Actualité
Le 23 aoû 2013

Etes-vous un « vrai » écrivain ?

Souvent cette question commence à nous préoccuper avant même d’avoir écrit une seule ligne. Suis-je un « vrai » écrivain ? Que faut-il pour devenir un « vrai » écrivain ? A force de tourner cette question dans tous les sens, on peut facilement tomber dans des considérations purement existentielles et philosophiques. Si je n’ai pas de vrais lecteurs, suis-je déjà un auteur ? Mais si personne n’entend un arbre tomber en Amazonie, cela veut-il dire qu’il n'est réellement tombé ? Qu’y a-t-il de plus important, la perception que l’on a de soi ou celle que les autres nous renvoient de nous-mêmes ?
Etes-vous un « vrai » écrivain ?Etes-vous un « vrai » écrivain ?

Sans rentrer dans ces considérations, qui débouchent souvent sur une voie sans issue, il y également beaucoup d’autres manières plus pragmatiques d’envisager cette question :

« J’écris mais je ne serai un « vrai » écrivain que lorsque j’aurais fini d’écrire mon premier livre. » ou « J’ai déjà écrit 3 livres mais je ne serai vraiment écrivain que lorsqu’une maison d’édition aura accepté de me publier ».

Et la surenchère peut vite devenir addictive : être édité, être reconnu, écrire un Best Seller, vivre de sa plume…

Alors qu’est-ce qui fait de vous un « vrai » écrivain ? Cette question est-elle seulement pertinente ? Voici un petit test qui va peut-être vous éclairer sur vos motivations.

1. Vous êtes en train d’écrire, l’un de vos proches vous interrompt pour vous demander un service. Que faites-vous ?

a. Vous arrêtez d’écrire et partez l’aider.  
b. Vous lui hurlez dessus : son interruption vous a perturbé et vous avez oublié la phrase que vous étiez en train d’écrire.
c. Jamais un de vos proches ne ferait ça. Ils savent tous qu’il ne faut pas vous interrompre lorsque vous écrivez.

2. Vous avez repéré un concours d’écriture qui vous convient :

a. Vous laissez le temps filer sans vous en apercevoir de sorte que, lorsque vous le réalisez, la date limite du concours est déjà dépassée.
b. Vous avez écrit un texte mais vous pensez qu’il n’est pas abouti. Vous préférez donc ne pas l’envoyer pour ne pas essuyer un refus que vous penserez justifié.
c. Vous envoyez votre texte, même si vous savez qu’il n’est pas aussi abouti que vous l’avez projeté. L’important est d’avoir produit quelque chose.

3. Vous venez de vous coucher et dans votre état de somnolence, une idée lumineuse se fait jour.

a. Vous poursuivez cette idée dans votre tête en vous disant qu’il sera toujours temps de la noter le lendemain.
b. Vous sortez de votre torpeur pour écrire quelques mots sur le carnet qui trône à côté de votre lit.
c. Vous sortez de votre lit et commencez à écrire jusqu’à l’exploration complète de votre idée.

4. Vous avez édité ou autoédité votre roman mais pour vous faire connaître, vous devez investir non seulement du temps mais aussi un peu d’argent dans la diffusion et la promotion de votre ouvrage. Que décidez-vous ?

a. Vous y renoncez car vous n’avez ni le temps ni les moyens de promouvoir ce livre. Vous attendez qu’un éditeur le fasse à votre place.
b. Vous investissez un peu de temps et un peu d’argent, mais les résultats vous déçoivent et vous renoncez rapidement.
c. Vous vous investissez entièrement dans la diffusion et la promotion de votre livre même si les retours sont faibles. Après tout, vous savez que les débuts sont toujours difficiles.

Résultats :

Ce test ne vise à démontrer qu’une seule chose : il n’y a pas de « vrais » ou de « faux » écrivains. Il y a des passionnés d’écriture et parmi eux deux types d’auteurs :

1. Ceux qui souhaitent être lus mais qui ne sont pas prêts aux sacrifices qu’impliquent une professionnalisation. Si vous avez une majorité de « a » et de « b », vous êtes dans ce cas. Plusieurs raisons alors : soit vous n’avez pas assez confiance en ce que vous écrivez, soit vous souhaitez que l’écriture reste votre passion en continuant à la partager d’une manière simple et sans pression, soit vous n’êtes pas prêts aux sacrifices qu’impliquent une carrière d’écrivain. Dans tous les cas, continuez à écrire ! L’écriture est une richesse en soi pour celui qui la cultive. Et peut-être qu’un jour vous aurez envie de plus…

2. Ceux qui se professionnalisent et s’en donnent les moyens.  Si vous avez une majorité de « c » : vous êtes dans cette catégorie. Vous avez déjà réussi à vous imposer certaines règles : écrire tous les jours, ne pas avorter un projet que vous avez débuté avant de voir où il vous mènera. Vous avez réussi à faire comprendre à votre entourage qu’écrire n’était pas votre passe-temps mais  l’activité qui vous tenait le plus à cœur. Vous investissez du temps sur les réseaux sociaux, vous allez dans les conférences, les salons du livre…et vos lecteurs vous le rendent bien car vous avez déjà un petit groupe de lecteurs assidus. Bientôt, vous trônerez comme Nothomb au milieu d’une longue file de fans !

