@Antoine Guy
Beau texte vertigineux ! On y monte marche après marche, porté par le souffle du chêne, de l’humanité réconciliée et de la métaphore spiralée. J’avoue toutefois une petite déception, presque existentielle : une double révolution pour finir… en escalier (je n’ai pas parlé d’esprit...). Avouez que, dans un monde en manque de renversements décisifs, on espérait secrètement au moins une élévation morale immédiate, ou à défaut une sortie par le toit. Non : 178 marches, impeccablement sages, qui ramènent finalement à l’effort, à la sueur et au genou qui craque à mi-parcours. La révolution, décidément, reste très civilisée. //***//
Mais l’escalier se rattrape vite. Car en tournant sur lui-même sans jamais se confondre, il nous suggère quelque chose de plus intime encore : la double hélice de l'ADN, cette œuvre magistrale, sans compagnon charpentier mais avec quelques milliards d’années d’expérience. Deux brins, deux chemins qui se frôlent, s’observent, se répondent, sans jamais se percuter, une leçon de coexistence que nos géopolitiques gagneraient à copier, même en contreplaqué. //***//
Là où l’escalier élève les corps, l’ADN élève la question : sommes-nous condamnés à répéter la spirale, ou capables d’y introduire un pas de côté ? Peut-être que la sagesse consiste justement à accepter la rotation, tout en choisissant ce que l’on transporte dans sa besace génétique : un peu de beauté, un peu de coopération, et suffisamment d’humour pour ne pas prendre la montée pour une fin en soi. //***//
En attendant la prochaine double révolution — la vraie, celle qui change autre chose que d’étage — continuons à monter à pied. Pour le cardio, bien sûr, mais surtout pour nous garder suffisamment essoufflés afin de penser autrement.
Publié le 27 Décembre 2025