Petites philosophies additionnelles

38 pages de Dr Michel Laurent 2
Petites philosophies additionnelles Dr Michel Laurent 2
Synopsis

Nouveauté du 31 Janvier 2026 :
Éloge des phrases qu’on répète trop souvent
Petite métaphysique des formules usées

21 Janvier 2026 :
L’art discret de ne pas savoir faire

16 Janvier 2026 :
De l’attachement disproportionné
Petite philosophie des choses qui n’auraient pas dû faire si mal

11 Janvier 2026 :
Petite métaphysique des objets inutiles
Ce que les choses qui ne servent à rien savent de nous

10 Janvier 2026 :
Maman, t’as déconné…

En supplément aux « Petites philosophies du désordre » :
https://www.monbestseller.com/manuscrit/24747-petites-philosphies-du-desordre

Publié le 06 Janvier 2026

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37 commentaires , 3 notes
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3
Décidément, j'aime beaucoup vous lire. J'en aimerais davantage ! Je suis toujours déçue quand la fin arrive.
Publié le 06 Février 2026

@Vanessa Michel

Merci Vanessa pour cette lecture si généreuse. Vous avez mis des mots très justes sur ce qui, dans ces formules, résiste encore, dans le refus obstiné de la rupture nette. Ces phrases disent notre difficulté à accepter la fin, notre besoin de croire qu’un fil subsiste, même ténu, même imaginaire.

Si le texte a pu faire ressentir cette zone floue entre tendresse et lâcheté, entre soin et esquive, alors il a trouvé un lecteur exactement là où il devait.

Merci une fois encore, Vanessa, pour votre commentaire.

Publié le 01 Février 2026

❤️❤️❤️Quel plaisir que le partage du jour, toujours si délicatement écrit, pensé et ressenti.

Ces phrases qui refusent de croire que le lien est distendu, abîmé ou rompu… « On se tient au courant » ; « à très vite ! » ; « on se fait ça »… Autant d'au revoir qui nous laissent croire que nous sommes et restons reliés ; autant de départs qui se mentent et refoulent nos inévitables séparations d'avec l'autre.

Merci pour ce délicieux moment ! Bon week-end à vous @Michel Laurent

Publié le 31 Janvier 2026

@Fiorina Salerno
Merci pour cette lecture si attentive et inspirante ! Je suis en effet persuadé que nos petits dérapages du quotidien, loin d’être de simples accidents, révèlent quelque chose de notre humanité et que, parfois, un peu de philosophie se cache vraiment dans l’ombre de nos maladresses.

Publié le 23 Janvier 2026

@Ingrid Dirickx
Merci infiniment pour ce très beau retour ! Vos mots me touchent, et je suis ravi que ces petites choses de la vie vous parlent autant qu’à moi.

Publié le 23 Janvier 2026

@Michel Laurent
« L’art discret de ne pas savoir faire » propose une phénoménologie de la maladresse ordinaire. Il s’inscrit dans une tradition philosophique attentive aux décalages par lesquels le sens surgit là où la norme échoue. En ce sens, la référence à Vladimir Jankélévitch est pleinement justifiée avec ce goût pour ces situations où la relation se règle par une sensibilité à l’autre. La maladresse devient une catégorie morale, révélatrice d’une sincérité que la maîtrise parfaite étoufferait.

Cependant, si Jankélévitch fournit l’arrière-plan philosophique, Philippe Delerm offre la tonalité dominante, une manière d’habiter le monde avec humanité. Comme chez Delerm, il ne s’agit pas de théoriser lourdement, mais d’une pensée qui passe par l’humour et la reconnaissance de nos failles. Le texte transforme le petit malaise social en expérience partageable, et fait de l’imprécision un art de vivre.

Publié le 23 Janvier 2026

J’ai aimé votre façon de philosopher sur de petites choses de la vie, tellement ancrées en nous que l’on ne s’y attarde plus.
Une poignée de main, quoi de plus banal ?
Pourtant, ce petit geste, vous le décortiquez et l’analysez comme le ferait un psychanalyste face à un cas singulier. Wow.

Publié le 23 Janvier 2026

Soit. Merci pour cette réponse détaillée qui éclaire vos propos...

Publié le 22 Janvier 2026

@Vanessa Michel
Chère Vanessa,

Merci pour cette lecture si généreuse. J’aime beaucoup l’image du « gâteau de soirée » — elle dit exactement ce que j’espérais : quelque chose que l’on partage, qui n’a d’autre ambition que de créer un instant de douceur et de connivence.

