

Simon fait partie de ces gens qui, un beau jour, se réveillent avec une petite folie douce coincée dans la tête… et qui décident de la suivre.
Jusque-là, sa vie était parfaitement « bien rangée » : une femme aimée, des enfants, une situation stable, une maison avec jardin. Et puis, un grain de sable. Enfin… dans son cas, le chirurgien appelle ça un « calcul rénal ». Un tout petit morceau de calcaire — minuscule, presque risible — mais suffisamment têtu pour immobiliser un homme, bloquer un emploi du temps et ridiculiser une mécanique soigneusement huilée depuis des années.
Sauf que chez Simon, ce caillou-là ne se contente pas de passer : il se métamorphose. Il prend la voix d’une animatrice de radio, Zoé. À partir de là, tout bascule doucement. Villes citées à l’antenne, phrases énigmatiques, clins d’œil involontaires ou peut-être pas… Il transforme l’émission en jeu de piste secret. Enfin, la vie lui propose une chasse au trésor. Et Simon la prend au mot.
Ce que j’aime dans ce livre, c’est qu’il ne raconte pas une révolution spectaculaire, mais un réveil discret et irréversible : celui d’un homme qui veut simplement recommencer à sentir quelque chose de fort l’emporter. Les indices semés à la radio tracent une route improbable jusqu’à Saint-Siméon, au Québec, là où Zoé filme les baleines pour un enfant malade, quelque part en France.
Ce qu’il se passe ensuite, je ne vous le dirai pas. Mais si vous êtes amateurs de rendez-vous suspendus — parfois manqués, parfois miraculeusement réussis —, si les coïncidences vous troublent, si vous aimez les êtres qui doutent mais avancent quand même, alors vous devriez ouvrir le livre de Grégoire Dibos.
Et si, un jour, vous avez déjà eu envie de tout laisser en plan juste pour suivre une intuition, un pressentiment, une voix… il y a de fortes chances que ce roman soit, un peu, le vôtre.

« Et le soir même au crépuscule premier, allongée sur la fluigise dont la masse vert pâle se creusait doucement sous son corps, Elyptée ouvrit le premier grimoire, caressa le parchemin très doux, et commença à lire… »
Et si vous ouvriez un livre en sachant qu’il contient la mémoire entière d’un peuple disparu, qu’éprouveriez-vous ? De la curiosité ? Un léger vertige ? Le sentiment un peu solennel d’entrer dans un monde qui n’existe plus que sous la plume d’une conteuse.
Le royaume de Kergal, de Anne Gounon, raconte la naissance et la chute d’un royaume, fondé dans la sagesse puis emporté par la prophétie d’une sorcière et la menace d’Alecto, l’étoile dévoreuse. On y croise rois, prêtresses, créatures, peuples souterrains et voyageurs contraints à l’exil. Entre combats, alliances inattendues et fuite vers l’inconnu, la question qui traverse le récit reste simple : que sauve-t-on vraiment, quand tout s’effondre ?
Le texte déploie un imaginaire très visuel — deux soleils, forêts sacrées, métaux, couleurs — dans une langue ample, presque ancienne. Ici, la spiritualité accompagne le pouvoir au lieu de s’y opposer : les femmes y sont guides, sources, passeuses de savoir. La magie n’est pas un effet, mais une manière de comprendre l’ordre du monde.
Les Grimoires de Kergal, c’est exactement cela : un texte qui se découvre comme un vieux coffret dont on soulève le couvercle et qui dévoile son contenu : royaumes engloutis, dragons bleus, reines partagées entre deux mondes, peuple en fuite, dieux capricieux qui observent tout cela de très haut… Mais le cœur du livre est simple : un royaume prévenu qu’il va disparaître, décide de sauver au moins une chose : son histoire.
Cet ouvrage de SFF parlera à celles et ceux qui ont grandi, mais aiment toujours les contes ; ceux qui savent que les royaumes périssent, que les civilisations s’effacent, mais que quelque chose demeure tant qu’il reste un livre à ouvrir et une mémoire à transmettre.

Vous avez écrit un livre : un roman, un essai, des poèmes… Il traine dans un tiroir.
Publiez-le sans frais, partagez-le, faites le lire et profitez des avis et des commentaires de lecteurs objectifs…
Toute la diversité, la richesse du catalogue de @monBestLibrairie s'exprime avec ces deux nouveautés, bonne réussite aux auteurs et merci @monbestseller pour ces mises en avant !
Un immense merci à mon best seller pour cette superbe mise en avant.
Mais comment remercier Eric Neuville ? Son analyse est si fine, si juste, et en même temps si élogieuse, que j'en suis tout émue et que je ne sais plus que dire...
On ne pourra jamais mieux parler de mon livre, et mille mercis me semblent faibles, cher Eric.
Merci aussi à la chère Vanessa et au gentil philosophe.
Anne Gounon
J'aime le fantastique et la sf : donc je suis comblé !!