Quand le roman est fini, il faut le faire lire.
Bonjour @Pauline Voirol, j'espère que la suite du récit ne vous décevra pas.
Captivant dès les premières pages...me réjouis de la suite !
@gaspard.off
J' aime les chutes qui renvoient au texte et qui font allusion au meilleur moment.
Bonjour @Funel Hélène et merci d'avoir pris le temps de poster votre commentaire. Je suis heureux que le texte vous ait plu, et un peu triste que sa fin vous ait déçue. Je la voulais pareille aux banquets d'Astérix ou aux mariages des Fourberies, mais avec un dernier coup de théâtre... Ce serait très intéressant de savoir ce que vous imaginiez. Merci encore.
Bonjour @Paul-François Carnet-Pantiez,
Merci beaucoup pour cette lecture généreuse et pour ce coup de cœur qui me touche sincèrement. C'est toujours un plaisir de voir un texte trouver son lecteur.
Merci encore, et à bientôt j'espère sur d'autres textes.
Merci @Mayalab de vous intéresser à ce récit.
Vous êtes moins mauvais lecteur que je ne suis mauvais auteur. C'est un défaut du texte si cela n'est pas sensible, pas un défaut de lecture. C'est bien pour ça que je vous dis que je n'ai pas été assez exact. Je n'ai aucun mal à reconnaître une malfaçon lorsque je la vois. Mais, quand j'ai écrit ce récit, c'était mon intention, je vous la livre, et j'accepte l'idée qu'elle ne soit pas parfaitement réalisée. Je m'aperçois maintenant que la dernière phrase de Claire ne colle pas du tout ! J'ai raté, ça m'arrivera encore...
Je me permets de rebondir sur votre dernière phrase parce que, de manière amusante, "ce qui est mis dans le texte (le vôtre...) de façon très explicite est que Claire "encore toute tourneboulée par ce qu'elle venait d'apprendre" n'avait rien écouté.
Et que c'est juste en voyant les regards tournés vers elle que, comprenant qu'on attendait qu'elle parle, hasardait "il y a peut être quelque chose". Un "quelque chose" qu'il est difficile de penser qu'elle l'a vu naitre sans avoir écouté quoi que ce soit. Vous avez donc entièrement raison sur le décalage entre le texte et ce qu'on veut mettre dans le texte et ce qui est lu, et en l'occurence j'ai lu le texte et pas ce que vous aviez voulu y mettre !
Sachant par ailleurs que, si le style est effectivement moins maladroit que dans les passages lus précédemment, il peut sembler douteux au lecteur qu'une éditrice trouve remarquables quelques phrases sur le "mal qui est en lui" et non en dehors, aussi cliché - sans être faux bien sûr- que le soleil couchant. Et que ledit lecteur a donc toutes les chances de faire primer le fond sur le style.
Par conséquent, si votre idée est de montrer une "progression" au fur et à mesure du roman, il faudrait sans doute la souligner davantage (et supprimer les remarques auto-satisfaites initiales du héros quant à son "pointillisme" ou à sa trouvaille consistant à supprimer le "ne", qui rendent difficiles pour le lecteur d'imaginer que ce jeune homme ait une once de talent). Mais c'est peut être moi qui suis mauvais lecteur, et l'avis des autres sur ce point sera intéressant.
C'est très intéressant, @Mayalab. Non pas que j'aie mal compris — cela fait partie de mon personnage — mais cette idée que Pierre serait un mauvais auteur. C'est là, à mon avis, que je n'ai pas été suffisamment explicite, ou plutôt exact. Les extraits qu'il cite ne visaient pas à montrer quatre fois qu'il était mauvais : une ou deux occurrences auraient suffi. Je voulais au contraire que l'on puisse voir, à travers sa prose, les étapes de son itinéraire d'auteur, presque un apprentissage.
Le premier extrait montre un auteur scolaire, qui enchaîne les figures de style et s'en émeut, mais dont le récit n'a pas encore d'âme.
Le second marque une évolution baroque. Pierre commence à prendre goût aux mots, les rassemble en bouquet et multiplie les métaphores et les comparaisons — il dit d'ailleurs lui-même qu'il aurait voulu en ajouter une de plus.
