Paul-François Carnet-Pantiez

Biographie

Paul Carnet-Pantiez est né en 1966 à Amiens. Poète, nouvelliste et romancier, il publie depuis les années deux mille des recueils marqués par une écriture lyrique et une attention constante à la forme de la phrase et à l’attention du lecteur.
De 2012 à 2020, il a publié sous les noms de plume Patrice Merelle et Hubert-Tadéo Félizé. Sous le premier ont paru notamment Divine face obscure de la lune, Le Verger des larmes et Traces d’émois, toujours disponibles ; sous le second, des textes brefs, dont un consacré à Gaza. Ses écrits accompagnent des engagements humanitaires — Haïti, Gaza, l’Ukraine, l’exploitation des enfants dans les mines de coltan — et le devoir de mémoire, notamment un poème consacré à Charlotte Delbo.
Le voyage d'Henri Motia est son premier roman.

Paul-François Carnet-Pantiez a publié

Paul-François Carnet-Pantiez a noté ces livres

3
Je viens de refermer Souzailles, le roman de William Lainé, et j'avoue que j'ai eu du mal à le lâcher, même si ce n'est clairement pas une lecture "feel good". Ce qui frappe d'abord, c'est le contraste voulu par l'auteur entre le cadre rural, presque folklorique, avec ses expressions locales et son ambiance de petit bourg, et la noirceur absolue de l'intrigue qui touche à la criminalité organisée et à l'exploitation des plus vulnérables. C'est un choix fort, qui fonctionne bien pour créer un sentiment de malaise grandissant. Le style est vivant, très dialogué, on sent que l'auteur aime ses personnages et leurs tics de langage (le fameux "vlatout" de Marcel devient presque un running gag). Certains passages sont clairement écrits pour un public adulte, avec des scènes crues qui ne sont pas là pour l'esthétique gratuite mais participent à la mécanique de manipulation et de pouvoir au cœur du récit. Le rythme est soutenu, l'intrigue se ramifie beaucoup (parfois un peu trop à mon goût, entre les multiples fils : le hacking, la mafia roumaine, l'enquête policière, les histoires de couple), mais l'auteur réussit à tout relier pour un dénouement qui ne fait pas de cadeau. La fin, plus douce, contraste avec la violence du reste et laisse une note d'espoir bienvenue. En résumé : un thriller ambitieux, sombre, parfois dérangeant par les thèmes abordés, mais porté par une vraie tension narrative et des personnages attachants malgré (ou grâce à) leurs failles. À réserver à un public averti.
Publié le 26 septembre 2026
3
J’ai vraiment bien aimé ce roman, qui nous embarque rapidement dans un voyage aux États-Unis qui va devenir de plus en plus étrange. J’ai beaucoup aimé l’ambiance du désert, de la route et cette sensation que quelque chose suit Stéphane sans qu’on sache vraiment quoi. Le personnage de Stéphane est attachant, avec ses blessures, ses doutes et tout ce qu’il cherche à fuir derrière ce voyage. L’histoire mélange bien aventure, mystère et une petite touche fantastique qui donne envie de continuer pour comprendre ce qui se passe réellement. J’ai parfois eu l’impression d’être moi-même sur cette Harley, au milieu de ces paysages immenses et inquiétants. Une lecture prenante, avec pas mal de suspense, et surtout l’envie de tourner les pages pour savoir jusqu’où cette étrange poussière va conduire Stéphane.
Publié le 25 septembre 2026
3
Un roman historique agréable à suivre, qui embarque Joubeir, ancien corsaire capturé par l'Inquisition, dans une traque mouvementée à travers l'Afrique du Nord, entre trésor englouti et quête de rédemption. L'écriture est soignée, parfois un peu chargée, mais on sent un vrai travail sur le style et les images. Quelques longueurs ici et là, sans que ça gâche le plaisir de lecture. La reconstitution du monde barbaresque du XVIe siècle est bien menée et donne du corps à l'aventure. Un bon moment de lecture, sympa à recommander aux amateurs de fresques historiques.
Publié le 23 septembre 2026
3
Citron et Kidnapping — un vaudeville hilarant à savourer sans modération Quelle petite pépite comique que cette nouvelle de carpov ! En 85 pages, l'auteur orchestre un vaudeville des plus réjouissants : Pierre, jeune écrivain persuadé de son génie, chouchouté par une mère et une petite amie en admiration béate, se retrouve empêtré dans une situation aussi absurde que savoureuse — une éditrice ligotée dans la chambre parentale, des portes qui claquent, des secrets de famille qui se dévoilent dans la plus pure tradition du théâtre de boulevard. Ce qui fait tout le sel du texte, c'est la finesse avec laquelle carpov construit son personnage principal à travers les extraits mêmes de son "roman" : on suit, au fil des citations, l'évolution stylistique de Pierre — d'une prose scolaire à des envolées baroques, puis vers une écriture plus sobre, avant de retomber dans le cliché du cow-boy solitaire face au soleil couchant. C'est drôle, c'est fin, et ça dit beaucoup sur la naïveté touchante (et l'ego démesuré) de ce jeune auteur en herbe. Sous l'humour et le burlesque assumé, il y a aussi une vraie profondeur : chaque personnage projette sur les autres ses propres fantasmes, personne ne voit vraiment ce qui se joue, et c'est précisément ce décalage qui rend le texte aussi savoureux que juste. Une comédie humaine en modèle réduit, pleine de tendresse pour ces êtres maladroits et narcissiques qui ne cherchent, au fond, qu'à être aimés et reconnus. Un texte enlevé, malin, qui se lit d'une traite avec le sourire aux lèvres — et qui laisse deviner, derrière le rire, un vrai regard sur nos petits travers humains. Coup de cœur !
Publié le 22 septembre 2026
3
Partir avant la nuit — un souffle d'humanité qui traverse le siècle Quel roman ! Serge Krebs signe ici une œuvre d'une rare délicatesse, et on en ressort profondément marqué. À travers les mémoires de Jean, né en Bretagne en 1921, c'est tout un pan bouleversant du XXe siècle qui prend vie : l'Occupation, la traversée des Pyrénées, l'internement en Espagne, l'engagement dans la 2e DB, la libération de Paris... Une véritable épopée, mais jamais racontée pour elle-même : elle sert toujours l'humain qui la traverse. Ce qui frappe avant tout, c'est la plume : fine, pudique, jamais démonstrative. L'histoire d'amour entre Jean et Charles, née en Angleterre à quelques jours du débarquement, est de celles qu'on n'oublie pas — un amour qui se dit dans les silences, les gestes empêchés, les séparations imposées par une époque qui ne le tolérait pas. Plus le monde les force à se cacher, plus on mesure la force de ce qui les unit. C'est bouleversant de justesse, sans jamais tomber dans le pathos. Le choix narratif est audacieux aussi : commencer par la fin, par la mort de Charles en l'an 2000, pour remonter le fil d'une vie entière. Ce n'est pas un livre qui se lit passivement, il demande qu'on s'investisse — et c'est précisément ce qui en fait la richesse. 528 pages qui se dévorent, portées par une écriture élégante et une histoire vraie mêlée à la grande Histoire. Un livre rare, sur l'amour interdit, la mémoire et la dignité, que je recommande sans hésiter à quiconque cherche un roman qui a du souffle et du cœur.
Publié le 22 septembre 2026

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