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Le 25 jui 2018

Garder un seul livre, vous dîtes ?

De la transmission à l’éducation, il n’y a qu’un pas. Delphine Robin dans le scénario Fahrenheit le franchit sans sourciller. Elle souhaite sauver un livre qui traite des relations mère-fille. L’apprentissage d’un statut de femme, d’une vie de femme. Une romance utile qui apprend les valeurs à transmettre, un peu plus sans doute quand on l'écoute. Un chemin vers l'émancipation.
Virginia C. Andrews, la saga d('une relation mère- filleVirginia C. Andrews, la saga d'une relation mère- fille

Fahrenheit 451, vous dites ?  Si aujourd’hui tout s’enflamme et se consume alors en effet, il y a urgence, mais la réflexion est tout faite. Ni une, ni deux, ne sauver qu’un livre, et déjà l’apprendre par cœur.  Ca ne peut être que celui-là, il est profond, sans restriction, entier, universel. Le choix est instantané, et spécialement sélectionné pour en transmettre le contenu à ma fille, à toutes les jeunes filles :

Un roman intitulé La Saga de Heaven écrit par l'auteur Virginia C. Andrews. Un récit bouleversant et riche d’enseignement. Quelle mère ne sait jamais demandé ce qu’elle devait nécessairement apprendre à ses filles ? Quelles valeurs leur inculquer ? Vers quelle voie les diriger ? Et comment trouver un équilibre tout simplement.

La Saga de Heaven, c’est avant tout, un manuel relatant l’apprentissage de la Vie de Femme. De mon parcours personnel, je n’ai jamais eu de discussions intimes avec ma propre mère. L’hiver dernier, au coin de la cheminée, je me suis plongée dans ce livre (j’ai trente-cinq ans) et il est apparu comme une évidence. Je me rappelle mettre fait la réflexion que je n’aurais pas pris les mêmes décisions si j’avais compris la vie sous cet angle en étant plus jeune ! Un livre donc, que toutes les jeunes filles devraient avoir eu entre les mains en grandissant, car finalement l’Histoire se répète toujours inlassablement.  Qu’un roman soit écrit au 19eme, 20eme ou 21eme siècle, les fondements de notre monde,  les besoins vitaux, physiologiques et psychologiques des individus restent les mêmes, commandités par un génome qui répondra toujours aux mêmes fonctions primitives.

Cette saga retrace donc la vie entière d’une jeune fille au sein d’une famille extrêmement pauvre qui vit dans les montagnes. Elle connait la rudesse du travail, des hivers, de la pauvreté mais son courage et son envie d‘apprendre à l’école lui ouvrent les portes de ses propres propensions. Plus tard, elle devient une jeune fille riche, elle connaît alors l’abondance de l’argent et son pouvoir à double tranchant, les mensonges s’effacent pour en faire apparaître de nouveaux. Dans la pauvreté ou dans la richesse la vie n’est qu’un mélange de bonheur et de malheur mal mélangés, et ainsi se tisse l’enseignement qui la forgera et l’aidera à avancer dans le chemin le meilleur, au gré de moments de joie et de colère inopinées, de débonnaireté et de jalousie, de vengeance et de réconciliation…

L’adolescence est un passage douloureux dont le chemin est tortueux mais le bout du tunnel s’éclaire enfin. Heaven devient une jeune femme douée, elle connaît alors l’amour interdit, l’amour raisonné, son ivresse et ses chagrins, la sexualité dans tous ses tourments, celui de la passion, celui du pêché, celui de l’inceste, celui de l’adultère.

Les années passent encore et l’emmènent par des détours aussi sombres qu’extatiques. Heaven connait son premier accouchement, les joies et les contraintes de donner la vie. La sensation de se transformer physiologiquement, puis de consacrer sa propre vie à autrui. Laisser ses rêves de côté sans pour autant admettre les enterrer à jamais.

Cette romance est un miroir pragmatique de ce qui compose la vie nuancée des Femmes. Il est riche d’enseignement, de valeur à transmettre. Il a été pour moi le chemin retrouvé vers l'émancipation tant attendue, la légitimité des sens, la clé de mon propre épanouissement en tant que fille, femme, épouse et mère. Je me dis souvent que si ma fille me pose une question à laquelle je ne saurais pas répondre, alors je lui réciterais par cœur certains passages de La Saga de Heaven. Le jour où elle deviendra une femme, je lui remettrai ces cinq tomes mentor afin qu’elle en fasse lecture elle-même et hypothétiquement, je l’espère, qu’elle l’apprenne par cœur à son tour…

Cette Saga est très certainement intéressante. Je pense qu'elle ne peut-être écrite que par une femme vraie, une femme qui connait la vie. C'est un bon sujet, mais je ne suis pas suffisamment sensible ni "féminin" pour la lire. J'ai du mal aussi à lire du sexe. Trop de jeunes filles s'amourachent sans éducation ni rien connaître, en confondant l'amour et les odeurs animales qui s'attirent et sont la proie des hommes. Elles le paient par une ou des grossesses et sont ensuite abandonnées. Un grand malheur, des vies gâchées. En Asie, toutes les demoiselles sont éduquées fort tôt: tout pour l'homme. Pour ne pas le perdre. Elles sont attentives et savent tout faire. Il est vrai qu'elles sont beaucoup plus réservées et serviles que les Européennes. Deux fois pour moi ce fut un bonheur: avec une chinoise de Hong Kong, mannequin, et une Vietnamienne, quarante ans et magnifiques. Ca fait 18 ans ans que je suis avec une allemande. Nous nous exprimons en espagnol. Pas triste. Signe de terre et signe d'eau: "ensemble on fait de la boue". Et si je devais ne garder qu'un seul livre: Comment survivre quand le système n'aura plus les moyens de payer les migrants, peu à peu habitués au "confort"? Ca va être terrible! (chomage exponentiel et les fonctionnaires et les retraités ne sont pas productibles.).

Publié le 26 Juillet 2018