Dans le troisième extrait, la prose se fait plus sage : on passe davantage au récit, Pierre se regarde un peu moins écrire, mais il dérape encore.
Dans le dernier, son texte est devenu plus simple, débarrassé de ses circonvolutions. Mais, une fois le récit terminé, voyant son auditoire conquis, il se sent obligé d'ajouter quelques phrases qu'il invente sur le moment et retombe dans le cliché du cowboy solitaire qui s'éloigne vers le soleil couchant.. C'est pour cela que Claire ne dit pas que c'est mauvais : elle a vu naître quelque chose.
Mais je conçois parfaitement qu'on puisse imaginer les choses autrement, et la fin que vous proposez a tout pour faire rire. C'est toujours pareil : il y a ce qu'on veut mettre dans un texte et ce qui est lu, et c'est précisément dans ce décalage que se situe la possibilité de progresser.
Pardon, je me suis mal exprimé. Il ne s'agissait pas, dans mon idée, de n'en faire qu'une pièce de théâtre mais de "doubler" le livre d'une pièce jouant encore davantage la carte du burlesque, pour enrichir encore parallèlement le roman avec des faces à face plus longs entre Claire et votre héros. En gros, séparer les deux "genres" pour les exploiter au maximum.
J'avais, par ailleurs, interprété le personnage du père presque comme vous, à cette nuance près que je l'imaginais davantage incapable de résister à sa femme (persuadée d'avoir enfanté un génie) qu'à son fils. Et ce d'autant que votre héros a tous les traits d'un "fils à maman" bercé d'illusions et ayant tellement pris l'habitude des compliments féminins -ce qui lui plait chez sa copine, c'est qu'elle partage l'admiration béate de sa mère - qu'il est persuadé que dès que Claire l'aura lu, elle sera elle aussi conquise.
Dans cette configuration il me semblait logique que le père (faible, mais pas idiot) soit lui beaucoup plus lucide sur les qualités littéraires de son rejeton. Tellement logique qu'il m'avait semblé le voir inscrit en filigrane quand le héros lit devant eux une partie de son chef d'oeuvre : mère et petite amie sous le charme, père gêné par la nullité du livre...mais n'osant pas le dire par peur de son épouse. On aurait même pu imaginer qu'à la toute fin du livre, excédé par la tournure que prennent les choses, il explose avec le "courage des lâches" pour hurler que si son fils était un génie de la littérature, il aurait du avoir au moins une fois la moyenne en français durant sa scolarité. Et qu'il avait bien voulu payer pendant des années pour que le "génie" supposé se dévoile sans rien foutre d'utile par ailleurs, mais que maintenant que la preuve de son incapacité à écrire dix lignes correctes était faite, il n'était pas question pour lui de risquer la prison pour entretenir l'illusion de sa mère qu'il était doué. Enfin, un truc dans le genre, boulevardier, mais cohérent.
Et encore une fois ce n'est qu'un avis.
Bonjour @Mayalab, et merci d'avoir pris le temps de poster votre commentaire, c'est précieux.
Une vraie pièce m'aurait privé de ce que je trouve le plus intéressant dans ce récit : la possibilité de suivre les pensées, notamment celles de Claire. Une grande partie de la nouvelle consiste à découvrir comment fonctionne son esprit maladivement imaginatif, et c'était d'abord cela qui m'intéressait. Sans le récit, Claire aurait passé tout son temps bâillonnée sur un lit !
Le contrepoint que vous suggérez, celui du père que j'ai à peine esquissé, aurait été riche dramatiquement. Je crois que vous avez raison. Dans mon idée, c'était un personnage capable de grandes phrases mal comprises et de retenues mal venues, un homme vivant en surface et se donnant des allures de grande valeur morale, mais incapable d'affronter son fils.
Il aurait même pu être celui qui lui résiste et lui dit la vérité : « Tu ne seras pas un auteur, mon fils.» Le récit en a voulu autrement.
