Actualité
Le 24 mar 2015

Salon du Livre : les auteurs du 21 eme siècle et l’autoédition.

Amazon à travers Kindle et KDP a pris les rênes de l’autoédition cette année au Salon du livre. Conférences, ateliers, comptes rendus d’expérience, écrivains méconnus devenus vedettes. Il était quasiment impossible d’éviter le raz de marée (d’autant plus quand on le cherchait).
Auto-édition, Publier demain oui, mais écrire ?Les écrivains de demain et l'Auto-édition

Internet ouvre grand le marché de l'auto édition.

On ne sait qu’en penser. Certes Amazon en première instance (et dans une moindre mesure ses plateformes concurrentes) sont en train d’ouvrir le champ des possibles à tous les auteurs qui ont quelque chose à dire. Ces plateformes, KDP en tête, libèrent et désinhibent une profession « sacralisée » qui désignait du haut de son piédestal "les génies" et les "nuls". Un peu de sourire et de décontraction font du bien, et il est parfois amusant de manifester au pied des tours d'ivoire.

Mais quels sont les’enjeux et les leviers de ce phénomène ? Virtuellement c’est un immense marché, un immense marché du loisir, mais un immense marché de l’espoir aussi, et vraisemblablement un marché de l'espoir déçu. Lorsqu’on apprend à jouer du piano, rares sont ceux qui pensent devenir Mozart. Alors que lorsqu’on prend la plume…

Attirer les auteurs dans le monde de l’autoédition relève d’un marketing habile et maitrîsé

Les leviers sont multiples.
La dimension pragmatique, d’abord : facilité, d’inscription, de publication, contrôle, aucun transfert de droits.
La rétribution de l’auteur ensuite. Alléchante. Saviez vous qu’un auteur touche 2 euros sur un livre numérique à 3 euros. Il touche la même somme pour un livre papier vendu 20 euros dans les canaux traditionnels. Le lecteur fait la différence, surtout en cas de déception. Plus fort encore, Alice Quinn, auteur de « un Palace en enfer », (Grand succés Amazon avant d'être un succés en librairie (Michel Lafon)) défie toutes les lois du marketing. Elle décrit avec minutie (et humour aussi) ses interventions sur Amazon, pour soutenir son livre. Baisser son prix quand son livre s’éloigne du top 5, puis le réajuster quand il le réintègre. Et ce, pour rester dans les meilleures ventes le plus longtemps possible. Et ça marche, déclare-t’elle !

Les success story sont brandies comme la garantie de réussite des auteurs, et c’est là que le bât blesse. Car si l’on apprend sur le net toutes les techniques de l’autoédition, les outils marketing de promotion, les règles incontournables du bon synopsis, de la photo qui accroche, des mots clés qui font mouche, on n'apprend pas le talent.

Et pourtant on n'apprend pas le « talent ».

Tout se passe comme si la feuille de route "autoédition" tendue à nos écrivains, était la clef des prix littéraires. Et sans doute que nos Laurent Bettoni, Alice Quinn, et autres Agnès Martin Lugand en ont un peu… du talent. Et que le chemin qu’ils ont emprunté n’a fait qu’accélérer une visibilité qu'ils auraient eu, in fine. Et qu’ils auraient conquis leur lectorat progressivement.

Quoiqu’il en soit, les beaux jours de l’autoédition sont devant nous, pas derrière. Quand on sait qu’un français sur 3 écrit ou songe à écrire un livre (source KDP), que 30 % des lecteurs ont déjà lu un livre autoédité, et que l’achat de tout bien culturel ne se fait pas sans consultation d’Internet (pour 64 % des Français). La voie est ouverte.

