La réalité du monde éditorial : trop de livres, trop peu de place
Chaque année, environ 65 000 nouveautés paraissent en France. Cela représente près de 180 nouveaux livres par jour. Un libraire reçoit 1 200 propositions de nouveautés par semaine. Un livre reste moins de 15 jours sur les tables. 68 % des nouveautés ne sont d’ailleurs pas vendues, finissent au pilon et deviennent des boîtes à pizza ! 200 000 livres neufs au pilon chaque… jour.
Trop de livres, trop de sollicitations, trop peu de place, trop peu de temps.
Dans ces conditions, comment les libraires peuvent-ils défendre chaque premier roman, chaque auteur inconnu, chaque texte fragile, chaque livre qui arrive sans nom célèbre, sans Maison puissante, sans campagne de presse, sans prescription déjà installée ?
> La réponse est simple : c’est presque impossible.
Alors, naturellement, le système se reporte vers ce qui rassure : les auteurs connus, les maisons reconnues, les titres déjà soutenus, les livres dont on sait qu’ils auront une chance d’être demandés.
Ce n’est pas forcément de la paresse. C’est souvent une conséquence mécanique de l’abondance.
Mais pour l’auteur inconnu, le résultat est brutal
Avoir écrit un livre ne suffit pas. Après avoir dû apprendre à le corriger, le mettre en page, créer une couverture, l’autoéditer, il faut maintenant apprendre à le vendre. Autrement votre livre restera un bel objet… non lu.
Un rapport du Ministère de la Culture de 2024 donne un chiffre particulièrement éclairant : un livre autoédité imprimé se vend en moyenne à 22 exemplaires dans les circuits de distribution observés.
22 exemplaires. Non pas parce que ces livres seraient tous mauvais, mais parce que l’accès aux lecteurs, à la visibilité, à la prescription et aux points de vente reste extrêmement difficile.
Cela veut dire qu’il faut cesser de faire comme si l’écriture conduisait naturellement à une reconnaissance large, à des ventes importantes, à une place visible dans le monde du livre.
Un auteur auto édité a le droit d’espérer vendre plus de 22 exemplaires de son livre
Il ne s’agit pas de demander aux auteurs de renoncer à leurs ambitions.
Un auteur a le droit d’espérer. Il a le droit de vouloir vendre. Il a le droit de vouloir être reconnu, lu, recommandé, attendu.
Mais il a aussi besoin de lucidité.
Un rêve qui ignore le réel devient vite une déception. Un rêve qui regarde le réel peut devenir une stratégie.
Peut-être faut-il donc remplacer une question trop brutale — « Combien vais-je vendre ? » — par une question plus juste : Comment faire pour que mon livre rencontre vraiment ses lecteurs ?
C’est moins spectaculaire, moins grisant que d’imaginer des milliers d’exemplaires vendus.
Mais c’est probablement là que commence le vrai travail d’auteur.
C’est pourquoi nous avons créé monBestSeller puis monBestLibraire
C’est ici que l’expérience monBestSeller prend un sens particulier.
Sur monBestSeller, un texte peut être lu avant d’être vendu. Il peut recevoir des retours. Il peut rencontrer des lecteurs sans passer immédiatement par l’achat. Il peut circuler autrement. Il peut aussi permettre à l’auteur de comprendre ce que son livre provoque réellement.
Ce n’est pas rien.
Bien sûr, la lecture gratuite ne remplace pas tous les modèles. Elle ne paie pas l’auteur. Elle ne règle pas la question économique. Elle ne transforme pas magiquement un manuscrit en succès.
Mais elle rappelle une chose essentielle : avant d’être un produit, un livre est une relation.
Et cette relation interactive entre l’auteur et ses lecteurs permet de s’améliorer en tant qu’auteur.
Sur monBestLibraire, l’enjeu est différent, mais complémentaire : défendre des livres autoédités en les présentant autrement que comme de simples objets disponibles à la vente. Les aider à trouver leur angle, leur lecteur, leur juste place. Ne pas promettre des miracles, mais construire une visibilité plus intelligente, plus incarnée, plus fidèle au livre.
Dans les deux cas, il s’agit peut-être de sortir d’un malentendu.
Non, tous les livres ne vendront pas des milliers d’exemplaires.
Non, la publication ne suffit pas.
Non, le classement, la mise en ligne, l’impression ou la présence sur une librairie en ligne ne garantissent pas la rencontre.
Mais oui, un livre peut commencer à vivre dès qu’un lecteur réel l’accueille.
Et puisque c’est une économie parallèle, cela implique des comportements alternatifs, solidaires.
Chez monBestLibraire nous avons beaucoup plus d’ambition pour vous que 22 exemplaires et nous explorons, développons de nouvelles idées, de nouvelles communications. Sans relâche.
