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Le 18 mar 2015

Salon du Livre. Meilleur ou pire souvenir des auteurs ? 1/3

Quel auteur refuserait une séance de signatures ? Et pourtant, ce n’est pas parce qu’on a gagné sa place qu’on va vider son stylo en une heure. Surtout si on est coincé entre la dame à chapeau (vous voyez qui) et une star de la télé réalité qui, pour le coup, n’envoie pas son nègre à sa place. Le lecteur découvreur est un spécimen assez rare et le badaud n’est pas forcément tendre… Heureusement, il y a aussi de bons moments et de belles rencontres. Bref, réussie ou douloureuse, l’expérience marque. Florilège de souvenirs d’auteurs.
La séance de dédicace, un exercice spécial Salon du LivrePas toujours facile de lutter...

Jean-Luc Bizien. Rencontrer Brussolo et suivre sa (belle) trace...

Mon meilleur souvenir au salon du livre de Paris, c’est la rencontre avec celui qui allait m’ouvrir les portes des éditions du Masque et m’apprendre mon métier : Serge Brussolo.
À l’époque – nous sommes à la fin des années 90 – nous avons déjà fait connaissance et Serge m’encourage à écrire, il m’assure que j’ai le potentiel et qu’il faut que je tente ma chance. Certes, j’ai déjà publié des jeux de rôle, des albums pour enfants… mais écrire un thriller me paraît insurmontable.

Je me rends donc à une séance de dédicaces et je vois Brussolo prendre place à sa table, avec une bonne demi-heure d’avance, comme à l’accoutumée – Serge témoigne toujours  d’un immense respect pour son lectorat. Il y a déjà, comme à l’accoutumée, une longue file d’attente et le responsable du stand se frotte les mains.
Un homme se présente et Serge lui dédicace son dernier grand format… mais il se trompe de prénom.
— Désolé, fait-il en arrachant la page de garde, je ne dois pas être bien réveillé.
Il prend un autre exemplaire et fait sa dédicace.
L’incident va se reproduire à trois ou quatre reprises. Chaque fois, Brussolo, imperturbable, déchire la page de garde et met le livre de côté. Dans son dos, le responsable du stand est devenu vert. Il va se détendre en réalisant que Serge signe plus de trois cents bouquins dans l’après-midi (j’ai arrêté de compter, au bout d’un moment).

Vient alors, en fin de journée, un fan qui visiblement s’est saigné pour acheter des poches. Serge lui adresse un sourire lumineux :
— C’est vrai que c’est horriblement cher, convient-il.
Il attrape alors l’un des bouquins mis de côté et, coulant un regard vers le responsable du stand :
— Mais ceux-là, on va devoir les jeter, non ?
L’homme le voit venir, mais acquiesce. Alors Serge s’excuse parce qu’il manque une page, mais dédicace le livre au lecteur et le lui offre. J’ai su, ce jour-là, que je voulais être l’ami de cet auteur-là. Par la suite, j’ai revu Brussolo, un nombre incalculable de fois, offrir spontanément ses livres au salon de Paris quand il y croisait un fan – mais sans plus jamais en déchirer une page. La classe et la générosité faites homme.

Quant au pire souvenir… Le soir de l’inauguration et le dernier jour se le disputent tant que je ne saurais quel moment choisir. Je vous laisse donc ce redoutable honneur, en citant deux faits :
• Découvrir avec stupéfaction que c’est le soir de l’inauguration que le plus grand nombre de livres sont volés – certes, autant que ça reste entre professionnels, mais tout de même… – m’a estomaqué (et il m’en faut, d’ordinaire, vous pouvez me croire).
• Assister sur de nombreux stands, à l’issue de la dernière journée, au spectacle effroyable de ces livres invendus qu’on jette en vrac dans d’immenses cartons destinés au pilon me laisse interdit. Certains « gros » éditeurs préfèrent encore pilonner les ouvrages plutôt que de payer une fois de plus les distributeurs.
Le monstre s’autodigère, parfois…
> L’actu littéraire de Jean-Luc Bizien : « Justin Case » Tome 3 chez Gründ.

David S. Khara. Au Salon du Livre de Paris, pour le meilleur et pour le rire.

Mon meilleur souvenir date de l’année dernière. J’étais installé à côté de Franck Thilliez, l’ambiance était joviale, voire franchement délirante avec des lecteurs d’une grande gaieté.
A ce jour, je n’ai pas de mauvais souvenir, mais qui vivra verra ;-)
> L’actu littéraire de David S. Khara : thriller « Une Nuit Eternelle » (Fleuve noir)

À suivre…

Propos recueillis par toute l'équipe de monBestSeller.com

Et vous, auteurs et lecteurs de monBestSeller, vous avez certainement aussi de bons et de moins bons souvenirs de salons du livre. Racontez nous ...

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