Mais dépêchez vous, murmure Alice Quinn, malicieuse, je ne suis pas certaine que ce soit éternel. L'effet de nouveauté joue, L’autoédition pourra t’elle révéler des auteurs inconnus régulièrement ? je n’en suis pas sûre. Et quand on lui demande pourquoi, « je le sens » répond t’elle…

Christophe Lucius

@alicequinn et tous. Merci de votre participation à ce débat qui est en effet au coeur de notre activité. Reste néanmoins Alice, qu'Amazon est une plateforme institutionnelle et que de lancer un livre sur la plateforme est un engagement minimal avec les lecteurs, d'autant plus qu'il est payant pour le lecteur (même un euro a du sens). Donc, à mon avis il faut se sentir prêt pour tenir cet engagement. C'est en cela que monBestSeller se présente comme un maillon complémentaire en amont, un premier passage à l'épreuve du feu et des lecteurs, pour prendre la température de ses écrits avec son public. Ch Lucius
Publié le 30 Mars 2015
@ Mickaël Paitel Vous avez bien raison, et c'est bien dans cet état d'esprit que j'ai commencé à m'auto-éditer. L'important est de sortir son livre du placard pour lui faire prendre l'air des lecteurs. Un lecteur suffit à la joie de l'auteur. Le reste est une histoire de perversion du système. De plus, le succès n'est que le reflet d'une conjonction favorable entre lecteurs et auteurs. C'est le hasard pur qui en décide. Continuez à écrire et publier dans la joie. C'est aussi ce à quoi je m'applique. La vie est trop courte pour perdre son temps à viser d'autres choses. Alice Q.
Publié le 26 Mars 2015
@ Lezon Beaulieu Rien de plus simple pour gouter le cornichon: les livres numériques sur amazon mettent à la disposition du lecteur un extrait gratuit à télécharger. Vous n'acheter qu'après avoir goûté. C'est ce que je fais systématiquement quand je lis un auteur inconnu, Mais aussi pour connaître ce dernier livre dont tout le monde parle (suivez mon regard) et que j'ai envie de me faire mon idée. En général, dans ce cas là (même direction de regard) l'extrait me suffit. Avouez que le risque est = à 0 pointé! Bonnes lectures Alice Quinn
Publié le 26 Mars 2015
Bonjour à tous et toutes. L'auto-édition est avant tout une merveilleuse démocratisation des auteurs face aux lecteurs. Mais avec ceci de particulier que pour que ça marche bien...on devrait gouter avant d'acheter. C'est ainsi que dans les grandes surfaces du Québec, lorsqu'on veut vendre une nouvelle marque de cornichons par exemple, on les fait gouter aux gens. Ceux-ci vont acheter ou pas. Et ils sont nombreux les cornichons dans les tablettes des eBook. De nouvelles marques inconnues arrivent régulièrement. Moi, j'aimerais bien goûter à un chapitre gratuit avant d'acheter ou non la marque, qu'elle soit de grande renommée ou non. Si c'est bien fait, les bons auteurs vont ressortir du lot, alors que les mauvais resteront avec leurs amères déceptions.
Publié le 25 Mars 2015
Le travail énorme de l'auteur récompense uniquement l'éditeur dans le circuit traditionnel. Je crois à un renouveau du circuit du livre ou le fruit serait délivré plus équitablement. L'auto-édition est une bonne chose pour le paysage littéraire mondiale, il positionne sur un pied d'égalité le marché du livre en raison de tous les acteurs qui le compose.
Publié le 25 Mars 2015
En même temps, chacun a ses raisons de choisir ou non, l'autoédition. Mon emploi du temps ne me permettrait pas de me libérer pour faire de la promo dans les médias, ni des dédicaces. Je ne cherche pas le succès et le succès ne m'attend pas. J'aime écrire sans pression car la pression rend fébrile. Dans les auteurs autoédités, certains ont du talent mais sont noyés dans la masse considérable d'ouvrages. Sur Monbestseller, dans la rubrique "suspense" il y a déjà le choix entre plus de 1050 références ! Comment être repéré ? C'est comme lever le doigt dans une foule. Le fait que mes modestes romans existent et sont un peu lus, suffit à ma joie.
Publié le 24 Mars 2015