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Le 26 aoû 2020

Le choix des lecteurs Aresior pour l'été 2020

En Juillet/Août, les lecteurs d'Aresior ont sélectionné "Le Vallon des chimères", un ouvrage de Stéphanie Lesieur. Mélancolie et spleen, sublimées par un principe des correspondances
Ce n'est pas un récit sombre, c’est aussi une remontée vers la vie, une fois les chimères dépassées…Ce n'est pas un récit sombre, c’est aussi une remontée vers la vie, une fois les chimères dépassées…

Une double narration, l’introspection de deux êtres en souffrance

Deux voix féminines alternent dans ce livre dont nous ne découvrirons les liens qu’au fil des pages.

D’abord, l’histoire au présent d’Inès qui glisse dans le mal être, sans qu’elle sache bien pourquoi cela lui tombe dessus. Peut-être le blues à l’approche de la quarantaine, l’impression d’être cette « fille qui aurait pu mais qui ne sera jamais ». Elle a deux petites filles, un mari qui l’aime mais largement accaparé par son travail d’avocat, un petit job de vendeuse en librairie qui ne l’épanouit pas. Elle habite une belle demeure où tout est bien rangé, trop bien rangé, sauf le grenier qui aura un rôle central.
Alors, ce livre serait-il celui d’un moment de déprime d’une mère de famille ? Nous verrons que c’est bien plus que cela.

Et puis il y a ce journal du passé dont on ne sait pas tout de suite qui en est l’auteur. La détresse du propos est profonde, celle d’un être anéanti proche du suicide, un être qui n’a plus d’estime pour sa personne, comme quelqu’un qui a commis l’irréparable et qui en souffre terriblement.
« Je ne sais même pas pourquoi, pour qui, je l’écris. Pour me sauver peut-être. Mais j’avoue ne plus trop y croire. »

Une référence littéraire de taille construite et légitime:

Que la romancière fasse référence au livre « les demeurées » de Jeanne Benameur a tout son sens, cela allant au-delà de ce que l’on devine être une admiration pour une œuvre : un contrepoint permanent. D’ailleurs, les livres ne se répondent-ils pas ?

« Inès avait fini le livre comme on se coupe, avec une infinie douleur »

L’on sent comme une parenté entre ces deux romancières dans la façon d’approcher l’âme de leurs personnages et dans l’atmosphère de leurs livres. Alors, direz-vous, le climat d’un livre, c’est bien difficile à décrire ! C’est pourtant ce qui est primordial, ce qui reste le plus longtemps chez le lecteur. L’on peut oublier une intrigue, une fin, des personnages mais l’atmosphère demeure.

Un récit prenant, une écriture sensible :

Le roman de Stéphanie Lesieur nous happe, nous habite, prend de la place.
Son style y est aussi pour beaucoup, l’écriture est belle, sensible et profonde. Elle sait exprimer ce qui se cache au plus profond de ses personnages.

« Pourquoi les rêves doivent-ils se briser ? Pourquoi l’être d’espoir et d’élan que j’étais devait-il immanquablement se fracasser les ailes ? Pourquoi tant d’anges amputés ? Est-ce une réussite de la vie, une fatalité ? »

Ne pensez pas que ce ne soit qu’un récit sombre, c’est aussi une remontée vers la vie, une fois les chimères dépassées…
 

Bonne lecture !
J-C Georget
Août 2020

Stéphanie Lesieur

Professeur de lettres, Stéphanie Lesieur a écrit plusieurs nouvelles et un court roman, "Le mauvais cheval", qu'elle a publié en ligne (Atramenta.com, ILV) sous le pseudonyme d'Angèle R.
Elle a également réalisé un long métrage, L'ENFANT DE CALAIS, visible sur YouTube dans son intégralité ( www.youtv.eu )

Merci mille fois aux lecteurs d’Aresior !! Cela me touche profondément, ainsi que votre très bel article sur mon livre, si finement et justement écrit !
Et merci encore à vous @lamish pour votre enthousiasme !

Publié le 27 Août 2020

Heureuse pour vous, Stéphanie, et merci aux lecteurs d'Aresior pour leur objectivité. Un choix plus que mérité, vraiment. Bonne fin de journée. Michèle

Publié le 26 Août 2020