Comme le souligne justement la critique précédente, le livre se présente comme une pièce de théâtre de boulevard, l'amant caché dans le placard étant ici remplacé par une éditrice ligotée dans la chambre parentale.
Le reproche que l'on pourrait faire au livre est de ne pas totalement assumer ce parti pris qui aurait justifié une parfaite unité de lieu et un découpage en actes (le premier étant alors consacré l'exposition avec le départ des parents du héros et la visite de sa copine qu'il éconduit "pour terminer son roman", le second débutant par l'arrivée de l'éditrice -inconsciente- dans l'appartement et courant jusqu'au départ de la copine et de la mère "pour aller chercher Claire", le troisième et dernier de l'arrivée de "Léo" jusqu'au dénouement). Cette construction aurait permis de donner un peu plus d'épaisseur aux "rôles" ici à peine esquissés, et notamment à celui du père. Si on comprend parfaitement que petite amie et mère soient persuadées du génie du héros, il est ainsi dommage que son géniteur partage spontanément leur certitude, ce qui nous prive d'un personnage "en contre".
Ce n'est bien sûr qu'un avis et, en l'état, le livre se lit déjà avec beaucoup de plaisir. Pourquoi ne pas en faire une -vraie- pièce ?
Bonjour @RodrigueHatu,
Merci pour la lecture et l'appréciation généreuse. Si vous êtes amateurs de théâtre, comme je le crois, alors vous avez sûrement remarqué que le vrai coup de théâtre du récit, celui qui suit les trois coups sur le plafond de la voisine, est tenu sous silence et résumé en une seule proposition sibylline. Le premier titre que j'avais choisi était d'ailleurs : Les Trois coups du silence. Pour être tout à fait franc, j'ai écrit ce texte après un récit beaucoup plus noir qui m'avait laissé exsangue, j'avais besoin de me faire rire. Mais bien sûr, lorsqu'on vient d'en rire il faudrait en pleurer.
Merci encore.
Bonjour et merci @Michel Laurent pour votre lecture et le commentaire qui l'accompagne. Et quelle lecture! J'ai l'impression que vous avez compris mes personnages jusque dans leur ombre. C'était toute l'idée de ce vaudeville : des portes qui claquent, des gens qui se cachent, un joli masque d'humour jeté sur ce qui dérange. Je partage votre remarque sur la surenchère, mais il fallait voir jusqu'où les personnages étaient prêts à aller, à quel moment ils arrêteraient de prendre leurs absurdités au sérieux. La réponse est venue d'elle-même, jamais. Et le pire, c'est qu'ils nous ressemblent, et qu'on ne peut que les aimer.
Encore merci.
@carpov
Cette nouvelle avance sous le signe du burlesque, mais il me semble que les ressorts les plus intéressants sont à chercher du côté de l’inconscient. Pierre a une quête éperdue de reconnaissance. Son roman devient l’objet fétiche autour duquel s’organisent son narcissisme, ses mensonges et son besoin d’être aimé. Claire semble avoir réussi, quant à elle, à enfouir une part de son passé avec la même efficacité que ses manuscrits.
Les personnages passent leur temps à ne pas voir ce qui se joue réellement. C’est tout l’intérêt de la nouvelle. Pierre croit cacher son roman ; Laura croit découvrir une rivale ; Claire croit comprendre les reproches de sa fille ; chacun projette sur l’autre ses propres fantasmes, jusqu’au dévoilement final. La famille devient ainsi une sorte de théâtre de l’inconscient, où les secrets circulent mieux que les paroles.
L’humour, très présent, empêche la lecture de devenir pesante. Tout juste pourrait-on reprocher l’effet de surenchère né de l’accumulation des situations absurdes, alors que quelques respirations auraient peut-être donné davantage de résonance aux zones plus sombres du récit. Car derrière la légèreté se dessine une vraie tendresse pour ces êtres maladroits, narcissiques et blessés qui cherchent désespérément à être reconnus.
Mathieu Langeon et Gaspard-off sont mes deux autres pseudos.
J'ai grandi dans le nord de Marseille. Comme tous les gamins du quartier, je...


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