Votre évocation de la bise est fort juste. Elle portait en elle ces mêmes hésitations, ces micro-ratés, ces sourires embarrassés qui, loin de gêner, faisaient naître une forme de joie immédiate. On s’excusait en riant, on invoquait la géographie pour masquer notre trouble, et l’on repartait un peu plus humains qu’en arrivant.

Ce « quelque chose qui respirait », vous le nommez de manière magnifique. Ce qui nous manque aujourd’hui n’est peut-être pas tant le geste lui-même que cet espace d’imperfection partagée, où le corps avouait avant les mots.

Merci d’avoir prolongé le texte de votre propre mémoire sensible. Elle l’éclaire autrement, et me rappelle pourquoi j’aime tant écrire sur ces presque-riens (comme disait Jankélévitch) : parce qu’ils contiennent, souvent, l’essentiel.

Très belle journée à vous.

Publié le 22 Janvier 2026

@Elyas 11
Le texte ne propose ni une étude comportementaliste, ni un discours scientifique sur la poignée de main. Il s’inscrit volontairement dans un registre métaphorique et légèrement ironique, où le geste sert de prétexte à interroger nos maladresses relationnelles plus larges.

La poignée de main n’est pas ici décrite comme un protocole universel ni comme un invariant contemporain. Qu’elle se pratique moins depuis le Covid est d’ailleurs un élément qui renforce, à mes yeux, son intérêt symbolique : elle devient un geste un peu archaïque, fragile, chargé de projections, précisément parce qu’il n’est plus évident. Le texte parle moins du geste en lui-même que de ce que nous y déposons — attentes, hésitations, désir de bien faire, peur de mal faire.

Vous évoquez l’intention, l’attention, le regard, la dimension affective du geste. C’est exactement ce que le texte évoque, mais par le détour de la mise en scène de la maladresse. La « durée », la « fermeté » ou la « mollesse » ne sont pas des critères normatifs, mais des leviers narratifs pour faire émerger ce moment où le protocole échoue et où quelque chose de plus humain affleure.

Je ne pense pas que ce texte prescrive une « bonne manière » de se serrer la main. Il me semble qu’il aurait plutôt tendance à montrer que, dès que l’on tente de bien faire selon des règles implicites, on s’expose au décalage — et que ce décalage est souvent plus révélateur que le geste réussi. En ce sens, la comparaison finale avec l’amour ou le sexe n’est pas une équivalence, mais une analogie : des espaces où la technique ne suffit jamais à dire la qualité du lien.

Que cette entrée en matière ne vous ait pas convaincu ne pose pas le moindre problème. Pour autant, elle ne relève en rien, me semble-t-il, d’un contresens scientifique : elle assume pleinement sa subjectivité et son intention littéraire.

Publié le 22 Janvier 2026

Cher ami, il est évident qu'en l'absence d'argument, vous êtes exonéré de réponse... Bien que tte demarche philosophique honnête, cherche et accepte la controverse...

Publié le 22 Janvier 2026

Je découvre votre nouveau gâteau de soirée (pâtisserie de luxe), avec toujours ce sourire pour ces tendresses soulevées, pour ces mots faussement distancés et pudiques qui délivrent, ici ou là, des moments que l’on a tous pu ressentir ou vivre.

Et puis je m’aperçois, avec une légère tristesse, de la rupture COVID, de cet avant demeuré lointain et de cet après qui nous poursuit. Parce qu'autrefois, les hésitations se nichaient (me semble-t-il) au cœur de la bise.

Combien en faire ? De quel côté se pencher en premier ? Parfois, l’autre cognait un peu fort notre pommette, certains restaient trop écartés ; la bise s’attardait ou s'arrêtait trop tôt. On riait, on prenait pour excuse notre région d'origine — c'était elle, la fautive, pas nous, et par convention nous faisions tous semblant de le croire.

Vous écrivez que le lien naît du « léger décalage entre ce que nous voulons faire et ce que nous faisons réellement. Dans cet écart, fragile et tremblant, quelque chose respire. » Et quelque chose respirait, en effet, dans la légèreté et le plaisir de la bise d'antan. Notre cœur, nos balbutiements. Notre humanité.

Quelle beauté que nos timidités et que nos imperfections !

