Henri Motia a quarante-sept ans, un appartement, un métier à Paris, une sœur qui s'inquiète et des parents qui croient qu'il part en vacances. Un matin de mars, sans raison qu'il puisse formuler, il achète un billet de train pour Istanbul — non pas le vol direct que prendrait n'importe qui, mais un billet qui traverse six pays, parce qu'il veut sentir la distance plutôt que la parcourir en trois heures. Sur la première page de son carnet, il écrit une phrase qu'il barre aussitôt : « Il faut que je comprenne pourquoi. »
Le voyage ne répondra jamais tout à fait à cette question. Il lui en substituera d'autres, à chaque ville, portées par des hommes qu'Henri ne cherchait pas et qui, chacun, déplacent quelque chose en lui sans jamais le refaire à l'identique.
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