Par l’équipe monBestSeller octobre 2026Tout auteur éprouve à un moment ou un autre la nécessité de se renouveler ou de trouver une façon de dire plus pertinente, ou un autre point de vue. En ce sens, l’écriture expressive peut devenir un moyen ponctuel voire une méthode de travail.
Mise au point dans les années 1980 par les psychologues James Pennebaker et Joshua Smyth. Son principe est simple : poser par écrit, de manière brute et sans filtre, ses pensées et ses émotions les plus profondes liées à un événement difficile, stressant ou traumatisant dans un cadre temps préalablement défini.
A première vue, cela pourrait rappeler l’écriture automatique, mais les deux approches sont fondamentalement différentes.
Si le but de l’écriture automatique — que nous attribuons généralement à Freud et Breton — est l’exploration de l’inconscient, celui de l’écriture expressive est la réduction du stress lié à un événement douloureux et sa structuration.
Ce n’est cependant pas au niveau des buts que l’écriture expressive peut nous intéresser dans notre création littéraire, mais plutôt au niveau de conscience mobilisée pour la pratiquer. Ici encore, ne pas confondre avec l’écriture automatique qui requiert un lâcher-prise total, au contraire. L’écriture expressive se pratique en état d’hyperconscience. On choisit un sujet précis (un traumatisme, une inquiétude, etc.) et l’on plonge délibérément dans le « chaos émotionnel » armé d’un stylo et de feuilles de papier.
Pennebaker préconise d’étaler la pratique sur 3 ou 4 jours. De se fixer un rendez-vous avec soi-même pour écrire sans s’arrêter pendant 15 à 20 minutes sur l’événement choisi, en explorant le plus lucidement ses émotions et ses pensées intimes.
Avec la règle d’or suivante : Ne prêter aucune attention à l’orthographe, à la grammaire ou au style. Si on manque d’inspiration, répéter le dernier mot ou écrire « je ne sais pas quoi écrire » jusqu’à ce que le fil reprenne.
Le texte ainsi produit n’est destiné à personne. Il peut être conservé ou détruit.
Ici encore, grande différence avec l’écriture automatique qui donne des résultats souvent décousus, poétiques ou absurdes. Si l’on applique les consignes avec scrupule, le récit semble s’auto-organiser au fil des jours. Avec un peu d’entraînement (note de la rédactrice), cet effet peut être atteint en une seule séance.
Avec l’écriture automatique, vous posez la plume sur le papier et vous laissez votre inconscient dicter ce qui vient, sans chercher le moindre sens immédiat.
Avec l’écriture expressive, vous pilotez votre plume pour digérer et donner du sens à une expérience vécue.
L’écriture expressive a surtout été étudiée pour ses effets possibles sur le bien-être, avec des résultats scientifiques variables (et parfois contestés).
Mais pourquoi ne pas la détourner de son usage initial pour en faire un outil de travail ?
Nous qui passons tant de temps à chercher le mot juste, à construire, corriger, réécrire une scène, à trouver le point de vue qui structure le récit, ne gagnerions-nous pas parfois à écrire sans aucune exigence littéraire ?
Pour dénouer un blocage, explorer une émotion, retrouver une spontanéité que notre souci de bien écrire finit quelquefois par étouffer.
Mais aussi pour vivre l’expérience et renouer ainsi avec l’essence de l’écriture.
Une sorte de duel entre soi et une question, ou soi et les mots, ou soi et une histoire qui nous résiste, soi et un thème, soi et un personnage.
Pas de témoins.
Le pré : une feuille de papier ou un carnet.
L’arme : un stylo.
La règle : hyperconscience.
Alors, chers auteurs de monBestSeller, qui s’est déjà lancé dans l’expérience ? Qui est prêt à s’y lancer ?

Vous avez écrit un livre : un roman, un essai, des poèmes… Il traine dans un tiroir.
Publiez-le sans frais, partagez-le, faites le lire et profitez des avis et des commentaires de lecteurs objectifs…
Amusante, cette idée d'assimiler une technique thérapeutique à une forme de littérature, alors qu'elle en est tout le contraire.
Cette écriture expressive me fait penser à la peinture contemporaine, abstraite et sans règles : des taches sur une toile vierge. @Sylvie de Tauriac