Belle soirée à vous, cher Michel, et à bientôt.

Publié le 21 Janvier 2026

Il pleut sur Narbonne. Coincé devant mon ordi, j’ai lu de bonne foi le premier chapitre, l’histoire de la poignée de main… D'où le danger de republier et de passer devant les autres...
Première remarque : depuis le Covid, ça fait cinq ans, elle ne se pratique plus, ou peu…
Et quand bien même, quel est le fondement scientifique de cette pseudo étude comportementaliste sur les différentes manières de se serrer la louche ?
Une poignée de main est un acte émotionnel et instinctif, qui n’est pas une question de durée ou d’intensité, mais d’intention et d'attention. Peu importe que ce soit court ou long, qu'elle soit dure ou molle (je parle de la main), tout passe par le regard ou l’absence de regard, comme en amour qui est la version radicale de l'amitié, du respect et de la politesse...
Une poignée de main est une brève étreinte psycho-socio-affective, une question de considération, de reconnaissance de l'autre, qui en dit bien davantage qu'un geste technique... Comme l'amour ou le sexe, toutes proportions gardées...

Publié le 21 Janvier 2026

Merci, Fiorina, pour ce nouveau commentaire encourageant.

Publié le 17 Janvier 2026

@Michel Laurent À propos de « De l’attachement disproportionné »

Méditation d’une grande justesse et d’une sensibilité rare sur la fragilité de nos ancrages ordinaires. Comme vous le montrez, nous habitons le monde moins par les événements que par les continuités, les gestes répétés, les petites choses qui soutiennent notre présence. En soulignant l’attachement au détail et à l’imparfait, ce texte réhabilite une éthique de la durée et de la fidélité, où la vulnérabilité devient une forme aiguë de lucidité.

Publié le 16 Janvier 2026

Merci @Fiorina Salerno pour votre commentaire.

Publié le 11 Janvier 2026

Cher ami,
Vous êtes merveilleux.
Vous poussez le style jusque dans les réponses à vos pauvres lectrices.
Que dis-je merveilleux ?
Vous êtes un authentique magicien.
Le Surfer d’Argent de la Nov Littérature.
Le polisseur des barres littéraires et pourtant parallèles.
À vous seul (plus votre double) vous êtes à l’aube de découvrir le Curling Littéraire. Ne lâchez rien, nous vous en conjurons.

Avec mon empressée dévotion, je vous nommerai désormais Vénénéré Maître du Clavier en ré mineur.
Votre dévoué Miroslav de Morny, épaté, conquis et néanmoins catastrophé.

Publié le 11 Janvier 2026

" Maman, t’as déconné... " Une émotion rare. Superbe texte.

Publié le 11 Janvier 2026

@Vanessa Michel
Merci Vanessa pour vos mots si chaleureux.
Parfois, libérer ce qui traîne au fond du cœur allège la phrase autant que l’âme.

Publié le 11 Janvier 2026

❤️❤️❤️
Cher Michel,
« Maman, t’as déconné… ».
J'ai adoré, tout simplement.
Il y a tellement de choses si belles, dans les phrases (« ces couches pleines de vérités tardives »…) ; dans les idées ; et dans les sentiments…
C'était un vrai plaisir, d'émotion et de lecture. Un grand merci !
Belle soirée à vous.

Publié le 10 Janvier 2026

@Vanessa Michel

Chère Vanessa,
Votre commentaire m’a profondément touché parce qu’on sent, à chaque ligne, une lecture habitée, complice, presque attentive au souffle autant qu’aux mots. Vous ne vous contentez pas de dire que ces textes vous ont plu : vous en avez saisi le mouvement intérieur.

Quand vous parlez de mon goût pour les silences et de cette obstination à les laisser parler, vous mettez exactement le doigt sur ce que j’essaie de préserver. Dans De la conversation ratée comme forme d’art, il est écrit très simplement que la parole n’est qu’« une tentative ». Tout est déjà là : accepter qu’elle trébuche, qu’elle arrive à côté, qu’elle échoue parfois avec douceur — et que cet échec soit peut-être sa forme la plus sincère.

