
Nous savons que Daniel Clément, auteur de A propos d’Anna et sa suite Les gens d’Anna possède dans sa bibliothèque son étagère spécial « monBestLibraire ».
Daniel nous livre aujourd’hui son regard sur trois de ces ouvrages.

Roman tendre, subtil, écriture fluide, épousant parfaitement le courant de pensée d'un jeune garçon sensible, curieux fragile et courageux.
Le narrateur a 9 ans et découvre que sa vie est en train de changer, qu'il va bientôt quitter le monde clos, douillet et protégé de l'enfance. Avec Jean et sa sœur Sophie il va tisser des liens forts de camaraderie d'amitié et connaître sans savoir les nommer ses premiers émois amoureux. Confronté à l'égoïsme et l'incompréhension de ses parents il va découvrir la complexité la dureté et l'hypocrisie du monde adulte.
C'est nostalgique sans être mélancolique, parfois drôle et cruel souvent touchant.
Un très bon moment de lecture.

Comme il y a des prêtres ouvriers entièrement dédiés à la cause des plus démunis et immergés dans le quotidien des « petites gens » Le temps des cerises est un roman ouvrier qui fait revivre avec tendresse mais sans fard la vie dans les années 70 d'un quartier populaire du sud de la France.
Ça vit ça respire ça crie ça rit ça pleure mais tout le monde est à sa place, nul ne se plaint, on est modeste mais pas médiocre, pauvre mais fier. Et tels les serfs au pied du château du seigneur, le quartier de la Bambolina vit à l'ombre de la demeure luxueuse de la famille Altier et de son patriarche, riche, puissant, impitoyable.
Le temps des cerises est l'histoire d'une double vengeance, celle méthodique, aveugle, frappée du sceau de l'injustice du Maître des lieux puis celle légitime, glacée, implacable de Louise, la narratrice que l'on retrouve 40 ans plus tard.
J'aime la façon dont est planté le décor de ces années-là, avec leur parfum de lutte des classes et de désespérant déterminisme social. J'aime encore plus la façon dont est déroulée dans le dernier tiers du livre la trame machiavélique de la vengeance d'une famille, de tout un quartier et d’une classe ouvrière aujourd’hui disparue.

J'ai lu d'une traite ces « Petites philosophies du désordre », avec joie, ravissement, envie (jalousie je l'avoue, il écrit "trop bien" @Michel Laurent comme disent ceux qui ont du mal à trouver leurs mots), j’ai été tour à tour ému, amusé, charmé, intrigué, soufflé...
"Moi je" : est un délice, un bonbon d'humour, de délicatesse, de justesse d'esprit, de légèreté et de profondeur à la fois. Ça pourrait ressembler à une chanson d'Anne Sylvestre, (je verrais bien Voulzy en écrire la musique) : "J'aime les gens qui doutent, ils respirent à ma fréquence".
"Grammaire chromatique..." : j’ai déjà eu l’occasion de dire dans les colonnes de @monBestSeller tout le plaisir que j'avais eu à lire ce texte.
J'ai beaucoup ri à la lecture de "Comment j'ai failli aimer le jogging", j'ai été frappé par l'étrangeté, la maestria de "Ceci n'est pas une histoire" et touché par le récit "Un noir et une blanche" (sans manichéisme ni dogmatisme l’auteur traite le sujet du racisme et de la différence avec tact et poésie, j'ai pensé à la chanson "Lily" de Pierre Perret).
Pour conclure et convaincre ceux qui hésiteraient encore à acheter ce livre, quelques pépites extraites des textes "Théorie générale du frisson durable" et "Comment prolonger la vie ?" :
_ "L'amour n'est pas ce qui fait battre le cœur plus fort, c'est ce qui lui apprend à battre plus longtemps"
- "L'infarctus du premier baiser"
_ Sur la différence d’espérance de vie entre l'homme et la femme : "Pendant que celui-ci s'éteint avec dignité, sa compagne repeint la salle à manger et enchaîne les séances de cinéma"
- "Le sushi est au japonais ce que la prière est au moine : une manière de s'incliner sans tomber"
- "Vieillir c'est mijoter doucement, à feu doux humain"
Je vais sans plus tarder lire les deux autres « Petites philosophies... » de Michel Laurent disponibles sur @monBestLibraire.com.
Si vous voulez apporter votre « regards sur un livre », envoyez-le à contact@monbestseller.com

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