Oscar Ekman

Biographie

Suédois francophile, j'écris surtout en anglais mais commence à adapter mon travail en français.

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Oscar Ekman a noté ces livres

3
Un roman ambitieux qui aborde de front des sujets puissants : l'adoption, le secret de famille, l'inceste (ou plutôt sa frontière trouble quand les liens du sang sont fictifs), la quête d'identité, la transmission générationnelle de la souffrance. Le dispositif des lettres posthumes est habile et le double récit, malgré ses déséquilibres, maintient l'intérêt jusqu'au bout. La voix d'Odalice est la grande force du livre — c'est elle qui donne au roman sa densité émotionnelle et sa profondeur psychologique. Un seul bémol pour ma part : j'ai toujours du mal avec les textes écrits au présent Mais il y a dans cette saga familiale transatlantique un souffle romanesque sincère et une réflexion touchante sur ce que signifie « appartenir » — à une famille, à un nom, à une histoire.
Publié le 13 Février 2026
2.01
Une fresque historique d'une rare ambition : Rome 1770, le Vatican, Mozart adolescent, sociétés secrètes, un jeune aristocrate en fuite. L'auteur maîtrise sa matière – la documentation est impeccable, l'écriture ciselée, la structure en fugue parfaitement orchestrée. Les personnages secondaires sont remarquables : Jacinto, Guarani torturé par l'Inquisition devenu maître-chanteur, bouleverse par sa trajectoire tragique ; Andréa, castrat prisonnier de sa voix céleste, livre un journal intime d'une lucidité déchirante. Le Vatican y apparaît dans toute sa complexité : sublime et corrompu, mystique et politique. Hélas, les protagonistes restent trop lisses. Renzo manque de relief, Cléa demeure brumeuse, leur romance manque de tension érotique. Et cette fin – trop sage, consensuelle – évacue les tensions accumulées en 180 pages pour nous livrer un happy end qu'on n'attendait pas d'un roman aussi noir. Dommage, car la matière première est exceptionnelle. Roman pour lecteurs patients, cultivés, amateurs de Eco et de musique baroque.
Publié le 07 Février 2026
3
J’ai bouclé Ligne Rouge hier soir et la suite a largement tenu ses promesses. Le dernier chapitre résonne encore – le chant dans la voiture, comme un acte de résistance, puis le cri dans la montagne… Phrases courtes, paragraphes denses, narration cinématographique. Les moments de grâce contrastent avec les descriptions des "zones grises" où la République a abdiqué. Le fond politique est frontal : wokisme comme idéologie destructrice, élites qui ferment les yeux au nom du progressisme, dissolution planifiée par des fondations et des bureaucrates européens. L’intrigue est captivante, tendue comme une corde de violon, mais le plus réussi ce sont les deux héros. Antoine Blondel, le détective, incarne une certaine idée de la France qui se perd. La cinquantaine bourrue, divorcé, amateur de boxe, de bourgogne et de tête de veau. Un homme qui s'est fait virer de la police pour avoir eu raison. Bref, un archétype. Face à lui, Vincent LeGoff, le jeune journaliste blessé mais ceinture noire de judo, incarne une génération nouvelle de résistants qui refusent le conformisme idéologique. La rencontre du vieux lion fatigué et du samouraï hypersensible, donne au roman une mélancolie virile inattendue, c’est très beau, juste et rare. Autour d’eux, tout une galerie de personnages secondaires ciselés et souvent attachants : Alexandre le jeune rédacteur en chef; Médioni, l'avocat sulfureux; Oscar le hacker dans l’ombre; Berger et Lelièvre les fonctionnaires corrompus; Yassine, l’âme damnée; Louise la fugitive; Malik l'apostat ; Perrine la victime courageuse.… Quelques longueurs dans le second quart mais pas de temps mort. A partir de la deuxième moitié, tous les éléments se télescopent dans un emballement effréné. Un roman dense, atypique, addictif et sans concessions, qui mérite d’être publié. Merci et encore bravo.
Publié le 01 Février 2026
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