Votre remarque sur la tendresse accordée aux ratés, aux maladresses, m’est particulièrement chère. Elle traverse aussi Contre le mythe de la clarté intérieure, où je revendique ce « droit au brouillon » qui n’est ni une paresse ni une posture, mais une façon de rester disponible à ce qui déborde, hésite, se contredit. Vous avez raison : l’époque aime les lignes droites, les positions nettes, les réponses rapides. J’ai surtout essayé, à l’inverse, de laisser une place aux retards, aux non-dits, aux heureux hasards — à cette forme d’équilibre qui ne tient que parce qu’il vacille.

Ce qui me touche le plus, enfin, c’est votre image des fenêtres ouvertes. Si ces textes ne cherchent pas à enfermer, c’est précisément parce qu’ils n’ont pas vocation à convaincre. Ils préfèrent accompagner, suggérer, laisser passer un peu d’air et de lumière. Que vous y ayez perçu des sourires, de la méditation et cette liberté-là est un cadeau immense.

Quant à la troisième petite friandise livrée ce matin (« Maman t’a déconné... »), je vous laisse la découvrir, elle est très personnelle, proposée sur un ton singulièrement différent...

Merci, vraiment, pour cette lecture attentive, généreuse et délicate. Elle donne envie de continuer à écrire ainsi : à voix basse, mais portes grandes ouvertes.

Publié le 10 Janvier 2026
3
Oh là là ! Si l’on est sommé de choisir, vraiment... ça sera les Pink Floyd et les Doors pour moi ;-) Belle soirée à vous.
Publié le 09 Janvier 2026

Cher Michel,

Quel bonheur que ces petits suppléments (d’âme) ajoutés aux chroniques déjà publiées !

J’y retrouve avec plaisir votre goût des silences — et votre passion : les faire parler —, ainsi que votre infinie tendresse pour les ratés, les maladresses, ces gages d’authenticité qui enchantent le quotidien de leur inimitable poésie.

Il me semble (hélas !) que l’art de la nuance, l’art de l’équilibre instable ainsi que l’art du peut-être et des heureux hasards ont fui depuis longtemps. J’ai l’impression, en vous lisant, de les retrouver intacts, et renforcés par l’élégance de votre plume.

Il est intéressant que votre travail sur la forme, épurée, délicate, directe, soit au service d’idées (de rêveries) qui prônent les contresens, les retards, les bévues, les non-dits… Cette apparente opposition fait pourtant union, fait fusion.

Merci pour ce partage empreint de sourires, de méditations, de réflexions qui n’enferment pas, qui n’imposent jamais. Vos nouvelles ouvrent grand les fenêtres du fond de la salle de classe et dehors : il fait soleil, et les oiseaux pépient dans les arbres.

Publié le 09 Janvier 2026

@A.P. Gounon

Chère Anne,
Merci pour cette lecture si généreuse. Votre commentaire m’a profondément touché, parce que, ne se contentant pas de « comprendre » les textes, il dialogue avec eux et les prolonge.

En effet, ce qui les relie implicitement, c’est cette définition de la vie comme une chose « confuse, fragmentaire, mal synchronisée, réfractaire à toute forme de perfection ». C’est un point d’ancrage essentiel, et une forme de tendresse revendiquée pour qui hésite et trébuche.

Dans "De la conversation ratée comme forme d’art", j’essaie de défendre l’idée que les échanges imparfaits — silences trop longs, phrases à côté, réponses trop tardives — sont paradoxalement plus fidèles à notre humanité que les conversations lisses et efficaces. « À l’inverse, les êtres confus sont souvent plus vivants. » Je le pense vraiment. Les anecdotes de conversations ratées ne sont drôles que parce qu’elles révèlent, sous la gêne, quelque chose de très fragile, donc de très humain.

Quant à "Contre le mythe de la clarté intérieure", vous en formulez très bien l’enjeu éthique : le doute comme antidote à la violence des certitudes. Vous avez raison de rappeler, avec Jezabel, que les hommes qui doutent ne tuent pas leurs contemporains pour divergence d’idées. Cette phrase devrait éclairer bien des débats actuels.

Votre lecture relie ainsi l’éloge de l’imperfection à celui de la nuance : deux formes modestes mais essentielles de résistance à la brutalité, à la simplification, à l’obsession d’avoir raison. Si ces textes peuvent offrir, ne serait-ce qu’un instant, un refuge pour ceux qui se sentent « légèrement de travers », alors ils ont déjà largement rempli leur rôle.

Merci encore pour votre regard, votre intelligence sensible et vos mots qui donnent envie de continuer à écrire — et à douter.