 

Alors « vrais-faux » écrivains…tout cela est finalement sans fondement, sauf pour celui qui écrit. C’est la manière dont on se voit soi-même dans l’écriture qui est importante. On se sent toujours mieux lorsqu’on finit par extraire cette question inutile et stérile qui consiste à se demander sans fin : mais qu’est ce qui fait de moi un « vrai » écrivain ?

Un seul mot : écrire !

Stéphanie Vecchione (Rachel Book sur Facebook et sur monBestSeller ;-) )

Je suis de l'avis de J.C Heckers. La littérature est un ART (noble), pas du commerce, aussi la professionnalisation n'est pas ma tasse de thé parce qu'elle recherche avant tout la célébrité, pas la qualité. Pour preuve les 2 ou 3 auteurs qui tiennent (ou tiendraient) le dessus du pavé, je cite Lévi, Musso et Nothomb dont je n'ai pas apprécié l'écriture même avec bonne volonté... même s'ils sont "arrivés" et gagnent leur vie avec ça, ce qui n'impressionne que les adorateurs du veau d'or. Tiendraient... parce que je me méfie des chiffres annoncés et des traductions en 40 langues. La publicité mensongère existe, nous le savons. Ce que je leur reproche c'est d'avoirr descendu le niveau de la littérature en proposant au lectorat un niveau très moyen soit avaler de la littérature à 4 sous. Toutefois si l'argent est leur moteur (et celui de leurs éditeurs) ceci ne me dérange pas. Si le monde est ainsi fait, qu'il est triste de savoir que de belles oeuvres ne seront jamais lues et resteront dans les tiroirs.
Publié le 31 Août 2013
Ah, "faire comprendre à votre entourage qu’écrire n’était pas votre passe-temps mais l’activité qui vous tenait le plus à cœur". Parfois on n'y réussit pas du tout. Certains entourages resteront persuadés que l'écriture n'est qu'une lubie qui ne mène à rien, sauf à entasser du papier qui n'intéressera personne (quand bien même aurait on une masse de lecteurs). Concernant la professionnalisation? C'est tout de même un critère qui me semble d'une pertinence moyenne. Je préfère tenir pour écrivain quelqu'un qui, même sans chercher à jouer dans la cour des grands, même sans faire feu de tout bois pour se faire connaître, est doté d'une certaine exigence dans sa pratique: stylistiquement, dans l'élaboration de la construction romanesque (ou de ses nouvelles). Qui cherche à toujours écrire mieux, avant tout. La seule distinction qui me fait sens, c'est entre ceux qui tiennent à être bons, et les autres. La préoccupation essentielle est l'écriture. Le reste vient ensuite, un peu en-dehors. On peut être véritable écrivain et être incapable de jouer avec les réseaux sociaux et autres moyens de promotion. Car au fond, ce sont deux choses plutôt différentes. S'il faut impérativement avoir du talent dans les deux domaines, beaucoup d'entre nous risquent d'en venir à se désoler!
Publié le 25 Août 2013
Bien vu ! Claude CARRON Comme pour des milliers d’aspirants romanciers, la première hantise de la page blanche passée, juste après avoir osé se lancer dans ce grand bain, le roman commence enfin à prendre forme dans votre tête puis sur le papier. Comme un potier donnant vie à un bloc de glaise informe, chaque mot modèle peu à peu le récit qui peut suivre nonchalamment son cours ou bien rebondir au hasard d’une phrase pour partir dans un parcours tentaculaire où risque de se perdre à tout moment le romancier. Aussi sûr de sa création qu’un cavalier sur un un cheval de rodéo, il fait corps avec son histoire pour réduire tout risque d’embardée, la dirigeant quand elle se fait nonchalante, la suivant du regard quand elle s’éloigne du parcours initial, épiant même la moindre cabriole cherchant à le désarçonner. Le combat entre l"oeuvre et son créateur s’achève finalement quand les deux finissent par ne plus faire qu’un pour en dessiner la fin. De là ne restera plus qu’à emballer l’éditeur ayant en charge de promouvoir le roman auprès de lecteurs ne demandant qu’à découvrir cette nouveauté sortie d’on ne sait où, créée par on ne sait pas encore qui… Claude CARRON http://claudecarronromancier.over-blog.com/ Publié le 23 Août 2013
Publié le 23 Août 2013