que dans ces usages, exclusivement ou le plus souvent gratuits, 76 % des téléchargements proposés sont illicites contre 57 % légaux. Explications : un récent article d’ActuaLitté pointe l’existence de bibliothèques d’ebooks piratés, comportant même des livres non encore parus en librairies et des titres de la rentrée littéraire. Sans l’accord des ayants droits ça va sans dire. Cinq jours après cette révélation qui a déclenché la fronde des éditeurs, le téléchargement sur OneDrive, le cloud de Microsoft, était désactivé.
 
La croissance attendue du marché attise les convoitises… Microsoft préparerait lui aussi l’ouverture de son ebook store. Les chiffres sont encore modestes, mais les ventes de livres numériques ont déjà doublé en 2013 atteignant 46 millions € soit 2,3 % des ventes (source : Syndicat national de l’édition).
 
C’est la guerre ! Et elle s’accélère. Chacun se positionne sur le marché et les auteurs et éditeurs doivent rester vigilants pour protéger leurs droits.
Et les lecteurs ? Ils ont aussi leur mot à dire quand on voit que les livres contrefaits de ces bibliothèques pirates sont souvent bourrés de fautes d’orthographe et tellement mal présentés que la lecture devient un chemin de croix. Non, les livres ne sont pas un produit comme les autres et le lecteur a droit au respect.
 
Isabelle de Gueltzl
 
Sources :
La rentrée littéraire en téléchargement pirate sur ActuaLitté
Le cloud OneDrive de Microsoft, meilleur ami du pirate de livres sur ActuaLitté
 
Télécharger l’étude Hadopi-Ifop
 

 

Merci Madjid pour la date ! On vous appelle œil de lynx aussi ? ;>)
Publié le 01 Septembre 2014
telecharger un ebook et le lire implique une liseuse ou un ecran d'ordinateur. Ce n'est pas vraiment tres interessant pour les "anciennes generations. En revanche la musique et les DVD ont toujours ete "dematerialisees" (pour la musique elle meme, pas le support) ou projetes sur un ecran de toutes facons. Et les tablettes, en France, sont encore tres minoritaires. Il y a aussi peut-etre un effet de style. En tous cas on a tendance a imaginer (mais c'est peut-etre completement faux) que les amateurs de Jazz n'iraient pas pirater, ou en tous cas moins que d'autres... :) Il ne faut pas non plus oublier youtube. On peut deja trouver des millions et des millions de films/series/musiques legalement sur youtube car les artistes recoivent des royalties il me semble. Or les plateformes gratuites pour les livres ne proposent quasi-uniquement que des auteurs auto-edites, tandis que vous pouvez ecouter Brel Bowie ou La Callas sur Youtube legalement.
Publié le 01 Septembre 2014
Peut-être aussi que le public des livres n'est pas tout à fait le même que celui de la musique et des films. Il serait intéressant de savoir quels titres et quels types de musiques sont les plus téléchargés et les plus piratés. Côté musique je ne suis pas sûr que le jazz ou les opéras soient autant (proportionnellement aux nombres de ventes total) téléchargés et piratés que les hit musicaux du moment. Il y a peut-être un phénomène similaire en littérature ==> Piratage des "grandes signatures" du moment, mais moins pour les petits auteurs de niche. PS : Sinon je suis très ému de répondre à un article datant du 2 octobre 2014 (dans un mois et un jour, donc)
Publié le 01 Septembre 2014
C'est uniquement parce que c'est un phenomene beaucoup plus recent, et surtout parce que lire un ebook implique quand meme un effort plus intense qu'ecouter de la musqiue ou regarder un film. Du coup un peu moins de demande, donc un peu moins d'offre.
Publié le 01 Septembre 2014