Amitiés sincères,
Michel

Publié le 07 Janvier 2026
3
@Michel Laurent. Ces deux petits textes délicieux me semblent simplement des réflexions sans prétention, subtiles et bien écrites par un auteur ayant le sens des nuances. Tout repose sur sa définition de la vie : "Confuse, fragmentaire, mal synchronisée, réfractaire à toute forme de perfection." Mais cette vie, il l'aime, et, en effet, le premier texte est un éloge de l'imperfection, qui confine à l'art "Les êtres confus sont souvent plus vivants." dit-il. Les deux anecdotes, exemples de conversations ratées, sont très drôles. Le deuxième texte, lui, est un éloge de la nuance, du doute, et, comme le dit Jezabel, les hommes qui doutent ne tuent pas leurs contemporains parce qu'ils n'ont pas les mêmes idées qu'eux. De nos jours, Ils sont malheureusement plutôt rares... Merci, Michel, d'avoir ajouté ces textes qui sont un plaisir de lecture. Amitiés Anne
Publié le 07 Janvier 2026

@Michel Laurent
Chère, très chère contradictrice, dites-vous ; j'espère tout de même ne pas vous coûter la peau des fesses.

Publié le 07 Janvier 2026

Cher et éminent arpenteur d’Egypte,
Rassurez-vous, je ne sors jamais sans mes bouchons d’oreilles. C’est principalement à cela que je dois mon ouïe si fine.
Et c’est elle qui me permet d’entendre le moindre froissement dans un texte. Vous savez, ce froissement qui chez certains auteurs peut aussi bien se manifester sous forme de grincement, ou de couinement, ou friselis, de bruissement, d’interruption involontaire, de pause inattendue, enfin brèfle tous ces petits frous-frous qui dénoncent l’humain dans l’écriture, sans compter les petites taches de transpiration sur la feuille, dont je perçois le petit floc, qui n’est pas sans rappeler celui du flocon de neige atterrissant sur une feuille de sassafras.
J’aurais été fort étonné de vous savoir prêt à fournir volontairement la notice, mais je crains fort que dans l’emballement vous ne l’ayez oubliée sur la table. À vouloir trop en faire, on finit effectivement par en faire trop.
Votre Miroslav, inspecteur de Wurlitzer en panne.

Publié le 07 Janvier 2026

@Jo Comédie
OK. Merci pour la précision et désolé pour la confusion.

Publié le 07 Janvier 2026

maelstrom et baraguinage concernaient la page des commentaires, pas votre texte. Pour info.

Publié le 07 Janvier 2026

@Jo Comédie
Merci pour la lecture attentive (même si elle n'a pas dépassé le premier texte).
Promis, aucune séance d’auto-contemplation intellectuelle n’a été blessée pendant l’écriture.
Et ravi que, malgré le maelström, le texte ait surnagé jusqu’à vous — surtout si c’est « du bon boulot ».

Publié le 07 Janvier 2026

@M. de Morny
Cher Monsieur Miroslav,

Me voilà donc démasqué : ce n’était pas de la philosophie, mais bien une vieille machine à airs persistants, à silences recyclés et à malaise bien tempéré. J’assume le Wurlitzer — il est à manivelle, capricieux, et joue parfois tout seul quand on n’a rien demandé. Rassurez-vous : je fournis les bouchons d’oreilles, mais jamais la notice. Et si la chansonnette vous poursuit cette nuit, dîtes-vous qu’elle n’est pas dangereuse : elle ne mord qu’à retardement. Enfin question philosophie, je vous crois davantage adepte du bonheur de la chopine à l’heure qu’imprégné du tragique de Chope et Hauer.

Avec mes salutations les moins préméditées.

Publié le 07 Janvier 2026

@Jézabel Foutredieu
Chère (très chère) contradictrice,

Vous avez raison : la vie est sans doute bien faite — c’est nous qui l’utilisons sans mode d’emploi, parfois à l’envers, parfois en chantant faux. J’assume donc ma part de bruit, de légèreté et même de petits pois mal écossés.

Quant à Derrida, je confirme : il a aussi vendu des cravates en crépon, mais seulement les jours de grève du sens.

Je vous remercie enfin de me rendre responsable de votre retard chez le psychiatre : c’est la fonction sociale la plus stable qu’on m’ait attribuée depuis longtemps.

