Debout sur le quai, Rémi regardait droit devant lui.
La foule quittait le TGV en horde. Ça lui rappelait les matins d’été à la ferme de mamie. La vieille femme faisait coulisser la porte en bois de l’étable et les génisses se précipitaient dehors. Les sabots cognaient le sol, on comprenait les coups d’épaule. Cette précipitation vers la lumière comme si le jour avait trop tardé à venir. La vie qui n’attend pas.
Rémi ferma les yeux à l’arrivée du courant d’air. L’odeur de frottement des freins se métamorphosa en foin frais.
De dos, avec son sac Eastpak et son jean trop large, on aurait pu croire qu’il n’avait pas changé. Mais son crâne dégarni trahissait son avancée dans la vie. Car il n’avait plus quinze ans Rémi. Non, il avait eu des factures à payer et surtout des regrets et
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