Mwezi L'intégrale

184 pages de Eli Luc Selmi
Mwezi L'intégrale Eli Luc Selmi
Synopsis

Ketwana, Afrique centrale. Quand la puissante multinationale Auror Corp s'empare de leurs terres, le village se déchire. Fuyant la mort, quatre destins que tout oppose se lient dans l'exil. Célestin, l'intellectuel déchu, et Elias, l'Enfant-Lune albinos traqué par les superstitions, entament une course pour la survie. Bientôt rejoints par Moussa et Joy, ils affrontent un périple impitoyable. Des sables brûlants du désert à l'enfer Libyen, jusqu'au froid glacial d'un camion vers Londres, ils devront déjouer les pièges de la Forteresse Europe et les sbires d'Auror Corp. Plus qu'un thriller implacable, Mwezi est un road-movie d'une urgence poignante où la noblesse de l'ombre et la solidarité deviennent les seules armes face au cynisme industriel.

Publié le 06 Avril 2026

Les statistiques du livre

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2 commentaires , 2 notes
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@Valérie Lafougère

Chère Valérie,

Il y a des retours de lecture qui touchent juste, et le vôtre tape en plein dans le mille. Savoir que vous avez capté l'essence d'Elias — non pas comme une simple figure symbolique, mais comme le véritable moteur de l'histoire — est sans doute la plus belle des récompenses.

Vous avez posé des mots très justes sur la conclusion : "C'est amer, et c'est juste." Dans la réalité brute de ce monde, on ne terrasse pas les empires, on essaie seulement de sauver sa propre meute.

J'entends aussi parfaitement votre remarque sur le manque de "respirations". Quand on a le nez dans la mécanique du récit pour maintenir la tension de cette fuite en avant, on oublie parfois de laisser le lecteur (et les personnages) reprendre leur souffle. C'est une critique très pertinente et précieuse que je garde en tête.

Ce que vous m'expliquez de votre roman, Les gants blancs, m'interpelle viscéralement. L'exclusion qui, au lieu de briser, finit par forger et révéler ce qu'on a vraiment dans le ventre... c'est une thématique qui résonne très fort en moi. C'est donc avec une authentique curiosité que je vais me plonger dans votre univers.

Merci encore pour l'acuité de votre regard sur Mwezi et pour ce très beau message. À très bientôt, du côté de vos pages cette fois.

Amicalement,

E.L. Selmi

Publié le 05 Juillet 2026
3
Quel souffle. On démarre dans un studio de Yopougon, devant une chemise blanche repassée au petit matin, et on se retrouve embarqué d'un bout à l'autre du continent jusque sous la pluie de Londres, sans jamais vraiment vouloir descendre du camion. Le récit file vite, mais il sait où il va. Ce qui m'a tenue, surtout, c'est Elias. L'idée de l'enfant albinos aveuglé le jour et qui voit dans le noir aurait pu rester un joli symbole ; vous en faites un véritable moteur d'intrigue. Le bluff au barrage des Léopards, le navire de sauvetage qu'il entend bien avant les autres au milieu de la Méditerranée, puis cet entrepôt plongé dans l'obscurité où, pour une fois, c'est lui qui y voit clair pendant que les tueurs tâtonnent : tout se répond d'une scène à l'autre. On sent le travail de construction derrière. Et la petite meute qui se forme autour d'un bidon d'eau tiède — Célestin l'avocat déchu, Moussa, Joy et son secret cousu dans les cheveux — m'a accompagnée longtemps après la dernière page. J'ai aimé aussi que vous refusiez la fin triomphale. Auror Corp se régénère en coupant sa branche pourrie, le Président s'attribue la vérité, Léonard retombe sur ses pieds. C'est amer, et c'est juste. L'idée qu'ils n'ont pas sauvé le monde mais sauvé leur monde reste en tête une fois le livre refermé. La note documentaire finale, du coltan au caporalato en passant par la route de l'Est, éclaire d'ailleurs tout ce qu'on vient de traverser sans jamais alourdir la fiction. Mon seul petit regret de lectrice : la tension est si continue que j'aurais pris volontiers deux ou trois respirations de plus, comme la halte dans la bergerie en ruines, où le groupe se pose enfin. Mais c'est le revers d'un roman qui ne lâche jamais sa proie. Bravo pour ce voyage. Une chose m'a suivie après la dernière page : Elias, cet enfant que les siens veulent éteindre et qui finit par trouver sa place auprès de ceux qui n'en ont plus. C'est exactement la question qui travaille mon propre roman, Les gants blancs, dans un décor pourtant à l'opposé du vôtre — celle de l'exclusion qui, au lieu de briser, finit par révéler qui l'on est. Si la curiosité vous mène un jour de son côté, votre regard de conteur sur ce texte me toucherait beaucoup.
Publié le 26 Juin 2026

@Raphaël Lylas
Bonjour Raphaël et merci beaucoup ! Je suis ravi que vous ayez aimé. Ayant vécu dix ans en Afrique, j'ai pu m'inspirer de nombreuses rencontres et d'histoires vécues sur place (comme la scène de l'accouchement). J'ai ensuite pris le temps de croiser mes propres souvenirs avec quelques recherches, en ajoutant juste ce qu'il faut de fiction pour en faire un roman. Merci de m'avoir lu !

Publié le 24 Avril 2026
3
Magnifique. J'ai aimé du début à la fin. Comment en savez-vous autant sur les réalités africaines ?
Publié le 22 Avril 2026