Bon rendez-vous, bon silence (s’il tient), et miaou respectueux à la litière (je suis néanmoins choqué que vous puissiez soupçonner Mademoiselle Salerno, qui me semble avoir bien des qualités, de ne pas s’occuper de la litière de son chat, au prétexte qu’elle aurait des compétences philosophiques avérées).

Publié le 07 Janvier 2026

@Jo Comédie
20/80

Publié le 07 Janvier 2026

@Michel Laurent

Beaucoup de baraguinage sur cette page, du maelstrom universitaire pour faire étalage de ses connaissances et ramener un texte à ses propres croyances, le faire presque sien. Bref de la masturbation intellectuelle qui ne signifie qu'une chose : ces gens pensent sur la pensée des autres, ici la vôtre. Je n'ai lu que le 1er texte, mais c'est du bon boulot mister Laurent.

Publié le 07 Janvier 2026

Cher et distingué collègue,
Non, je ne m’étais pas volatilisé, mais comme une bonne poulaille consciencieuse, j’enquêtais ailleurs. En loucedé. Une enquête discrète. Rien de grave. Une pensée en cavale ayant tenté de fuir par une issue secondaire.
De retour sur monBestBook, sur quoi tombé-je ? Un texte philosophique. Rodjeudjeu, moi qui en raffole tant que j’échangeais tous mes carambars (depuis la maternelle) contre les œuvres complètes de Liebniche, Chope and Hauer, Woody Allen, Spinozetti, Alanus, et j’en passe.
Mû par mon réflexe de fin limier, je lis, je relis et passe au tamis 2.0 Je prends des notes. Tout y est, rien ne manque : =>la phrase préparée depuis des jours qui meurt sur place, => la réponse de secours, => le silence qui devient personnage, => la confidence orpheline, => la mutuelle brandie au mauvais moment (piste bonus), =>l’enterrement, bien sûr — toujours très fiable pour produire du silence dense.
J’enquête, j’enquête et à force d’enquêter, je comprends enfin : il ne s’agit pas d’une philosophie — même petite. On appuie sur "malaise", ça joue. On appuie sur "silence", ça joue. On reconnaît l’air. On attend le refrain. Il arrive. On peut même tapoter du pied en cadence. Je comprends alors l’achtuche, elle tient en seul nom, qui est, qui est (non, nous n’attendrons pas minuit pour avoir la clé de l’énigme)… Wurlitzer.
En nage, je referme mon carnet. Mais j’ai dans la tête l’air, ou sur le bout de la langue, la chansonnette qui s’appelait, qui s’appelait. Mon Dieu, m’écrié-je en bulgare — qui est la langue de mon désespoir — : pourvu que je n’en rêve pas cette nuit !

Votre définitivement dévoué Miroslav de M.
Au service des pensées suspectes non humaines, et des désordres en rang de bataille (ou d’oignons)

Publié le 07 Janvier 2026

@Michel Laurent
Désolée de vous contrarier (encore que je ne pense guère que cela vous froissera l'épigastre), mais j'insiste : la vie est bien faite. A y regarder d'un peu près, c'est plutôt nous qui sommes ratés, comme le démontrent nos conversations en général et, peut-être plus particulièrement, notre échange actuel et le commentaire de Mme Salerno. Au reste, vous et moi (et Mme Salerno, laquelle a commis l' "Allégorie des deux jumeaux" et divers commentaires philosophico-superfétatoires, alors qu'elle aurait sans doute mieux fait de changer la litière de son chat et de veiller au salut de son âme éternelle), nous sommes coupables d'une légèreté impardonnable - et cela est vrai aussi de toutes celles et ceux qui propulsent ici leurs écrits hautement cancérigènes -, car, comme l'a dit à peu de choses près l'inénarrable Vigny, seul le silence est grand, tout le reste est bruyant (je crois que le poète parlait plutôt de faiblesse, mais je ne suis pas poète, sauf peut-être et par inadvertance lorsque j'écosse les petits pois ; en revanche et pour tout vous avouer, j'ai l'oreille sensible). Brèfle, je ne vous félicite pas de nous avoir servi vos réflexions déconstructionnistes (je ne sais pas ce que ça veut dire ; jusqu'à Mme Salerno, je croyais que Derrida était le nom du vendeur à la sauvette de cravates en papier crépon qui opère à Opéra) et je vous abandonne là. En effet, le temps me presse ; j'ai rendez-vous avec mon psychiatre ; je vais encore être en retard ; tant pis ; j'en rejetterai la faute sur vous. Après tout, il faut bien que vous serviez à quelque chose. Non ?

