Depuis qu’Aline a dix-huit ans, le silence entre elle et sa mère a pris une autre densité. Une main qui s’attarde, un souffle contre la tempe, des cuisses qui s’écartent sans qu’on les y force. Hélène ne demande pas. Elle laisse. Puis elle guide. Puis elle exige.
Aline apprend le goût de sa mère sous sa langue, la chaleur qui s’ouvre autour de ses doigts, le poids du silicone qui l’ouvre à son tour. Elle jouit contre l’épaule de Hélène, les jambes serrées autour de sa taille, le front appuyé contre la clavicule. Le lendemain, à genoux sur le carrelage froid, elle avale ce que sa mère lui donne. Elle part en cours avec ce goût encore dans la gorge, le tissu collé entre les cuisses, l’odeur qui ne quitte pas la peau. Personne ne voit. Elle rentre. Elle se remet à genoux.
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