Frida C
Présentation

J' alterne deux pôles des romans que je dévore pour l’intensité et des essais que je picore pour comprendre le monde. J'aime quand c’est écrit “avec de la matière”, quand il y a une ambiance, des corps, un danger, une vérité émotionnelle.

Frida C a noté ces livres

2.01
Crime en mer est un polar classique, bien ficelé, avec une ambiance très « sud de la France » qui sent le sel, le mistral et les intrigues de notables qui se haïssent en souriant. On est clairement dans du cosy-noir provençal revisité : yacht-club huppé, chirurgien séducteur, champagne sur le pont, mais avec un meurtre en pleine parade olympique – le contraste est malin et donne tout de suite du relief. Les points qui m’ont plu :L’ambiance est réussie. Marseille, le Vieux-Port, les calanques, les régates… on sent que l’auteur connaît les lieux (ou les a très bien documentés). Les descriptions sont précises sans être lourdes, et ça donne vraiment envie d’y être. Le tandem Alexis Casanova / Lucie Roussel fonctionne bien. Juste ce qu’il faut de tension personnelle (la J’aime bien ce côté « vieux briscard + jeune collègue qui le remet à sa place ». Les suspects sont variés et bien typés : le président du club un peu rigide, la femme trop parfaite, la secrétaire dévouée qui sait tout, le chirurgien play-boy… Ça sent le vrai monde des notables marseillais, avec leurs hypocrisies et leurs petites guerres d’ego. C’est savoureux.
Publié le 31 Janvier 2026
3
Franchement, j’ai lu presque d’une traite, et ça m’a fait un truc bizarre : à la fois envie de hurler et envie de serrer les deux mecs dans mes bras. C’est pas le genre de polar cosy où tu te fais câliner par l’intrigue. Là, ça tape, ça gratte, ça te met mal à l’aise et c’est fait exprès.Antoine, le vieux flic usé avec sa moustache et son flingue dans la poche intérieure, et Vincent, le jeune journaliste qui a déjà trop vu pour son âge… leur duo m’a tuée. Pas dans le sens mignon « bromance », non : dans le sens où on sent qu’ils se sauvent la vie sans jamais se le dire. Il y a une tension sexuelle qui n’est jamais dite, mais qui traverse tout le livre comme une lame fine. Et ça, putain, c’est rare en France. On n’ose plus écrire ça. L’histoire sur le réseau de traite camouflé en asso subventionnée et en discours d’inclusion, je l’ai trouvée glaçante parce qu’elle sonne juste. Pas de méchants en cape noire, pas de complot mondialiste de dessin animé : juste des gens ordinaires qui ferment les yeux pour garder leur poste, leur image, leurs aides européennes. Et au milieu, des gamines et des gamins sacrifiés. Ça m’a rappelé des trucs que j’ai entendus, que j’ai vus passer dans des témoignages Le livre ne te fait pas la morale. Il te montre. Et à la fin, il ne te donne pas la victoire sur un plateau. C’est pas beau, c’est pas réconfortant, et c’est pour ça que ça reste en tête. Bref, je l’ai terminé avec la rage au ventre et les larmes aux yeux.
Publié le 31 Janvier 2026