La plupart des acheteurs de vos livres sur monBestLibraire vous connaissent, vous ont déjà lu, vous apprécient en tant qu’auteur. En achetant votre livre, ils vous le disent. Et vous témoignent une part d’amitié.
Mais que se passerait-il s’ils achetaient un autre livre, celui d’un auteur qu’ils ne connaissent pas ?
Ne serait-ce pas à cet instant que monBestLibraire remplirait les fonctions d’une librairie ?
Eh bien, monBestLibraire vous l’annonce à travers ces lignes, et ce sera notre acte solidaire : l’expédition du 2° livre est gratuit.
Voilà, c’est dit : l’achat de ce second livre ne coûtera que le prix du livre entre 13 € et 15 €. Pas de frais d’expédition en plus.
Face à des chiffres suffisants à assommer, étouffer, anéantir l’auteur autoédité, tout petit et tout seul avec son livre, chaque geste, même infime compte.
Et vous, qu’êtes-vous prêt à faire pour votre livre… et pour celui du copain ?
Vous avez un livre dans votre tiroir ?
Publier gratuitement votre livre
Vous avez écrit un livre : un roman, un essai, des poèmes… Il traine dans un tiroir.
Publiez-le sans frais, partagez-le, faites le lire et profitez des avis et des commentaires de lecteurs objectifs…
@MBS
Le monde du livre est un sujet vaste. Il faudrait revoir la corrélation entre cet univers et l’épidémie de la Covid. En fait, en France, le changement dans le monde du livre est plutôt lié à une baisse constante du niveau lexical, et plus. Si, cette baisse a commencé avec Mai 68, elle trouve son apothéose après l’élection de François Mitterrand. Les instituteurs viennent à l’école primaire avec des jeans, ou bien avec les tatouages. L’enseignant ne commande plus, c’est l’élève qui est le roi. Ajoutons à cela des méthodes de lecture, telle que celle dite globale. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur cette évolution vers le bas. Des potentiel lecteurs.
Les maisons d’édition ont leur part de responsabilité en attribuant des prix à des ouvrages qui ne le méritent pas. On a vu, pareillement, l’émergence de publications avec des titres tant obscènes que tapageurs. L’apparition soudaine de la Dark romance accélère cette descente.
Lorsqu’on lit des ouvrages publiés sur la plate-forme Wattpad et qui ont plusieurs millions de lecteurs, on comprend tout.
L’épidémie du Covid n’a été qu’un possible révélateur des situations qui existaient déjà.
@Michel Laurent Je plussoie et je kiffe grave... si vous permettez l'expression iconoclaste qui devrait faire hurler le zouave polymorphe et multicartes...
Pour qui écrit-on ? Pour soi, pour arracher quelque chose au silence, une émotion, une peur, un souvenir, une idée encore informe ? Dès qu’un texte existe, il appelle malgré lui un regard extérieur, comme si toute parole portait en elle le désir secret d’être reçue. Écrit-on alors pour "être lu" ? Sans doute un peu, ne serait-ce que par cet autre imaginaire auquel on confie ce que l’on n’aurait pas su garder en soi. Pourtant, écrire ne se réduit pas à chercher des lecteurs : c’est aussi tenter de se rejoindre soi-même, de donner une forme à ce qui, sans les mots, resterait obscur, sans que cela ait à être nécessairement partagé par plus de 22 lecteurs.
Merci à tous de votre participation.
Nous ne sommes peut-être pas le petit village d'irréductibles Gaulois, mais nous avons foi en vous et dans nos valeurs.
Résistons !
Prouvons que nous existons !
Comme dit la chanson.
Prenez soin de vous par ces chaudes journées.
@Cyrus Slapstick, @Jean-Louis Granier, @Sylvie de Tauriac, @PUZZLE, @Omen-Cy Ouongo
Très bel article. L'univers du livre change tout le temps
@Sylvie de Tauriac Rien à ajouter, tt est dit...
Le monde change, les gens ne consomment plus et consacrent leurs loisirs aux écrans. Par conséquent les pauvres livres sont délaissés ; des journalistes parlent même de leur disparition. Pourtant je persévère dans l'écriture de romans et nouvelles car j'ai besoin de mettre sur papier mes idées, mes sentiments. Mais l'auteur doit demeurer un artiste et refuser la facilité en utilisant l'IA. Cet outil est conçu pour les indigents, ceux qui ont la paresse de passer par cette phase d'apprentissage qui fait de nous des êtres perfectibles. Après cette digression, je voudrais dire que l'écriture existera toujours, mais ne concernera qu'une élite, plus érudite, soucieuse de préserver notre patrimoine le plus précieux : la langue française. @Sylvie de Tauriac
Vous semblez oublier, cher ami, une étape capitale : apprendre à écrire.
Ce que je suis prêt à faire pour mon livre ? Commencer à l'écrire...