Et si un grand poème du XIIe siècle pouvait encore éclairer notre vie intérieure ? Inspiré du Chevalier à la peau de tigre de Chota Roustavéli, Le Code du Royaume intérieur propose 64 lois consacrées à la conscience, à la parole, à la peur, à l’amour, à la liberté, à la dignité et à la souveraineté intérieure. Chaque chapitre part d’un épisode et d’une strophe du poème pour en proposer une lecture contemporaine et introspective. Il n’est pas nécessaire de connaître Roustavéli pour entrer dans le livre : l’œuvre se lit comme un chemin autonome de réflexion et de transformation intérieure.
Ce livre est noté par
@Germain Dufour
Merci pour votre question, elle est tout à fait légitime.
Je ne me présente pas comme une spécialiste académique de Roustavéli, ni comme quelqu’un qui prétend détenir une vérité définitive sur son œuvre. Le Chevalier à la peau de tigre fait partie de mon héritage culturel, et c’est un texte que je porte depuis longtemps.
Mais il y a aussi une raison plus personnelle. Depuis des années, je m’intéresse à la vie intérieure de l’être humain : à la manière dont se construisent nos désirs, nos peurs, nos blessures, notre parole, notre force, nos contradictions. C’est d’ailleurs ce questionnement qui m’a conduite vers l’écriture. Ce livre n’est pas mon premier, et mes autres textes traversent eux aussi, chacun à leur manière, cette même recherche autour de l’être humain et de ce qui se joue en lui.
En relisant Roustavéli avec ce regard, j’ai commencé à voir autre chose derrière l’aventure, l’amour et l’héroïsme : une sorte de cartographie intérieure, où les personnages, les épreuves et les choix peuvent aussi être lus comme différentes forces à l’œuvre en nous.
Ce qui m’a frappée, c’est qu’un poème du XIIe siècle pouvait encore parler de conflits très actuels : aimer sans posséder, traverser la douleur sans s’y perdre, distinguer la force de la violence, apprendre à ne pas gaspiller sa parole, ou encore retrouver un centre quand tout en nous semble partir dans des directions différentes.
C’est de là qu’est né Le Code du Royaume intérieur.
S’il fallait en résumer l’idée principale, je dirais simplement ceci : nous ne sommes pas toujours unifiés intérieurement. Notre parole, notre désir, notre peur, notre douleur, notre amour ou notre force peuvent parfois se contredire. Le travail consiste alors à les remettre en ordre, à retrouver une forme d’unité.
Les 64 lois viennent de cette lecture-là. Je ne cherche pas à « expliquer » Roustavéli, encore moins à le réduire. J’ai simplement voulu partager ce que son texte a ouvert pour moi, et laisser au lecteur la liberté de voir s’il y reconnaît, lui aussi, quelque chose de sa propre vie intérieure.
"l’œuvre se lit comme un chemin autonome de réflexion et de transformation intérieure" - Si vous le dites… j’ai parcouru quelques pages, essayé de m’infiltrer, mais qui êtes-vous pour avoir consacré ce travail à ce poète géorgien, pourquoi ce travail, et de manière générale, quel est l’enseignement que votre résumé pourrait évoquer pour donner envie de le découvrir ?