Publié le 07 Janvier 2026

Oui, chère @Jézabel Foutredieu, la subtilance, la drôlitude et la magistralité sont des luxes que certaines, particulièrement brillantes et érudites, cultivent avec talent comme on bichonne un bonsaï philosophique. Mais rassurez-vous, le doute, lui, est gratuit, contagieux et garanti sans effets secondaires létaux (sauf intoxication par excès de topinambours, je l’avoue).

Quant à la conversation ratée comme forme d’art… eh bien, si le monde entier devait devenir artiste, il faudrait sans doute inventer une académie mondiale de ratages sublimes, avec jury composé de lézards indifférents et de fourmis critiques.

Le doute, en effet, est le seul art qui ne tue personne — à part peut-être nos certitudes qu’il fait danser comme des chats critiques sur des lampadaires mélancoliques. La conversation ratée ? Une performance involontaire où le monde entier pourrait se déclarer artiste, si l’on voulait bien reconnaître la beauté dans le bancal, le glissant, le presque-réussi. Ce sont des symphonies de miettes de logique et de fromage de tête. La vie n’est pas “bien faite” : elle est pleine de trébuchements philosophiques et de miettes de logique, où chaque ratage devient chef-d’œuvre.

Mais peut-être est-ce précisément dans ces ratages que la vie trouve sa forme la plus honnête, la plus drôle, la plus… vivante. Alors, décidément non, la vie n’est pas “bien faite” — elle est plutôt… délicieusement bancale, et c’est ce qui la rend supportable, voire admirable.

Publié le 06 Janvier 2026

Merci beaucoup chère @Fiorina Salerno pour cette lecture attentive et exigeante.

En effet, nulle intention de ma part de démontrer ou d’adopter une quelconque posture critique surplombante : c’était pour moi une ligne de conduite imposée, presque une contrainte formelle.

Il ne s’agissait ni de déconstruire au sens strict, ni de proposer un système alternatif, mais plutôt d’opérer de légers déplacements — parfois des raccourcis assumés — pour mettre à l’épreuve nos habitudes d’intelligibilité. Que certains convainquent est réjouissant, que d’autres puissent suggérer une mise en tension est stimulant.

Merci encore pour ce retour précis et motivant.

Publié le 06 Janvier 2026

@Dr Michel Laurent 2
Je n'ai certes pas la subtilance, la drôlitude et la magistralité de Mme Salerno, et je me fous assez considérablement de l'épistémologie, de la philosophie et du fromage de tête (je ne connais même pas ces insectes), mais je partage assez votre éloge du doute dans le sens où, à ma connaissance, les douteurs n'ont jamais tué personne (ou l'on ne m'en a rien dit) alors que les sûrs d'eux et du reste n'ont jamais rien fait que d'exterminer tout ce qui pouvait bouger autour d'eux. Maintenant, qu'une conversation ratée soit une forme d'art, au point où l'on en est ça ne me surprendrait pas du tout. Sauf que cela signifierait que le monde entier est artiste - et c'est là que mon doute s'installe - ce qui nous ramène à mon point de départ. Elle est pas bien faite, la vie ?

Publié le 06 Janvier 2026

Subtil, drôle et magistral ! Quelle maîtrise et quelle finesse ! Sur le fond, rien n’est démonstratif et c’est une sacrée force ! Le propos critique est tout sauf nihiliste, cette maladie chronique contemporaine de l'anarchisme de droite, qui ne conduit qu’à justifier la permanence de l’existant.

Le propos n'est pas non plus « déconstructionniste » à la Derrida, même si on y retrouve une certaine volonté de désobstruer la compréhension du monde des couches d'interprétations successives habituelles (celles de la raison et des sciences humaines), dans l’espoir de permettre un autre commencement de la pensée.

La forme exprime entièrement le fond : c’est ce qui contribue aussi à la richesse de ces petites philosophies. Il y a, sur les plans littéraire et épistémologique, des raccourcis que je trouve magistraux ! Quelques-uns me convainquent un peu moins. N’empêche que ces textes échappent à toutes les grilles de lecture connues, même si l’on cherche à se départir des schémas théoriques appris. Une performance et une véritable référence !

Publié le 06 Janvier 2026